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    December 22

    Les vedettes

    Aujourd’hui cours de cuisine organisé par un professeur renommé de l’université de Sookmyung. Tout est organisé à la coréenne, un bus affrété pour un départ devant le lycée français et nous voilà parties.

    L’université est un beau bâtiment récent, tout propre, pas de graffiti, on se fait la réflexion que ça donne envie d’étudier ! On nous mène à une salle de cours. Le professeur nous explique les plats que l’on va faire : un entrée, un bulgogi (bœuf mariné puis braisé), un bibimbap (emblème de la cuisine coréenne, c’est du riz avec de la viande et des légumes), une boisson sucrée en dessert, le dessert en tant que tel n’existant pas en Corée, ce sont au mieux des fruits ou un thé sucré, parfois parfumé à la cannelle…Après la démonstration, on passe à l’action par groupe de 5, papotages et rigolades garantis. On n’a même pas remarqué la présence d’un caméraman de la chaîne Arirang ! Lorsque les plats sont prêts, une des assistantes les emmène à la salle à manger, et lorsque nous nous y rendons après avoir fini la vaisselle et plié nos tabliers, nous sommes surprises de la belle table qui y est dressée pour nous. Nous dégustons notre repas, certaines d’entre nous sont maintenant convaincues qu’on peut manger coréen !

    Myung Hee, une amie franco-coréenne, vient nous voir Laurence et moi : Arirang souhaite que nous refassions un plat ou deux chez nous pour nos familles. Pourquoi pas ? Nous voilà embarquées dans l’aventure ! Seule condition, on laisse maris et enfants hors de tout cela, et suggère que nous invitions à leur place … des copines ! Marché conclu !

    Retour en bus au lycée français, l’université nous a même offert une adorable mug : les coréens ont un sens de l’hospitalité qui nous surprendra toujours…

    Nous repassons vite chez Laurence chercher les recettes précieusement rangées de nos derniers cours de cuisine avec Nam Joo : celles réalisées ce matin sont plus académiques et nécessitent des ingrédients spécifiques que nous aurons du mal à acquérir en si peu de temps. Nam Joo, notre amie, est mère de famille et fait des recettes très adaptées ! C’est donc décidé : on fera le bulgogi de Nam Joo (déjà testé et inratable) et une salade de chou et autres légumes. On établit la liste des courses : chou chinois, concombre, carottes, pousses de navet, oignons blancs, feuilles de sésame, champignons, une poire, ail hâché, gingembre, et notre viande. Notre caméraman nous suit dans les rayons du Freshmart en bas de chez nous (pas le temps d’aller au supermarché), nous pose des questions sur les difficultés à faire les courses : il est servi, nous déversons toute notre frustration et le temps passé à étudier les packagings mystérieux !  On espère que Myung Hee traduit fidèlement nos propos ! Voilà, on a tout, dernier tour de manivelle pour nous filmer de dos, remontant la rue avec notre panier plein, quelles stars ! Rendez-vous demain 11:30 h pour la suite des évènements.

    Le lendemain, notre ami annonce du retard. On se serait bien avancées avec Laurence, mais pas possible, et nos invitées qui arrivent à 13:00 h ! On dresse la table et on patiente. Finalement, il arrive à midi 10 ! Premièrement : remettre dans le sac les provisions achetées la veille et faire comme si on arrivait du marché ! (NB : on n’a pas les mêmes vêtements, mais ce n’est pas grave !). Sans perdre une minute, on se lance : Laurence découpe la viande, je prépare la marinade : sauce de soja, huile de sésame, jus de poire…les produits coréens n’ont plus de secret ! Les commentaires vont bon train, on espère que notre gentil garçon ne comprend pas tout, Myung Hee assiste et semble bien s’amuser ! Midi et demie : on a oublié le riz, il faut vite s’en occuper ! 3 verres jetés à la hâte dans la cuve du rice-cooker, Myung Hee, en gâte-sauce efficace, se précipite pour le rincer et y mettre l’eau nécessaire : méthode coréenne : main à plat sur le riz, on ajoute de l’eau jusqu’à recouvrir les phalanges, voilà c’est fait ! Mais non, il faut tout reprendre, car notre ami veut me filmer moi en train de faire ces opérations. Protestations, rires ! Je recommence donc et enfin le riz est mis à cuire…On argumente sur comment on connaît ce truc coréen de « la main » qui se transmet de mère en fille : moi c’est notre adjuma coréenne, pleine d’enseignements précieux, qui me l’a montré, avant de nous quitter pour aller dans le Sud de la Corée…

    Voilà notre première invitée, elle connaît la maison, débarrasse son manteau sur un cintre et nous rejoint. Non ! Stop ! On la refait : elle remet le manteau, ressort et je vais l’accueillir : Oh ! Catherine, quelle surprise, tandis que les deux autres s’esclaffent dans notre dos !

    On hâche tous les légumes menu, la sauce est faite en suivant la recette à la lettre, voilà c’est prêt. Il nous faut faire revenir la viande, les champignons. Ca sent bon ! La caméra capte aussi les odeurs ?

    Les copines arrivent et on passe à table. Un petit verre de vin, bien sûr, nous sommes françaises, non ! D’ailleurs, le fait de trinquer plaît beaucoup à notre caméraman, on se la refait plusieurs fois ! Quel bon repas, quelle belle rigolade ! Encore une aventure que je n’aurai pu avoir qu’ici ! Merci Laurence, merci Myung Hee, merci les copines !

    December 09

    Activités de 'femme d'expat'

    Une petite mise à jour pour ceux qui s’étonnent de ne pas avoir trop de nouvelles. Je veux vous relater quelques unes de ces activités (entre autres) qui m’ont occupée ces derniers temps, histoire de vous faire partager un peu (car tout n’est pas là, loin s’en faut) mon rythme de femme d’expat…

     

    Siwa Bazaar

     

    C’est une grande vente de charité organisée tous les ans par le Seoul International Women Association. Sous la houlette des ambassades, chaque pays organise une vente dont les produits iront à des œuvres caritatives. L’an passé, 57 pays participants et la France détient le record du chiffre d’affaires avec la Hollande, quelques 12 000 Euros…Nous n’avons pas encore eu les résultats de cette année, mais ils devraient surpasser ceux de l’an dernier. Il faut dire que le petit groupe que nous étions, nous nous sommes démenées : recherche de sponsors, la plupart, entreprises françaises installées en Corée, pour qu’ils nous donnent des articles que nous pourrons vendre : Gucci (sac, foulards), L’Oréal (cosmétiques), Cartier, Vuitton, Téfal, etc…Les restaurants français nous aident en donnant gâteaux, quiches, sandwiches, Novotel nous a fourni du matériel et une machine à café, et deux cuisiniers qui se sont affairés à faire et vendre des crêpes au rayon restauration. Paris Croissant a fourni des baguettes à prix réduit pour que nous puissions fabriquer et vendre des sandwiches. L’épouse de l’Ambassadeur a fait venir vins et fromages de France : 250 kg de fromage, qu’il a fallu découper dans la joie et la bonne humeur et mettre sous film plastique un après midi en attendant le jour J. De leur côté, les Françaises ont confectionné gâteaux ou cakes (en tout une centaine), qui joliment présentés, se sont tous vendus.

    Quant à nous, avec Laurence, on avait décidé de faire des rillettes (denrée introuvable ici). Nous avons donc prospecté le marché aux ustensiles de cuisine pour trouver un contenant adéquat et abordable, qui après bien des palabres avec l’équipe, fut finalement adopté. Puis, opération marché à la viande. Aidées d’Agnès, une Coréenne, nous achetons nos ingrédients : 3 morceaux de porc différents (poitrine, jambon, je ne saurais même pas vous le faire exactement en français !!!). L’après-midi, secondées par une équipe motivée, nous découpons nos 14 kg de viande et distribuons dans nos marmites. Puis chacune repart avec sa marmite pour laisser mijoter plusieurs heures à la maison. Le lendemain, rendez-vous chez nous, on égoutte la mixture qui embaume déjà, et gantées comme il se doit, nous attaquons la phase émiettage, puis mise en pot. Enfin, dépôt des pots dans du papier cellophane, joliment entouré de rubans rouges et bleus…Voilà, 47 petits pots qui seront tous vendus le jour J avant midi ! Une chouette opération, beaucoup de boulot, et de chouettes fous rires !

     

    Atelier Boules de Noël

     

    J’avais cru à une boutade lorsque Patricia m’avait sollicitée pour animer l’atelier, et je ne sais pourquoi j’ai dit oui, moi qui ne suis pas du tout manuelle ! Mais bon, ce qui est dit est dit, et me voilà lancée. Merci aux copines de France qui m’ont aidée à trouver les épingles qui vont bien et merci à mon convoyeur de choc qui abuse de son surplus de bagages…Pat s’est chargée des appros en boules et tissu, de mon côté j’ai encore mes coupons, rubans et paillettes utilisés l’an passé. Alors, le soir en attendant les maris tardifs, on découpe nos tissus : 5.5cm x 5.5 cm, de la haute précision. Et voilà le résultat des participantes novices, la boule artichaut n’a plus de secret, la semaine prochaine, c’est la boule ananas, et ainsi les maisonnées vont pouvoir s’orner de décorations de Noël ‘home made’ !

     

     

     

    La maison de l’Espoir

     

    Lorsque nous avons cherché des sponsors l’an passé pour éditer notre livre de recettes, Novotel a comme toujours répondu présent, et nous a indiqué un dispensaire, qui sous la dévotion d’un valeureux couple, secondé par des bénévoles, recueille des handicapés moteurs et mentaux. Ce jour-là donc, c’est emmenés par la navette du Novotel, chargée à bloc de riz, de farine, de couches et autres denrées, que nous allons leur rendre visite. Un poste de télévision (abandonné à cet escient par une famille récemment mutée ailleurs) et des vêtements, voilà notre obole. Novotel a confectionné en outre un magnifique gâteau en pain d’épices avec des guirlandes et des lumières, de la fausse neige… La visite est chargée en émotion, les malades sont agités par notre venue. Aussi nous ne nous attardons pas, mais je reviendrai soulager, ne serait-ce que pour quelques minutes, quelques uns de ces pensionnaires…

     

     

    Jungmisan

     Ce jeudi-ci, la sortie hebdomadaire avec les Coréennes nous emmène dans une forêt à environ 1h 1/2 de Seoul en bus. Mais aujourd’hui, s’il est tombé la veille au soir quelques flocons en ville qui ont vite été balayés, dans la campagne séoulite, surprise, c’est tout blanc ! Nos guides nous prennent en charge pour une balade d’environ une heure, ponctuée d’arrêts auprès de telle ou telle essence d’arbre : celui dont les feuilles jetées dans l’eau endort les poissons et permet une pêche miraculeuse ; celui dont l’écorce trempée dans l’eau vire au bleu et était autrefois utilisée pour teindre les tissus ; le mûrier, dont les feuilles alimentent le ver à soie, mais qui si ingurgitées en quantité par l’homme, donne des flatulences, d’où son nom en coréen : pong et le surnom immédiatement donné par les françaises : l’arbre flageolet…A l’issue de cette belle virée (dont certaines chaussées de converses mal adaptées se souviennent !), nous sommes reçues dans un de ses restaurants coréens où multitude de plats est présentée, pour mon grand régal. Encore une sortie mémorable