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日志


8月29日

Médecine août 09

Hôpital

 

Pour ceux qui suivent nos péripéties, je rentre de notre séjour aux Fiji avec des côtes cassées. Par conséquent, dès notre arrivée à Séoul, je me fais assister par la secrétaire d’Alain pour qu’elle me prenne un rendez-vous à l’hôpital le plus proche de chez nous avec un médecin parlant anglais, afin de vérifier que je suis en bonne voie de guérison…

 

Entrée dans l’hôpital, hall clair, un peu comme un lobby d’hôtel, en plus animé. Des patients se promènent en pyjama avec leurs perfs sur roulette, entourés de famille ou d’amis venus leur rendre visite. Ceux-ci viennent avec des paniers garnis de victuailles, voire avec leurs effets personnels pour dormir sur des fauteuils dans des sortes de salle d’attente réservées à cet usage pour les visiteurs venant de loin. Serviettes de toilette et couvertures sont à leur disposition.

 

En ce qui me concerne je me dirige vers l’accueil, où une religieuse (nous sommes à l’hôpital catholique de Sainte Marie, et d’ailleurs, force statuettes de Vierge ou Crucifix le rappellent dans les différentes salles où je passe) m’indique en anglais le bureau des soins pour étrangers, un peu plus loin sur la droite. Là, deux personnes sont à l’accueil et me font remplir un formulaire en anglais avec mes coordonnées. Elles me prennent la tension et le pouls à l’aide d’une machine dans laquelle on passe le bras et qui vous sort un timbre poste avec les données recueillies, puis me font passer sous une toise, qui outre la taille, donne aussi le poids et la masse graisseuse de façon électronique. Je leur remets ma carte de sécurité sociale coréenne. En dépit de mon rendez-vous, elles m’expliquent qu’il me faut d’abord passer par le médecin de famille pour obtenir un entretien avec un spécialiste. Ce n’est qu’à ce titre que la sécurité sociale coréenne peut me rembourser une partie des frais. Ce qui somme toute est à rapprocher du médecin référent en France, sauf qu’ici, pas de déplacement, tout est sur place : le médecin de famille, c’est le bureau d’à côté.

 

Munie de ma carte d’hôpital fraîchement acquise, une personne à l’accueil entre mes coordonnées dans son ordinateur et mon nom (en coréen !) apparaît sur un des 4 écrans jouxtant les 4 portes des 4 médecins officiant ce jour-là. Je prends donc mon tour sur les sièges. Le médecin parle anglais et au vu de mon cas n’hésite pas à me prescrire un rendez-vous avec un spécialiste des os.

Une bénévole, reconnaissable à sa blouse rose, m’accompagne alors au troisième étage, où là encore, à l’accueil, on pianote mes coordonnées pour que mon nom s’affiche devant une des portes. Le médecin parle également anglais, s’étonne des clichés fidjiens que je lui ai amenés (on ne fait plus ce genre de clichés depuis longtemps !) et me prescrit immédiatement une radio de contrôle.

Ma fidèle bénévole m’accompagne au second étage pour le cliché. Même processus : elle rentre mon numéro sur un écran tactile et l’ordinateur m’assigne une des huit portes, devant laquelle j’attends mon tour. Les clichés ne prennent que quelques secondes, à peine le temps de remonter au troisième, que le professeur les a déjà reçus sur son ordinateur, étudiés et m’explique en détail, avec zoom à l’appui, ce qu’il en est. En fait il confirme tout ce que le médecin de Nadi m’avait expliqué, ce qui rétrospectivement me rassure ! On se revoit dans un mois pour vérifier tout ça…

Je repasse au rez-de-chaussée, au bureau des étrangers, où une personne m’accompagne à la caisse. Consultation généraliste, consultation spécialiste, radiographies, le tout me revient à 40 euros (45 si on inclut la part prise en charge par la sécurité sociale coréenne…), et en deux heures...  Sur la facture est indiqué qu’à 11 :43 ce jour là je suis le patient n° 5238… Preuve encore, s’il en faut, que l’efficacité à la coréenne ce n’est pas un mythe…

 

 

Lunettes

 

Jérémie doit faire changer ses verres de lunettes, ils ne sont plus adaptés à sa vue. Pas moyen d’obtenir un rendez-vous avec l’ophtalmo en France, il aurait fallu s’y prendre en mars pour juillet, et à l’époque, l’ophtalmo était le cadet de ses soucis…

Nous tentons donc le coup pendant sa journée de transit à Séoul, juste avant notre départ en vacances.

Dans la petite  boutique de lunettes de Banpo, Jérémie s’installe dans un fauteuil de l’arrière-salle, un petit recoin sombre, où une machine va mesurer sa vue en quelques minutes. Pour les verres, on essaie d’expliquer qu’on part en vacances, qu’on revient dans quinze jours et qu’il pourra alors les récupérer. L’homme a l’air surpris et nous répond qu’il ne voit pas le problème, puisqu’il peut les faire… dans la demi-heure ! Par ailleurs, le prix des verres est ici le tiers de ce que l’on paie en France (même fournisseur, même qualité). Effectivement, une demi-heure plus tard, les lunettes sont prêtes et de surcroît toutes les lunettes de la famille sont nettoyées dans un appareil à ultra sons ! Service, service : ça c’est la Corée!

 

Fidji Août 09

On voulait du soleil, de la mer, de l’exotisme… On a eu tout ça.

 

Ca commence par un retentissant « Bula » (prononcer boula), par lequel tout est dit : Bonjour, bienvenue, comment ça va ?, et le tout assorti d’un large sourire.

Parlons en de ce sourire : la dentition est soit parfaite, soit il manque des dents ou des bouts de dents, permettant ainsi à chacun d’arborer fièrement des insertions d’or sur ses dents….Coquetterie locale, sans doute.

 

Situées à l’est de l’Australie, près de la Nouvelle Calédonie, il y a environ 330 îles à Fidji, de la plus grosse Viti Levu, avec la capitale Suva et l’aéroport de  Nadi, à la plus petite, un tiers étant inhabitées. Plus à l’est encore se trouve la Polynésie française. Notre séjour nous a emmenés dans l’archipel des Yasawas au nord ouest de Viti Levu, puis un peu plus au sud, dans les Mamanucas.

 

Le séjour à Nadi est à oublier : l’hébergement y est cher et sans âme (marina de Denarau avec son Radisson, Hilton et autres…), ou carrément des auberges de jeunesse avec dortoirs et confort précaire (et la « faune » qui va avec !), quand ce ne sont pas des hôtels de moyenne catégorie confortables, certes, mais bétonnés et sans aucun charme. En revanche, partout cet accueil chaleureux et inoubliable. De toute façon, pas moyen d’y échapper : c’est de Nadi que partent tous les bateaux qui vont vous emmener en excursion pour explorer d’autres contrées…

 

En ce qui nous concerne, nous commençons par une croisière de 4 jours, sur une goélette de 108 pieds. L’équipage nous y accueille avec guitare et chants polyphoniques locaux : on est dans l’ambiance. Avec nous, entre autres, 16 jeunes de nationalités différentes, étudiants en architecture à Brisbane, venus faire un «voyage d’études » (j’en veux !!!) avec leur prof américain, marié à une Fidjienne…Une aubaine pour nos deux garçons, qui n’ont pas mis longtemps à briser la glace et à s’intégrer.

Premier mouillage pour chausser palmes et ajuster masque et tuba afin d’admirer des coraux et de jolis poissons, dont de petits bleus presque fluorescents….En remontant sur le bateau, l’échelle glisse et les deux personnes qui m’aidaient à remonter me lâchent violemment contre le bateau : douleur intense, souffle coupé, ce n’est que quatre jours plus tard, de retour à Nadi, qu’après radio, le diagnostic se confirme : trois côtes cassées. Mais rassurez-vous, en dépit des douleurs et des difficultés à dormir, mon voyage n’aura pas été du tout gâché !

Nous faisons escale à Barefoot Lodge : 20 bungalows, à la pointe d’une île envahie par la forêt tropicale. A gauche plage de sable blanc avec lever de soleil, à droite, plage de sable blanc avec coucher de soleil. Des hamacs sous les arbres. Dur, dur ! Ici le confort est à l’état brut : un lit et une moustiquaire dans le bure (prononcer bouré), 4 vantaux en bois en guise de fenêtres. Pas d’électricité. Toilettes et douche (froide, mais même moi ça ne m’a pas rebutée !) dans des cabanons au milieu des cocotiers et des hibiscus. Dans le bure principal, du sable partout : Barefoot Lodge porte bien son nom ! Et de grandes tables recouvertes de nappes fleuries, avec des bancs où chacun vient s’asseoir pour discuter, manger, jouer, déguster les cocktails ou siroter sa bière. Souvent, un des membres du staff attrape sa guitare ou son ukulélé (toute petite guitare) et pousse la chansonnette, bientôt rejoint par les autres…

Le lendemain, on s’arrête en route pour nager avec les raies manta : majestueuses et élégantes, elles ouvrent grand leur bouche (et quand je dis grand, elle est vraiment démesurée !) et font des loopings pour attraper plancton ou krill…Un grand moment. On les reverra le lendemain, par temps plus calme et encore plus énormes….Puis on lève l’ancre, direction vers le village de Soso, où les villageois nous accueillent encore avec chaleur et sourires. Les maisons sont simples et propres, colorées. La cuisine se fait à l’extérieur sur un âtre à bois, ou au mieux alimenté d’une bonbonne de gaz. Les enfants sont à la fête (et même les grands !) avec les sucettes que leurs distribuent nos étudiants. Après recueillement dans l’église : un simple bâtiment blanc, bleu et vert (tiens, ça me rappelle quelque chose ces couleurs !!!!) où nous laissons notre obole, nous rejoignons la salle commune où le chef et les hommes sages, affublés de pagnes, de colliers et bracelets en végétaux tressés nous attendent pour la cérémonie du kava.

Le kava est une plante dont les îliens extraient la racine, la font sécher et la pilent dans un mortier. Puis cette poudre est placée dans un linge et on la fait infuser dans un grand bol rempli d’eau. Ensuite les chefs (visiteur et hôte), par l’intermédiaire de leur porte-parole, échangent des formules inconnues de nous, accompagnées de frappements de mains sonores. Puis le premier bol de kava est offert au chef, et ensuite au chef en visite : il faut frapper une fois dans ses mais pour accepter le présent, dire Bula, boire d’un trait et rendre le bol pour enfin finir le rite et frapper trois fois dans les mains pour remercier. Les hommes boivent d’abord, puis les femmes. Le kava est un peu amer, légèrement astringent. Il est dit avoir des propriétés anesthésiantes et relaxantes. Toutes les personnes locales interrogées nous ont dit en faire une consommation quotidienne, un peu comme les Occidentaux (surtout les Australiens !) ouvrent leur frigo pour une bière…Serait-ce là le secret de leur jovialité ? Nous avons ensuite droit à des chants et danses, et le plaisir pris par nos artistes et par l’assemblée du village est communicatif. Notre visite se termine par un tour au marché des femmes : elles exposent leur production de bracelets, colliers en coquillages, tissus et autres…Nous repartons, un peu gênés par notre statut de touristes, mais d’autant plus reconnaissants de la chaleur et de la spontanéité de l’accueil.

 

Notre staff nous apprend certains arbres et leurs propriétés médicinales, nous montre comment, en 10 minutes chrono, tresser un panier avec une feuille de cocotier, comment gauler une noix de coco, la dépouiller de son enveloppe et l’ouvrir pour la déguster... Nous participerons même au développement de l’île en plantant chacun une racine de patate douce, afin de permettre la récolte dès l’an prochain. Tous les fruits et légumes que nous mangeons sont produits sur place et ont été plantés par de précédents visiteurs…

Un soir, nous assistons au lovo : dans un trou creusé à même la terre (enfin sable…), on fait du feu, et on dépose sur les cendres, dans ces fameux paniers tressés, du poulet, du porc, du poisson et quelques pommes de terre. On recouvre le tout de feuilles de cocotier ou bananier, puis de couvertures épaisses mouillées et le tout va cuire à l’étouffée deux heures. Je vous laisse imaginer les fumets et le régal que ce fut…

Notre dernier soir se passe autour d’un feu de camp sur la plage, avec des myriades d’étoiles allant se perdre dans la voie lactée, les chants, le kava, le bruit de la mer…

 

Changement de décor (après être passés par Nadi), nous voilà dans les Mamanucas, près de Malolo Beach, plus exactement à Walu beach. C’est un grand catamaran omnibus qui nous y a menés, après s’être arrêté dans de nombreuses îles pour déposer ou reprendre des passagers. Le staff nous accueille en chantant et frappant des mains au bout du ponton. Nous arrivons avec deux irlandaises qui font le tour du monde en un an, elles voyagent depuis novembre dernier. A nous 6 nous doublons le nombre de touristes. Notre bure est vaste et la vue est une vraie carte postale : on ne s’en lasse pas. Si la plage n’est pas très belle, on peut quand même faire du canoë ou du catamaran. Les bures du haut, nichés dans la végétation, ont une vue imprenable et un coucher de soleil encore plus beau, même si les marches les rendent un peu moins accessibles…Quelques excursions en mer sont proposées : coraux, îles voisines, dauphins (ils n’y étaient pas !),…Nous participons à la vie du staff et discutons avec eux : leurs origines, leur famille, leur village…Les garçons font tous les jours un beach volley avec eux. On échange des recettes de cuisine. Et le soir, on passe un franc moment de rires avec les jeux apéro « à la Walu beach » ! Walu, où on arrive en tant que client et où on repart en ami…

 

Dernière étape de notre séjour, à 35 minutes en voiture de Nadi : Sonaisali. Un immense resort sur une presqu’île, séparée du mainland par une rivière, qu’une barge fonctionnant jour et nuit vous fait traverser en 3 minutes. Les bures sont luxueux, avec vue sur la mer et une plage de sable fin et noir. La terrasse recèle un jacuzzi, qui au soleil couchant s’avère une expérience grandiose. Canoë, pédalos, hobiecat, jetski, tennis, équitation,… tout est possible et le staff se met à portée de vos désirs. C’est juste ce que nous voulions pour nos trois derniers jours : une grosse « bulle » intense avant de reprendre le collier : objectif atteint !

 

Finalement, si le confort est allé crescendo pour ce séjour, c’est quand même notre étape dans les Yasawas qui nous aura le plus marqués : plus loin, donc moins de touristes et des contacts plus authentiques…

Nous savons bien qu’il reste encore beaucoup à explorer, et c’est la première fois que nous parlons de revenir à une destination précédemment visitée, pour nous mêler à nouveau parmi ce peuple si jovial et si chaleureux : Merci ! Vinaka ! ….