Dominique's profileEspace perso de Dominiqu...PhotosBlogLists Tools Help
Photo 1 of 12
June 16

June 09 Muui do

Muuido, une petite île à l’Ouest de Séoul, direction aéroport, à 1h de route. C’est notre destination ce samedi matin.

Il y a du monde pour accéder au bac, la traversée dure 10 minutes, à peine le temps de monter sur le pont pour observer les mouettes, que le sifflet retentit pour nous rappeler dans les voitures.

Nous arrivons à notre condo : 4 petits bungalows, sous les pins, en bordure de plage. Une pièce avec lit, télé, une petite table et deux chaises, une kitchenette, et une salle de bains/ toilettes. Nous nous installons et déballons nos coffres remplis. Nos amis HaengSim et Jean-Michel ont l’habitude de ce genre d’escapade et sont organisés.

Il est déjà tard, et nous allons déjeuner dans une de ces gargottes qu’on adore : barbecue de coquillages, bibimbap d’huîtres… Un régal.

L’après-midi se passe : lézard sur le sable, balade le long de la plage, badminton, partie de volley, bain pour les plus audacieux : l’eau est froide, mais je ne suis pas une référence en la matière, loin de là, pour moi, point de salut en dessous de 26°… Les enfants louent des quads et pétaradent dans la pinède. La mer descend assez vite, le relief peu accidenté accélérant le retrait. Bientôt on peut passer à pied sur l’île d’en face, Shilmido, célèbre par le film du même nom qui y a été tourné.

Il est temps de préparer l’apéro. Punch, cake, on avait bien prévu ! Jean-Michel dresse les moules achetées ce matin au marché aux poissons sur le barbecue et les recouvre d’aiguilles de pin ramassées par les enfants, auxquelles il met le feu : l’éclade est prête et les moules juteuses sont délicieuses. Un peu de charbon de bois, et voilà le plat suivant : des gambas, avec un petit vin blanc frais, ah ! que la vie est belle ! Avec en prime, un superbe coucher de soleil…

Et pas de sortie nocturne en Corée sans feu d’artifice, ces bâtons achetés dans les boutiques de bord de plage, mais qui ravissent petits et grands…

Le lendemain, petit déjeuner tranquille, puis on prépare le déjeuner : magrets de canard sur le barbecue et assortiments de légumes grillés…HaengSim a même préparé du riz avec son rice cooker amené de Séoul pour l’occasion : ah ! ces Coréens ! En dessert, la superbe pastèque…

Rangement du camp, puis partie acharnée de pétanque, pendant que d’autres somnolent à l’ombre et que les filles retournent faire du quad…

En un court week-end, on a l’impression d’avoir passé plusieurs jours de vacances, et pourtant nous n’étions qu’à 1h de Séoul… Raison de plus pour remettre ça bientôt…

 

May 17

May 09 Chine : Guiyang à Guilin

Nous y voilà, en Chine profonde ! On traverse les provinces de Guizhou et Guangxi, à elles deux près de 90 millions d’habitants ! Mais aussi parmi les plus pauvres. Ici, les familles dérogent à la règle d’un enfant par famille : on a besoin de bras pour travailler la terre. Et la terre, dans ce pays de montagnes, on la trouve à flanc de coteaux, dans des terrasses séculaires, où hommes et bêtes font pousser le riz nourricier…

Partout où nous passons, nous sommes frappés par le caractère agraire manuel : les charrues tirées par les buffles puissants, voire par les femmes, n’ont pas toutes un soc en métal, certaines sont entièrement en bois. De toute façon, la taille exiguë des parcelles, parfois sur des pentes vertigineuses, exclut toute mécanisation.

Hommes et femmes, arborent le chapeau conique pour se protéger du soleil ardent, et à l’arrière de leur ceinture, un petit panier en osier abrite la serpette. Tous utilisent le palan et des paniers tressés pour transporter fourrage pour les bêtes, fumier pour le champ, et ainsi perpétuer le cycle…

La Chine abrite plus de 80 minorités ethniques, et ces deux provinces en recensent environ 40. Nous avons vu principalement les Miao, les Dong et les Yao.

Arrivés le soir à Guyang, capitale du Guizhou, nous avons pris la route dès le lendemain matin, sous la pluie, pour nous arrêter au village de Qingyan, avec ses remparts vieux de 600 ans, entourés de rizières au vert éclatant, ses 2 portes de la Longévité, graciles, et ses maisons de briques grises agrémentées de leurs lanternes rouges, rappelant le décor d’Epouses et Concubines…Premiers contacts avec les coiffes des femmes, le rituel du thé,… Puis nous visitons Matang, et comme c’est le 1er mai, jour férié, hommes et femmes ont revêtu leurs costumes de cérémonie et vont se rassembler sur la place du village pour faire la fête au son des lushengs, sortes d’instrument à vent à plusieurs pipes : nous irons voir sa fabrication par un artisan renommé. Pendant que les vieux assistent aux préparatifs ou s’occupent des tout petits, aux fesses nues sous leur pantalon ouvert à l’entrejambes, les vieilles filent et bavardent, les jeunes s’épient, et les plus jeunes pataugent dans l’eau… Arrivée à Kaili, où après la rapide visite du musée, bâtiment imposant, qui a dû connaître des jours meilleurs, nous allons déguster une excellente fondue chinoise…

Le lendemain matin, Zan, notre guide nous régale de bao zhe, ces petits pains farcis de viande et légumes, qui fondent dans la bouche !

La route que nous devions prendre est coupée, il y a eu un éboulement dans la nuit, il nous faut donc prendre la route en reconstruction pour continuer notre périple.

Il faut dire que les routes sont taillées dans la montagne et qu’après la pluie, il y a effectivement des éboulis, côté montagne, forçant les véhicules (par là : camions, voitures, carrioles, mobylettes à remorques, motos, tricycles, vélos, piétons, bétail, …) à se déporter sur la gauche, côté fleuve, créant ainsi des effondrements des bas-côtés. Cette route là, défoncée de partout, ne mérite plus son nom de route : c’est une piste, aux pierres saillantes, aux nids de poule profonds, où l’on circule à coups de klaxon, où on se double sans visibilité, où je ferme les yeux en priant pour que les soutènements résistent, encore une fois au moins, sous notre poids… Partout de lourds camions déposent leur cargaison de rocs et de pierres, qu’hommes et femmes charrient à la main ou avec de pathétiques paniers en osier. Les parpaings sont moulés sur place et le mélange de béton est fait à l’aide d’une pelle…La poussière est omniprésente, nous avançons à pas de fourmi. Interrogé, un ouvrier annonce qu’il y a encore pour un an de travaux, je crois qu’il se trompe d’un rapport de 1 à 10 ! La force de la Chine est là sous nos yeux : peu de moyens techniques, mais des bras en nombre….

Nous passons nos premiers villages Miao. Nichées à flanc de montagne, les maisons sont tout en bois, plutôt grandes, le toit en fines tuiles noires, d’architecture harmonieuse. Elles rappellent, en plus grand, certains chalets de nos montagnes. Au rez-de-chaussée, les bêtes, au premier les hommes, en haut, le grenier. Et quelques appentis, souvent sur pilotis (pour éviter les rats), au toit en écorce d’arbre, pour stocker les récoltes. Au détour du sentier, un cabanon fermé d’un portillon, avec au sol deux planches parallèles donnant sur un trou de 3m : vertige s’abstenir… mais pour moi, rien qu’à l’odeur, l’envie est coupée net ! Dans les maisons, il y a l’électricité, permettant à une chiche ampoule d’éclairer faiblement la pièce, mais vu l’état des circuits, on se demande comment ça fonctionne. D’ailleurs notre guide annonce que beaucoup de villages brûlent… Seul signe de développement, les antennes paraboliques s’offrent généreusement à la vue, incongrues : la télé est dans tous les foyers et allumée matin et soir, on y suit avidement, quand les tâches ménagères le permettent, les « dramas » (séries télévisées) coréens doublés en chinois, qui ici aussi font recette...En revanche, si l’eau est omniprésente dans les villages (fleuve, sources,…), il faut aller la chercher pour la ramener dans les maisons…La lessive se fait à la main et au battoir. On voit sécher même les couches culottes… La pièce qui sert de cuisine ne contient qu’un âtre, dans le meilleur des cas surélevé, mais souvent à même le sol. Un immense wok noirci est la pièce maîtresse de la batterie de cuisine… Pas de meubles, si ce n’est quelques étagères ou placards de bois. Le sol est nettoyé à l’aide balais fabriqués manuellement avec de la paille de riz ou de sorgho. Et toujours ces sourires qui vous accueillent, parfois curieux, parfois méfiants, toujours généreux.

Les villages Dong sont semblables à ceux des Miao, ils sont toutefois aisément reconnaissables, car à chaque village, il y a une tour du tambour, genre de pagode au nombre d’étages impairs, sous laquelle peut se rassembler la population. Il y a en principe, une tour par famille, mais souvent, famille et village sont assimilés… De surcroît, on trouve toujours chez les Dong un pont couvert, appelé Pont du Vent et de la Pluie, superbe ouvrage, destiné à abriter les villageois travaillant aux champs en cas d’intempérie…. Enfin, autre particularité, les jupes plissées indigo, pièce du costume des femmes Dong, qu’elles teignent elles-mêmes, sèchent sur des paniers en osier retournés, afin de conserver leur forme…

Dans le premier village Miao où nous nous sommes arrêtés, une cérémonie avait été commandée par un groupe de 3 israéliens en visite, comme nous, que nous avons d’ailleurs retrouvés ça et là tout au long de notre périple…Tout le village avait mis son costume de fête et nous avons pu admirer les lourds colliers d’argent, les riches broderies, les coiffes aux longues cornes…

Dans un autre village, à Paika, les garçons au crâne rasé gardent une touffe de cheveux sur la tête jusqu’à l’âge de 16 ans, date à laquelle le chef du village leur confectionne un chignon, lors d’une cérémonie d’intronisation, validant ainsi le passage à l’âge adulte et le droit de siéger au conseil du village pour prendre part aux décisions.

Dans ce même village nous remarquons de grands espaliers en bois : il s’agit en fait de séchoirs pour le riz ou le sorgho, chaque famille possédant le sien et ayant un rayon par membre de la famille. J’en compte en moyenne 9, les aïeuls, les parents, les enfants…Lorsqu’un membre décède, son rayon est ôté du séchoir et sert à porter le corps. Les morts sont enterrés dans la montagne, selon les règles du fengshui (dos à la montagne, face à la vallée…). Nous avons vu de nombreuses tombes, mais beaucoup semblaient à l’abandon, à la merci d’une extension du village pour une nouvelle terre cultivable ou une nouvelle habitation.

Certes pour le touriste, les gens font des efforts et revêtent le costume, organisent des spectacles, mais j’ai franchement eu l’impression qu’ils le font avec spontanéité et plaisir, les anciens adorent cela : chanter, danser, s’amuser, probablement leur seul luxe dans une vie de labeur…Je crois aussi que les jeunes perpétuent les traditions. Nous les rencontrons coiffés et parés des vêtements de leur tribu pour aller à l’école, même si aujourd’hui encore, certains font plusieurs kilomètres à pied tous les matins et marchent parfois pendant plusieurs heures pour aller étudier. Les usages pour se fréquenter, se marier, se coiffer, sont respectés… Mais la télé, le téléphone portable, les touristes, n’auront-ils pas bientôt raison des coutumes tribales et des chants et danses traditionnels ?

Arrivée à Zhaoxing : le village est composé de 5 familles, donc 5 tours du Tambour et 5 ponts du Vent et de la Pluie. Tout autour, des rizières. On a une vague impression d’être à Venise, tant l’eau est omniprésente. Le village est en effervescence, on construit des hôtels de toutes parts : scie manuelle, serpette… Sur les portes des maisons, des feuilles sont punaisées. Notre guide traduit : nom, sexe et date de naissance des personnes habitant la maison, études, diplômes obtenus, quand et où… J’essaie mentalement d’imaginer la transposition de ce système en France !

Départ pour Longji : nous sommes dans les montagnes, de plus en plus haut, de plus en plus vertigineux. D’ailleurs, la route s’arrête et pour atteindre le village il faut marcher 30 minutes par des sentiers entrecoupés de marches et recouverts d’ardoises. Des porteuses offrent leurs services pour amener les bagages à bon port. Celle qui prend le sac d’Alain est aussi haute que le sac lui-même, mais charge la hotte dans lequel elle l’a déposé d’un coup de reins habile et vigoureux. Elles vont papoter et rire tout le long de la montée, alors que nous peinons à reprendre notre souffle… En dépit des baraques à touristes qui offrent les mêmes articles tout le long du parcours, malgré les hôtels qui fleurissent, élargissant le village et détruisant des rizières, le village reste encore un peu authentique. Il règne un caractère de montagne et une ambiance de refuge dans notre hôtel. La vue de notre chambre, sur les terrasses inondées est grandiose. La balade que nous faisons au milieu des rizières, malgré la pluie intermittente, est inoubliable. Et pourtant, on se dit que dans 10 ans, il y aura sans doute un funiculaire ou des œufs pour relier le village à la vallée, que la rivière ne coulera plus claire comme aujourd’hui, charriant déjà des bouteilles et canettes vides et des sacs plastiques. Chaque médaille a son revers…

En chemin nous croisons des femmes Yao Rouges, qui nous font démonstration de leur particularité. Jeunes filles, elles laissent pousser leurs cheveux jusqu’à leurs 16 ans, date à laquelle on les leur coupe court. Ce postiche est conservé précieusement, ainsi qu’un deuxième qu’elles confectionnent avec tous les cheveux qu’elles peuvent récupérer (brossage). Ces deux queues de cheval, longues de plusieurs mètres, viennent grossir leurs propres cheveux longs en une énorme torsade qu’elles enroulent savamment sur le dessus de la tête, puis qu’elles recouvrent d’un fichu, décoré ou non, selon qu’elles sont mariées ou non….

Nous redescendons les montagnes, le vert tendre du riz qui lève alterne avec le vert plus foncé des théiers alignés en rangs serrés, et nous arrivons dans une grande plaine où s’alignent les orangers. La récolte, le tri, la mise en sacs, et la manutention, tout ici encore est manuel…Arrivée à Guilin : comme dans toutes les grandes villes, on marche encore et encore : les 4 lacs et leurs pagodes, promenade agréable. La rue piétonne et la clock tower, le parc de l’Eléphant, abritant une falaise de calcaire avec un arche : on a les mêmes à Etretat ! Le Prince Garden, ou ancien palais avec son étang et le pain de sucre surprenant au milieu…Après un dîner excellent, nous arpentons le marché de nuit où se presse une foule bruyante…

Départ le lendemain matin pour la croisière qui va nous mener de Guilin à Yangshuo, en descendant la rivière Li. Spectacle magnifique et presque irréel de ces pains de sucre jaillissant de tous côtés, ceux du premier plan nets, les autres émergeant à peine de la brume, le tout ourlé des silhouettes graciles des bambous à queue de dragon….Soudain, les nombreuses peintures asiatiques que nous avions, il faut l’avouer, un peu ignorées jusqu’ici, prennent alors plus de sens…Ca et là, des cormorans attendent la nuit pour aller faire leur besogne et ramener leur 1 à 2 kg de poisson. La rivière attire son lot de chalands, qui viennent tenter leur chance auprès des touristes que nous sommes, en agrippant audacieusement leur frêle embarcation aux flancs de notre bateau. A Yangshuo, plus de doute possible, ici, nous sommes dans une ville touristique. Chinois et Occidentaux se côtoient pour le plaisir des vendeurs, restaurateurs, guides et hôteliers. L’Anglais redevient langue commune. Notre hôtel est en plein milieu de West Street, un peu à l’écart, une ancienne maison de maîtres, avec cour intérieure et belles boiseries.

L’après midi, nous montons allègrement les 500 marches de la Montagne de la Lune, ainsi nommée car elle forme un arche surprenant, profitant ainsi d’un panorama exceptionnel, puis allons voir un arbre vieux de 2000 ans, à tel point que les branches les plus lourdes émettent une racine qui va devenir un vrai tronc destiné à les soutenir : la nature fait décidément bien les choses. 

Le soir, nous assistons à un spectacle monté en 2004 par Zhang Yimou, le réalisateur, qui a aussi préparé l’ouverture des JO de Pékin. Spectacle époustouflant de sons et lumières, traitant des scènes simples de la vie quotidienne des gens, ces mêmes personnes que nous venons de croiser : vie au champ, vie sur le fleuve, ethnies minoritaires en costume et leurs chants polyphoniques,…et là encore des figurants (au total 600) qui donnent de la Chine toute la dimension de ce pays….

Pour notre dernier jour, nous décidons de faire une ballade en vélo. Notre jeune guide est souriante et efficace. Elles nous emmène au milieu des rizières voir d’anciennes maisons, dont certaines sont à l’abandon : tristesse de ces villages fantômes, où des boiseries encore intactes semblent soutenir encore les pierres prêtes à tomber. Un couple nous fait visiter sa maison. Pièces grandioses, boiseries magnifiques. Les meubles sont chiches et simples, l’endroit est poussiéreux... Ils nous montrent dans l’arrière cour deux magnifiques coffres décorés et peints, dont ils sont visiblement très fiers : leurs cercueils sont prêts…

Arrêt buffet au bord de l’eau : on pêche le poisson pour vous dans la rivière ! Le pont des Neuf Dragons est là, majestueux du haut de ses 600 ans, dont le reflet dans l’eau forme un rond parfait avec l’arche dodue…De multiples radeaux offrent la balade retour, mais nous reprendrons vaillamment nos vélos pour rejoindre l’hôtel.

Fin du séjour… L’autoroute qui nous amène à l’aéroport est flambant neuve. Il n’y a personne. Il a fallu creuser la montagne pour suivre le tracé, mais je ne suis pas sûre que le béton coulé fraîchement sur les parois abruptes soit assez efficace pour empêcher les éboulis et glissements de terrain : un emplâtre sur une jambe de bois ! Mais bon, on est en Chine, alors….

April 17

April 09 Marche Andong

Pour une fois, l’activité « marche en montagne » nous propose de pousser un peu plus loin que les alentours de Séoul.

C’est à 7:30 du matin que nous nous donnons rendez-vous en ce dimanche de Pâques pour un départ vers Andong, à 280 km au sud est de Séoul. Première surprise, le petit bus jaune qui va transporter notre groupe de 17 filles, dont 3 coréennes, n’a pas de coffre : qu’à cela ne tienne, on s’empile au milieu des bagages. Un dernier petit bisou de la part des maris accompagnateurs (avec bien sûr B. qui fait semblant de se tromper de femme et embrasse V. au lieu de C. !!!) et on démarre dans les hurrahs et les sifflets. Des filles en goguette, ça fait un groupe bien excité !

Arrêt technique au bout de deux heures sur une aire d’autoroute : certaines achètent des chaussettes de rando : nous voilà fin prêtes !

Encore une heure de route, et nous nous arrêtons au temple de Buseoksa, où la petite grimpette et les hautes marches nous mettent doucement en jambes. Il fait beau et déjà bien chaud. Nous pique-niquons dans la descente, le long d’un sentier mi-ombre pour les Coréennes et mi-soleil pour les Françaises. Puis le bus nous dépose au départ de notre randonnée. Il est 14:30, et c’est plutôt l’heure de la sieste, mais bon, il faut y aller, car nous avons bien 4 heures de marche et n’avons aucune envie de nous laisser surprendre par la nuit. La première heure de montée est très agréable, mais arrivées au temple, nous avons déjà 3 abandons. Il reste environ 50 minutes de montée, que nous attaquons vaillamment, mais le style n’y est pas toujours, certains endroits escarpés nous font passer à 4 pattes, le sol est sec et glissant et nous agrippons rochers, racines ou branches pour nous hisser. A 10 minutes du sommet, encore 3 abandons. L’ultime grimpette est un escalier très vertical de hautes marches ajourées qui cassent les jambes. Prise de vertige, je dois renoncer : dommage, j’étais presque au faîte… La descente est lente et périlleuse. On se concentre. Finalement nous rejoignons le temple, où nous attendent nos compagnes autour d’un thé. Le soleil descend, et bien que harassées, nous décidons d’aller directement au restaurant, par crainte de ne pouvoir redémarrer si nous allons d’abord nous installer dans notre pension.

Hyeon Sook a bien fait les choses : elle nous a réservé un petit resto galbi, où assises par terre, nous dégustons notre viande grillée au barbecue et accompagnée de délicieuses salades et autres petits plats... sans oublier la bière Cass bien fraîche, bien sûr !

Repues, nous gagnons nos pénates de nuit et installons les ‘lits’ : une couverture dessous et une dessus. Heureusement, certaines d’entre nous avions prévu de quoi améliorer l’ordinaire: matelas gonflable, lit de camp, futon d’appoint…Finalement, on empile les épaisseurs et telles les princesses au petit pois, nous assurons une nuit à peu près confortable. Une douche réparatrice mais rapide et nous voilà prêtes pour la soirée. Assises en rond dans la petite salle attenante à notre chambrée, nous déballons les provisions prévues pour l’occasion : vin, gâteaux au chocolat, crêpes, flan, congolais, sablés aux amandes, et j’en passe. Diane nous sort des jeux qui déclenchent l’hilarité. La pendule au-dessus de nous affiche 9:05 depuis le 11 novembre 1984, si bien que finalement c’est à 23:00 qu’on décide de l’extinction des feux, même si dans les chambrées alentours on entend encore longtemps fuser les éclats de rire.

 

6:20 le lendemain matin, douche rapide à la queue leu leu, un petit café (nous avons une bouilloire dans la chambre) et un morceau de brioche vendéenne ramenée par Nadine qui revient tout juste de France. Départ pour la petite promenade matinale, longeant la rivière. En même temps on découvre les alentours : de vieux bâtiments, certains ont 600 ans, rénovés. Nous sommes dans une ancienne ferme de nobles, avec plein de dépendances et même une petite école confucianiste. La patronne de notre gîte explique qu’elle est la descendante de 17 générations et qu’en tant que telle, elle se doit d’honorer ses ancêtres sur au moins 4 générations, si bien qu’elle a au minimum 13 cérémonies des ancêtres par an, et on sent la compassion de nos amies coréennes qui nous rapportent ce discours.

Au bout d’une heure de marche, retour pour un petit déjeuner en règle (il reste des gâteaux, des viennoiseries,…), sauf pour 3 d’entre nous qui rejoignent les coréennes pour un petit-déjeuner local : poisson, algues, riz et autres…

On boucle les sacs et c’est reparti, direction le temple de Bongjeongsa, avec ses vieux passages en bois, puis le village Hahoe. Le parking a été avancé et il faut maintenant prendre une navette pour atteindre l’entrée du village. Les chemins ont été recouverts de ciment, il y a un peu moins de poussière, les toits de chaume sont tous refaits à neuf, mais il y a toujours autant de bus d’écoliers bruyants…Et surtout, tous les petits restaurants qui faisaient face à la rivière ont disparu. On finit par en trouver un à l’entrée du village, il ne faudra pas faire les difficiles.

15:00, départ pour Séoul que nous rejoignons à 18:30. Le retour a été calme, beaucoup ont rattrapé quelques heures de sommeil qui faisaient défaut….Et la descente du bus arrache des grimaces aux muscles endoloris…

Qu’à cela ne tienne : l’expérience est concluante, en ce qui me concerne, je suis prête à retenter !

 

March 04

Mar 09 Busan

Busan, seconde ville et premier port de Corée. Alain y est déjà allé des dizaines de fois, vu que l’usine est là-bas. Mais cette fois nous profitons d’un long week-end pour découvrir autre chose que l’aéroport-l’usine, et nous traversons la Corée, parcourant tranquillement les 380 km qui nous séparent de Séoul.

Comme toutes les villes de Corée, à Busan les barres d’appartements émergent entre les montagnes. Toutefois, ça et là, on aperçoit quelques immeubles modernes à l’architecture plus audacieuse.

Le front de mer est très découpé, mais bien aménagé. Notre hôtel est à Haeundae, les pieds dans l’eau (bien qu’il soit un peut trop tôt dans la saison pour vraiment en profiter !), et le soleil sur la mer illuminant notre chambre est un régal…

En quelques heures, nous nous sommes repérés et notre mode de transport varie de la voiture, au taxi, au métro et au bus !

Beomeosa est un vieux temple, situé, est-il nécessaire de le préciser, dans un cadre bien agréable. Juste à côté, la citadelle de Geumjeongsanseong attire des centaines de marcheurs que nous accompagnerons un bout de chemin. En jean et baskets, Alain me fait remarquer qu’on dépare, mais en fait, ce sont les Coréens qui sont suréquipés avec leurs sacs à dos, bâtons de marche, visières et gants, sur des sentiers qui sont de véritables ‘autoroutes’ pédestres !

La balade le long de la côte de la baie de Songdo, toute en montée et descente de marches, avec traversée de deux ponts de singe, vaut le détour : tout du long, en ce dimanche, les familles s’installent sur les rochers et déballent, pour les plus patients, les cannes à pêches, pour les autres, réchaud et victuailles, dont les fumets remontent jusqu’à nous.

Qu’à cela ne tienne, nous nous arrêterons de nouveau dans une gargotte, où d’un mot tout est dit : sashimi ! Et voilà qu’apparaissent sur la table, coquillages et crustacés, légumes et sauces variées, et notre sashimi, poisson inconnu qui, il y a encore 10 minutes, frétillait dans le vivier…Le concombre de mer n’a désormais plus de secrets, et le ‘zizi de la mer’ non plus : mangeables, mais bon, soyons francs, je n’en ferais pas mon plat principal !

Le port est actif, du plus petit au plus gros bateau et le marché aux poissons, bien éclairé, a des allures de laboratoire…Aux alentours toutefois, de nombreuses échoppes en plein air sont plus traditionnelles…On se demande comment font tous ces vendeurs pour faire leur chiffre d’affaires…

Au retour, petite halte à Tongdosa, troisième plus grand temple de Corée, dont les vieux bâtiments en bois bruts sont plus beaux que ceux peints…Les moines sont à la prière et leurs psalmodies accompagnées du tap tap de leur gong en bois est prenant… Malgré la température fraîche ce matin, nous profitons des premiers cerisiers en fleurs…

Bref, une petite parenthèse fort réussie, que je suggère à Alain de recommencer dès que l’occasion se présentera !

January 31

Jan 09 Hong-Kong

Hong Kong : après y être passés en transit à plusieurs reprises, cette fois nous quittons l’aéroport. L’achat du billet de train qui nous mène en centre ville ne pose aucun problème : on parle anglais, quel bonheur de pouvoir communiquer !

L’hôtel avait annoncé une navette à partir de la gare, que nous attendons en vain 45 minutes. En désespoir de cause, nous sautons dans un taxi qui nous dépose à l’hôtel… où nous apprenons que nous ne sommes pas au bon endroit : il y a un homonyme ! Mais notre hôtel, le bon, est à 10 minutes en taxi, pas de problème, on recharge les bagages et… embouteillages monstres, nous mettons 40 minutes à couvrir la distance. On vérifiera plus tard, au gré de nos promenades, qu’on était bien à 10 minutes, et à pied de surcroît.

Bien, nous voilà à bon port, au 30ème étage dans une chambre exiguë, certes, mais fonctionnelle et joliment décorée à la chinoise.

 

Nous sommes samedi, il faut en profiter, car après ce sont les fêtes du Nouvel An, et les magasins ferment. Direction donc Stanley Market, au sud de l’ïle, recommandé par des copines bien intentionnées ! Malheureusement, dans le bus qui doit nous y emmener, le chauffeur nous jette en vociférant qu’on n’accepte que le prix exact du billet. A la question où peut on faire de la monnaie, il nous désigne l’étage du haut d’un geste vague et désabusé. Merci pour l’accueil ! En haut, la banque vient de fermer ses portes et à part de longues galeries couvertes pour accéder aux immeubles de bureaux on ne voit pas vraiment d’issue à notre problème. La tension monte. Finalement, on s’engouffre dans un taxi et pour une somme modique, certes 8 fois le prix du bus, on débarque à Stanley après avoir suivi une côte bien agréable avec des résidences alléchantes. Repulse Bay ne porte pas vraiment bien son nom !

Stanley market n’est pas immense, mais on y trouve toutes ces chinoiseries qui font notre bonheur. On repart avec un jeu de mah-jong et quelques babioles. Et aussi de la monnaie qui nous permet de faire le trajet retour au deuxième étage d’un bus poussif dans les côtes…

 

Les jours suivants sont consacrés à l’exploration à pied : rien de tel pour découvrir une ville. Hong-Kong a prévu à cet effet plusieurs circuits pédestres, assez bien fléchés, qui nous font parcourir Soho, ses boutiques d’antiquaires, ses bars, les magasins de médecine traditionnelle, et le plus grand escalator du monde, découvrir nichés entre deux buildings modernes, de petites églises, des bâtiments coloniaux, de petits temples, où se pressent les gens pour accrocher leurs vœux à des serpentins d’encens qui envoûtent le nez et brouillent la vue. La moindre ruelle est animée d’un marché animé, coloré et odorant. Nous traversons vers Kowloon grâce au ferry (passés nos premiers avatars, on devient maîtres dans l’art d’utiliser les transports en commun !). Ici les immeubles sont nettement plus dégradés. Nous allons au marché aux oiseaux, un endroit ravissant, et juste à côté remontons la rue du marché aux fleurs, envahi de monde en cette veille de fête. Nous suivons l’itinéraire dans une foule dense et bruyante, passons le quartier où on vend les poissons d’aquarium, visitons le marché de jade, le Temple Market, pour revenir prendre le ferry épuisés par cette longue marche et par ce bain de foule.

Un petit foot massage semble bien indiqué, et c’est au 19éme étage d’un building proche de notre hôtel que nous allons découvrir l’endroit qui nous avait été recommandé. Confortablement installés dans de larges fauteuils avec de grands oreillers confortables, dans la pénombre, on se laisse aller aux mains des masseurs experts qui remontent jusqu’au genou…Et pour finir, dix minutes de massage de nuque et du haut du dos : quel bonheur…C’est tellement bon, que d’un commun accord on y repassera une fois avant notre départ !

Le soir du Nouvel An, nous reprenons le ferry pour aller nous poster au détour d’un virage à un endroit stratégique pour prendre des photos de la parade. Nous ne sommes pas seuls, bien entendu et les Chinois sont particulièrement désagréables à jouer des coudes et à pousser pour gagner de la place. La parade démarre avec une demi-heure de retard, l’attente a été infernale, si bien que nous sommes un peu déçus par le spectacle : défilé de clubs sportifs ou de danse, un ou deux chars de promotion de voyages, rien de véritablement chinois et grandiose dans cette parade, que nous quitterons avant la fin pour attraper notre ferry sereinement.

 

En dépit d’un temps couvert, nous partons pour Lantau, à l’assaut du Bouddha et du monastère PoLin, par un téléphérique vertigineux long de près de 6km. Toujours conseillés par notre amie, nous poussons vers le village de pêcheurs de Tai O, où le marché bat encore son plein et où nous sommes frappés par la précarité des baraquements : tout cela doit s’envoler au moindre typhon…Les gens sont habillés chichement et tous en tongs, malgré la température fraîche…Pourtant, la plupart des enfants arborent fièrement des tenues typiquement chinoises flambant neuves. Dans les ‘maisons’ on entend claquer les dominos du mah-jong et dans un petit troquet on assiste médusés à une partie acharnée, d’une rapidité étourdissante.

 

Le dernier jour nous amène vers l’est de l’ïle, où les deux circuits pédestres de Wan Chai et Shau Kei Wan, nous font découvrir force petits temples bien cachés, rues marchandes, musées et autres curiosités. Nous reviendrons vers l’hôtel en haut d’un tramway coloré, constatant au passage que plus on va vers l’est, plus l’habitat est dégradé et sale. Par ailleurs, du côté de Central on remarquera tous les jours des centaines de Philippines, s’installant là sur des cartons, jouant au carte, ou bavardant… Elles n’ont pas d’endroit où se retrouver et occupent la rue. Même lorsque la ville a repris son activité après les fêtes, on en trouve encore, nombreuses, cherchant sans doute du travail…

 

Ville de contrastes, Hong Kong reste une grande cité. Les buildings gagnent du terrain sur la mer, et à en juger par les galeries aux marques luxueuses, il y a des gens fortunés ici. Mais au creux des ruelles persiste une vie traditionnelle, où de vieux chinois courbés viennent faire leur marché quotidien, où des mères de famille viennent chercher l’affaire du jour, où des bonnes philippines viennent s’approvisionner. Gageons que les vapeurs d’encens qui s’élèvent des temples avec ferveur ces derniers jours sur la ville sauront préserver tradition et modernisme pour une année du Buffle prospère…

January 14

Noël 2008 Birmanie

Birmanie… Après le voyage annulé l’année passée à la même époque, pour cause d’évènements politiques, cette fois nous y sommes.

Départ le 24 décembre, 6 heures de vol jusque Bangkok, où les esprits apaisés ont dégagé l’aéroport (tant mieux), 4 heures d’attente au son des chants de Noël passés en boucle, puis encore une grosse heure de vol pour atteindre Yangon. Détour par l’agence organisatrice qui nous remet les derniers documents (et les devises), puis  check-in à l’hôtel, un beau vestige du colonialisme. Dîner de Noël obligatoire, il sera vite expédié : un buffet sur le gazon au bord de l’eau. Nuit courte, aux échos de la boîte de nuit adjacente.

Le lendemain départ à 5h, il fait nuit, l’éclairage blafard et les routes désertes ne laissent pas à penser qu’on est dans l’ancienne capitale, puisque le gouvernement l’a déplacée récemment vers l’intérieur du pays, au nord…Malgré l’heure, un nombre impressionnant de gens marchent d’un pas hâtif : au début, j’ai cru qu’il s’agissait de sportifs, mais mon ingénuité fait vite face à la réalité : pour s’économiser un bus excessif (600 kyats –prononcer tchia-, soit mensuellement un budget de 12 $, alors que le salaire moyen d’un fonctionnaire avoisine les 30 $...), les gens marchent vers leur lieu de travail, ou bien s’empilent sur des camions à la sécurité précaire…

 

Départ pour Bagan, le côté domestique de l’aéroport fait cette fois couleur locale (l’international est récent). Bagages, comme bagages à main, passent sous la même machine rayons X, les premiers manipulés par des porteurs, qui les récupèrent à la sortie de la machine pour les déposer sur un chariot qu’ils emmèneront sur le tarmac pour charger l’avion. Pas de panique, tout fonctionne ! Bien sûr pas de passerelle, on embarque à pied…

Bagan : notre guide nous attend et s’occupe des formalités, accessoirement nous passons l’immigration dans la province (oui !) moyennant un droit d’entrée de 10 $ et nos passeports sont enregistrés. La voiture a connu des jours meilleurs et mon dos endolori me pose souci : il faut tenir !

Check-in rapide à l’hôtel, puis départ dans la lumière dorée du matin, où nous découvrons des milliers de pagodes (selon les guides entre 2800 et 3200). Nous partons à l’assaut de Bulaithi : vertige s’abstenir, la montée sur un escalier extérieur, à même le flanc de la pagode, est raide et sans rampe ni garde-fous. Sur la ‘terrasse’, s’étend à nos pieds ce paysage fabuleux dans lequel nous allons évoluer pendant 2 jours. La plupart des pagodes datent du XI, XII siècle, certaines avec fresques, d’autres avec une architecture néo gothique, partout des bouddhas. On monte des escaliers étroits aux marches hautes et aux plafonds bas. Et à chaque fois on redécouvre ce paysage féerique. Deux couchers de soleil, où les touristes, mais aussi les locaux, se donnent rendez-vous nous marqueront de leur côté magique.

Du haut d’une terrasse, nous remarquons un attroupement et des banderoles autour d’une pagode : il s’agit d’une cérémonie, organisée par un généreux donateur, orpailleur à Heho, qui veut immortaliser la restauration de ce monument. Il a fait venir les moines pour bénir le lieu. Ceux-ci, une trentaine, armés de leur bol, attendent à l’ombre qu’on les serve : c’est leur lot quotidien que d’aller mendier leur pitance. Il y a aussi une cinquantaine de personnes : famille, amis, habillés de neuf par le donateur. Notre guide nous emmène, fait les présentations : nous sommes accueillis presque comme de la famille, on nous fait visiter les lieux, on nous montre les offrandes, le repas préparé et stocké dans de petits sacs plastiques déposés dans de grands paniers, on nous présente fièrement les enfants qui parlent deux mots d’anglais, pour un peu on aurait pu rester.

Au détour du chemin nous croisons des paysans en pleine récolte du millet : tout est réalisé à main nue, à la faucille, le fruit de la récolte transporté dans des paniers d’osier tressé posés sur la tête jusque dans un tombereau tiré par des bœufs…

Un des monuments est une école monastique désaffectée : il règne en ces lieux une sérénité palpable : les moines ont dû être bien…A l’ombre d’une allée, sur un banc, notre guide nous initie à la méditation, puis de fil en aiguille se livre, à l’abri des oreilles indiscrètes, et commente les évènements de son pays. Il aimerait pouvoir voyager…On quitte le lieu tout remués…

Arrêt au marché, et là c’est l’explosion des couleurs, des odeurs… Les femmes sont bariolées d’une poudre jaune, le tanakha, qu’elles confectionnent en pilant l’écorce d’un arbre sur un mortier et en mélangeant la poudre à de l’eau : elles s’en enduisent le visage, les bras. Les enfants sont badigeonnés aussi, certains hommes également : c’est une façon de se protéger du soleil, mais selon le dessin appliqué, cela devient leur coquetterie…Au marché, on a vraiment l’impression de faire connaissance avec la population, de voir les productions locales, de goûter leurs friandises : beignets de légumes aillés, riz gluant dans du bambou, gâteau de riz sucré…Le tout dans une bonne humeur non altérée par la densité de la foule….

Pause à midi le long d’une rivière animée : les bancs de limon sont labourés à la charrue tirée par des bœufs : on va planter les oignons. Sur l’autre rive une femme lave son linge coloré accompagnée des cris et rires des enfants. Au loin dans la montagne, quelques dômes dorés jettent leurs feux incongrus.

Passage dans une école monastique : 70 moines et novices sont là sous l’enseignement d’un vieux moine dont nous perturbons le déjeuner. Il nous invite à entrer et converse avec nous dans un anglais surprenant : il raconte avoir vécu un an en Angleterre. Depuis son retour, il s’attache à éduquer des moines dans le respect des traditions les plus strictes du theravada bouddhisme : le petit véhicule, basé sur la transmission des connaissances par le biais des disciples de Buddha. En fait de respect des règles, nous noterons malgré tout que la vaisselle se fait joyeusement dehors…On ne leur en voudra pas de briser la règle du silence !

La visite se termine par la plus grande pagode : Ananda, XVème siècle, d’inspiration portugaise, aux quatre bouddhas gigantesques : majestueuse. Puis, un dernier coucher de soleil magique, au sommet d’une terrasse, on ne s’en lasse pas…

Le soir, le guide nous emmène dans un restaurant où sont donnés les fameux spectacles de marionnettes. Accessoirement, nous y croisons les d’Arrentières : le circuit touristique des différentes agences est quasiment un standard, et surtout, les endroits pour touristes sont peu nombreux, normal que nos routes se croisent. Je suis surprise par les prix pratiqués : ils restent certes très peu chers pour notre échelle de valeur (entre 12 à 15 $ un repas pour deux), mais ramenés à ce standard de salaire moyen, nous devons constituer un scandale pour la population locale… Pourtant, de façon unanime, tous les gens rencontrés nous demandent de faire la publicité pour leur pays : le tourisme génère force de petits métiers, qui permettent de vivre…

Quant au spectacle, nous en avions vu un la veille au soir au restaurant de l’hôtel, mais celui-ci est composé de marionnettes somptueuses, avec des attitudes presque humaines… et avec les sous-titres explicatifs donnés par notre guide, l’intrigue est tout de suite plus parlante !

 

Le lendemain, départ pour Heho, via Mandalay. L’occasion de croiser Lénice et son conjoint…L’escale à Mandalay se fait… sur le tarmac, puis nous regagnons nos places dans l’ATR, bravant les turbulences jusqu’à Heho. Là encore, la guide nous aide pour les formalités et nous voilà partis dans une voiture d’âge canonique sur la route vers Nyaung Shwé. Enfin, route : il reste un peu de bitume autour des nids de poules, des accotements caillouteux et de la circulation, piétons, vélos, carrioles à bras et à bœuf, motos au chargement monstrueux penchant dangereusement…Le chauffeur use de son klaxon en permanence !

Arrêt dans un des plus vieux monastères du pays, tout en bois : les novices scandent leurs versets, certains dissipés par notre venue. La chambre est une vaste pièce où tous dorment ensemble à même le sol sur de fines nattes repliées dans la journée.

Puis nous embarquons sur une étroite pirogue à moteur, direction lac Inlé : 20 minutes sur un canal bordant des maisons sur pilotis en bambou tressé. Comme sur les klongs de Bangkok, nous pénétrons dans l’intimité des gens : toilette, vaisselle, lessive, dans une eau parfois douteuse…Nous croisons de nombreuses autres pirogues : parfois des touristes comme nous, ou alors beaucoup de gens entassés qui rejoignent leur lieu de travail à la ville, ou vont vendre leur production : les tomates sont réputées ici, mais aussi bon nombre d’autres denrées…A chaque fois, nous aurons un petit signe de la main et un sourire qui font chaud au cœur.

Le canal s’élargit pour laisser place à la magie du lac. Les pêcheurs sont en équilibre sur leur frêle embarcation, défiant les lois de la gravité. Ils se déplacent à l’aide d’une rame unique qu’ils coincent sous leur bras et enroulent autour de la jambe pour lui donner un mouvement de godille vertigineux mais adroit. De tout petits ont déjà l’agilité requise…Puis ils jettent leur filet et frappent l’eau de leur rame pour attirer le poisson. Beaucoup de friture, de poisson chat, et autres espèces inconnues de nous …

Une autre technique de pêche est celle ‘à l’entonnoir’ : un grand cône de bambou avec du filet autour que le pêcheur enfonce verticalement dans l’eau. Il y introduit alors un harpon qu’il agite en tout sens, puis hisse son filet pour dégager le poisson… Spectaculaire, et là aussi des trésors d’équilibre… On ne se lasse pas de les voir à l’œuvre, la lumière du lac, matin comme soir, rendant ces instants inoubliables.

Inlé sera l’occasion de naviguer au sein d’une cité lacustre et de découvrir foultitude d’artisanats : le tissage des fibres de lotus en écharpes soyeuses, la préparation des cigares locaux (cheroots), les ombrelles en papier de mûrier, les chantiers navals d’où sortent les graciles pirogues, la teinture de la soie, les travail minutieux des orfèvres,…Sans oublier les curieux jardins flottants, que les habitants créent en empilant la vase récoltée du lac sur des algues, ce qui permet de cultiver toutes sortes de légumes sur un terrain fertile flottant de 15 m de long sur 2 m de large : haricots, choux-fleurs, tomates…

Autre curiosité, le monastère des chats sauteurs, tirant son nom des félins qui cohabitent avec les moines et que ceux-ci ont dressés à sauter. La grande pagode, rutilante d’or, aux cinq bouddhas difformes tellement ils sont recouverts d’or, et en face les barges royales qui transportent ces reliques précieuses de village en village.

 

Nous nous échappons un matin pour remonter jusqu’à notre embarcadère, où Wanna, notre guide nous attend pour un trek de deux jours. C’est l’hiver, les gens ont des parkas et sur le bateau nous supportons la polaire. Mais très vite, la marche se fait sous un soleil ardent. Heureusement que nous avons amené de l’eau. Cette balade facile soi–disant nous amènera quand même en 6 heures avec un dénivelé de plus de 900 m… que notre guide parcourra en tongs, sans verser une goutte de sueur ! On a l’air bien touristes avec nos Nike et nos T-shirts trempés…Notre balade nous fait découvrir un moine ermite vivant dans une grotte depuis 12 ans. Il s’est aménagé un lit à baldaquin pour se protéger des moustiques (nous sommes dans une région à risque de paludisme), avec quelques livres. Il parle anglais et nous offre du thé et des fruits, bienvenus pour cette petite halte. Puis on enchaîne sous un soleil de plomb. Je sors mon tanakha à moi, indice 50, que notre guide teste avec joie.

A 1 h, pause repas, dans un village, au 1er étage d’une maison. Notre hôte est vieux et fier de nous accueillir. Il tire sur son cheroot, et nous présente sa belle-fille et sa fille et tous ses petits-enfants, dont 2 bébés. Les hommes sont au champ. Notre guide sort de son sac magique chou-fleur, légumes et entreprend de nous préparer une délicieuse soupe revigorante avec des pâtes… et des œufs qu’il a portés à la main tout le voyage de peur de les casser dans le sac à dos…. La maison est humble, mais propre. L’âtre est à même le sol, au feu de bois, un trépied accueille casserole ou bouilloire. Pas d’eau courante, ni d’électricité. On nous offre bananes et clémentines, du verger : elles ont un goût exquis, inoubliable, celui de la générosité… Je distribue des petits souvenirs qui font des heureuses…Nous nous quittons avec dans le regard la chaleur des yeux…

Encore deux heures de marche, je n’en peux plus et dois m’arrêter plus souvent. Alain est content de faire des pauses aussi je crois. Plus on monte et plus on trouve des parcelles de forêt déboisées sur lesquelles poussent des céréales. Certaines ont fatalement subi un glissement de terrain lors de la saison des pluies…Finalement, on arrive au monastère où nous allons passer la nuit. Trois bâtiments délabrés, dont un en toit de tôle ondulée. Un appentis sert de cuisine : terre battue, âtre à même le sol. Un autre de toilettes. Pas d’eau, pas d’électricité. Ce sont les familles des deux villages alentours qui portent à tour de rôle leur repas aux 6 moines plus un novice qui occupent les lieux. Combien de temps vont-ils pouvoir tenir ici ? Tout part à l’abandon… Les bâtiments ont besoin d’entretien… Notre guide fait la vaisselle avant de s’en servir et ce n’est pas du luxe, vu la couleur de l’eau. Bah ! le thé est bouilli, et la soupe aussi ! Je suis mal à l’aise, car les moines prennent leur dernier repas à midi, puis jeûnent jusqu’au lendemain, nous ne pourrons donc partager notre pitance. D’ailleurs ils se font discrets tandis qu’on envahit leurs locaux. Wanna nous a préparé un repas génial, pris à la lueur des bougies, sous un ciel aux myriades d’étoiles comme on n’en voit plus chez nous… On nous aménage une petite pièce avec deux fenêtres sans vitres à côté du dortoir. Les nattes et couvertures qu’on nous donne sont tellement douteux que je sors mes paréos pour nous isoler ( ?) : nous dormirons tout habillés…

Nuit pénible, froid, mais au petit matin la lumière exceptionnelle sur ce pan de montagne nous ravit…Wanna est encore aux fourneaux pour un petit-déjeuner costaud : pain perdu, œufs frits. Nous prenons congé de nos hôtes, laissés à leur destin, mais laissons notre maigre offrande, espérant améliorer ainsi un peu leur quotidien ? En retour, le moine nous donne du thé…Et c’est reparti, quatre heures de marches, dans des paysages superbes, bambous, cerisiers en fleurs, haies de poinsettias, champs de tabac,… Les enfants des villages nous font fête sur notre passage et arrivés dans le village de Wanna, chacun d’eux nous apporte une fleur avec un large sourire…

La maison de Wanna est récente, il est marié depuis 4 ans et a un garçon de 16 mois. Celui-ci dort dans un hamac dans la pièce principale. A côté, la chambre à coucher réserve aux parents un peu d’intimité. La femme de Wanna s’affaire à la cuisine : au feu de bois aussi, mais celui-ci est surélevé : moins pénible…. Ils ont l’électricité. Une fois de plus nous nous régalons d’un super repas. Une fois de plus nous partageons nos petits cadeaux. Photos souvenirs, qu’on se promet de faire parvenir comme on pourra… Emotion de moments intimes partagés et de simplicité généreuse... Puis encore une heure de route, en observant au passage une exploitation de canne à sucre, avant de récupérer notre guide et notre bateau pour un retour à l’hôtel, où nous bénirons la douche bienfaitrice…Rencontre des Lauzol !

 

Le lendemain, on prend un bras de rivière sinueux pour atteindre In Dein, un énorme sanctuaire au couloir infini, bordé d’échoppes de souvenirs… Nous débouchons sur un ‘mini Bagan’ en ruines, plusieurs centaines de pagode à l’abandon, certaines en réfection, mais on a l’impression qu’on met des emplâtres sur une jambe de bois : ce ne sera sûrement pas construit pour durer, même si les feuilles d’or semblent tenir le tout…

 

Le lendemain matin, départ 6:30, nous assistons au lever du soleil sur l’eau fumeuse du lac, magique image, et refaisons une ultime fois, les yeux écarquillés, les 45 minutes qui nous mènent à l’embarcadère…Retour à Heho par la route toujours aussi animée et encombrée… Ce matin, de nombreux écoliers (chemise blanche impeccable et longyi vert), avec leur lunch box en métal, marchent ou circulent en vélo, à un ou deux sur le cycle…Envol pour Yangon…

 

Nous sommes de retour dans la grande ville, il fait chaud. Notre nouvelle guide est adorable et efficace : le temps de faire notre check-in, elle a bouclé la journée supplémentaire qu’on lui a réservée.

L’hôtel nous conseille de ne pas utiliser leur téléphone : les appels n’aboutissent pas forcément au numéro composé, ou si le correspondant ne répond pas, il y a malgré tout facturation…De même des générateurs permettent de réguler l’électricité : celle-ci est coupée régulièrement dans la journée. Notre guide nous dit que les gens sont informés des heures de coupure et s’organisent alors en conséquence. Cela pose problème pour les privilégiés qui ont des frigos…

Pour l’heure, direction Scott Market, un immense bâtiment de l’époque anglaise, regroupant quelques 1000 boutiques. On sent que le touriste est attendu : bijoux, marionnettes, laques, etc…Après le déjeuner pris dans un restaurant non réservé aux touristes vu le nombre d’autochtones (et pour moins de moitié prix de ce qu’on a jusque-là payé pour nos déjeuners…), notre guide nous emmène visiter une verrerie. Le propriétaire, dans un anglais impeccable, nous explique qu’il a choisi cet endroit car les souffleurs de verre ont besoin d’ombre pour se remettre des chaleurs du four. Mais c’est précisément ce qui a causé sa perte lors du cyclone de mai : son entreprise est un enchevêtrement d’arbres et de verrerie cassée, pourtant il ne désespère pas, et compte fermement reprendre la production. On voit mal comment dans l’état actuel des choses….Les autres sites touchés par cette tempête sont interdits de visite…

Nous partons sur les bords de la rivière qui finit en delta. De nombreuses embarcations, pour 200 kyats, jouent le rôle de taxi entre les deux rives. Un ferry finit de charger passagers et cargaison pour descendre la rivière. Hommes et bagages s’entassent pêle-mêle pour un voyage de 12 heures. L’occasion pour les dockers de gagner quelque argent en portant sur leurs épaules des sacs (riz, ciment,…) parfois de 50 kg…

L’heure avance et nous pénétrons dans l’enceinte de Shwé Dagon, emblème de Yangon. Elle est majestueuse et au soleil couchant prend des reflets orange flamboyants : 50 t d’or, et de nombreuses boîtes à offrandes bien garnies en billets. L’opulence choque en contraste avec la pauvreté rencontrée. C’est là tout le paradoxe de la population, prête à tous les sacrifices pour s’acheter une vie future meilleure…

Un petit détour par Chinatown : grouillant et animé, les trottoirs bondés d’étals ou de cantines improvisées : ça sent bon !

Réveillon à l’hôtel (obligatoire), inoubliable : une garden party de 250 personnes, où nous ne connaissons personne ! Sur le thème de Casino Royale, nous avons quand même pris du bon temps au Black Jack ou au 421 !

 

Ce matin, départ pour Bago, à 70 km de Yangon, il nous faudra deux heures pour l’atteindre par une autoroute à péage : les bornes sont bien là, mais le péage se fait à une personne assise dehors sur une chaise en formica et une table en bois ! Comme partout, la route est défoncée, encombrée de pickups chargés de grappes humaines, énormes camions, vélos, carrioles…

Arrêt au cimetière militaire des soldats tombés pendant la deuxième guerre mondiale (27000), puis nous allons assister au repas des moines du plus grand monastère de la ville : ils sont là, 1000, à la queue leu leu, et au coup de gong ils défilent devant les bénévoles qui distribuent dans leur bol du riz et d’autres offrandes amenées pour l’occasion. Dans le réfectoire ont été amenés curry de poulet et soupe, préparés en cuisine, qu’ils dévorent en silence pendant qu’un moine fait les annonces à la communauté, notamment énonce les manquements aux règles…

Puis nous visitons la grande pagode, plus haute que celle de Yangon, tout aussi sereine.

Enfin dans un autre temple, nous assistons à une cérémonie chamanique, où des hommes maquillés et habillés en femme chantent, dansent, invoquant les esprits au son de la musique tonitruante des instruments traditionnels…

Après un déjeuner rapide, nous visitons le palais royal. Il a été reconstruit en béton et est majestueux de grandeur et d’ors, mais vide de meubles…et d’âme…

Détour pour voir un bouddha couché de 43 m, puis arrêt dans une fabrique de cheroots : le travail répétitif de ces femmes n’amène guère de sourires sur leur visage las…

Passage au marché : il y règne beaucoup d’activité, mais on s’y sent moins à l’aise que dans ceux visités auparavant : est-ce l’odeur de la ville, la rencontre avec des gens plus tristes à l’aspect plus pauvre ?

A la sortie de la ville, arrêt pour admirer quatre énormes bouddhas assis, puis visite d’une poterie, où tout est fait à la main : pas de tour électrique, quatre étapes pour faire du pot une urne ventrue, la cuisson s’exerce par du bois et de la paille entassés autour des pots recouverts de paille et de glaise, elle va durer 4 jours. Puis peinturlurées de rouge, les poteries seront acheminées en ville…

Retour à l’hôtel où nous croisons les Biguet !

 

Dernier jour : et on commence par un bouddha couché de 70 m, impressionnant…Tout autour des centaines de monastères, petits ou grands, pauvres ou riches. Nous pénétrons dans l’un d’eux et pouvons ainsi imaginer le quotidien de ces 40 moines, actuellement partis quémander leur nourriture.

Un petit tour à pied en centre ville pour admirer les restes des bâtiments coloniaux, certains dans un état de décrépitude avancée, d’autres retapés pour un ministère ou un grand hôtel…Même l’hôtel de ville paraît rutilant, mais il vaut mieux ne pas regarder la façade arrière… Tout autour, sur le trottoir, plein de petits baraquements de fortune proposent sur des machines à écrire archaïques les services de frappe pour les papiers officiels : convocation d’AG, délégation de pouvoirs, actes authentifiés…

Juste à côté, la pagode de Sulé, entourée de boutiques, comme autrefois nos églises.

Non loin de là, nos pas nous mènent au quartier indien : animé, sale, les étals de viande ne donnent guère envie d’acheter, et pourtant il y a du monde et c’est ‘frais’ : on tue le poulet devant vous  !

Dernier déjeuner dans un restaurant typique, où nous sommes seuls occidentaux : pour une somme modique, on choisit ses plats presque dans la cuisine, et on savoure encore cette cuisine birmane épicée et goûteuse.

L’après midi nous emmène au National Village, un parc où est reconstitué l’habitat des différentes ethnies (135 en tout !) peuplant le pays. Certaines personnes ont revêtu l’habit traditionnel.

Encore une pagode, puis une grotte, aménagée spécialement pour les congrès des moines. Aujourd’hui, pour l’occasion, elle est prête à accueillir 70 candidats passant l’examen pour le grade de moine supérieur, leur permettant de prendre en charge un monastère…

Retour à l’hôtel, on boucle les bagages, puis aéroport. Notre guide nous accompagne jusqu’au bout et reste un bon bout de temps dehors derrière la vitre. Elle n’a jamais quitté son pays qu’elle a su si bien nous faire découvrir. Un pays fait d’images magnifiques et de gens au sourire qui fait chaud au cœur… Pour combien de temps encore pourrons-nous profiter de ce tourisme à image humaine ? Les businessmen sont déjà là, avec leurs pots de vin, prêts à tout dénaturer pour accueillir des bus entiers…Cela servira-t-il la cause de la population, qui a certes besoin de tourisme, mais pas à grande échelle…En ce qui nous concerne, nous sommes heureux d’avoir pu vivre ces moments forts et osons espérer qu’un peu de nos devises ira aux bonnes gens : ceux aux yeux généreux et au large sourire qui ont croisé notre route…

October 23

18-19 oct Yang Yang festival du saumon

La côte Est, Sokcho, Naksan, vous connaissez ? Je vous en ai déjà parlé : nous y étions au mois de mars 2007…

 Eh ! bien, ce week-end nous y retournons, enfin, juste à côté, à Yang-Yang, où se célèbre le festival du saumon ce 18 et 19 octobre. Notre réputée Ida (*) y avait déjà fait un reportage pour la télé il y a quelques temps, l’an passé y était revenue en famille, et aujourd’hui veut nous faire partager cette expérience.

Les saumons viennent de loin, parfois d’Alaska, certains ont parcouru plus de 15000 km par la mer, et ils reviennent frayer dans la rivière où ils sont nés. Yang-Yang est un lieu de passage pour remonter la rivière. Tous les ans, pendant deux jours, pour un droit d’inscription modique, et selon un quota sous stricte surveillance, les autorités organisent une pêche au saumon, à mains nues, à raison d’un saumon par personne.

Nous sommes 7 familles, soit 20 personnes, en comptant Ida, son mari Changsu et leurs deux enfants.

Les réservations ont été gérées par notre Gentille Organisatrice et son mari. Après 4h de route pour parcourir les 280 km qui nous séparent de Séoul, nous nous retrouvons dans le lobby de l’hôtel. Somme toute, nous n’avons pas trop mal roulé, sachant que les autoroutes sont limitées à 100 km/h et que d’ordinaire, quitter Séoul peut être un enfer (d’ailleurs l’an passé, nous avions mis 6 h pour le même trajet !).

Sitôt installés, on optimise les 5 voitures pour n’en remplir plus que 3 et nous voilà partis, direction Sokcho pour un superbe restaurant tout de bois décoré, où nous attendent des tables bien garnies autour d’un délicieux barbecue coréen… Rapide tour de table pour recueillir les suffrages, et la suite de la soirée sera donc un bowling, que Changsu réserve hâtivement d’un coup de téléphone bien placé ! On reprend la route, un instant d’hésitation sur l’endroit exact, Changsu rappelle le bowling pour demander la direction. Qu’à cela ne tienne, l’établissement envoie un messager qui arrive en voiture pour nous piloter à bon port ! Nous échangeons rapidement les chaussures (Ida traduit les tailles européennes en tailles coréennes !), et nous voilà concentrés sur les strikes spares et… nuls ! Alain s’affaisse dans un fauteuil, terrassé par les soucis de la semaine. Laurence un peu trop enthousiaste part avec sa boule et se retrouve… par terre ! Quant aux plus petits, Yann les aide à lancer leur boule, qui cahin-caha va dégommer quelques quilles pour leur plus grande fierté !

Bon, ce n’est pas tout, on va poursuivre la soirée au marché au poisson de Daepo, ouvert toute la nuit : là aussi, on connaît, mais parcourir les échoppes avec Ida est un évènement. Elle s’arrête acheter un bâton de feux d’artifices pour Théophile, quand le vendeur lui dit qu’elle ressemble à Ida Daussy. Mais c’est elle ! La rumeur se répand comme une traînée de poudre ; les gens, jeunes (ils la surnomment ‘oh la la’, phrase qu’elle répète souvent et qui amuse  ses fans !), vieux, hommes, femmes l’arrêtent pour prendre une photo, serrer la main… Ida se prête de fort bonne grâce, rompue à l’exercice, tandis que Changsu à 50 m de là observe, seul, et confie que ce n’est pas vraiment pour lui plaire, qu’il est habitué, mais qu’après tout, c’est le job d’Ida (et on sent quand même poindre sous le discours une petite fierté, qu’il se refuse sans doute à admettre…). Après avoir admiré les poissons des toutes sortes au milieu de ce petit bain de foule, nous rentrons à l’hôtel vers 1h du matin.

Le lendemain matin, nous avons le temps de faire un petit tour sur la plage déserte avant de prendre les voitures pour nous rendre à l’endroit de pêche. Là, l’organisation coréenne ne manque pas de nous étonner encore. Guidage pour le parking. Enorme scène avec une sono tonitruante et des groupes en tout genre qui s’y produisent, du folklore au hard rock…. Plusieurs stands : pour prendre les billets, pour se changer, pour immortaliser le fruit de sa pêche (le poisson est enduit d’encre et imprimé sur une feuille…), pour faire préparer les bêtes, pour les emballer...Et bien sûr foultitude de petits stands où se restaurer… de saumon, ou autres soupe de nouilles, crêpes de légumes…

Ida nous donne nos entrées : un autocollant à fixer sur nos T-shirts (nous faisons partie de l’équipe n°2, qui pêche à 11 heures), une paire de gants, et même des tickets repas ! M. le Maire de Yang-Yang vient féliciter notre vedette et lui fait cadeau de deux cartons remplis de poires coréennes : grosses comme des melons, elles sont ici très appréciées et leur jus entre dans la composition de bon nombre de marinades et sauces …Les caméras crépitent.

Mais, ça y est, c’est l’heure : nous prenons la queue derrière la personne qui brandit notre inscription (équipe 2 de 11 heures) et qui nous mène à la queue leu leu au bassin de pêche. Là, la rivière est peu profonde, entourée de filets qui permettent de filtrer l’entrée des saumons. Au gong, tout le monde s’élance dans l’eau, un peu fraîche, mais on s’y fait très vite, tout excité de se voir assailli de bestioles qui glissent entre nos jambes. La tactique consiste à attendre près du filet, mais j’ai beau essayer, ils me filent entre les mains ! Certains n’hésitent pas à plonger sur leur proie ! Changsu brandit très vite une très belle prise ! Luc en a un aussi, mais beau joueur le remet à l’eau, il faut faire durer le plaisir et c’est trop facile ! Oui, mais il y a de moins en moins de bêtes et celles qui restent sont très agiles ! Il finit par en attraper un autre ! Alain en tient un, et un beau ! Nataly ramène fièrement sa prise, Christophe est bredouille. Sitôt attrapé, un organisateur vous tend un sac plastique dans lequel glisser la bête. Mais l’animal est vigoureux et s’agite désespérément : Laurence est effrayée. Le gong retentit de nouveau, c’est la fin… Mais il y a… ‘repêchage’ pour les malchanceux, surtout les plus jeunes : les organisateurs leur remettent une bête attrapée à l’épuisette….Ouf ! Eugène est content !

Caméras et appareils photos profitent de la présence d’Ida pour faire des photos de notre pêche ! Puis nous nous dirigeons au stand de préparation : là, des adjumas expertes vident nos bêtes et les préparent en darnes ou en filets, enfin presque en filets, car l’arête centrale est encore là, dont nous aurons à nous occuper ce soir en rentrant à la maison. Le stand est un peu glauque avec tout ce sang et ces entrailles, mais nos bêtes lavées sont désormais bien emballées dans une caisse de polystyrène garnie de glace.

Nous allons nous restaurer, les pavés de saumon sont panés ou grillés, dommage qu’on les décore d’une petite sauce mayo-ketchup qui n’ajoute rien… Mais c’est bon quand même, et puis les gâteaux apportés par Laurence finissent parfaitement le repas !

Nous profitons de cette superbe journée pour pousser jusqu’au temple de Naksan, qu’Alain et moi revoyons avec plaisir, puis chacun remonte dans sa voiture, direction Séoul. Pour nous, ce sera 5h1/4 de patience pour rentrer. Nous apprendrons plus tard que certains ont mis 6h…Mais tant pis, nous sommes prêts à revivre l’an prochain cette expérience originale…En attendant, le congélateur est plein de saumon : avis aux amateurs !

 

 

___________________________________________________________________________

(*) Extrait de ida-daussy.com…

« Ida Daussy, une française originaire de Fécamp, en Normandie, demeure à ce jour la personnalité française la plus connue en Corée.
    Tout commence au début des années 90. La jeune Ida est alors étudiante en commerce international à l’université du Havre, et accepte un stage d’un mois qui lui est proposé à Busan, dans le sud-est de la péninsule coréenne. Lors du premier contact, elle tombera sous le charme du pays et de ses habitants, et décidera d’y retourner dès l’année suivante... pour un séjour qui durera plus de quatorze ans. Son destin bascule en effet lorsqu’elle rencontre Chang-Soo, cadre dans une grande entreprise coréenne, et qui deviendra son époux.
    Cette union mixte devient une curiosité d’autant plus attractive qu’Ida maîtrise désormais parfaitement la langue coréenne. Elle fait ainsi ses premières apparitions télévisées, invitée pour parler de son couple.
    Son charme et sa présence à l’antenne n’échappe ni au public, ni aux producteurs qui la sollicitent de plus en plus pour des projets qui se diversifient: sitcoms, talk-shows, jeux télévisés, téléachat, émissions culinaires, divertissements en tous genres. Proche des gens, pleine d’humour et engagée, notamment sur le droit des femmes, Ida fait sourire et touche les Coréens, qui l’ont définitivement adoptée. “Elle incarne la femme coréenne qui change”, souligne son agent Mme Ho. »

September 17

Gyeonju Chuseok 2008

Chuseok, de nouveau. Me voilà à peine rentrée de France et nous prenons la route, direction Sud Est de la Corée, via Daegu (3ème ville de Corée) vers Gyeonju, berceau de Silla et haut lieu de la réunification des  Trois Royaumes dans les années 800…

Un petit tour tout d’abord vers la grotte de Seokguram, où après une petite balade ombragée et quelques marches, nous attend une gigantesque statue de Buddha, datant du 8ème siècle. Nous redescendons vers le temple de Bulguksa, construit en 751, partiellement détruit par les Japonais en 1592 et restauré à partir de 1973. Des 80 bâtiments d’origine, il n’en reste aujourd’hui que 8, mais avec ses deux pagodes, et surtout ses deux escaliers/ponts en pierre, il est réputé.

Nous descendons ensuite vers la côte, pour admirer la tombe marine du roi Munmu ayant voulu se faire enterrer sous l’eau. L’heure avancée apporte au site une lumière orangée du plus bel effet, contrastant avec l’écume blanche des vagues venant mourir avec force sur la plage.

Retour à l’hôtel, où déception, Chuseok oblige, le restaurant coréen est fermé : on se contentera d’une salade César (qui n’en est pas une !) à la cafétéria, avec d’autres convives, occidentaux et coréens, comme compagnons d’infortune…

Le lendemain, on attaque par le lac Bomun et ses grands hôtels, sans grand intérêt…suivi du Folk Craft Village : un ensemble d’adorables maisons traditionnelles, où logent et travaillent des artistes en tout genre, et où ils exposent leurs œuvres. Un maître potier nous fait une démonstration éblouissante de son art, utilisant des peaux d’anguille pour lisser son travail et finissant par quelques petites touches de décoration appliquées rapidement et habilement. Le four, long de plusieurs mètres, en pente, est chauffé au bois par le bas pendant 5 jours pour permettre une cuisson optimale…

Nous allons ensuite au musée de Gyeonju. Plusieurs bâtiments se côtoient harmonieusement sur une esplanade, où trône une gigantesque cloche de bronze de 3m de haut, élégante, dont le timbre résonne paraît-il à 40km alentour…Dans les salles sont exposés les objets retirés des fouilles avoisinantes, certains d’une délicatesse et d’un ciselé tels, qu’ils laissent rêveurs sur les capacités et le raffinement de l’époque…

Sur l’esplanade, adultes et enfants se rassemblent autour des jeux traditionnels de Chuseok : saut à la corde, jeter de bâtonnets dans un vase, lancer de plaquettes de bois (genre dés),…

Puis nous poursuivons notre visite dans le parc des tumuli : agréable promenade ombragée autour des tombes royales, certaines doubles, abritant mari et femme ou père et fils. De la musique classique diffuse dans les haut-parleurs, faisant de l’endroit un havre de quiétude.

Le déjeuner nous arrête dans un de ces ‘boui boui’ dont nous raffolons : le menu est affiché au mur, il nous faut un certain temps pour déchiffrer, mais pour une fois, c’est en toute connaissance de cause (et non au petit bonheur la chance) que nous commandons : soupe de tofu pimentée pour Alain et nouilles froides pour moi. Mes ‘naengmyon’ sont agrémentées de poire, curieux, mais délicieux !

Puis nous repartons à la découverte d’autres tombes, notamment celle d’un général, artisan de la réunification…

Le soir tombé, nous nous promenons dans Anapji : un ancien palais, dont il ne reste que quelques vestiges, et doté d’un lac jonché de fleurs de lotus. La maquette reconstituée sur la base des fouilles réalisées depuis 1975 laisse à penser ce qu’était autrefois ce désormais réputé jardin d’agrément… Dommage que les créateurs d’aujourd’hui aient cru bon de le doter de lumières un peu psychédéliques…I

Le soir, un restaurant typiquement coréen nous offre son menu unique et nous ne sommes pas déçus : une 20aine de petits plats, pas tous à notre goût, certes (notamment les anchois crus, ou une feuille à la marinade bizarre…), mais somme toute, nous ressortons repus et satisfaits…

Grandeur et décadence, l’histoire s’écrit ici aussi de cette façon, mais un temps, nous y avons cru : nous étions bien à Gyeonju et du temps de son apogée…

June 22

Fête de la musique Banpo 21 juin 2008

Aujourd’hui 21 juin 2008, Fête du lycée et de la musique. Cette année, c’est une grande première, la mairie de Banpo a décidé de s’associer au lycée pour l’organisation.

La fête commence par la fanfare, qui tambour battant et cors rutilants descend la rue de Banpo, suivie d’un attroupement qui grossit au fil des rues traversées. Direction le parc Montmartre (oui, oui !), bien connu des footballers et des mamans qui veulent s’aérer avec les jeunes.

Là, on nous donne un programme (qui est en fait également un billet de tombola). Des T-shirts à l’effigie de la fête de la musique et des petits coussins sont distribués. Une gigantesque scène est installée. Les artistes se succèdent, beaucoup de formations émanant des universités de la ville. Nous sommes surpris de la qualité des intervenants : tous chantent en français, certains a capella, c’est étonnant ! Le soir, ce sont des artistes plus avertis qui se produisent, et là aussi le spectacle est garanti : B-Bop, hard rock, country… On en profite pour un petit rock (pas terrible sur la pelouse !), un petit madison, bref ambiance garantie ! Les nuages menaçants et le tonnerre n’ont même pas osé perturber cette magnifique journée…

 

A propos du bain, encore, je ne m'en lasse pas...

Aujourd’hui j’ai rendez-vous chez mon amie HaengShim, pour qu’elle me montre les modèles de couture qu’elle dessine et réalise. Elle est spécialiste dans le travail du tissu spécial pour le hanbok (ces robes traditionnelles), mais qu’elle modernise et détourne de leur destination première, avec goût, originalité et enthousiasme. A l’issue de notre entrevue, elle me demande ce que j’ai de prévu cet après-midi, et à vrai dire, pas grand-chose. Il fait chaud et lourd (on annonce une mousson prématurée ?). Elle me propose de m’emmener aux bains. Quelle bonne idée ! Nous voilà parties, c’est dans le quartier, à deux pas…Un endroit que j’avais déjà repéré un jour en déchiffrant l’enseigne : SAONA : Sauna (en coréen…), me promettant d’essayer… Eh ! bien nous y voilà !

Pour 4500 Wons (environ 3 euros), on nous donne une clé de casier et une serviette. Nous laissons nos chaussures dans un petit casier à l’entrée et pénétrons dans le vestiaire protégé par des tentures. Là, des casiers plus grands habillent les murs, au-dessus desquels sont entassés foultitude de petits paniers en plastique (la plupart roses !), regroupant l’attirail de chacune : crèmes, shampoing, après shampoing, brosses à cheveux, brosses rondes pour le brushing, poudre d’argile (ou autre) pour les masques, gants de crin, lait pour le corps, brosse à dents, dentifrice, produits de maquillage… tout y est…Mon amie grimpe sur l’escabeau pour récupérer le sien. Si on a oublié quoique ce soit, un coin du vestiaire est réorganisé en stand de beauté et on vous vend tout ce dont vous pourriez avoir besoin…

Nous nous déshabillons et on passe aux bains. Traduire une vaste salle, avec au fond 3 grands bacs d’environ chacun 8m² et 80cm de profondeur : un bain très chaud, un moyen et un froid avec jacuzzi intégré, que l’on déclenche par un minuteur. Sur la droite, au fond, un sauna : il y fait vraiment très chaud, on n’y restera que peu de temps, la chaleur ne m’étant pas forcément recommandée.

On commence par une bonne douche, avec savon à l’appui. Certaines sont assises sur de petits tabourets, afin de faire une toilette intime en grand, armées d’une douche flexible située à environ 50 cm du sol. Une fois propres, nous pouvons entrer dans les bains, au choix… D’abord le chaud : un délice, le rouge monte aux joues, puis le froid pour resserrer les pores. Le jacuzzi est bienvenu : massage des mollets et des pieds…Le dos aussi, ça tombe bien, j’ai mal depuis quelques jours (je pense que je somatise le stress de Jimmy pour le bac et pour l’organisation de l’an prochain…). Je remarque que si j’ai laissé soigneusement ma serviette au sec dans le vestiaire, mon amie, elle,  a emmené la sienne et se la noue mouillée sur ses cheveux mouillés aussi : toutes les coréennes font cela…Bon tant pis, j’assume, elles verront bien que je suis étrangère, on ne peut pas sacrifier à toutes les coutumes ! Chacune est nue, mais à l’aise, les corps jeunes et sveltes, mûrs ou âgés et difformes, sont acceptés avec naturel. Une mère au ventre distendu est là avec ses 2 fillettes qu’elle savonne copieusement. Il n’y a pas de voyeurisme, tout est normal, presque rassurant, paisible.

On m’appelle : c’est mon tour de gommage, qu’HaengShim a commandé pour chacune de nous. Complètement à droite de la grande salle, 3 tables recouvertes de plastique roses, autour desquelles s’affairent les adjumas masseuses en soutien-gorge et slip noir, les seules personnes habillées. Ma voilà sur le dos et ma gentille adjuma armée de 2 gants de crin verts s’affaire sur mon corps. Pas un cm² ne sera épargné. Devant, sur le côté, l’autre côté, le dos, je glisse sur la table mouillée comme une savonnette. Ma peau morte s’accumule sur le plastique rose : j’ai honte : c’est à moi tout ça ? Mais un coup d’œil sur les autres tables me rassure : là aussi on mue à forte dose ! Une bonne bassine d’eau chaude jetée sur le corps me sort de ma torpeur. On passe au visage. Il doit y avoir de l’huile de sésame dans ce qu’elle m’a passé. Petit massage furtif, puis une bonne serviette chaude, quelques points de pression (pommettes, menton et front, sur ce dernier elle assène deux coups de poing qui résonnent : sans doute pour me remettre les idées en place ?). Puis, je ne rêve pas, elle me verse du lait, du vrai (je lis sur l’emballage : premium : je le vaux bien, sans doute !!!). Opération suivante, lavage des cheveux : le massage du cuir chevelu est un bonheur. Puis j’ai droit à de l’huile sur tout le corps, avec un massage, un vrai, pas de ceux qui vous laissent des bleus ! Quelques coups de poing qui détendent (si, si, je vous assure, même pas mal !) et me voilà relâchée, au bout de 45 minutes. HaengShim me tend une cuvette avec une mixture brunâtre dedans et me dis de m’en enduire le corps : c’est de la pâte de haricot vert (j’aimerais bien savoir où on les trouve ceux-là, car c’est denrée inexistante ici !!!!) qu’elle a mélangée à un yaourt… Mon adorable adjuma prend pitié de mon air surpris et s’offre à m’étaler le mélange. En fait c’est un abrasif léger, qui laisse la peau toute douce…

Retour aux vestiaires, séchage, habillage. Nous ressortons au soleil et à la chaleur, fatiguées de ces deux heures et demie passées à prendre soin de nous. C’est peut-être grâce à cela que nos amies coréennes ont des visages peu marqués. Si c’est là leur secret, je veux bien adhérer !

En tout cas un grand merci à mon amie pour m’avoir fait partagé ce moment intime de délices…