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日志


10月7日

Pékin Sep 2007

Du coup, avec Chusok, nous voilà avec trois jours d’inactivité forcée, alors, direction Pékin, 1h30 de vol. Pour ses 15 millions d’habitants, la ville s’étend sur 150 km (en long et en large) si bien que les gratte-ciel semblent ici bien moins élancés qu’à Shanghai. Ils sont d’architecture moins raffinée aussi, et les bâtiments officiels eux, rappellent les ‘messages’ du communisme relatifs à la nation : carrés, imposants, solides et forts…

Notre hôtel est un de ces derniers bastions chinois qui échappent aux grues et bulldozers : une ancienne maison de maîtres sans doute, des bâtiments qui s’enchaînent autour de 5 petites cours intérieures, idéales pour un petit-déjeuner calme ou pour une lecture sereine…Nous sommes dans le quartier des hutongs, où les Mongols étaient installés par corporations, avec une citerne d’eau (d’où le nom hutong) dans chaque ruelle aux maisons basses. D’ailleurs, il y a aujourd’hui 3 toilettes publiques aux extrémités et au centre de chaque rue, et à en croire les personnes en pyjama avec seau hygiénique que nous avons croisées, elles sont largement utilisées...Si, JO obligent ?,  les portes d’entrée et les murs extérieurs ont été repeints d’un bel effet (les unes en rouge brique et les autres en gris), la misère se laisse apercevoir par les portes entrebaillées…Pourtant le quartier est en plein travaux, on passe des canalisations énormes, et le vent vient ajouter la poussière à la brume (de beau temps ????) qui règne sur Pékin. Pourtant encore, ces ruelles s’arpentent avec délices à pied ou à vélo (nous n’avons pas osé la bicyclette, car avoir l’œil sur la carte et sur le trafic en même temps relève d’un pari qu’on n’était pas encore prêts à relever !). Elles vous emmènent autour des lacs Houhai et Qianhai, où cafés avec terrasses vous invitent à paresser dans de grands canapés aux couleurs fluo très kitch, à moins que vous ne préfériez un tour en pédalo en forme de cygne. Nous avons testé les massages en pleine rue : à la chinoise vaut bien à la coréenne, je suis sortie bien relaxée du haut (tête et dos un vrai délice), mais strumpf du bas (des bleus aux mollets !).

Pékin, comme beaucoup de grandes villes, est bruyant et en mouvement. Les grandes artères sont larges, j’ai compté jusqu’à 6 voies dans chaque sens, dont l’équivalent de 2 voies était réservé aux vélos. Malgré tout, congestion sévère garantie matin et soir (qui a d’ailleurs failli nous coûter notre avion au retour !!). Ca klaxonne, ça s’invective. Au centre du carrefour un policier assure ??? la  présence… A chaque coin du carrefour, un officiel à brassard gère les piétons et les vélos : pas très efficace, mais un petit job… Au milieu de tout cela, la vie s’active sur le trottoir : marchands ambulants, serveuses de restaurant sur le pas de porte, prêtes à accueillir le client, mamie dorlotant son petit-fils ou petite-fille, dont le pantalon fendu laisse entrevoir les fesses potelées (un moyen d’éviter les couches ?), client du coiffeur attendant la pose d’une couleur (l’échoppe est minuscule), vieux jouant aux échecs chinois, ouvrier assis sur les talons, le regard au loin, la cigarette à la bouche, espérant… la venue du patron sans doute…

Notre première sortie, à tout seigneur tout honneur, fut pour la Cité Interdite. Nous l’avons parcourue du Nord au Sud (à l’inverse de ce qui se fait habituellement), profitant ainsi d’un calme plus relatif pour arpenter les cours et les jardins des bâtiments d’habitation, plus petits, mais malgré tout encore emplis des manigances et perfidies de la cour. Nous sommes frappés par le gigantisme des lieux, certains murs si longs qu’ils vérifient l’illusion de se rejoindre en perspective. Alors on marche, et à chaque cour, chaque bâtiment, chaque porte, on enjambe le marche pied : un vrai steeple-chase…Plus on avance vers le sud et plus les bâtiments se font grandioses, plus les cours se font majestueuses : nous approchons des endroits où s’est joué le politique, le faste et l’apparat. La foule se fait plus dense, et les derniers bâtiments, en réfection, ne se visitant pas, nous évitons les sempiternels vendeurs de pacotilles pour nous retrouver face à la célèbre place Tian anmen. De nouveau nous sommes soufflés de l’espace occupé. Les estomacs crient famine et pas le moindre estaminet à perte de vue. Nous marcherons donc encore, et c’est le ventre plein qu’on reprendra la route en direction du temple Céleste. La vieille ville chinoise aux alentours est sacrifiée, rasée par les engins, et à sa place vont s’édifier des tours d’appartements ou de bureaux. D’ailleurs la rue que nous voulons emprunter est bloquée et un pousse-pousse sauveur vient nous sortir de là pour nous emmener via des ruelles hautes en couleur vers l’entrée de notre temple. Bien évidemment, le prix négocié au départ n’est plus de mise à l’arrivée, mais nous resterons intraitables, et notre chinois repart furieux de n’avoir pu berner ces touristes…

Le lendemain, c’est l’expédition : nous partons pour Mutianyu, avec une guide et 3 autres touristes. La sortie de la ville est un peu chaotique, c’est l’heure de pointe, mais le trajet nous fait passer dans de petits villages typiques, où nous aimerions revenir flâner. On voit ici sans doute une partie de la Chine profonde, pas d’eau courante. C’est la récolte du maïs que l’on égrène et fait sécher sur la route même, qui s’étale en un long ruban jaune, au mépris du trafic passant. Arrivés à destination, nous prenons le téléphérique (notre cabine est celle-là même prise par le Buddha vivant du Tibet en 1999 !!!!) pour monter à une des tours de la grande muraille. L’édifice qui s’étend sur toute la corniche et serpente au faîte de la montagne nous coupe le souffle. On a beau avoir vu des reportages, des photos, la réalité est stupéfiante : quel ouvrage de folie, quel exploit, quelle beauté…Nous parcourons un petit kilomètre praticable, ponctué de tours de guet, procurant aujourd’hui une fraîcheur appréciable, mais qui en hiver doivent être un maigre refuge contre le blizzard et la neige…Au faîte d’une série de marches vertigineuses, le sentier s’arrête, la muraille n’est plus praticable, envahie par les herbes. Nous faisons donc demi-tour. L’après-midi nous emmène dans une fabrique de bijoux de jade, puis le tombeau des Ming, édifice décevant, mais dont l’accès par une allée bordée de statues est une promenade agréable. Enfin, visite d’une fabrique de soie, avec défilé de mode ( !), pour nous qui avions vu Suzhou, capitale de la soie, à Noël, cela paraît fade (déjà blasés !)… Retour à Pékin, de nouveau, ou encore, bien embouteillé…

Le lendemain est consacré au shopping : nous irons dans le quartier des antiquaires, puis celui des artistes, avec forces boutiques de pinceaux, pierre à encre etc. Une boutique de thé nous accueille pour nous offrir une petite pause salvatrice. C’est le 15ème jour de la 8ème lune, soit la pleine lune d’automne, et aujourd’hui on s’offre des moon cakes : gâteaux ronds fourrés à la pâte de haricots ou de dattes, nous en recevons à plusieurs reprises, goûter idéal pour notre Jimmy affamé !

Nous remonterons à pied dans les rues interminables, et passerons par le parc Beihai, son lac, sa pagode blanche, d’où après une raide ascension, nous dominerons toute la ville. Le soir, direction Wangfujing, artère piétonne animée, où sont concentrées toutes les marques occidentales. Mais dans une des artères perpendiculaires, nous dégusterons le fameux canard laqué (Beijing Duck), qu’on découpe devant vous (nous avons même son certificat de naissance et son pedigree !!!), et qu’on roule dans de petites crêpes de riz, agrémenté de bâtonnets de concombre, céleri et oignon vert et d’une sauce à la prune.

Le challenge est de trouver un taxi pour remonter à l’hôtel :

-                          les avenues sont larges et la voie réservée aux vélos ne leur permet pas un arrêt facile,

-                          il me semble qu’il y en a moins qu’à Shanghai, où il suffit de lever le bras, même quand il pleut ! et le tour est joué ; à Pékin, on les guette un moment,

-                          plusieurs taxis libres, ont refusé de nous charger (peur des occidentaux ?, barrière de la langue ?) : ça promet pour les JO !!!!

-                          enfin, quand on en a un, il n’est pas garanti qu’il veuille nous emmener : un taxi ne sachant pas lire la carte de l’hôtel, pourtant en chinois, nous a fait descendre…

Dernier jour, déjà : aujourd’hui, temple des lamas. Notre longue marche est récompensée, le temple est magnifique et les buddhas tellement gigantesques (un de 18 m) qu’ils sont dans le Guiness…

Retour à l’hôtel à 4h30, nous avons commandé un taxi pour 5 :00, mais embouteillages obligent, il n’arrive qu’à 5 :30. La première heure et demie nous scotche littéralement sur place, la tension monte, avec 4 heures de marge sur le départ, on va finir par rater notre avion. Notre chauffeur ne parle pas un mot d’anglais, même Korean Airlines lui est étranger. Mais il aura appris que les « Go ! Go ! Go ! », assortis d’un mouvement de la main, signifie « avance » ! On évite de justesse le terminal domestique où il se dirigeait diligemment, et on arrive finalement, hors de nous, juste 1h avant le décollage : ouf ! Adieu Pékin, et ses vestiges historiques incomparables, mais les gars, il va falloir faire quelque chose pour les touristes de vos JO !!!

 

Chusok 2007

Comme déjà expliqué, Chusok est une des plus grosses fêtes de l’année, où chacun va dans sa famille rendre hommage aux ancêtres. C’est l’occasion de distribuer des cadeaux : en offrande aux ancêtres précisément, en cadeau aux parents, amis, gardiens d’immeubles, employés, etc… Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ce que certains reçoivent avec bonheur : une caisse de boîtes de thon, ou des champignons, voire carrément des poissons séchés, le tout atteignant des prix piuyvant aller jusque 1500 euros la caisse… Pour passer commande, asseyez-vous, on fait la livraison !