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    May 24

    Festival des lanternes

    Cette année l’anniversaire de Buddha tombe le 24 mai et a donné lieu ce week-end à de nombreuses réjouissances.

     

    Tous les temples s’affairent à préparer fleurs et lanternes en papier, qui, accrochées avec un petit vœu, parent les esplanades d’un dais multicolore.

    Nous sommes allés à Dongdaemun (grande porte de l’Est), réputé pour son marché et son stadium, où doit justement se dérouler le festival Il y a foule, des cars entiers déversant les touristes venus avec leur lanterne assister aux réjouissances. Partout des femmes en hanbok, costume traditionnel, indiquent où doivent se rendre les délégations pour s’installer au stade. On nous place tout en haut, et on nous donne un programme de couleur jaune, ainsi que des casquettes à longue visière de même couleur. Chaque portion du stade a une couleur différente. Nous avons même droit à 2 bouteilles d’eau (service !).

    En bas, sur le stade, c’est l’effervescence des préparatifs avant la représentation. Une chorale en hanbok aux couleurs tricolores bleu blanc rouge de la Corée (eh ! oui, il n’y a pas d’exclusivité !) se tient au pied de la tribune réservée aux officiels. Ceux-ci apparaissent : les prêtres au crâne rasé dans leur robe grise (ni noir, ni blanc, ils ont atteint l’équilibre…) réhaussée d’une toge brique ou rouge, voire safran (probablement fonction de leur rang) prennent place, suivis des huiles locales, en costume plus formel, accompagnées de leurs épouses en hanbok coloré.

    La parade commence, chaque temple ayant envoyé une délégation de fidèles, rivalisant de couleurs et d’harmonie. Un immense dragon est là aussi, soutenu par une vingtaine d’hommes. Lorsque tous les groupes ont pris place autour du stade, un animateur au micro sonore les appelle et ils s’élancent alors au centre pour effectuer leur numéro dans une chorégraphie chatoyante. Ensuite, c’est notre tour : des ’guides’ démontrent les mouvements simplissimes à effectuer avec notre programme de couleur (en haut, en bas, à droite, à gauche et on recommence !) et tout le stade s’anime : les bleus, les jaunes, les verts, etc…pour finir dans une hola gigantesque, c’est bon enfant, il règne joie et bonne humeur.

    Nous partons avant la fin du spectacle, angoissée que je suis à l’idée de devoir quitter cet endroit bondé d’adjumas qui jouent des coudes et vous bousculent pour faire prévaloir leur rang et leur droit au passage ! Et encore, nous on a deux têtes de plus qu’eux dans la foule !!!

     

    Direction Insadong, que nous rejoignons à pied, les rues étant tranquilles, car fermées à la circulation pour laisser passer le cortège qui partira précisément de Dongdaemun pour rejoindre le temple Jogyesa. Arrivés au parc Tapgol, la foule est déjà dense. Des stands permettent aux touristes de fabriquer de petites lanternes. Nous rencontrons beaucoup de nos compatriotes, jouant les badauds en famille, comme nous, avec les appareils photos.

    Le premier char arrive et c’est un défilé incessant pendant presque deux heures de toutes les délégations que nous avons vues sur le stade avec chacun leur lanterne éclairée. Quel spectacle ! Un participant heureux nous fait partager sa joie et nous fait cadeau de sa lanterne, que nous ramènerons à la maison comme un trophée, témoignage de cette belle fête, joyeuse, chatoyante et chaleureuse…

    May 16

    Japon

    On poursuit sur la Zen attitude et on va la chercher aux sources : une semaine au Japon, 3 jours à Tokyo, puis Shinkansen (TGV) pour rallier Kyoto, 3 jours à Kyoto et re Shinkansen sur Tokyo pour le vol retour sur Séoul.

    Que les pros du Japon me pardonnent, je ne livre ici que mes impressions de néophyte, s’il y a des incohérences, merci de me pardonner…  

    A l’arrivée à Tokyo, il a plu. Nous prenons un taxi qui nous emmène à notre hôtel, situé dans le quartier de Shinjuku. L’autoroute est surélevé, à peu près à hauteur du troisième étage des immeubles, on voit le faîte des arbres. En contrebas, d’autres routes sont sillonnées de voitures également : on n’est pas si loin du Cinquième Elément de Besson, finalement ! Dans les tunnels, les tuiles vernissées jaunes qui tapissent les parois ont connu des jours meilleurs.

    On arrive à l’hôtel, les gratte-ciels sont bien là, tels qu’on les imaginait, nous sommes juste en face de la mairie de Tokyo, deux gigantesques immeubles à l’architecture originale. Le lobby de notre hôtel est au troisième étage, le petit-déjeuner se prend au dernier étage, au 25ème, vue imprenable !

    Dès le premier soir, nous sortons dans le quartier. Fidèles aux images que l’on a pu voir ici et là, les rues sont toutes en néons, qui s’affichent en ribambelles verticales et multicolores. Une foule dense se presse sur les trottoirs, insensible au grelot des sonnettes qui annoncent les vélos, circulant eux aussi sur le trottoir. Bizarrement, il n’y a pas de heurts, à croire, que comme dans les mangas ou les dessins animés, les « héros » ont un bouclier magique qui les protège ! Devant les pachinkos, le bruit est assourdissant : les accros sont chacun devant un jeu électronique, dans un isolement et une indifférence totale, concentrés sur leur console pour gagner des billes, qui leur rapporteront des lots, les jeux d’argent étant interdits au Japon…Sur le trottoir, des vendeurs vantent au micro les dernières trouvailles électroniques, afin de nous attirer dans leurs magasins s’étalant sur plusieurs étages. Badauds, nous comparons les prix et si le change est aujourd’hui attractif, malheureusement, tout est en 110 Volts, alors on ne craquera pas !

    Le premier repas se fera debout autour d’un comptoir où, sur une feuille de bananier, de délicieux sushis, préparés par les maîtres devant vous, sont déposés à votre demande. Pour nous, barrière linguistique oblige (Didier on a pensé à toi !) nous nous contenterons de désigner du doigt le contenu de ce que dégustent nos divers voisins et franchement, on n’a pas été déçus !

    Deuxième jour : Alain m’emmène à Asakusa. On prend le métro. La gare de Shinjuku s’étale sur plusieurs étages, il y a les lignes de métro, les lignes Japan Rail (JR) et d’autres encore… On finit par trouver notre itinéraire sur une carte de métro « bilingue » (les stations sont traduites dans un langage que nous lisons…), nous prenons notre billet à une machine et nous voilà partis. Escaliers, escalators, nous nous engouffrons dans un dédale de couloirs tous aussi bondés les uns que les autres. C’est précisément dans le métro que nous rencontrerons notre « premier kimono » !

    A Asakusa, le temple est bondé, nous sommes en pleine ‘Golden Week’, les Japonais aussi sont en vacances… Portés par la foule, on ne profite même pas de la longue allée d’échoppes de souvenirs.

    A l’entrée d’un temple, il y a toujours de l’eau avec de petites louches pour se rincer les mains et la bouche afin de pénétrer dans l’enceinte purifié. De même, un petit fourneau accueille les bâtons d’encens et chacun se presse autour pour attirer la fumée purificatrice sur lui. Devant le temple, les pèlerins frappent soit un gong pour attirer l’attention du dieu invoqué, soit frappent deux fois dans leur mains avant de s’incliner et d’offrir leur prière après avoir déposé quelques pièces dans les réceptacles prévus à cet effet. Plus loin, des racks accueillent les vœux : petits papiers noués sur une cordelette, planchettes de bois gravées, cela varie…Autour du temple, de petits bâtiments tout aussi pittoresques sont délaissés des touristes japonais et nous pouvons errer à notre aise dans ces endroits charmants. Nous délaissons la foule et nous acheminons à pied vers Ueno pour profiter de la fraîcheur et du calme relatif de son parc : il y a encore beaucoup de visiteurs, dont nombreux évoluent sur le lac dans des pédalos jaune fluo en forme de cygne, très kitch !… Plus sérieusement, la visite du Musée National vaut franchement le détour (estampes, armes et armures, kimonos,…).

    Le jour suivant, nous allons visiter le Palais Impérial, immenses esplanades désertes traversées par des groupes de touristes suivant le drapeau haut levé de leur guide. Le jardin est agréable, sans plus, et les bâtisses ne se visitent pas…La taille rustique des gigantesques rochers composant les murailles du Palais contraste avec la modernité des buildings de bureaux qu’on aperçoit tout autour.

    Puis direction Ginza : le mondialisme reprend le dessus : Vuitton, Dior, Shiseido, Cartier, etc… ils sont tous là, dans une débauche d’enseignes accrocheuses, qui de nuit, livrent du Japon d’autres clichés qu’on lui connaît…Le théâtre traditionnel kabuki semble ici faire un clin d’œil anachronique…Nous passerons du temps dans cette papeterie renommée, où même emballer les paquets devient un art ! Petit détour dans le quartier de Golden Gaï, où les ruelles étroites abritent nombre bars, mais à l’heure où nous passons, le quartier est encore « éteint ». La soirée se terminera à Shibuya, quartier jeune et animé : agoraphobes s’abstenir, au moment de traverser la rue, 2 foules s’affrontent, et parfois même en diagonale, mais nous déployons nos ‘boucliers’ et tout se passe très bien…Nous sommes tellement surpris par les Lolitas qu’on n’aura même pas l’audace de les photographier : imaginez une barbie avec des couettes, hypermaquillée (faux-cils, pommettes roses, fausses larmes, bouche glossy), une robe rose à volants et jupons serrée à la taille, manches ballons, chaussettes au dessus du genou assorties et chaussures vernies roses à talons hauts et brides sur le dessus…A côté, un jeune au jean déchiré, cheveux à l’Iroquois gélifiés en piques jaune orangé, piercings…

    Le lendemain, promenade au parc Shinjuku, un havre de paix, des détours d’allées surprenants par ce qu’ils offrent au regard : les essences d’arbres, la disposition des massifs, les associations de couleurs, tout nous fait oublier qu’il commence à pleuvoir et qu’il est temps de rejoindre la gare de Tokyo pour prendre notre train jusque Kyoto….

    A l’arrivée du train en gare de Tokyo, une femme en uniforme rose se poste devant chaque voiture et procède à la préparation du wagon : faire pivoter les sièges à 180° pour qu’ils soient tous dans le sens de la marche, changer les appuie-tête, ramasser les derniers papiers oubliés par de rares voyageurs peu civiques, nettoyer les accoudoirs et assises de fauteuils… Nous sommes prêts à nous installer : pour les habitués du TGV, rien à redire au Shinkansen, rapide, efficace…2 heures 20 pour rallier Kyoto, en une traversée ininterrompue de villes, usines, parfois une rizière ou un potager, un aperçu sur la mer…

    A Kyoto, nous logeons dans un ryokan : une auberge typiquement japonaise, où toutes les portes recouvertes de papier coulissent sur elles-mêmes, ajoutant à l’endroit un petit air feutré et mystérieux : pour un peu on guetterait l’ombre d’un samouraï planqué là quelque part…Notre ryokan est dans le parc Maruyama, adossé à la montagne, au milieu des arbres et des bambous. Les cris des crapauds et des singes meublent le silence de la nuit. De retour le soir, le délice est dans le bain japonais : après une toilette complète aux douches mises à disposition, on se plonge dans une cuve remplie d’eau à 45° : un bonheur pour les mollets durcis par nos marches prolongées !

    De notre ryokan, nous descendons à pied pour atterrir au milieu du sanctuaire Yasaka Jinja, au tori (porte d’entrée) gigantesque et orange vif. Nous sommes à Gyon, les ruelles, de part et d’autre de la rue commerçante, éclairée par des lanternes de papier rouges, abritent des maisons basses à un étage, toutes en bois, derrière lesquelles on imagine les rendez-vous mystérieux donnés aux geishas, apparitions magiques et d’une autre époque, que l’on voit sortir des taxis et circuler à petits pas : le kimono est étroit et les socques ne semblent pas bien stables…. Passé le pont, nous sommes à Pontocho, quartier plus touristique, dont les terrasses des restaurants surplombent le fleuve.

    Kyoto recèle plus de 1600 temples et sanctuaires, la sélection fut rude, et l’émerveillement est allé crescendo. Le Palais Impérial ne se visite que sur autorisation, et s’il ressemble en certains points à celui de Tokyo, il est à échelle plus humaine et moins austère, grâce à ses jardins plus travaillés. Le château de Nijo nous plonge dans la vie du shogun (seigneur) et de sa cour, on parcourt les pavillons sur le fameux parquet au Chant du Rossignol du Clan des Otori : on ne peut y marcher sans générer un léger grincement qui prévient l’arrivée de tout visiteur importun. Le pavillon d’Or ne vaut, selon moi, pas celui d’Argent, dont les jardins somptueux vous coupent le souffle à chaque détour des allées, tant l’harmonie des couleurs, les différents tons de verts des arbres, l’entretien des mousses, le jeu des essences, la disposition des arbustes et des arbres, les tracés sablonneux des jardins zen, la courbure des ponts, la position des rochers, les forme et place des pavés dans les allées, tout semble si naturel et pourtant tout est tellement étudié… Tout appelle la réflexion, le recueillement, la plénitude… Il en est ainsi de ce jardin zen de 15 rochers du temple Ryoan ji, qui permet au visiteur, d’où qu’il se trouve, de n’embrasser du regard qu’un maximum de 14 pierres, preuve s’il en est qu’on ne peut jamais tout maîtriser (… méditation…Chut !!!).

    Que dire aussi des temples tels Chion In aux portes colossales, de celui de Sanjusangendo, aux mille statues, plantées là, telle une armée bienveillante derrière les 28 divinités bouddhistes…Kyomizu, avec sa pagode, ses terrasses surplombant la ville (et ses très nombreux fidèles…). Nanzen Ji et ses jardins envoûtants,… J’en passe et il en reste encore à découvrir et à voir, il faudra revenir…Kyoto, c’est certain, jouit d’un savoir-faire-valoir, engendrant le savoir-être et le bien-être tout simplement… La zen attitude passe sans aucun doute ici…En tout cas, je l’y ai rencontrée…

    De retour à Tokyo, nous passons la soirée dans le quartier Roppongi et notre dernière journée au parc Yoyogi. Le jardin d’iris n’est pas encore fleuri, mais le sanctuaire Meiji Jingu, au magnifique tori de bois, célèbre ce jour là plusieurs mariages et nous avons droit, dans la gigantesque et harmonieuse cour, à l’atmosphère si sereine, à un véritable défilé de mode : kimonos et coiffures savantes, tenue des prêtres, cérémonial…

    Le présent comme le passé, la foule dynamique, le modernisme provoquant, les architectures audacieuses, les néons multicolores, le look déjanté de certains jeunes, le dépouillement de l’ikébana, le goût du détail, la ferveur des pèlerins, le poids ancestral de l’histoire, le respect des traditions, le recueillement, tout le Japon d’aujourd’hui était là…

    May 06

    "Les cerisiers sont blancs..."

    Enfin, pas vraiment, Monsieur Bécaud, ici il y en a des roses, des blancs, des presque rouges, des ‘normaux’ et des pleureurs, bref, c’est un vrai festival.

    Les gens se déplacent de loin pour venir dans les endroits stratégiques réputés. A Séoul, c’est l’île de Yéouido, entre autres, qui est connue pour cela, fermée à la circulation pour accueillir les 2 millions de visiteurs annuels à cette époque.

    Nous y sommes allés un samedi après-midi avec Jérémie (Alain était en déplacement) et il régnait une atmosphère de foire : les gens avaient déployé leurs couvertures isolantes sur lesquelles ils s’installent en famille pour pique-niquer le long des bords de la Han, il y avait de la musique, des petits stands de beignets fourrés au poulpe ou à la purée de haricots rouges, ou autres délicatessen comme les larves de ver à soie…Nous on a préféré les petites madeleines à base de patate douce !  C’était bon enfant de voir les gens secouer les branches pour obtenir une pluie de pétales. Au Japon on appelle la fleur de cerisier, fleur du samouraï, car elle s’envole avant même d’être fanée (à méditer !…)

    Et puis les feuilles ont fait place aux fleurs et le printemps est arrivé….