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March 27 A l’Est, du nouveau…Nous avons un vrai week-end complet et en amoureux qui plus est : Jérémie est en classe de neige. Nous décidons donc de partir explorer l’Est de la Corée. Alain connaît déjà, puisqu’il a eu l’an passé de longs week-ends solitaires à meubler en attendant notre venue…
Départ samedi matin, sous une pluie battante. Nous mettons deux heures pour faire les 48 premiers kilomètres et on nous annonce maintenant une heure pour les 40 suivants. Nous sommes d’une humeur exécrable, prêts à faire demi-tour. Toutefois, c’est impossible, l’autoroute d’en face est coupée, il y a dû avoir un carambolage sous le tunnel, laissant sur place des kilomètres et des kilomètres de voitures que nous croisons avec compassion. Nous voilà donc forcés de poursuivre notre propre galère. Finalement, le trafic s’éclaircit, en revanche le brouillard, lui, s’épaissit, on n’y voit plus à 30 m ! Et puis, là aussi, la persévérance paie : à 80 km de notre point de chute, incroyable, grand beau ! Et là sous nos yeux s’étale la mer et ses superbes plages de sable. Cependant, Corée oblige, celles-ci sont entourées de grilles surmontées de barbelés, ça tue un peu le romantisme…
Notre hôtel à Naksan Beach a une vue imprenable. Juste à côté, le Naksansa (ceux qui suivent auront traduit temple de Naksan), ravagé par des flammes accidentelles il y a deux ans, est en pleine reconstruction. Comme d’habitude, les moines savaient choisir leurs endroits…
Un petit tour à Sokcho, rien d’extraordinaire, si ce n’est la côte pour y aller, et là encore une belle plage et un port de pêche. Au retour, arrêt à Daepo, endroit pittoresque pour toutes ses petites échoppes où on vend fritures, coquillages (vous les choisissez, on vous les fait braiser au barbecue devant vous), poissons frais (désignez le vôtre et dix minutes plus tard vous avez un sashimi fraîcheur garantie). En cette morte saison, nous sommes pratiquement les seuls occidentaux parmi une foule de coréens en famille, surpris de nous voir commander la « meountang » (soupe épicée), comme eux ! Un vrai régal, et un vrai sentiment d’insertion en Corée profonde…
Dès le lendemain, on fait 20 km et changement de décor : cette fois c’est la montagne, Soraksan, haute et majestueuse. Le téléphérique est arrêté : le vent est trop violent. Malgré tout, les bus déversent leurs marcheurs qui s’engouffrent sur les nombreux sentiers balisés, non sans avoir recommandé leur journée au gigantesque bouddha qui semble superviser les départs. Nous suivons nous aussi un sentier, en direction de Ulsan Bawi, longeant d’abord le torrent, puis s’élevant dans la montagne, nous arrêtant au passage dans le temple de Sinheung. La balade est superbe, comme toutes les randonnées qu’on a pu faire jusqu’alors…Nous croisons en chemin des porteurs : c’est à dos d’homme que se fait la livraison au temple qui est encore plus haut. Nous on s’arrêtera à l’ermitage de Gyejo, où un moine est venu se réfugier an 650 avant ou après JC (je ne sais plus, mais quand on en est là, 650 ans de plus ou de moins, on ne compte plus !) pour venir méditer. L’endroit, effectivement, laisse rêveur…
Il faut songer au départ. L’angoisse monte au fur et à mesure qu’on se rapproche de Séoul, mais en dépit d’un trafic dense, nous ne connaîtrons pas la galère de l’aller, ni celles narrées par des amis rentrés à 3h du matin chez eux…
A refaire donc, car on en a bien sûr laissé pour une fois prochaine !
March 10 Jeju DoDo, en coréen signifie île, donc vous avez deviné, c’est de l’île de Jeju, tout au sud de la Corée, dont je vais vous parler, destination réputée pour ses honey mooners, un petit peu le Hawaï coréen. Nous sommes fin février, et en morte saison. Mais dès l’arrivée à l’aéroport, on sent déjà que nous sommes sous d’autres cieux : le soleil est plus chaud, on tombe les anoraks et la luminosité est plus intense, on sort les lunettes : nous voilà tout à notre mission, de vrais touristes… Pour récupérer la voiture de location, pas la peine de chercher dans le hall de l’aéroport, rendez-vous sur le parking, où tous les loueurs ont installé leur stand… qui dans un minibus, qui un gros 4x4 ou autre véhicule à l’effigie de leur logo : original ! On dirait un peu l’alignement des différentes équipes d’un départ de rallye ! Sur la route qui nous mène du Nord au Sud de l’île (environ 50 km), on longe forces golfs, mais aussi des plantations d’orangers. Jeju est réputée pour ses oranges et clémentines, au goût sucré. Parfois les parcelles se transforment en plantation de thé ou encore de figues de barbarie. Des haies entières de camélias fleuris nous accueillent et les magnolias sont en fleurs. Jeju est une île volcanique, le pic du Mont Halla culmine à 2000 m environ et dans le parc national qui l’entoure, de nombreuses randonnées s’offrent au visiteur. C’est d’ailleurs au départ de l’une d’elles qu’on nous offre en dégustation du chocolat de Jeju, jusqu’alors ignoré de nous : ne vaut peut-être pas certaines autres marques connues, mais bien apprécié quand même, il faudra le repérer dans les rayons à notre retour à Séoul ! Côté mer, c’est un régal, on se croirait sur une côte bretonne, avec les à-pics vertigineux qui offrent sous vos yeux une mer bleue turquoise ou violette selon l’exposition. La lave solidifiée, battue par les vagues, découpe la côte de façon sauvage. Pourtant çà et là, une magnifique de plage de sable blanc s’étend paresseusement entre les falaises. L’intérieur des terres est soit arboré (beaucoup de résineux), soit carrément pelé, la lande, balayée par le vent, n’offrant alors au regard que des murets de pierres de lave savamment disposées pour abriter du vent, tout en le laissant passer pour ne pas détruire l’édifice : par moments, à contre-jour, on dirait de la dentelle. Dans les collines, comme partout ailleurs en Corée, les mausolées abritent les ancêtres, mais ici, toutes les tombes sont entourées de pierres de lave. Sur la plupart des ponts, devant les maisons, des statues sympathiques, parfois très hautes : les harubang ou grands-pères de pierre, montent une garde bienveillante. Le jour où nous avons rejoint l’extrémité orientale et pris le ferry pour aller sur Udo, île à l’extrémité orientale de Jeju, il ne faisait pas très beau : froid, beaucoup de vent. D’ailleurs, le lendemain matin, au réveil, le mont Halla arborait un sommet neigeux. Mais nous avons quand même croisé ces femmes plongeuses renommées, les haenyeo, qui descendent en apnée recueillir les ormeaux, oursins, poulpes, et autres trésors marins vendus aux restaurateurs du coin pour la préparation des spécialités de la région. On les repère sur l’eau grâce à leur bouée flottante, autour de laquelle est arrimé un petit filet. De temps à autre on les voit, tête émergée, venir à la bouée pour déposer leurs proies, puis plonger et laisser place à une paire de palmes qui disparaissent à leur tour. Lorsqu’elles sont sorties de l’eau et ont relevé leur masque, nous avons été stupéfaits de nous trouver en face de véritables mamies au sourire édenté, qui nous ont montré leur pêche du jour et se sont hâtées pour aller se changer et se réchauffer : respect… On nous parle à Jeju d’un phénomène particulier, the mysterious road : on met la voiture dans le sens de la montée, on met au point mort et la voiture avance toute seule !! Si, si, on l’a testé, ça marche, la voiture monte toute seule et mes deux scientifiques sont restés hilares et perplexes. Avec une balle ou une bouteille, la même phénomène s’est produit : la balle, comme la bouteille, a avancé en montant : spectaculaire !!! Je ne vous révèlerai pas le secret, il vous faut venir le tester vous-même, et par ailleurs Jeju a tellement d’autres curiosités à offrir, qu’une chose est sûre : nous, nous reviendrons, Jeju nous a conquis…
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