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1月11日 ShanghaiNous voilà en Chine, ou plus exactement à Shanghai, car j’imagine que Shanghai est à la Chine ce que New York est aux USA : une vitrine du pays. Il fait beau et les premières impressions se bousculent en arrivant à l’aéroport. Celui-ci est moderne, grand, on pourrait être n’importe où… En revanche au lointain se profilent des hangars gigantesques aux toits harmonieux, un chantier colossal : on agrandit ! Les officiels au sol parlent anglais, ce qui n’est pas toujours le cas en Corée. Les taxis sont de vieilles voitures, amortisseurs usés, reprises chaotiques, dans certains on a pu passer la main entre la porte et le châssis et côté conduite, ils se faufilent de droite et de gauche sur l’autoroute à 4 voies, on prie pour que les freins fonctionnent à temps. Les deux voies de droite sont utilisées par des camions et encore des camions : beaucoup de trucks aux cargaisons impressionnantes, fûts, cartons, ballots…A l’inverse de la Corée, où les montagnes sont partout, notre regard porte au loin : ici, c’est plat. L’espace est rempli de gratte-ciels et de barres d’appartements, comme en Corée, mais on voit ici beaucoup de linge aux fenêtres, étalé sur de grandes barres horizontales qui s’avancent dans le vide… La maison de nos amis est gigantesque, rdc + 3 étages, de belles pièces, bien agencées, fengshui et tout ! et la cuisine ressemble aux nôtres, frigo « américain », micro-ondes, fontaine d’eau, la cuisinière avec four est au gaz, en revanche pas de lave-vaisselle : ici, il y a l’ay, l’équivalent de notre adjouma, une chinoise aux joues rebondies originaire du Sechuan, qui s’occupe de tout ça…A l’entrée de la résidence, une barrière surveillée par un poste de contrôle et des gardes en uniforme et gants blancs au garde à vous lorsque nous passons. A la fin de notre séjour on aura même droit à un sourire. Théoriquement, nous devrions, « pour notre sécurité », nous inscrire au bureau de quartier, mais Mine nous assure que ce n’est que pure formalité, donc on ne s’en préoccupe pas ! Notre premier repas est mémorable : XiaoLi, l’ay, nous a concocté un repas chinois : 3 plats tous aussi délicieux les uns que les autres, dont un de sa région, donc épicé à souhait, que l’on dépose sur le grand plateau tournant en verre situé au centre de la grande table ronde. On se sert et on fait tourner, un vrai régal. Sans parler du riz, plus long et moins collant que celui de Séoul. Départ pour centre ville, moyen de locomotion, le taxi, il suffit d’aller dans la rue et d’en arrêter un et de lui donner deux noms de rues qui se croisent. Une course de 15 km coûte environ 3 euros… La ville est traversée par des autoroutes à plusieurs étages, certaines passant parfois à 50 cm des buildings ! Partout des gratte-ciels rivalisant de modernité, d’originalité et d’architecture. Le préféré de Mine est le Novotel (on ira d’ailleurs y faire un tour pour voir ça de l’intérieur !), moi j’aime bien le Westin avec sa couronne en fleur de lotus, le faisant ressembler à un roi Papou ! Notre première étape, minettes oblige, est pour le marché au textile, récemment relocalisé. Plusieurs étages de minuscules boxes regorgeant de tissus et de soieries plus attirants les uns que les autres. Mine m’aide dans son chinois courant à passer commande, et à m’aligner sur des prix « raisonnables et non touristiques » ; on reviendra mardi, sans mon interprète, pour les essayages, mais une des vendeuses parle bien l’anglais. Nous finissons la journée dans une partie de la vieille ville chinoise, à déambuler dans les rues et à flâner dans les échoppes. Les jours suivants sont dédiés à l’exploration : la concession française, vestige des années glorieuses de l’occident, et ses lilongs, ruelles de maisons aujourd’hui souvent délabrées. Partout dans les rues, des voitures, des triporteurs défiant les lois de la gravité par leur chargement, des vélos, même des vélos électriques, de petits marchands ambulants proposant force brochettes, soupe, ou autre délicatesse. Temples, musées, grands magasins, marché de l’électronique, parcs, maisons de thé, tout y passe ! Jérémie, lui, est pris en charge par les deux garçons et file à cœur joie en vélo vers le PC Net tout en redécouvrant le bonheur d’être avec des copains pour faire des « teufs » impromptues et mémorables… Un soir, nous retrouvons un collègue avec sa femme et son garçon de 5 ans. Après avoir pris un pot ensemble, il nous fait visiter son appartement, récemment acheté. Belles prestations, rien à redire, magnifique, superbe vue du 22ème…Cuisine équipée, buanderie, 2 grandes chambres avec immenses placards, tout est de bon goût. Lits superposés dans la chambre du petit, mais le gouvernement maintient la règle de l’enfant unique, on sent nos interlocuteurs très tristes. Et que se passe-t-il en cas « d’accident » ? On doit payer une forte amende, l’obtention d’un identifiant de sécurité sociale est très difficile et coûte très cher, et tout est rendu plus compliqué… Ils nous avouent avoir le projet de partir en Australie pour les études du petit… Nous nous étonnons du trafic, dense, mais fluide, pas d’embouteillages, alors que Séoul, c’est vraiment un cauchemar ! En fait, le gouvernement contrôle le nombre de voitures en service, donc pas de problème ! Avant de repartir, nous décidons de faire une escapade à Suzhou (prononcer Sudjo), Venise de la Chine et capitale de la soie, à 80 km de Shanghai, ville de 6 millions d’habitants… (en deux villes, on vient de s’exposer à 26 millions d’habitants, soit la moitié de la Corée !!!). Le temps n’est pas clément, mais nous visitons deux des 70 jardins (il y en avait jadis 290…) qui font aussi la renommée de l’endroit : le Jardin de la Politique des Simples (hommage à l’humilité du propriétaire), qui est pourtant gigantesque (il a fallu 16 ans pour le construire) et le Jardin du Maître des Filets, tout petit, mais où on pressent l’ego et la fierté du maître jaillir sous les détails qui s’offrent à nous. De quelque endroit qu’on se trouve dans ces jardins, il y a toujours une perspective harmonieuse, un pont, un arbre, une porte, un rocher qui accroche l’œil, avec toujours cette recherche du spirituel qui anime les asiatiques. Après un tour sur le canal, où la vie bat son plein au mépris des eaux troubles, nous finissons la journée au musée de la soie, où on nous explique comment récupérer en 40 jours un cocon, duquel on extirpe le fil, qui, mêlé à celui de 7 autres cocons, constitue les bobines de fil de soie prêtes à être usinées. Des cocons inutilisables (fils emmêlés) on étire des couches de soie duveteuses pour confectionner des couettes moelleuses… Il y aurait encore mille détails à vous faire partager de cette escapade chinoise, une chose est sûre, on retournera en Chine. Pékin nous attend, mais je rêve d’un tour plus authentique au contact d’ethnies minoritaires…A suivre donc ! |
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