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February 28 Fêtes de févrierFêtes de février
Nous sommes jeudi 8 février. Aujourd’hui, dans la rue du lycée français qui monte vers le collège coréen, les collégiens, toujours dans leur uniforme, portent presque tous des bouquets de fleurs, filles comme garçons. De temps à autre de grosses limousines noires débarquent un couple, lui, costumé cravaté, elle « envisonnée » et soigneusement maquillée, portant aussi bouquet de fleurs. Intriguée, je pousse ma balade jusque chez la fleuriste : effectivement, sur son panneau affichant les fêtes à ne pas oublier, je déchiffre jeudi 8 (aujourd’hui) et la St Valentin…De plus en plus curieuse, je demande quel évènement amène cette débauche de fleurs chez les collégiens : il s’agit tout simplement de la fin des cours collège et lycée. Ils reprendront le 1er mars. Ce sont les vacances, donc on s’offre des fleurs ! CQFD !!! A noter que le soir, les parents ayant sans doute tourné les talons, la fête est beaucoup moins guindée et endimanchée : la sortie du collège se fait comme chez nous, plus débridée, les jeunes ont le col en bataille et les jets de farine marquent l’uniforme sombre et laissent quelques souvenirs blanchâtres que l’on retrouve encore quelques jours plus tard sur les trottoirs !
Saint-Valentin Comme annoncé ci-dessus, il est de tradition d’offrir des fleurs, comme chez nous. Mais dans toutes les boulangeries et pâtisseries, on voit fleurir forces gâteaux en forme de cœur, chocolats, paniers garnis, etc… : les cadeaux se font même entre amis, pas forcément exclusivement à l’élu (e) ! D’ailleurs, on apprend par hasard, en discutant avec nos époux, que dans les entreprises, la coutume veut que les femmes offrent des chocolats aux personnes qu’elles apprécient. Tous nos chers et tendres ont eu un ’ticket’, personne ne s’en était vanté, bien sûr ! J’imagine que nos coréennes ont voulu exprimer là leur gratitude, elles ne sont pas habituées au respect que leur témoignent nos gentlemen de maris occidentaux, elles qui n’existent que virtuellement dans l’entreprise et sont tout juste bonnes à faire le café. D’ailleurs, lors de la présentation du personnel d’une usine dont il a la charge, une de nos connaissances a demandé à rencontrer personnellement tous les employés, et on ne lui a présenté… que les hommes… En revanche, attention, ne pas offrir de cadeau en retour, sous peine de souscrire ainsi à l’avance faite… L’histoire ne dit pas si nos époux ont commis (involontairement) l’impair ! Mais le 14 mars, il paraît qu’on inverse les rôles : histoire à suivre, donc !!!!
Sollal C’est la plus grande fête de l’année avec Chusok (en octobre, dont j’ai déjà parlé). C’est le Nouvel An Lunaire. Cette année est spéciale, c’est l’année du cochon, mais c’est un cochon d’or, cela n’arrive que tous les 600 ans : chance ! Les mariages se décident très vite, la conjoncture favorable n’étant pas éternelle et les femmes qui accoucheront cette année devraient bénéficier des meilleurs auspices pour leur rejeton. Voilà qui va peut-être faire augmenter le taux de fécondité dramatiquement bas avec 0.9 enfants par femme…. On sent dans tout Séoul une effervescence palpable, la circulation est plus difficile, les supermarchés sont bondés. Nos amies coréennes déclarent forfait et ne viennent plus aux sorties : elles préparent le repas qui va réunir toute la famille, oncles, tantes, cousins et autres. Ou encore elles partent en province, aider leur mère ou belle-mère aux préparatifs. On sent d’ailleurs le poids que représente cette tradition lorsqu’on discute avec nos amies coréennes, celles qui ont la « chance » d’être l’épouse du 1er fils, car c’est à elles que revient l’obligation d’assister belle-maman, et au travers des conversations, on perçoit bien que les conflits vieux comme le monde existent ici aussi ! A Sollal, les enfants vont recevoir une enveloppe avec quelques billets ou bons d’achat pour des livres. S’ils se prosternent devant les anciens, ils reçoivent quelque billet supplémentaire, mais quand je dis prosterner, ce n’est pas la petite courbette d’usage, c’est à genoux, face contre terre, les bras étendus en avant, une prosternation vraie de vraie : ah ! Confucius … Pour Sollal aussi il y a échange de cadeaux. Les entreprises particulièrement gâtent leurs employés, les fournisseurs chouchoutent leurs clients. Ainsi, certaines de nos consoeurs ont reçu qui 20 kg de viande surgelée, une caisse de pommes et poires, une valise remplie de boîtes de thon, un coffret avec 4 brosses à dents, dentifrices, savons au lychee et autres délicatesses… Pour célébrer Sollal, comme nous avions fêté Noël en invitant les coréennes, celles-ci ont invité les françaises à un repas coréen, charge à nous d’assurer vin et fromage. Nous étions une soixantaine, certaines coréennes avaient revêtu leur costume traditionnel (hanbok), l’une d’elle arborait même un lourd chignon tressé du plus bel effet. Nous avons eu une démonstration d’un instrument traditionnel, un genre de harpe ou guitare à 12 cordes qui se joue à plat, et permet des sons très traditionnels, mais aussi plus modernes ! Et le repas était excellent ! «Bonne année, Recevez beaucoup de chance » !!!!! February 06 SkiSki
Tous les chanceux qui habitent au pied des pistes de ski vont trouver ce qui suit bien fade, aussi, les Toulousains, Pontissaliens, Basques et autres Grenoblois voudront bien m’excuser ! Vu qu’il fait désormais trop froid pour continuer nos marches en montagne, nous profitons de la saison pour aller au ski. Rendez-vous près de l’école, où les mamans fébriles en tenue de ski (ainsi, en pleine ville, ça fait un peu carnaval !) déposent rapidement leurs bambins. Le co-voiturage est organisé en un temps record et nous quittons la ville illico. Certaines doivent avoir quelques remords, car les yeux scrutent le portable bien souvent, redoutant un appel qui vienne modifier intempestivement le planning, mais plus on s’éloigne, et plus les portables s’éteignent : basta, nous sommes cette fois de toute façon trop loin pour faire quoique ce soit : aux « mamans- relais » ou aux conjoints (je vous le dis, on est organisées !) de prendre leur poste, précisément… 50 minutes plus tard, nous voilà à Yongji resort. Au parking, comme au supermarché, les placeurs nous indiquent où se trouvent les places libres. Celles qui sont déjà venues en famille le week-end n’en croient pas leurs yeux : il y a pléthore de places !!! Attention au plaques de verglas en descendant, ce serait dommage de s’abîmer si près du but ! On passe au guichet, là c’est très simple, tu prends le forfait de ton choix : journée, demi-journée matin jusque 13 heures ou après-midi de 13 à 17 heures, 24h non stop (du matin 9 heures au lendemain matin 5 heures, si, si !), et à cela tu associes la location du matériel skis et chaussures. Muni de ton forfait et du papier de la location, tu passes dans le grand bâtiment qui fait comptoir sur toute la longueur : première étape les chaussures : au fait quelle est ma pointure en coréen ? Facile : partout dans le hall sont disposés de petits plots pour mesurer ton pied, bon, 40 c’est 255 en coréen, plus les chaussettes, allez, 260 pour la bonne mesure ! Tu t’avances au comptoir, on te donne ta paire de chaussures contre ton passeport, et tu passes au comptoir d’à côté où on te donne tes skis (de petits skis paraboliques) et où on te les règle sur tes chaussures. En revanche, je demande des bâtons plus grands, car ceux qu’on me donne d’office m’arrivent à la hanche : les standards coréens ! Le temps d’enfiler les chaussures et de laisser les affaires dans un casier consigne, nous voilà sur les pistes, une demi-heure chrono pour le groupe de 16 que nous sommes. Attente : zéro, efficacité coréenne, en dépit de nombreux groupes d’enfants aux anoraks identiques et de bruyants groupes de chinois, eux aussi en uniforme. Soyons honnêtes, les pistes ne valent sûrement pas les bonnes vieilles nôtres, celles que fréquentent, entre autres, nos chanceux sus-cités, et les conditions climatiques récentes ont fait travailler le canon à neige. Toutefois, la neige est bonne, pas verglassée, et les sensations sont bien là ! Un télésiège (certains sont même chauffés !), une descente, un autre siège, une autre piste, on essaie celle droite, celle de gauche, le petit mur de bosses, le snow-park (où il y a peu d’amateurs ce matin, et c’est tant mieux !), bref tout y passe, on a vite fait le tour. La musique coréenne braille dans les hauts parleurs (on pourrait s’en passer) ; il fait beau, c’est super. Bientôt 13 heures : allez une petite dernière, presque tout schuss, la neige commence un peu coller en bas des pistes. On reprend les sièges pour allez déjeuner en haut d’une des pistes, dans un petit chalet où notre groupe bruyant vient déranger quelques coréens. Il fait chaud derrière les vitres et la cheminée est presque superflue. On repassera pour la raclette et le vin chaud, hélas, ce sera maki (bimbap) ou soupe de nouilles avec fruits de mer : eh ! bien, oui, nous sommes en Corée ! La soupe est bien épicée, mais le feu est malgré tout vite apaisé. On rechausse pour l’ultime descente, non sans avoir sacrifié à la photo de groupe qu’un Coréen aventureux a bien voulu prendre : Kimchiiiiii ! Remise du matériel, récupération des affaires dans les casiers et retour vers Séoul : le trafic fluide nous fait arriver largement à l’heure pour la sortie de l’école, si bien que les mères angoissées par l’horaire reviennent détendues de cette journée complètement irréelle. La fois prochaine, on essaie une autre station, c’est trop bien !
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