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    May 17

    Mai 2008 : Mongolie, terre d'espaces

    Si vous rêvez de grands espaces et de nature, c’est bien en Mongolie qu’il faut aller…

     

    Arrivée à Oulan Bator, il fait nuit, mais on aperçoit le sommet des collines enneigé : il a neigé la veille. L’équipe de l’agence (chauffeur et guide) nous attend à la sortie et on s’engouffre dans le 4x4 pour rallier l’hôtel, à environ une dizaine de km de l’aéroport. Difficile d’avoir un aperçu de nuit, mais, passées les cheminées d’usine de la périphérie, les buildings, cafés, restaurants de la ville sont très éclairés, néons à l’appui. Notre hôtel a sûrement connu des jours meilleurs, c’est un des plus grands de la ville. Au 11ème étage, la peinture de notre chambre part en lambeaux, les sièges sont vacillants et j’incite Alain à ne pas aller sur la terrasse zébrée de fissures ! Il fait une chaleur insupportable, on ne peut pas régler les radiateurs, alors tant pis, on dormira la fenêtre ouverte !

    Le lendemain matin, après un solide petit déjeuner, nous retrouvons Anya, l’organisatrice de notre voyage, qui nous emmène par un soleil radieux à la découverte de la ville : le héros rouge (Oulan Bator !), l’assemblée et sa colossale statue de Genghis Khan, proportionnelle à la gloire du conquérant. C’est samedi, la ville vit au ralenti, mais la grand place s’anime soudain d’une parade, fanfare à l’appui, à l’honneur des jumeaux ! Le musée n’ouvrant que dans une demi-heure, nous patientons dans un café… tenu par un Français ! Puis Anya nous commente une à une les nombreuses salles du musée d’histoire naturelle : c’est notre premier contact avec ce pays, grand comme 3 fois la France, avec 2 millions d’habitants, dont 1 dans la capitale, avec des forêts et des lacs, des montagnes et du désert, des minerais, des carcasses de dinosaures, une vie sauvage…Après un déjeuner rapide dans une taverne du coin (mouton ou bœuf : ici c’est à profusion et les portions sont conséquentes !), on charge les bagages et nous voilà partis.

    Sortis de la ville avec ses bâtiments carrés et imposants de l’époque russe, décrépis ou retapés, et ses buildings de verre à l’architecture moderne, souvent en construction, les faubourgs se composent de rectangles de terre aride ou de cailloux, entourés de palissades de bois, à l’intérieur desquelles s’isolent une maison en bois (pour l’été : plus fraîche) et une yourte, ou plutôt ger, car ici le mot russe de yourte est parfois mal accepté…Le terrain est gratuit, sous réserve de se faire enregistrer. Afin d’attaquer le voyage sous les meilleurs auspices, nous faisons tous 3 fois le tour d’un ovoo (prononcer owo), petit tertre de cailloux ou de morceaux de bois entassés en forme de pyramide, entouré de tissu bleu (couleur du respect, que l’on retrouvera partout dans les temples bouddhistes), dont la position est déterminée par un shaman, et qui est censé protéger les voyageurs.

    La route s’arrête bientôt pour faire place à la piste. En fait, un projet colossal prévoit de construire la route du Millénium, 6000 km, et le chantier est précisément ‘en route’…Le regard se perd au loin et sur les côtés ; à l’horizon, les chaînes de montagnes présentent leurs sommets enneigés et leurs combes à l’ombre sont encore striées de blanc…La terre est sèche et dure, ça et là, quelques flaques d’eau attirent le bétail en liberté sur ces terres arides : vaches, chevaux, chèvres ou moutons. C’est le printemps et beaucoup de petits cavalent près de leur mère. Parfois, un cavalier rassemble ses bêtes pour éviter qu’elles ne s’éparpillent ou traversent la route inopinément. Nous croisons des grues sauvages. Et aussi des vautours, affairés sur une carcasse : une bête, trop faible ou trop vieille, succombant à la loi de la nature… Partout nous verrons des ossements disséminés ainsi dans la steppe, preuve de la rudesse du pays…De lourds camions circulent aussi sur la piste. Notre guide nous indique de grands poteaux jaunes : c’est le symbole du départ de la course de chevaux de 20 km (parfois 15 ou 30), qui rassemble tant de monde les 11 et 12 juillet : le Naadam. A l’origine, ces joutes devaient permettre la sélection des meilleurs hommes du pays pour les enrôler dans les troupes : lutte, tir à l’arc et course à cheval étaient les 3 épreuves. Aujourd’hui, le folklore perdure et donne lieu à des réjouissances, les cavaliers étant certains âgés de 5ans !

    Nous arrivons en fin d’après-midi à la réserve Nationale de Hustai, 50 000 ha. Ici, on a réintroduit en 1993 la race presque éteinte des takhi (prononcer tash), les chevaux sauvages de Mongolie, au pelage sable si caractéristique. Aujourd’hui, près de 20 hordes différentes regroupent plus de 200 têtes. Livrés à eux-mêmes, ils sont merveilleux à observer. L’œil averti de notre chauffeur nous indique au loin un troupeau de rennes…

    Le soir, nous couchons au camp de la réserve, première nuit sous la ger. Le principe est simple : un rond central affublé de deux poteaux parallèles, duquel partent une soixantaine (selon la taille) de rayons de bois, qui reposent sur les croisillons d’une palissade dressée verticalement en rond sur le sol. Une fois ce dispositif arrimé, on le recouvre de plusieurs couches de toile, puis couverture, puis encore toile, lestées par de lourdes pierres. Un poêle carré, dont le tuyau passe par le trou central est la source de chaleur et sert à la cuisine. Allumé au bois, il chauffe très vite (et trop fort !), et ne tient pas très longtemps la charge, tant le bois est sec, mais même éteint, sous la couette il ne fait pas froid. Les nomades entretiennent le feu avec de la bouse séchée : combustible lent, économique (et non, ça ne sent pas !). Dans les camps de gers, le room service est en fait l’allumage du feu le matin : un luxe appréciable pour se sortir du lit sans frissonner !

    On reprend la piste : toujours ces étendues de plaines bordées au loin de montagnes, et malgré l’immensité et la sensation de petitesse et d’isolement, on n’est jamais seul : toujours au loin une ger, ou un troupeau : la vie est bien là…Cà et là, le vent rassemble le sable en un tourbillon qui bientôt s’élève en tornade.

    Nous arrivons à Karakorum, 50 000 habitants, ancienne capitale de la Mongolie. Un projet voudrait que le gouvernement vienne s’y réinstaller d’ici 2020…Nous visitons le plus important monastère de Mongolie : Erdene Zuu. Ici aussi il est délimité par un quadrilatère, mais de murs, surmontés de 128 stupas (édifices en forme de cloches). Comme tous les monastères du pays, celui-ci aussi a souffert des barbaries staliniennes, interdisant la religion dans les années 1937-1939, et rasant tout ce qui pouvait l’être. Ici, ce sont des reliques (tableaux, représentations, statues…) datant du 17ème siècle qui, cachés dans les montagnes, ont pu être sauvées des désastres, ainsi que quelques bâtiments. Partout dans le pays, depuis l’instauration de la démocratie en 1990, des efforts colossaux sont déployés pour reconstruire ou restaurer ce qui peut l’être.

    Le lendemain, nous rendons visite à un artiste qui a monté dans sa cour deux tipis en bois : l’un sert de galerie d’exposition (peintures, tissages, sculptures, réalisés par toute la famille !), l’autre de chambre d’hôtes. Sa voiture semble avoir des problèmes de démarrage, que nos 4 hommes analysent et résolvent rapidement ! Puis, départ pour la vallée de l’Orkon : la présence de l’eau, même si à cette époque de l’année il y en a peu, donne un aspect plus vert au paysage et à certains moments on voit même quelques arbres sur les rives. Notre chauffeur habile gère les passages à gué et les endroits escarpés. Nous croisons nos premiers troupeaux de yacks, à la houppelande caractéristique. Après une courte balade pour aller voir de plus près une cascade sans eau (c’est la saison sèche !), nous plantons les tentes à 1600m d’altitude, au bord de la rivière encore gelée par endroits. Les rapaces tournent au-dessus de nos têtes, alors que des troupeaux de chèvres s’accrochent au flanc de la montagne d’en face. Notre guide installe la ‘cuisine’ (2 réchauds, type coréens !) à l’arrière du 4x4 et entreprend de nous préparer un délicieux plat typiquement mongolien : bœuf en lamelles, oignons, carottes, chou et frites, le tout mijoté tranquillement, alors que le froid descend… Les fumets attirent deux cavaliers, père et fils : nous leur offrons quelques gâteaux et autres friandises. La nuit sous la tente est agitée : froid et vent. La tente de nos accompagnateurs plie si fort sous les bourrasques que la toile leur cingle le visage ! Mais les piquets tiennent bon ! Pour le petit-déjeuner, nous aurons droit en sus à un genre de crêpes, que nous dégusterons, emmitouflés dans les anoraks et même les couvertures !

    Nous plions bagages, en route pour le monastère Tuvkun. Quelques flocons voltigent. Le 4x4 s’engouffre dans la forêt et amorce l’ascension. En plus de grimper, il faut éviter les arbres, les pierres et les trous de la piste, véritables tranchées, laissés là par des engins de chantier insensibles venus chercher du bois. On aurait presque plus vite fait à pied, mais notre chauffeur mérite bien son surnom de Passe Partout ! Arrivés au monastère, ce n’est plus du lichen qui s’accroche aux branches, mais des ribambelles de carrés de tissu vert (symbole de longévité) ou bleu (respect), offrandes bouddhistes, et guirlandes animées par le vent…Trois moines redescendent de la montagne pour aller probablement se mettre au chaud. Nous grimpons par le sentier des chèvres, tandis que notre chauffeur intrépide emprunte la voie plus rude, celle réservée aux Mongols,  à flanc de montagne avec une corde ! D’en haut, la vue est infinie…

    Nous réintégrons le véhicule : la descente est aussi acrobatique que la montée et après quelques heures de piste, nous nous arrêtons devant une ger. Notre guide demande l’entrée en criant ‘Tenez votre chien’ en mongol ; la porte de la ger, toujours située au Sud, s’ouvre et après avoir expliqué sans doute que nous sommes des touristes curieux, nous pénétrons dans cette yourte à la chaleur douce, éclairée partiellement d’une belle lumière pénétrant par le toit rond. Il n’y a pas d’électricité et l’eau vient d’une source à côté, qu’il faut aller puiser régulièrement.  A droite, le ‘quartier’ des femmes : une jeune s’affaire à laver la vaisselle dans une grande bassine en métal avec un fond d’eau de couleur douteuse, tandis qu’installée sur le lit, où dorment deux petits enfants de 2 et 4 ans, sa mère fabrique un deel : grand manteau aux manches très longues servant de gants ou manchons, que les mongols portent ceinturé de cuir ouvragé ou d’écharpe aux couleurs vives. Elle arrête ses ourlets à la flamme d’une bougie et coupe les fils à l’aide de grands ciseaux. Côté gauche, le quartier des hommes et des invités, où nous nous entassons. Au fond, sous l’autel dédié aux aieux et remplis d’offrandes, deux coffres usagés, d’où la vieille femme sort des bols qu’elle remplit de thé au lait légèrement salé, qu’elle nous offre en signe de bienvenue. Il faut recevoir cette offrande de la main droite et boire trois fois. De petits gâteaux à base d’eau, de farine et de graisse devraient aider à faire passer… Ils ont 5 enfants, la plus jeune est venue de la ville avec son mari (il a l’air d’un adolescent) et ses deux enfants pour aider ses parents. Les autres enfants sont aussi à la ville. Le vieux couple a environ 200 têtes de bétail, dont 20 chevaux. Le vieux monsieur allume sa pipe et est tout fier : ses petites-filles montent déjà à cheval, la plus jeune avant même presque de savoir marcher ! Ils nous proposent à manger, ce que nous déclinons poliment. Avant de nous éclipser, nous leur laissons nos maigres offrandes : des fruits secs, du savon, des bonbons, puis nous allons voir la ‘nursery’ où s’entassent les nouveaux-nés du printemps : agneaux, chevreaux et veaux…Nous reprenons la piste, tout remués par cette rencontre, pauvre, simple, fière et généreuse…

    Après un pique-nique hâtif, nous rejoignons Karakorum, où nous faisons un petit tour au marché : des containers servent d’échoppes et au soleil déclinant, des joueurs bruyants s’exercent au snooker (billard américain), tandis que d’âpres négociations ont lieu autour des pièces détachées…Le marché à la viande rebuterait sûrement certaines âmes sensibles, mais la viande est bien rouge et tout à l’air frais…D’ailleurs, les approvisionnements se font à même les coffres de voiture, tête, panse et abats de l’animal d’une part, carcasse d’autre part….La peau ira grossir un autre stand…

    Ce soir-là au campement, deux artistes se produisent pour une somme modique : chants typiques mongols. On ne comprend rien aux paroles des ballades, mais on sent bien dans les rythmes, les galops des chevaux, la beauté de la steppe et l’isolement du berger… Un instrument particulier que ce morin khuur, ou mini violoncelle carré, à manche en forme de tête de cheval, et aux deux cordes et archet faits de crins de chevaux….Et encore plus inouï, ce chanteur aux sons gutturaux, qui couvre des plus graves aux plus aigus, un registre absolument particulier, et des sonorités qui se transmettent de père en fils, sans doute le soir à la veillée…

    Après la représentation, la patronne de l’établissement nous emmène dans une pièce, où deux moinesses psalmodient les sutras, dans une ambiance de bougie et d’encens, avec une table chargée d’offrandes. Nous sommes invités à participer à la cérémonie, qui doit porter chance à l’ouverture ce jour de la partie hôtel, mais la piste a raison de nous et nous partons nous coucher. Notre guide, entre autres, va rester arroser l’évènement …

    Le lendemain matin, direction les dunes de sable d’Elsen Tasarkhai, histoire d’avoir une idée de ce que pourrait être le Gobi, trop éloigné…Nous nous arrêtons dans une autre ger. Là, ce sont 3 familles qui vivent côte à côte, totalisant 1000 têtes et plus de cheptel. Le monsieur vivait en ville jusqu’à l’avènement de la démocratie en 1990. Pendant 3 ans, le peuple a terriblement souffert de famine (certains témoignent n’avoir eu que des tartines de pain et de sucre à tremper dans de l’eau… ), avec des tickets de rationnement, les Russes ayant tout emporté en quittant le pays. Il a donc décidé de se mettre éleveur. Des panneaux solaires placés devant la ger emmagasinent l’énergie, stockée dans une série de batteries. Il y a donc l’électricité dans la ger…Une télé noir et blanc, acquise il y a 3 ans, révolutionne la vie des femmes, notamment avec les séries mongoles, russes et… coréennes ! En revanche, il faut là aussi, aller puiser l’eau à la source. Des brosses à dents et des portables sont rangés entre les rayons de la ger et la toile qui les recouvre… Des photos du Dalaï Lama, mais aussi de la famille sont exposées auprès de l’autel familial, où sont disposées des bougies et des offrandes. On nous explique que les 3 familles ont 9 enfants de 6 à 9 ans, pensionnaires en ville pour aller à l’école. Ils ne reviennent qu’aux vacances. Nous laissons encore nos piteuses offrandes : des bonbons, des fruits secs, des cahiers, et des stylos pour les enfants… Ces derniers jours, ils ont peigné les moutons et les chèvres et récolté 3 grands sacs de laine, qu’une des femmes, parée d’un deel bleu et fichu rouge, va aller vendre à la ville proche de 20 km. Notre hôte sourit peu, mais il sort et revient avec une bouteille de vodka : nous venons de boire un thé, mais nous ne pouvons nous soustraire ! Notre guide nous explique qu’on peut ne tremper que les lèvres et rendre le verre à notre hôte, qui se charge de le remplir à nouveau pour le suivant. Mais nous semblons y prendre goût n’est-ce pas ? Ici encore, on nous offre le repas, que nous déclinons. A leur demande, nous promettons de leur envoyer les photos, mais il faut dire qu’à l’inverse de notre première famille visitée, sur aucun des clichés, nous n’aurons un sourire, sans doute là le témoignage de la dure vie qu’ils mènent…

    De nouveau la piste, dans les dunes cette fois. Les chameaux rencontrés perdent leur pelage d‘hiver. Du sable partout rend le pique-nique croustillant ! Scarabées et lézards paressent au soleil. Par ce vent et ce sable, l’idée de coucher ce soir sous la tente ne nous séduit pas beaucoup. Un premier village de gers pourtant nous amène une réponse négative : ils ne sont pas encore ouverts pour la saison : aïe !

    Nous arrivons au monastère Uvgun. La gardienne nous emmène par un petit sentier escarpé à flanc de colline et nous fait partager ses trésors. Là aussi des ruines témoignent du barbarisme stalinien. Le temple qui a été reconstruit est clair, deux fenêtres laissant pénétrer abondamment le soleil. En redescendant, notre guide nous informe que la gardienne peut nous héberger : elle a 2 gers, une pour nos accompagnateurs et une pour nous : fantastique ! Nous découvrons nos pénates soulagés ! Du coup, cela nous donne des ailes pour partir à l’assaut de la montagne, dont nous atteignons le sommet une heure plus tard, fiers et décoiffés : il fait un vent extrême ! Retour en bas, où, cordialement invités dans la ger de nos accompagnateurs, nous essayons de participer à la préparation du repas (frites, riz et saucisses), arrosé de bière et vodka, achetés en prévision le matin même avant de partir ! La nuit est bonne, et nous sommes réveillés à 6:30 par notre gardienne de temple qui vient nous allumer notre feu : quel bonheur !

    Avant de partir, nous allons la voir pour lui laisser nos excédents de café, savon,… Toute affaire cessante, elle nous emmène dans sa ger et nous installe, nous offre le lait chaud de ses chèvres et brebis que nous l’avons vue traire ce matin, accompagné des mêmes petits gâteaux déjà goûtés auparavant.

    Et nous voilà repartis, cette fois pour la capitale. La route est longue, personne ne parle, on savoure ces derniers paysages, on se remémore déjà toutes les émotions… Soudain, notre chauffeur ralentit : deux gazelles s’échappent sous nos yeux d’un saut gracile…Il neigeote, mais arrivés à Oulan Bator, il fait meilleur. La douche de l’hôtel est un vrai soulagement !

    Le soir, nous assistons à un excellent spectacle d’arts traditionnels mongols : danse, chants, musique, contorsionnistes graciles…Puis repas typiquement mongol (pour moi cassolette de foie, oignons et pommes de terre : un régal) et retour à l’hôtel, non sans un dernier verre au bar. Celui-ci est animé par les hommes, beaucoup d’étrangers, Australiens et Canadiens, qui travaillent sur les chantiers de mines voisins, visage buriné et panse ventrue : alcool et bière ! Pour nous, ce sera vodka : 100 ml d’un breuvage, que nous commençons à véritablement apprécier !

    Le lendemain, visite du temple Choijin et sa statue de 26.5 m, recouverte d’or. Dans les temples voisins, nous assistons à ‘l’école des jeunes moines’. Dans un des pavillons, un prêtre bénit l’assistance. Fortuitement, nous pouvons même nous glisser dans la bibliothèque, d’ordinaire fermée, pour admirer les innombrables tablettes d’une valeur inestimable stockées là…Nous faisons une courte visite à l’hôpital coréen-mongol, ouvert il y a 3 mois, et qui reçoit Philippe pour une inflammation des sinus qui lui gonfle la joue et mérite attention sans attendre. Puis découverte du marché noir : une réplique de notre Namdaemun coréen, mais plus exposé aux aléa climatiques (nous avons de la chance, il fait beau), et aux allées plus larges et plus organisées. Les bottes, les ceintures, les soieries, le matériel pour ger, l’équipement des chevaux, les antiquités, l’habillement, les deels, les vestes de cuir,… nos accompagnateurs nous montrent tout et sont d’une patience exemplaire ….Après un déjeuner ukrainien, animé par les défilés russes du 9 mai (équivalent de notre 8 mai) à la télé, nous allons à l’usine de cashmere : on n’y croit pas : il y a nos tailles ! Nous finissons par un rapide tour au Department Store et nous rentrons boire un dernier verre à l’hôtel, avant de rejoindre Anya au restaurant, qui propose un barbecue mongol : on choisit dans un bol tous les ingrédients désirés (viande de bœuf, porc, mouton, poulet, cheval, différents légumes, épices, sauces) que l’on remet ensuite aux cuisiniers, qui déposent le tout sur une large plaque chauffante et vous redonnent une assiette garnie de votre mixture. Mieux vaut suivre l’affaire, car les échanges doivent être fréquents. En ce qui me concerne, je me suis régalée !

    Derniers adieux, en route pour l’aéroport. Finis les grands espaces, la piste, les animaux sauvages, mais la tête est pleine des vents balayant les steppes et des rivières serpentant dans les vallées…

    May 11

    1er Mai 2008 : Fête des 20 ans de Seocho

    1er Mai 2008 : les 20 ans de Seocho

     

    Fête de quartier aujourd’hui. Et je devrais dire fête de quartiers, au pluriel, car ce sont tous les quartiers de l’arrondissement de Seocho, qui se retrouvent aujourd’hui sur l’esplanade des terrains de sport pour célébrer l’évènement.

    Bien entendu, nous assistons à une organisation à la coréenne. Chaque quartier a sa tente et se voit doter de T-shirt, casquette et jogging à sa propre couleur : nous, c’est rose et jogging noir et blanc. Là-bas, ce sont les verts, il y a les oranges, etc…

    Le matin, c’est fanfares et défilé coloré de hanboks, où même certaines françaises participent. Puis les joutes commencent : sauter à la corde avec groupe de 20 personnes, bras de fer, concours de déguisement, relais 4 personnes, tir à la corde, parcours en groupe (une ligne de 10 personnes) avec les chevilles attachées les unes aux autres. Et puis concours d’animation : chaque stand rivalise de sono puissante, karaoké et d’animateurs tonitruants. Ici on frappe de longs ballons en rythme, là ce sont des filles court vêtues qui donnent le tempo.

    Chez nous, Banpo-4-dong (prononcer Banpo Sa Dong : quatrième quartier de Banpo), ce sont un garçon et une fille à l’énergie inépuisable, déguisés en clochards, et flanqués de 2 personnes sur échasses (The Mask et Charlie Chaplin), qui scandent les chansons et animent la tente, où se sont abritées du soleil un certain nombre de mamies enthousiastes. Laurence et moi, entraînées par notre infatigable amie Heng Shi, agitons nos pompons dorés en pompom girls averties. Les mamies se déchaînent ! Une d’elles se précipite sur les tambours pour scander le rythme.

    A l’arrière, soju et bière, kimbaps (rouleaux de makis), soupe, fruits sont distribués gracieusement. Pour nous ce sera eau ou thé !

    Dans ce genre de manifestation, les notions de niveau social sont laminées, chacun arbore ses couleurs avec fierté pour faire l’unisson du groupe : c’est là toute la force de la Corée, sans doute aussi le secret de l’énergie de ce pays…