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10月23日 18-19 oct Yang Yang festival du saumonLa côte Est, Sokcho, Naksan, vous connaissez ? Je vous en ai déjà parlé : nous y étions au mois de mars 2007… Eh ! bien, ce week-end nous y retournons, enfin, juste à côté, à Yang-Yang, où se célèbre le festival du saumon ce 18 et 19 octobre. Notre réputée Ida (*) y avait déjà fait un reportage pour la télé il y a quelques temps, l’an passé y était revenue en famille, et aujourd’hui veut nous faire partager cette expérience. Les saumons viennent de loin, parfois d’Alaska, certains ont parcouru plus de 15000 km par la mer, et ils reviennent frayer dans la rivière où ils sont nés. Yang-Yang est un lieu de passage pour remonter la rivière. Tous les ans, pendant deux jours, pour un droit d’inscription modique, et selon un quota sous stricte surveillance, les autorités organisent une pêche au saumon, à mains nues, à raison d’un saumon par personne. Nous sommes 7 familles, soit 20 personnes, en comptant Ida, son mari Changsu et leurs deux enfants. Les réservations ont été gérées par notre Gentille Organisatrice et son mari. Après 4h de route pour parcourir les 280 km qui nous séparent de Séoul, nous nous retrouvons dans le lobby de l’hôtel. Somme toute, nous n’avons pas trop mal roulé, sachant que les autoroutes sont limitées à 100 km/h et que d’ordinaire, quitter Séoul peut être un enfer (d’ailleurs l’an passé, nous avions mis 6 h pour le même trajet !). Sitôt installés, on optimise les 5 voitures pour n’en remplir plus que 3 et nous voilà partis, direction Sokcho pour un superbe restaurant tout de bois décoré, où nous attendent des tables bien garnies autour d’un délicieux barbecue coréen… Rapide tour de table pour recueillir les suffrages, et la suite de la soirée sera donc un bowling, que Changsu réserve hâtivement d’un coup de téléphone bien placé ! On reprend la route, un instant d’hésitation sur l’endroit exact, Changsu rappelle le bowling pour demander la direction. Qu’à cela ne tienne, l’établissement envoie un messager qui arrive en voiture pour nous piloter à bon port ! Nous échangeons rapidement les chaussures (Ida traduit les tailles européennes en tailles coréennes !), et nous voilà concentrés sur les strikes spares et… nuls ! Alain s’affaisse dans un fauteuil, terrassé par les soucis de la semaine. Laurence un peu trop enthousiaste part avec sa boule et se retrouve… par terre ! Quant aux plus petits, Yann les aide à lancer leur boule, qui cahin-caha va dégommer quelques quilles pour leur plus grande fierté ! Bon, ce n’est pas tout, on va poursuivre la soirée au marché au poisson de Daepo, ouvert toute la nuit : là aussi, on connaît, mais parcourir les échoppes avec Ida est un évènement. Elle s’arrête acheter un bâton de feux d’artifices pour Théophile, quand le vendeur lui dit qu’elle ressemble à Ida Daussy. Mais c’est elle ! La rumeur se répand comme une traînée de poudre ; les gens, jeunes (ils la surnomment ‘oh la la’, phrase qu’elle répète souvent et qui amuse ses fans !), vieux, hommes, femmes l’arrêtent pour prendre une photo, serrer la main… Ida se prête de fort bonne grâce, rompue à l’exercice, tandis que Changsu à 50 m de là observe, seul, et confie que ce n’est pas vraiment pour lui plaire, qu’il est habitué, mais qu’après tout, c’est le job d’Ida (et on sent quand même poindre sous le discours une petite fierté, qu’il se refuse sans doute à admettre…). Après avoir admiré les poissons des toutes sortes au milieu de ce petit bain de foule, nous rentrons à l’hôtel vers 1h du matin. Le lendemain matin, nous avons le temps de faire un petit tour sur la plage déserte avant de prendre les voitures pour nous rendre à l’endroit de pêche. Là, l’organisation coréenne ne manque pas de nous étonner encore. Guidage pour le parking. Enorme scène avec une sono tonitruante et des groupes en tout genre qui s’y produisent, du folklore au hard rock…. Plusieurs stands : pour prendre les billets, pour se changer, pour immortaliser le fruit de sa pêche (le poisson est enduit d’encre et imprimé sur une feuille…), pour faire préparer les bêtes, pour les emballer...Et bien sûr foultitude de petits stands où se restaurer… de saumon, ou autres soupe de nouilles, crêpes de légumes… Ida nous donne nos entrées : un autocollant à fixer sur nos T-shirts (nous faisons partie de l’équipe n°2, qui pêche à 11 heures), une paire de gants, et même des tickets repas ! M. le Maire de Yang-Yang vient féliciter notre vedette et lui fait cadeau de deux cartons remplis de poires coréennes : grosses comme des melons, elles sont ici très appréciées et leur jus entre dans la composition de bon nombre de marinades et sauces …Les caméras crépitent. Mais, ça y est, c’est l’heure : nous prenons la queue derrière la personne qui brandit notre inscription (équipe 2 de 11 heures) et qui nous mène à la queue leu leu au bassin de pêche. Là, la rivière est peu profonde, entourée de filets qui permettent de filtrer l’entrée des saumons. Au gong, tout le monde s’élance dans l’eau, un peu fraîche, mais on s’y fait très vite, tout excité de se voir assailli de bestioles qui glissent entre nos jambes. La tactique consiste à attendre près du filet, mais j’ai beau essayer, ils me filent entre les mains ! Certains n’hésitent pas à plonger sur leur proie ! Changsu brandit très vite une très belle prise ! Luc en a un aussi, mais beau joueur le remet à l’eau, il faut faire durer le plaisir et c’est trop facile ! Oui, mais il y a de moins en moins de bêtes et celles qui restent sont très agiles ! Il finit par en attraper un autre ! Alain en tient un, et un beau ! Nataly ramène fièrement sa prise, Christophe est bredouille. Sitôt attrapé, un organisateur vous tend un sac plastique dans lequel glisser la bête. Mais l’animal est vigoureux et s’agite désespérément : Laurence est effrayée. Le gong retentit de nouveau, c’est la fin… Mais il y a… ‘repêchage’ pour les malchanceux, surtout les plus jeunes : les organisateurs leur remettent une bête attrapée à l’épuisette….Ouf ! Eugène est content ! Caméras et appareils photos profitent de la présence d’Ida pour faire des photos de notre pêche ! Puis nous nous dirigeons au stand de préparation : là, des adjumas expertes vident nos bêtes et les préparent en darnes ou en filets, enfin presque en filets, car l’arête centrale est encore là, dont nous aurons à nous occuper ce soir en rentrant à la maison. Le stand est un peu glauque avec tout ce sang et ces entrailles, mais nos bêtes lavées sont désormais bien emballées dans une caisse de polystyrène garnie de glace. Nous allons nous restaurer, les pavés de saumon sont panés ou grillés, dommage qu’on les décore d’une petite sauce mayo-ketchup qui n’ajoute rien… Mais c’est bon quand même, et puis les gâteaux apportés par Laurence finissent parfaitement le repas ! Nous profitons de cette superbe journée pour pousser jusqu’au temple de Naksan, qu’Alain et moi revoyons avec plaisir, puis chacun remonte dans sa voiture, direction Séoul. Pour nous, ce sera 5h1/4 de patience pour rentrer. Nous apprendrons plus tard que certains ont mis 6h…Mais tant pis, nous sommes prêts à revivre l’an prochain cette expérience originale…En attendant, le congélateur est plein de saumon : avis aux amateurs !
___________________________________________________________________________ (*) Extrait de ida-daussy.com… « Ida Daussy, une française originaire de Fécamp, en Normandie, demeure à ce jour la personnalité française la plus connue en Corée. 9月17日 Gyeonju Chuseok 2008Chuseok, de nouveau. Me voilà à peine rentrée de France et nous prenons la route, direction Sud Est de la Corée, via Daegu (3ème ville de Corée) vers Gyeonju, berceau de Silla et haut lieu de la réunification des Trois Royaumes dans les années 800… Un petit tour tout d’abord vers la grotte de Seokguram, où après une petite balade ombragée et quelques marches, nous attend une gigantesque statue de Buddha, datant du 8ème siècle. Nous redescendons vers le temple de Bulguksa, construit en 751, partiellement détruit par les Japonais en 1592 et restauré à partir de 1973. Des 80 bâtiments d’origine, il n’en reste aujourd’hui que 8, mais avec ses deux pagodes, et surtout ses deux escaliers/ponts en pierre, il est réputé. Nous descendons ensuite vers la côte, pour admirer la tombe marine du roi Munmu ayant voulu se faire enterrer sous l’eau. L’heure avancée apporte au site une lumière orangée du plus bel effet, contrastant avec l’écume blanche des vagues venant mourir avec force sur la plage. Retour à l’hôtel, où déception, Chuseok oblige, le restaurant coréen est fermé : on se contentera d’une salade César (qui n’en est pas une !) à la cafétéria, avec d’autres convives, occidentaux et coréens, comme compagnons d’infortune… Le lendemain, on attaque par le lac Bomun et ses grands hôtels, sans grand intérêt…suivi du Folk Craft Village : un ensemble d’adorables maisons traditionnelles, où logent et travaillent des artistes en tout genre, et où ils exposent leurs œuvres. Un maître potier nous fait une démonstration éblouissante de son art, utilisant des peaux d’anguille pour lisser son travail et finissant par quelques petites touches de décoration appliquées rapidement et habilement. Le four, long de plusieurs mètres, en pente, est chauffé au bois par le bas pendant 5 jours pour permettre une cuisson optimale… Nous allons ensuite au musée de Gyeonju. Plusieurs bâtiments se côtoient harmonieusement sur une esplanade, où trône une gigantesque cloche de bronze de 3m de haut, élégante, dont le timbre résonne paraît-il à 40km alentour…Dans les salles sont exposés les objets retirés des fouilles avoisinantes, certains d’une délicatesse et d’un ciselé tels, qu’ils laissent rêveurs sur les capacités et le raffinement de l’époque… Sur l’esplanade, adultes et enfants se rassemblent autour des jeux traditionnels de Chuseok : saut à la corde, jeter de bâtonnets dans un vase, lancer de plaquettes de bois (genre dés),… Puis nous poursuivons notre visite dans le parc des tumuli : agréable promenade ombragée autour des tombes royales, certaines doubles, abritant mari et femme ou père et fils. De la musique classique diffuse dans les haut-parleurs, faisant de l’endroit un havre de quiétude. Le déjeuner nous arrête dans un de ces ‘boui boui’ dont nous raffolons : le menu est affiché au mur, il nous faut un certain temps pour déchiffrer, mais pour une fois, c’est en toute connaissance de cause (et non au petit bonheur la chance) que nous commandons : soupe de tofu pimentée pour Alain et nouilles froides pour moi. Mes ‘naengmyon’ sont agrémentées de poire, curieux, mais délicieux ! Puis nous repartons à la découverte d’autres tombes, notamment celle d’un général, artisan de la réunification… Le soir tombé, nous nous promenons dans Anapji : un ancien palais, dont il ne reste que quelques vestiges, et doté d’un lac jonché de fleurs de lotus. La maquette reconstituée sur la base des fouilles réalisées depuis 1975 laisse à penser ce qu’était autrefois ce désormais réputé jardin d’agrément… Dommage que les créateurs d’aujourd’hui aient cru bon de le doter de lumières un peu psychédéliques…I Le soir, un restaurant typiquement coréen nous offre son menu unique et nous ne sommes pas déçus : une 20aine de petits plats, pas tous à notre goût, certes (notamment les anchois crus, ou une feuille à la marinade bizarre…), mais somme toute, nous ressortons repus et satisfaits… Grandeur et décadence, l’histoire s’écrit ici aussi de cette façon, mais un temps, nous y avons cru : nous étions bien à Gyeonju et du temps de son apogée… 6月22日 Fête de la musique Banpo 21 juin 2008Aujourd’hui 21 juin 2008, Fête du lycée et de la musique. Cette année, c’est une grande première, la mairie de Banpo a décidé de s’associer au lycée pour l’organisation. La fête commence par la fanfare, qui tambour battant et cors rutilants descend la rue de Banpo, suivie d’un attroupement qui grossit au fil des rues traversées. Direction le parc Montmartre (oui, oui !), bien connu des footballers et des mamans qui veulent s’aérer avec les jeunes. Là, on nous donne un programme (qui est en fait également un billet de tombola). Des T-shirts à l’effigie de la fête de la musique et des petits coussins sont distribués. Une gigantesque scène est installée. Les artistes se succèdent, beaucoup de formations émanant des universités de la ville. Nous sommes surpris de la qualité des intervenants : tous chantent en français, certains a capella, c’est étonnant ! Le soir, ce sont des artistes plus avertis qui se produisent, et là aussi le spectacle est garanti : B-Bop, hard rock, country… On en profite pour un petit rock (pas terrible sur la pelouse !), un petit madison, bref ambiance garantie ! Les nuages menaçants et le tonnerre n’ont même pas osé perturber cette magnifique journée…
A propos du bain, encore, je ne m'en lasse pas...Aujourd’hui j’ai rendez-vous chez mon amie HaengShim, pour qu’elle me montre les modèles de couture qu’elle dessine et réalise. Elle est spécialiste dans le travail du tissu spécial pour le hanbok (ces robes traditionnelles), mais qu’elle modernise et détourne de leur destination première, avec goût, originalité et enthousiasme. A l’issue de notre entrevue, elle me demande ce que j’ai de prévu cet après-midi, et à vrai dire, pas grand-chose. Il fait chaud et lourd (on annonce une mousson prématurée ?). Elle me propose de m’emmener aux bains. Quelle bonne idée ! Nous voilà parties, c’est dans le quartier, à deux pas…Un endroit que j’avais déjà repéré un jour en déchiffrant l’enseigne : SAONA : Sauna (en coréen…), me promettant d’essayer… Eh ! bien nous y voilà ! Pour 4500 Wons (environ 3 euros), on nous donne une clé de casier et une serviette. Nous laissons nos chaussures dans un petit casier à l’entrée et pénétrons dans le vestiaire protégé par des tentures. Là, des casiers plus grands habillent les murs, au-dessus desquels sont entassés foultitude de petits paniers en plastique (la plupart roses !), regroupant l’attirail de chacune : crèmes, shampoing, après shampoing, brosses à cheveux, brosses rondes pour le brushing, poudre d’argile (ou autre) pour les masques, gants de crin, lait pour le corps, brosse à dents, dentifrice, produits de maquillage… tout y est…Mon amie grimpe sur l’escabeau pour récupérer le sien. Si on a oublié quoique ce soit, un coin du vestiaire est réorganisé en stand de beauté et on vous vend tout ce dont vous pourriez avoir besoin… Nous nous déshabillons et on passe aux bains. Traduire une vaste salle, avec au fond 3 grands bacs d’environ chacun 8m² et 80cm de profondeur : un bain très chaud, un moyen et un froid avec jacuzzi intégré, que l’on déclenche par un minuteur. Sur la droite, au fond, un sauna : il y fait vraiment très chaud, on n’y restera que peu de temps, la chaleur ne m’étant pas forcément recommandée. On commence par une bonne douche, avec savon à l’appui. Certaines sont assises sur de petits tabourets, afin de faire une toilette intime en grand, armées d’une douche flexible située à environ 50 cm du sol. Une fois propres, nous pouvons entrer dans les bains, au choix… D’abord le chaud : un délice, le rouge monte aux joues, puis le froid pour resserrer les pores. Le jacuzzi est bienvenu : massage des mollets et des pieds…Le dos aussi, ça tombe bien, j’ai mal depuis quelques jours (je pense que je somatise le stress de Jimmy pour le bac et pour l’organisation de l’an prochain…). Je remarque que si j’ai laissé soigneusement ma serviette au sec dans le vestiaire, mon amie, elle, a emmené la sienne et se la noue mouillée sur ses cheveux mouillés aussi : toutes les coréennes font cela…Bon tant pis, j’assume, elles verront bien que je suis étrangère, on ne peut pas sacrifier à toutes les coutumes ! Chacune est nue, mais à l’aise, les corps jeunes et sveltes, mûrs ou âgés et difformes, sont acceptés avec naturel. Une mère au ventre distendu est là avec ses 2 fillettes qu’elle savonne copieusement. Il n’y a pas de voyeurisme, tout est normal, presque rassurant, paisible. On m’appelle : c’est mon tour de gommage, qu’HaengShim a commandé pour chacune de nous. Complètement à droite de la grande salle, 3 tables recouvertes de plastique roses, autour desquelles s’affairent les adjumas masseuses en soutien-gorge et slip noir, les seules personnes habillées. Ma voilà sur le dos et ma gentille adjuma armée de 2 gants de crin verts s’affaire sur mon corps. Pas un cm² ne sera épargné. Devant, sur le côté, l’autre côté, le dos, je glisse sur la table mouillée comme une savonnette. Ma peau morte s’accumule sur le plastique rose : j’ai honte : c’est à moi tout ça ? Mais un coup d’œil sur les autres tables me rassure : là aussi on mue à forte dose ! Une bonne bassine d’eau chaude jetée sur le corps me sort de ma torpeur. On passe au visage. Il doit y avoir de l’huile de sésame dans ce qu’elle m’a passé. Petit massage furtif, puis une bonne serviette chaude, quelques points de pression (pommettes, menton et front, sur ce dernier elle assène deux coups de poing qui résonnent : sans doute pour me remettre les idées en place ?). Puis, je ne rêve pas, elle me verse du lait, du vrai (je lis sur l’emballage : premium : je le vaux bien, sans doute !!!). Opération suivante, lavage des cheveux : le massage du cuir chevelu est un bonheur. Puis j’ai droit à de l’huile sur tout le corps, avec un massage, un vrai, pas de ceux qui vous laissent des bleus ! Quelques coups de poing qui détendent (si, si, je vous assure, même pas mal !) et me voilà relâchée, au bout de 45 minutes. HaengShim me tend une cuvette avec une mixture brunâtre dedans et me dis de m’en enduire le corps : c’est de la pâte de haricot vert (j’aimerais bien savoir où on les trouve ceux-là, car c’est denrée inexistante ici !!!!) qu’elle a mélangée à un yaourt… Mon adorable adjuma prend pitié de mon air surpris et s’offre à m’étaler le mélange. En fait c’est un abrasif léger, qui laisse la peau toute douce… Retour aux vestiaires, séchage, habillage. Nous ressortons au soleil et à la chaleur, fatiguées de ces deux heures et demie passées à prendre soin de nous. C’est peut-être grâce à cela que nos amies coréennes ont des visages peu marqués. Si c’est là leur secret, je veux bien adhérer ! En tout cas un grand merci à mon amie pour m’avoir fait partagé ce moment intime de délices… Aïe, aïe, aïe : panne télé !Aïe, aïe, aïe, notre télé fait des siennes ! Il y avait bien une légère, très légère ligne verticale bleue sur notre écran géant. Mais cette fois, on a le son, et plus l’image. Et j’ai ma séance de cinéma après-demain : un DVD vite installé, et je teste avec mes télécommandes : une pour la télé, une pour le son, une pour le lecteur DVD et une pour les chaînes satellites…Symphonie à 4 mains ? Bon, pour le ciné, ça marche. Donc, a priori, ça ne viendrait pas de l’écran, mais bel et bien de la télé… Nous avons bien une notice, mais en coréen, ça n’aide pas…Alain et Jimmy, mes techniciens spécialistes, semblent perplexes sur le problème, ou peut-être peu intéressés, ou tout simplement préoccupés par d’autres priorités… Plus qu’une solution : appeler mes copines Michèle et Claire. Oui, on a le son, non, on n’a pas l’image… Bon, elles m’envoient le technicien, le jour même. Il vient, à l’heure dite, je lui montre le problème. Je mets en marche la télé (télécommande N°1), je mets en marche le son (télécommande N°2), je navigue sur les chaînes (télécommande N°3)… Immédiatement, son regard s’éclaire et il me montre un bouton sur une télécommande qui règle le problème illico : en fait, cette touche a du être enfoncée par inadvertance, si on rappuie dessus, notre problème est résolu… Le technicien est reparti, durée de l’intervention 8 minutes, en comptant le temps de se déchausser et de se rechausser… Il a été très chic : il n’a pas ri ! Inutile de vous dire que je me suis sentie bien nulle ce jour-là. Mais quand j’ai relaté la visite à Michèle et Claire, elles m’ont dit qu’il ne fallait pas que je m’en fasse, même chez les Coréens, il y a des interventions de ce genre : ouf ! l’honneur est sauf ! 5月17日 Mai 2008 : Mongolie, terre d'espacesSi vous rêvez de grands espaces et de nature, c’est bien en Mongolie qu’il faut aller…
Arrivée à Oulan Bator, il fait nuit, mais on aperçoit le sommet des collines enneigé : il a neigé la veille. L’équipe de l’agence (chauffeur et guide) nous attend à la sortie et on s’engouffre dans le 4x4 pour rallier l’hôtel, à environ une dizaine de km de l’aéroport. Difficile d’avoir un aperçu de nuit, mais, passées les cheminées d’usine de la périphérie, les buildings, cafés, restaurants de la ville sont très éclairés, néons à l’appui. Notre hôtel a sûrement connu des jours meilleurs, c’est un des plus grands de la ville. Au 11ème étage, la peinture de notre chambre part en lambeaux, les sièges sont vacillants et j’incite Alain à ne pas aller sur la terrasse zébrée de fissures ! Il fait une chaleur insupportable, on ne peut pas régler les radiateurs, alors tant pis, on dormira la fenêtre ouverte ! Le lendemain matin, après un solide petit déjeuner, nous retrouvons Anya, l’organisatrice de notre voyage, qui nous emmène par un soleil radieux à la découverte de la ville : le héros rouge (Oulan Bator !), l’assemblée et sa colossale statue de Genghis Khan, proportionnelle à la gloire du conquérant. C’est samedi, la ville vit au ralenti, mais la grand place s’anime soudain d’une parade, fanfare à l’appui, à l’honneur des jumeaux ! Le musée n’ouvrant que dans une demi-heure, nous patientons dans un café… tenu par un Français ! Puis Anya nous commente une à une les nombreuses salles du musée d’histoire naturelle : c’est notre premier contact avec ce pays, grand comme 3 fois la France, avec 2 millions d’habitants, dont 1 dans la capitale, avec des forêts et des lacs, des montagnes et du désert, des minerais, des carcasses de dinosaures, une vie sauvage…Après un déjeuner rapide dans une taverne du coin (mouton ou bœuf : ici c’est à profusion et les portions sont conséquentes !), on charge les bagages et nous voilà partis. Sortis de la ville avec ses bâtiments carrés et imposants de l’époque russe, décrépis ou retapés, et ses buildings de verre à l’architecture moderne, souvent en construction, les faubourgs se composent de rectangles de terre aride ou de cailloux, entourés de palissades de bois, à l’intérieur desquelles s’isolent une maison en bois (pour l’été : plus fraîche) et une yourte, ou plutôt ger, car ici le mot russe de yourte est parfois mal accepté…Le terrain est gratuit, sous réserve de se faire enregistrer. Afin d’attaquer le voyage sous les meilleurs auspices, nous faisons tous 3 fois le tour d’un ovoo (prononcer owo), petit tertre de cailloux ou de morceaux de bois entassés en forme de pyramide, entouré de tissu bleu (couleur du respect, que l’on retrouvera partout dans les temples bouddhistes), dont la position est déterminée par un shaman, et qui est censé protéger les voyageurs. La route s’arrête bientôt pour faire place à la piste. En fait, un projet colossal prévoit de construire la route du Millénium, 6000 km, et le chantier est précisément ‘en route’…Le regard se perd au loin et sur les côtés ; à l’horizon, les chaînes de montagnes présentent leurs sommets enneigés et leurs combes à l’ombre sont encore striées de blanc…La terre est sèche et dure, ça et là, quelques flaques d’eau attirent le bétail en liberté sur ces terres arides : vaches, chevaux, chèvres ou moutons. C’est le printemps et beaucoup de petits cavalent près de leur mère. Parfois, un cavalier rassemble ses bêtes pour éviter qu’elles ne s’éparpillent ou traversent la route inopinément. Nous croisons des grues sauvages. Et aussi des vautours, affairés sur une carcasse : une bête, trop faible ou trop vieille, succombant à la loi de la nature… Partout nous verrons des ossements disséminés ainsi dans la steppe, preuve de la rudesse du pays…De lourds camions circulent aussi sur la piste. Notre guide nous indique de grands poteaux jaunes : c’est le symbole du départ de la course de chevaux de 20 km (parfois 15 ou 30), qui rassemble tant de monde les 11 et 12 juillet : le Naadam. A l’origine, ces joutes devaient permettre la sélection des meilleurs hommes du pays pour les enrôler dans les troupes : lutte, tir à l’arc et course à cheval étaient les 3 épreuves. Aujourd’hui, le folklore perdure et donne lieu à des réjouissances, les cavaliers étant certains âgés de 5ans ! Nous arrivons en fin d’après-midi à la réserve Nationale de Hustai, 50 000 ha. Ici, on a réintroduit en 1993 la race presque éteinte des takhi (prononcer tash), les chevaux sauvages de Mongolie, au pelage sable si caractéristique. Aujourd’hui, près de 20 hordes différentes regroupent plus de 200 têtes. Livrés à eux-mêmes, ils sont merveilleux à observer. L’œil averti de notre chauffeur nous indique au loin un troupeau de rennes… Le soir, nous couchons au camp de la réserve, première nuit sous la ger. Le principe est simple : un rond central affublé de deux poteaux parallèles, duquel partent une soixantaine (selon la taille) de rayons de bois, qui reposent sur les croisillons d’une palissade dressée verticalement en rond sur le sol. Une fois ce dispositif arrimé, on le recouvre de plusieurs couches de toile, puis couverture, puis encore toile, lestées par de lourdes pierres. Un poêle carré, dont le tuyau passe par le trou central est la source de chaleur et sert à la cuisine. Allumé au bois, il chauffe très vite (et trop fort !), et ne tient pas très longtemps la charge, tant le bois est sec, mais même éteint, sous la couette il ne fait pas froid. Les nomades entretiennent le feu avec de la bouse séchée : combustible lent, économique (et non, ça ne sent pas !). Dans les camps de gers, le room service est en fait l’allumage du feu le matin : un luxe appréciable pour se sortir du lit sans frissonner ! On reprend la piste : toujours ces étendues de plaines bordées au loin de montagnes, et malgré l’immensité et la sensation de petitesse et d’isolement, on n’est jamais seul : toujours au loin une ger, ou un troupeau : la vie est bien là…Cà et là, le vent rassemble le sable en un tourbillon qui bientôt s’élève en tornade. Nous arrivons à Karakorum, 50 000 habitants, ancienne capitale de la Mongolie. Un projet voudrait que le gouvernement vienne s’y réinstaller d’ici 2020…Nous visitons le plus important monastère de Mongolie : Erdene Zuu. Ici aussi il est délimité par un quadrilatère, mais de murs, surmontés de 128 stupas (édifices en forme de cloches). Comme tous les monastères du pays, celui-ci aussi a souffert des barbaries staliniennes, interdisant la religion dans les années 1937-1939, et rasant tout ce qui pouvait l’être. Ici, ce sont des reliques (tableaux, représentations, statues…) datant du 17ème siècle qui, cachés dans les montagnes, ont pu être sauvées des désastres, ainsi que quelques bâtiments. Partout dans le pays, depuis l’instauration de la démocratie en 1990, des efforts colossaux sont déployés pour reconstruire ou restaurer ce qui peut l’être. Le lendemain, nous rendons visite à un artiste qui a monté dans sa cour deux tipis en bois : l’un sert de galerie d’exposition (peintures, tissages, sculptures, réalisés par toute la famille !), l’autre de chambre d’hôtes. Sa voiture semble avoir des problèmes de démarrage, que nos 4 hommes analysent et résolvent rapidement ! Puis, départ pour la vallée de l’Orkon : la présence de l’eau, même si à cette époque de l’année il y en a peu, donne un aspect plus vert au paysage et à certains moments on voit même quelques arbres sur les rives. Notre chauffeur habile gère les passages à gué et les endroits escarpés. Nous croisons nos premiers troupeaux de yacks, à la houppelande caractéristique. Après une courte balade pour aller voir de plus près une cascade sans eau (c’est la saison sèche !), nous plantons les tentes à 1600m d’altitude, au bord de la rivière encore gelée par endroits. Les rapaces tournent au-dessus de nos têtes, alors que des troupeaux de chèvres s’accrochent au flanc de la montagne d’en face. Notre guide installe la ‘cuisine’ (2 réchauds, type coréens !) à l’arrière du 4x4 et entreprend de nous préparer un délicieux plat typiquement mongolien : bœuf en lamelles, oignons, carottes, chou et frites, le tout mijoté tranquillement, alors que le froid descend… Les fumets attirent deux cavaliers, père et fils : nous leur offrons quelques gâteaux et autres friandises. La nuit sous la tente est agitée : froid et vent. La tente de nos accompagnateurs plie si fort sous les bourrasques que la toile leur cingle le visage ! Mais les piquets tiennent bon ! Pour le petit-déjeuner, nous aurons droit en sus à un genre de crêpes, que nous dégusterons, emmitouflés dans les anoraks et même les couvertures ! Nous plions bagages, en route pour le monastère Tuvkun. Quelques flocons voltigent. Le 4x4 s’engouffre dans la forêt et amorce l’ascension. En plus de grimper, il faut éviter les arbres, les pierres et les trous de la piste, véritables tranchées, laissés là par des engins de chantier insensibles venus chercher du bois. On aurait presque plus vite fait à pied, mais notre chauffeur mérite bien son surnom de Passe Partout ! Arrivés au monastère, ce n’est plus du lichen qui s’accroche aux branches, mais des ribambelles de carrés de tissu vert (symbole de longévité) ou bleu (respect), offrandes bouddhistes, et guirlandes animées par le vent…Trois moines redescendent de la montagne pour aller probablement se mettre au chaud. Nous grimpons par le sentier des chèvres, tandis que notre chauffeur intrépide emprunte la voie plus rude, celle réservée aux Mongols, à flanc de montagne avec une corde ! D’en haut, la vue est infinie… Nous réintégrons le véhicule : la descente est aussi acrobatique que la montée et après quelques heures de piste, nous nous arrêtons devant une ger. Notre guide demande l’entrée en criant ‘Tenez votre chien’ en mongol ; la porte de la ger, toujours située au Sud, s’ouvre et après avoir expliqué sans doute que nous sommes des touristes curieux, nous pénétrons dans cette yourte à la chaleur douce, éclairée partiellement d’une belle lumière pénétrant par le toit rond. Il n’y a pas d’électricité et l’eau vient d’une source à côté, qu’il faut aller puiser régulièrement. A droite, le ‘quartier’ des femmes : une jeune s’affaire à laver la vaisselle dans une grande bassine en métal avec un fond d’eau de couleur douteuse, tandis qu’installée sur le lit, où dorment deux petits enfants de 2 et 4 ans, sa mère fabrique un deel : grand manteau aux manches très longues servant de gants ou manchons, que les mongols portent ceinturé de cuir ouvragé ou d’écharpe aux couleurs vives. Elle arrête ses ourlets à la flamme d’une bougie et coupe les fils à l’aide de grands ciseaux. Côté gauche, le quartier des hommes et des invités, où nous nous entassons. Au fond, sous l’autel dédié aux aieux et remplis d’offrandes, deux coffres usagés, d’où la vieille femme sort des bols qu’elle remplit de thé au lait légèrement salé, qu’elle nous offre en signe de bienvenue. Il faut recevoir cette offrande de la main droite et boire trois fois. De petits gâteaux à base d’eau, de farine et de graisse devraient aider à faire passer… Ils ont 5 enfants, la plus jeune est venue de la ville avec son mari (il a l’air d’un adolescent) et ses deux enfants pour aider ses parents. Les autres enfants sont aussi à la ville. Le vieux couple a environ 200 têtes de bétail, dont 20 chevaux. Le vieux monsieur allume sa pipe et est tout fier : ses petites-filles montent déjà à cheval, la plus jeune avant même presque de savoir marcher ! Ils nous proposent à manger, ce que nous déclinons poliment. Avant de nous éclipser, nous leur laissons nos maigres offrandes : des fruits secs, du savon, des bonbons, puis nous allons voir la ‘nursery’ où s’entassent les nouveaux-nés du printemps : agneaux, chevreaux et veaux…Nous reprenons la piste, tout remués par cette rencontre, pauvre, simple, fière et généreuse… Après un pique-nique hâtif, nous rejoignons Karakorum, où nous faisons un petit tour au marché : des containers servent d’échoppes et au soleil déclinant, des joueurs bruyants s’exercent au snooker (billard américain), tandis que d’âpres négociations ont lieu autour des pièces détachées…Le marché à la viande rebuterait sûrement certaines âmes sensibles, mais la viande est bien rouge et tout à l’air frais…D’ailleurs, les approvisionnements se font à même les coffres de voiture, tête, panse et abats de l’animal d’une part, carcasse d’autre part….La peau ira grossir un autre stand… Ce soir-là au campement, deux artistes se produisent pour une somme modique : chants typiques mongols. On ne comprend rien aux paroles des ballades, mais on sent bien dans les rythmes, les galops des chevaux, la beauté de la steppe et l’isolement du berger… Un instrument particulier que ce morin khuur, ou mini violoncelle carré, à manche en forme de tête de cheval, et aux deux cordes et archet faits de crins de chevaux….Et encore plus inouï, ce chanteur aux sons gutturaux, qui couvre des plus graves aux plus aigus, un registre absolument particulier, et des sonorités qui se transmettent de père en fils, sans doute le soir à la veillée… Après la représentation, la patronne de l’établissement nous emmène dans une pièce, où deux moinesses psalmodient les sutras, dans une ambiance de bougie et d’encens, avec une table chargée d’offrandes. Nous sommes invités à participer à la cérémonie, qui doit porter chance à l’ouverture ce jour de la partie hôtel, mais la piste a raison de nous et nous partons nous coucher. Notre guide, entre autres, va rester arroser l’évènement … Le lendemain matin, direction les dunes de sable d’Elsen Tasarkhai, histoire d’avoir une idée de ce que pourrait être le Gobi, trop éloigné…Nous nous arrêtons dans une autre ger. Là, ce sont 3 familles qui vivent côte à côte, totalisant 1000 têtes et plus de cheptel. Le monsieur vivait en ville jusqu’à l’avènement de la démocratie en 1990. Pendant 3 ans, le peuple a terriblement souffert de famine (certains témoignent n’avoir eu que des tartines de pain et de sucre à tremper dans de l’eau… ), avec des tickets de rationnement, les Russes ayant tout emporté en quittant le pays. Il a donc décidé de se mettre éleveur. Des panneaux solaires placés devant la ger emmagasinent l’énergie, stockée dans une série de batteries. Il y a donc l’électricité dans la ger…Une télé noir et blanc, acquise il y a 3 ans, révolutionne la vie des femmes, notamment avec les séries mongoles, russes et… coréennes ! En revanche, il faut là aussi, aller puiser l’eau à la source. Des brosses à dents et des portables sont rangés entre les rayons de la ger et la toile qui les recouvre… Des photos du Dalaï Lama, mais aussi de la famille sont exposées auprès de l’autel familial, où sont disposées des bougies et des offrandes. On nous explique que les 3 familles ont 9 enfants de 6 à 9 ans, pensionnaires en ville pour aller à l’école. Ils ne reviennent qu’aux vacances. Nous laissons encore nos piteuses offrandes : des bonbons, des fruits secs, des cahiers, et des stylos pour les enfants… Ces derniers jours, ils ont peigné les moutons et les chèvres et récolté 3 grands sacs de laine, qu’une des femmes, parée d’un deel bleu et fichu rouge, va aller vendre à la ville proche de 20 km. Notre hôte sourit peu, mais il sort et revient avec une bouteille de vodka : nous venons de boire un thé, mais nous ne pouvons nous soustraire ! Notre guide nous explique qu’on peut ne tremper que les lèvres et rendre le verre à notre hôte, qui se charge de le remplir à nouveau pour le suivant. Mais nous semblons y prendre goût n’est-ce pas ? Ici encore, on nous offre le repas, que nous déclinons. A leur demande, nous promettons de leur envoyer les photos, mais il faut dire qu’à l’inverse de notre première famille visitée, sur aucun des clichés, nous n’aurons un sourire, sans doute là le témoignage de la dure vie qu’ils mènent… De nouveau la piste, dans les dunes cette fois. Les chameaux rencontrés perdent leur pelage d‘hiver. Du sable partout rend le pique-nique croustillant ! Scarabées et lézards paressent au soleil. Par ce vent et ce sable, l’idée de coucher ce soir sous la tente ne nous séduit pas beaucoup. Un premier village de gers pourtant nous amène une réponse négative : ils ne sont pas encore ouverts pour la saison : aïe ! Nous arrivons au monastère Uvgun. La gardienne nous emmène par un petit sentier escarpé à flanc de colline et nous fait partager ses trésors. Là aussi des ruines témoignent du barbarisme stalinien. Le temple qui a été reconstruit est clair, deux fenêtres laissant pénétrer abondamment le soleil. En redescendant, notre guide nous informe que la gardienne peut nous héberger : elle a 2 gers, une pour nos accompagnateurs et une pour nous : fantastique ! Nous découvrons nos pénates soulagés ! Du coup, cela nous donne des ailes pour partir à l’assaut de la montagne, dont nous atteignons le sommet une heure plus tard, fiers et décoiffés : il fait un vent extrême ! Retour en bas, où, cordialement invités dans la ger de nos accompagnateurs, nous essayons de participer à la préparation du repas (frites, riz et saucisses), arrosé de bière et vodka, achetés en prévision le matin même avant de partir ! La nuit est bonne, et nous sommes réveillés à 6:30 par notre gardienne de temple qui vient nous allumer notre feu : quel bonheur ! Avant de partir, nous allons la voir pour lui laisser nos excédents de café, savon,… Toute affaire cessante, elle nous emmène dans sa ger et nous installe, nous offre le lait chaud de ses chèvres et brebis que nous l’avons vue traire ce matin, accompagné des mêmes petits gâteaux déjà goûtés auparavant. Et nous voilà repartis, cette fois pour la capitale. La route est longue, personne ne parle, on savoure ces derniers paysages, on se remémore déjà toutes les émotions… Soudain, notre chauffeur ralentit : deux gazelles s’échappent sous nos yeux d’un saut gracile…Il neigeote, mais arrivés à Oulan Bator, il fait meilleur. La douche de l’hôtel est un vrai soulagement ! Le soir, nous assistons à un excellent spectacle d’arts traditionnels mongols : danse, chants, musique, contorsionnistes graciles…Puis repas typiquement mongol (pour moi cassolette de foie, oignons et pommes de terre : un régal) et retour à l’hôtel, non sans un dernier verre au bar. Celui-ci est animé par les hommes, beaucoup d’étrangers, Australiens et Canadiens, qui travaillent sur les chantiers de mines voisins, visage buriné et panse ventrue : alcool et bière ! Pour nous, ce sera vodka : 100 ml d’un breuvage, que nous commençons à véritablement apprécier ! Le lendemain, visite du temple Choijin et sa statue de 26.5 m, recouverte d’or. Dans les temples voisins, nous assistons à ‘l’école des jeunes moines’. Dans un des pavillons, un prêtre bénit l’assistance. Fortuitement, nous pouvons même nous glisser dans la bibliothèque, d’ordinaire fermée, pour admirer les innombrables tablettes d’une valeur inestimable stockées là…Nous faisons une courte visite à l’hôpital coréen-mongol, ouvert il y a 3 mois, et qui reçoit Philippe pour une inflammation des sinus qui lui gonfle la joue et mérite attention sans attendre. Puis découverte du marché noir : une réplique de notre Namdaemun coréen, mais plus exposé aux aléa climatiques (nous avons de la chance, il fait beau), et aux allées plus larges et plus organisées. Les bottes, les ceintures, les soieries, le matériel pour ger, l’équipement des chevaux, les antiquités, l’habillement, les deels, les vestes de cuir,… nos accompagnateurs nous montrent tout et sont d’une patience exemplaire ….Après un déjeuner ukrainien, animé par les défilés russes du 9 mai (équivalent de notre 8 mai) à la télé, nous allons à l’usine de cashmere : on n’y croit pas : il y a nos tailles ! Nous finissons par un rapide tour au Department Store et nous rentrons boire un dernier verre à l’hôtel, avant de rejoindre Anya au restaurant, qui propose un barbecue mongol : on choisit dans un bol tous les ingrédients désirés (viande de bœuf, porc, mouton, poulet, cheval, différents légumes, épices, sauces) que l’on remet ensuite aux cuisiniers, qui déposent le tout sur une large plaque chauffante et vous redonnent une assiette garnie de votre mixture. Mieux vaut suivre l’affaire, car les échanges doivent être fréquents. En ce qui me concerne, je me suis régalée ! Derniers adieux, en route pour l’aéroport. Finis les grands espaces, la piste, les animaux sauvages, mais la tête est pleine des vents balayant les steppes et des rivières serpentant dans les vallées… 5月11日 1er Mai 2008 : Fête des 20 ans de Seocho1er Mai 2008 : les 20 ans de Seocho
Fête de quartier aujourd’hui. Et je devrais dire fête de quartiers, au pluriel, car ce sont tous les quartiers de l’arrondissement de Seocho, qui se retrouvent aujourd’hui sur l’esplanade des terrains de sport pour célébrer l’évènement. Bien entendu, nous assistons à une organisation à la coréenne. Chaque quartier a sa tente et se voit doter de T-shirt, casquette et jogging à sa propre couleur : nous, c’est rose et jogging noir et blanc. Là-bas, ce sont les verts, il y a les oranges, etc… Le matin, c’est fanfares et défilé coloré de hanboks, où même certaines françaises participent. Puis les joutes commencent : sauter à la corde avec groupe de 20 personnes, bras de fer, concours de déguisement, relais 4 personnes, tir à la corde, parcours en groupe (une ligne de 10 personnes) avec les chevilles attachées les unes aux autres. Et puis concours d’animation : chaque stand rivalise de sono puissante, karaoké et d’animateurs tonitruants. Ici on frappe de longs ballons en rythme, là ce sont des filles court vêtues qui donnent le tempo. Chez nous, Banpo-4-dong (prononcer Banpo Sa Dong : quatrième quartier de Banpo), ce sont un garçon et une fille à l’énergie inépuisable, déguisés en clochards, et flanqués de 2 personnes sur échasses (The Mask et Charlie Chaplin), qui scandent les chansons et animent la tente, où se sont abritées du soleil un certain nombre de mamies enthousiastes. Laurence et moi, entraînées par notre infatigable amie Heng Shi, agitons nos pompons dorés en pompom girls averties. Les mamies se déchaînent ! Une d’elles se précipite sur les tambours pour scander le rythme. A l’arrière, soju et bière, kimbaps (rouleaux de makis), soupe, fruits sont distribués gracieusement. Pour nous ce sera eau ou thé ! Dans ce genre de manifestation, les notions de niveau social sont laminées, chacun arbore ses couleurs avec fierté pour faire l’unisson du groupe : c’est là toute la force de la Corée, sans doute aussi le secret de l’énergie de ce pays… 4月23日 Yi San : Silence, on tourne !
Aujourd’hui, nous allons assister au tournage d’un feuilleton hyper populaire, non seulement en Corée, mais aussi au Japon et en Chine :YiSan. Il s’agit d’un de ces grands drama (genre ‘Sous le Soleil’ ou ‘Les Feux de l’Amour’), qui n’en finissent pas, sauf que celui-ci est un feuilleton historique, en costumes d’époque. Il a nécessité un an et demi de travail de préparation, au départ il devait y avoir 60 épisodes d’une heure et demie, il en comportera en fait 76, et aujourd’hui jeudi, on tourne le 60ème épisode qui sera diffusé mardi prochain sur la chaîne. Bref, vous l’avez compris, on joue à flux tendu…. Notre groupe est composé comme d’habitudes de françaises curieuses et de coréennes excitées à l’idée de rencontrer le réalisateur et surtout l’acteur principal, qui joue le rôle du roi. Notre bus nous dépose sur le lieu du tournage, à environ une heure et quart de Séoul. Là, nous pénétrons dans l’enceinte d’une véritable ville reconstituée : le palais, le temple, les cours intérieures, les pièces d’eau, les échoppes, la place du marché, tout y est ! Ca et là des gardes en costume d’époque, lunettes de soleil anachroniques sur le nez, bavardent, fument une cigarette ou téléphonent ! On nous impose le plus grand silence (pas facile pour les françaises, mais pour les coréennes non plus !) : là-bas derrière le mur, on tourne une scène. On aperçoit le perchman avec son gigantesque micro qu’il balance dangereusement au-dessus des têtes. De grands cris nous interpellent : nous sommes dans le champ, moi avec mon imper rose, je ne dois pas passer inaperçue ! Nous voilà courbées en deux, rasant les murets qui longent les palais, pour arriver en sécurité dans une cour intérieure, où on peut enfin se redresser, mais toujours ne pas parler. Des gardes en armure se sont postés de l’autre côté, barrant de leurs halebardes la route au reste du groupe, qui constitue ainsi des prisonnières hilares, mais coites ! Dès que la prise est finie, nous poursuivons notre visite : les bâtiments n’en finissent pas et rivalisent avec les palais de Séoul, tant les détails sont travaillés. On nous explique qu’ils ont été construits il y a 5 ans, et qu’une partie est même toute récente. Que par économie, on avait utilisé du plastique pour faire les toits, mais que finalement ça ne rendait pas bien et qu’on a tout refait en bois et en vraies tuiles. Le coût total nous est annoncé, mais comme d’habitude, on se trompe un peu dans les zéros des conversions, qu’importe, c’est un budget colossal ! Il fait bon, les arbres sont en bourgeons, nous sommes juste quelques jours trop tôt pour profiter de la floraison. Nous pique-niquons dans une petite cour intérieure, sur 2 larges plateformes en bois, au doux soleil de printemps. Les coréennes, elles, sont à l’ombre : il ne faut pas prendre le soleil, c’est mauvais pour la peau, et elles sortent leurs casquettes à larges visières fumées, qui met leur visage à l’abri… Lee Bung Hoon, le réalisateur vient nous rendre visite : c’est un Coréen jovial, ouvert, qui nous explique son parcours (37 ans de cinéma, en commençant par les petits métiers !) en agitant de belles mains aux longs doigts. Il répond en souriant aux questions qui fusent et se prête pendant une vingtaine de minutes à une séance d’autographes (mon précieux annuaire du CFC est désormais collector !). Puis il nous emmène assister au tournage. Là-haut, au premier étage d’un bâtiment, surplombant une petite cour, il y a autant de personnages en costume d’époque que de jeunes en sweat shirt et baskets. Les techniciens s’affairent : câblage, perche, éclairage. Les robes des hanboks flottent au vent léger qui s’élève : les actrices ne doivent pas avoir bien chaud ! Les soldats désinvoltes montent une garde ensommeillée au pied de l’escalier. Le réalisateur fait s’approcher les acteurs principaux, dont le fameux et beau garçon Lee Seo Jin, dans le rôle du Roi. Nos amies coréennes sont en pamoison ! Silence : « Hana Dul Set Queue » ou « Un Deux Trois Tournez » ! La voix du Roi s’élève, on sent qu’il gère des négociations serrées, son partenaire a l’air assez récalcitrant, mais le Roi au ton péremptoire finit par avoir le dernier mot. « Queue ! » Le réalisateur donne des instructions, on reprend : Hana Dul Set Queue. Un avion passe ; Queue ! On reprend. Le temps passe, nous devons filer si on veut être à la sortie de l’école. Entre deux prises nous tâchons de nous éclipser, mais le réalisateur nous rappelle : on n’a pas fait les photos avec les acteurs : qu’à cela ne tienne, on arrête tout et on fait descendre Sa Majesté et la cour ; série de photos : le Roi est difficilement approchable, les coréennes se l’accaparent, toutes fières de leur nouvelle « conquête » !!!! Rendez-vous mardi 21 :55 devant le petit écran pour visionner « notre » scène (au fait, c’est quelle chaîne ?), mais pour moi ce sera raté : mardi on répète notre pièce de théâtre : eh ! oui, la vie d’artiste …. 2月25日 Noël 2007 ThaïlandeEncore un pays mythique ! Mais nous avons délibérément décidé d’ignorer les plages paradisiaques et partir en itinérant à la découverte de ce pays et de ses gens. Arrivée à Bangkok : il fait chaud et lourd. Comme dans toutes les grandes villes d’Asie, ça grouille, autos, mobylettes, touks-touks (taxis- camionnettes, avec deux bancs se faisant face à l’arrière). Notre hôtel est tout près du Bazar de nuit, et malgré l’heure tardive, nous allons y faire un tour : une foule dense se presse autour des étals, beaucoup de touristes : néerlandais, allemands, américains, russes… Beaucoup de souvenirs, de la soie à vous faire tourner la tête, mais nous résisterons à la fièvre acheteuse, le sommeil nous rattrapant ! Le lendemain, grand beau encore, notre guide Sarah nous emmène dans le temple Wat Po, premier d’une longue série. Celui-là abrite un buddha couché géant de 45 m, tout recouvert d’or, aux pieds en incrustations de nacre : impressionnant. Dans le temple on entend des ‘ding, ding’, comme un gong, mais irréguliers, et au détour du buddha, on découvre 50 petites urnes dans chacune desquelles les pèlerins déposent une pièce en offrande…Nous imiterons Sarah en cela, la suivant sur ce parcours « initiatique »…Nous assistons à une ordination de moines : là aussi il faut déposer des offrandes dans la besace destinée à cet effet et qui constitue leur seule survie, puisqu’ils vivent de charité. Attention : les femmes, moi en l’occurrence, ne doivent pas les approcher de trop près, et surtout ne pas les toucher… On dit qu’au moins une fois dans sa vie, une personne doit être moine, homme comme femme. Certains « trichent » et font un séminaire d’une semaine, mais la durée minimum est normalement de 3 mois… Le palais royal est une débauche d’ors, céramiques savamment travaillées, témoins de l’influence chinoise du 13ème siècle, statues finement sculptées, portes avec incrustations de nacre…Le musée regorge de somptueux sceptres, bijoux, armes, manteaux en ors et pierres précieuses…Comme en Angleterre, ici, la famille royale est très populaire... L’après-midi se passe sur les klongs : balade rafraîchissante en bateau sur les canaux de la ville, où on a l’impression de s’immiscer dans la vie des gens. Aujourd’hui dimanche, c’est le jour des élections, et beaucoup des attractions prévues ce jour là sont fermées : ainsi nous ne verrons pas le marché flottant : dommage, mais on se dit qu’on reviendra un jour ! Le soir, nous sommes en principe livrés à nous-mêmes : Sarah prend l’initiative de venir nous chercher avec sa voiture personnelle et de nous emmener dans un restaurant aux succulentes saveurs (ah ! le tom yum et le curry vert !), juste à côté du théâtre de marionnettes : soirée inoubliable, que ces marionnettes manipulées par trois artistes vêtus de noir, dans une chorégraphie étudiée, avec Garuda (on se croirait de nouveau à Bali !) et le singe blanc puissant et facétieux…Quelle première journée ! En route pour Wat Nivet Thammapavat (wat signifie temple en thaï), où dans la lumière dorée du matin, au bord du fleuve, nous observons les moines vaquer à leurs occupations. Le temple, témoin de l’influence européenne d’une époque, possède une église gothique (oui, oui !), où est célébré le culte bouddhique ! Chose amusante, on y accède par une espèce de nacelle actionnée par un câble qui traverse le fleuve (c’est l’aventure ! On se croirait dans Myst !). Nous nous rendons ensuite au palais d’été, un endroit bien rafraîchissant, on comprend que le roi Rama IV aimait s’y rendre ! Puis, en route pour Ayuthaya, ancienne capitale thaï de 1350 à 1776, vestige d’une époque glorieuse, où les hommes (les Birmans en l’occurrence), sous prétexte de guerre, ont encore détruit des trésors inestimables. Il ne reste que des ruines, mais elles sont majestueuses. Le soir, 24 décembre, nous sommes dans un hôtel au bord d’un lac reposant avec un groupe d’allemands dont le bus n’a pas pu accéder à l’entrée, tellement nous sommes isolés du monde : les bagages sont amenés en mobylette ! Qu’importe, on a passé un curieux réveillon, avec cours de cuisine pour réaliser la délicieuse soupe Tom Yum, puis Sarah au karaoké, qui nous a mis une ambiance d’enfer, on a dansé avec nos bonnets de Père Noël ! Insolite ! Alain a mal à un œil ce matin, et craignant une conjonctivite, nous filons d’abord chez le médecin : un comptoir dans un couloir étroit, ouvert sur la rue, où la salle d’attente est sur le trottoir. Après examen à la lampe torche (oui !), on lui donne un traitement (antibiotique + collyre) qui se révèlera très efficace. Consultation + pharmacie : 2,40 euros…Peut-être là un benchmark pour notre Sécu déclinante ! En route pour un petit temple bien calme, à l’architecture d’influence portugaise. Il est si peu touristique qu’il faut demander la clé pour y accéder, mais les riches peintures sur bois de l’intérieur valent le détour. Puis, on repart vers le grandiose : le temple des glaces : tous les piliers sont à facettes en miroir, se reflétant dans le sol, donnant ainsi presque le vertige. D’ailleurs la vingtaine de chiens noirs affalés dehors semblent hypnotisés ! Puis nous filons vers Sukhothai (littéralement : Aube de la Joie), où dans une lumière dorée nous repérons dans les ruines des détails d’une finesse telle, qu’on imagine ce que devait être cette ancienne capitale de l’âge d’or de l’histoire thai (13ème siècle). C’est ici que nous verrons notre premier ‘walking Buddha’, très élégant… Nous continuons notre route vers le Nord, traversant les champs de riz et leurs buffles paisibles. Arrêt à Sri Satchanalai, remarquable par les éléphants sculptés qui semblent garder l’édifice. Certains sont en piteux état, mais on est soumis au charme de l’endroit…A Phrae, on visite une maison coloniale d’une famille d’entrepreneurs prospère, entièrement en bois de teck, dont ils font encore le commerce… Puis nous arrivons à Lampang, pittoresque par ses rues aux maisons chinoises, birmanes, témoins d’un 19ème siècle commercial actif … Nous filons toujours au Nord. Sarah arrête de temps à autre le chauffeur devant les vendeurs ambulants situés le long la route et nous fait découvrir des choses inconnues : petites crêpes de riz garnies de canne à sucre effilée, fruits du jacquier, ananas frais fondant dans la bouche comme un bonbon, goyave fraîche,… Encore un temple, mais Wat Phra That Lampang Luang est le plus vieux temple en bois de Thaïlande, datant de 1486. Il est absolument superbe, et en dépit des touristes, c’est peut-être mon préféré. Sarah y fera moultes offrandes et prières, et nous associant à ses vœux, nous aurons même une bénédiction d’un prêtre. Nous poursuivons pour aller voir travailler les éléphants dans une réserve. Impressionnants d’intelligence, d’agilité et de force ! Le propriétaire est un passionné de ses bêtes, il les connaît toutes, chacune ayant son caractère. Il a mis en place des séjours de 3 à 5 jours pour les touristes qui viennent s’occuper d’un éléphant, jour et nuit, et les discussions avec une famille d’américains qui viennent d’en faire l’expérience laissent rêveur ! Il organise même des séances de travail avec des enfants autistes et les résultats sont tels que désormais le programme s’étend et s’exporte… Nous arrivons à Chiang Rai, le triangle d’Or : en face du fleuve Mékong, le Laos, où nous irons déposer un pied, histoire de… et là-bas, les toits rouges, la Birmanie… On imagine les passeurs… mais c’est du passé nous assure-t-on…Au petit matin, vu de notre chambre, le fleuve prend des allures de peinture chinoise. Si son niveau a baissé d’environ 1,50 m bien marqués sur les rives, c’est à cause du fameux barrage des Trois Rivières, si loin en amont : incroyable… Le lendemain nous partons dans les montagnes, à la rencontre de populations ethniques. Certaines femmes timides ne se laissent pas volontiers photographier, d’autres plus hardies sont toute fières de nous démontrer comment draper leur coiffure… Nous tombons par hasard sur une fête locale du thé dans un village, où de nombreux groupes sont venus costumés : une chance…Un peu plus loin, nous visitons le mémorial de ces réfugiés chinois du Kuomintang, recueillis par la Thaïlande et combattants de l’envahisseur birman. Nous redescendons vers Chiang Mai, ultime étape de notre périple. Cette fois nous sommes de nouveau dans la grande ville, avec les touristes, les bars. On s’en échappe tôt le matin pour monter vaillamment les 300 marches du temple Wat Phrathad Doi Suthep, culminant à 1000 m au dessus de la ville. Puis l’après-midi est consacré au shopping, Sarah nous emmène dans des magasins d’usine, mais ne nous y trompons pas, les bus d’étrangers y viennent aussi ! Pourtant, il me semble qu’on aurait pu y passer plus de temps !
Faste, dévotion (à Buddha comme au roi), gentillesse, saveurs, tels sont les qualificatifs que je retiendrai de la Thaïlande, de ses habitants, de sa cuisine…Merci Sarah de nous avoir fait si généreusement partager tout cela ! 12月22日 Les vedettesAujourd’hui cours de cuisine organisé par un professeur renommé de l’université de Sookmyung. Tout est organisé à la coréenne, un bus affrété pour un départ devant le lycée français et nous voilà parties. L’université est un beau bâtiment récent, tout propre, pas de graffiti, on se fait la réflexion que ça donne envie d’étudier ! On nous mène à une salle de cours. Le professeur nous explique les plats que l’on va faire : un entrée, un bulgogi (bœuf mariné puis braisé), un bibimbap (emblème de la cuisine coréenne, c’est du riz avec de la viande et des légumes), une boisson sucrée en dessert, le dessert en tant que tel n’existant pas en Corée, ce sont au mieux des fruits ou un thé sucré, parfois parfumé à la cannelle…Après la démonstration, on passe à l’action par groupe de 5, papotages et rigolades garantis. On n’a même pas remarqué la présence d’un caméraman de la chaîne Arirang ! Lorsque les plats sont prêts, une des assistantes les emmène à la salle à manger, et lorsque nous nous y rendons après avoir fini la vaisselle et plié nos tabliers, nous sommes surprises de la belle table qui y est dressée pour nous. Nous dégustons notre repas, certaines d’entre nous sont maintenant convaincues qu’on peut manger coréen ! Myung Hee, une amie franco-coréenne, vient nous voir Laurence et moi : Arirang souhaite que nous refassions un plat ou deux chez nous pour nos familles. Pourquoi pas ? Nous voilà embarquées dans l’aventure ! Seule condition, on laisse maris et enfants hors de tout cela, et suggère que nous invitions à leur place … des copines ! Marché conclu ! Retour en bus au lycée français, l’université nous a même offert une adorable mug : les coréens ont un sens de l’hospitalité qui nous surprendra toujours… Nous repassons vite chez Laurence chercher les recettes précieusement rangées de nos derniers cours de cuisine avec Nam Joo : celles réalisées ce matin sont plus académiques et nécessitent des ingrédients spécifiques que nous aurons du mal à acquérir en si peu de temps. Nam Joo, notre amie, est mère de famille et fait des recettes très adaptées ! C’est donc décidé : on fera le bulgogi de Nam Joo (déjà testé et inratable) et une salade de chou et autres légumes. On établit la liste des courses : chou chinois, concombre, carottes, pousses de navet, oignons blancs, feuilles de sésame, champignons, une poire, ail hâché, gingembre, et notre viande. Notre caméraman nous suit dans les rayons du Freshmart en bas de chez nous (pas le temps d’aller au supermarché), nous pose des questions sur les difficultés à faire les courses : il est servi, nous déversons toute notre frustration et le temps passé à étudier les packagings mystérieux ! On espère que Myung Hee traduit fidèlement nos propos ! Voilà, on a tout, dernier tour de manivelle pour nous filmer de dos, remontant la rue avec notre panier plein, quelles stars ! Rendez-vous demain 11:30 h pour la suite des évènements. Le lendemain, notre ami annonce du retard. On se serait bien avancées avec Laurence, mais pas possible, et nos invitées qui arrivent à 13:00 h ! On dresse la table et on patiente. Finalement, il arrive à midi 10 ! Premièrement : remettre dans le sac les provisions achetées la veille et faire comme si on arrivait du marché ! (NB : on n’a pas les mêmes vêtements, mais ce n’est pas grave !). Sans perdre une minute, on se lance : Laurence découpe la viande, je prépare la marinade : sauce de soja, huile de sésame, jus de poire…les produits coréens n’ont plus de secret ! Les commentaires vont bon train, on espère que notre gentil garçon ne comprend pas tout, Myung Hee assiste et semble bien s’amuser ! Midi et demie : on a oublié le riz, il faut vite s’en occuper ! 3 verres jetés à la hâte dans la cuve du rice-cooker, Myung Hee, en gâte-sauce efficace, se précipite pour le rincer et y mettre l’eau nécessaire : méthode coréenne : main à plat sur le riz, on ajoute de l’eau jusqu’à recouvrir les phalanges, voilà c’est fait ! Mais non, il faut tout reprendre, car notre ami veut me filmer moi en train de faire ces opérations. Protestations, rires ! Je recommence donc et enfin le riz est mis à cuire…On argumente sur comment on connaît ce truc coréen de « la main » qui se transmet de mère en fille : moi c’est notre adjuma coréenne, pleine d’enseignements précieux, qui me l’a montré, avant de nous quitter pour aller dans le Sud de la Corée… Voilà notre première invitée, elle connaît la maison, débarrasse son manteau sur un cintre et nous rejoint. Non ! Stop ! On la refait : elle remet le manteau, ressort et je vais l’accueillir : Oh ! Catherine, quelle surprise, tandis que les deux autres s’esclaffent dans notre dos ! On hâche tous les légumes menu, la sauce est faite en suivant la recette à la lettre, voilà c’est prêt. Il nous faut faire revenir la viande, les champignons. Ca sent bon ! La caméra capte aussi les odeurs ? Les copines arrivent et on passe à table. Un petit verre de vin, bien sûr, nous sommes françaises, non ! D’ailleurs, le fait de trinquer plaît beaucoup à notre caméraman, on se la refait plusieurs fois ! Quel bon repas, quelle belle rigolade ! Encore une aventure que je n’aurai pu avoir qu’ici ! Merci Laurence, merci Myung Hee, merci les copines ! 12月9日 Activités de 'femme d'expat'Une petite mise à jour pour ceux qui s’étonnent de ne pas avoir trop de nouvelles. Je veux vous relater quelques unes de ces activités (entre autres) qui m’ont occupée ces derniers temps, histoire de vous faire partager un peu (car tout n’est pas là, loin s’en faut) mon rythme de femme d’expat…
Siwa Bazaar
C’est une grande vente de charité organisée tous les ans par le Seoul International Women Association. Sous la houlette des ambassades, chaque pays organise une vente dont les produits iront à des œuvres caritatives. L’an passé, 57 pays participants et la France détient le record du chiffre d’affaires avec la Hollande, quelques 12 000 Euros…Nous n’avons pas encore eu les résultats de cette année, mais ils devraient surpasser ceux de l’an dernier. Il faut dire que le petit groupe que nous étions, nous nous sommes démenées : recherche de sponsors, la plupart, entreprises françaises installées en Corée, pour qu’ils nous donnent des articles que nous pourrons vendre : Gucci (sac, foulards), L’Oréal (cosmétiques), Cartier, Vuitton, Téfal, etc…Les restaurants français nous aident en donnant gâteaux, quiches, sandwiches, Novotel nous a fourni du matériel et une machine à café, et deux cuisiniers qui se sont affairés à faire et vendre des crêpes au rayon restauration. Paris Croissant a fourni des baguettes à prix réduit pour que nous puissions fabriquer et vendre des sandwiches. L’épouse de l’Ambassadeur a fait venir vins et fromages de France : 250 kg de fromage, qu’il a fallu découper dans la joie et la bonne humeur et mettre sous film plastique un après midi en attendant le jour J. De leur côté, les Françaises ont confectionné gâteaux ou cakes (en tout une centaine), qui joliment présentés, se sont tous vendus. Quant à nous, avec Laurence, on avait décidé de faire des rillettes (denrée introuvable ici). Nous avons donc prospecté le marché aux ustensiles de cuisine pour trouver un contenant adéquat et abordable, qui après bien des palabres avec l’équipe, fut finalement adopté. Puis, opération marché à la viande. Aidées d’Agnès, une Coréenne, nous achetons nos ingrédients : 3 morceaux de porc différents (poitrine, jambon, je ne saurais même pas vous le faire exactement en français !!!). L’après-midi, secondées par une équipe motivée, nous découpons nos 14 kg de viande et distribuons dans nos marmites. Puis chacune repart avec sa marmite pour laisser mijoter plusieurs heures à la maison. Le lendemain, rendez-vous chez nous, on égoutte la mixture qui embaume déjà, et gantées comme il se doit, nous attaquons la phase émiettage, puis mise en pot. Enfin, dépôt des pots dans du papier cellophane, joliment entouré de rubans rouges et bleus…Voilà, 47 petits pots qui seront tous vendus le jour J avant midi ! Une chouette opération, beaucoup de boulot, et de chouettes fous rires !
Atelier Boules de Noël
J’avais cru à une boutade lorsque Patricia m’avait sollicitée pour animer l’atelier, et je ne sais pourquoi j’ai dit oui, moi qui ne suis pas du tout manuelle ! Mais bon, ce qui est dit est dit, et me voilà lancée. Merci aux copines de France qui m’ont aidée à trouver les épingles qui vont bien et merci à mon convoyeur de choc qui abuse de son surplus de bagages…Pat s’est chargée des appros en boules et tissu, de mon côté j’ai encore mes coupons, rubans et paillettes utilisés l’an passé. Alors, le soir en attendant les maris tardifs, on découpe nos tissus : 5.5cm x 5.5 cm, de la haute précision. Et voilà le résultat des participantes novices, la boule artichaut n’a plus de secret, la semaine prochaine, c’est la boule ananas, et ainsi les maisonnées vont pouvoir s’orner de décorations de Noël ‘home made’ !
La maison de l’Espoir
Lorsque nous avons cherché des sponsors l’an passé pour éditer notre livre de recettes, Novotel a comme toujours répondu présent, et nous a indiqué un dispensaire, qui sous la dévotion d’un valeureux couple, secondé par des bénévoles, recueille des handicapés moteurs et mentaux. Ce jour-là donc, c’est emmenés par la navette du Novotel, chargée à bloc de riz, de farine, de couches et autres denrées, que nous allons leur rendre visite. Un poste de télévision (abandonné à cet escient par une famille récemment mutée ailleurs) et des vêtements, voilà notre obole. Novotel a confectionné en outre un magnifique gâteau en pain d’épices avec des guirlandes et des lumières, de la fausse neige… La visite est chargée en émotion, les malades sont agités par notre venue. Aussi nous ne nous attardons pas, mais je reviendrai soulager, ne serait-ce que pour quelques minutes, quelques uns de ces pensionnaires…
Jungmisan Ce jeudi-ci, la sortie hebdomadaire avec les Coréennes nous emmène dans une forêt à environ 1h 1/2 de Seoul en bus. Mais aujourd’hui, s’il est tombé la veille au soir quelques flocons en ville qui ont vite été balayés, dans la campagne séoulite, surprise, c’est tout blanc ! Nos guides nous prennent en charge pour une balade d’environ une heure, ponctuée d’arrêts auprès de telle ou telle essence d’arbre : celui dont les feuilles jetées dans l’eau endort les poissons et permet une pêche miraculeuse ; celui dont l’écorce trempée dans l’eau vire au bleu et était autrefois utilisée pour teindre les tissus ; le mûrier, dont les feuilles alimentent le ver à soie, mais qui si ingurgitées en quantité par l’homme, donne des flatulences, d’où son nom en coréen : pong et le surnom immédiatement donné par les françaises : l’arbre flageolet…A l’issue de cette belle virée (dont certaines chaussées de converses mal adaptées se souviennent !), nous sommes reçues dans un de ses restaurants coréens où multitude de plats est présentée, pour mon grand régal. Encore une sortie mémorable 10月7日 Pékin Sep 2007Du coup, avec Chusok, nous voilà avec trois jours d’inactivité forcée, alors, direction Pékin, 1h30 de vol. Pour ses 15 millions d’habitants, la ville s’étend sur 150 km (en long et en large) si bien que les gratte-ciel semblent ici bien moins élancés qu’à Shanghai. Ils sont d’architecture moins raffinée aussi, et les bâtiments officiels eux, rappellent les ‘messages’ du communisme relatifs à la nation : carrés, imposants, solides et forts… Notre hôtel est un de ces derniers bastions chinois qui échappent aux grues et bulldozers : une ancienne maison de maîtres sans doute, des bâtiments qui s’enchaînent autour de 5 petites cours intérieures, idéales pour un petit-déjeuner calme ou pour une lecture sereine…Nous sommes dans le quartier des hutongs, où les Mongols étaient installés par corporations, avec une citerne d’eau (d’où le nom hutong) dans chaque ruelle aux maisons basses. D’ailleurs, il y a aujourd’hui 3 toilettes publiques aux extrémités et au centre de chaque rue, et à en croire les personnes en pyjama avec seau hygiénique que nous avons croisées, elles sont largement utilisées...Si, JO obligent ?, les portes d’entrée et les murs extérieurs ont été repeints d’un bel effet (les unes en rouge brique et les autres en gris), la misère se laisse apercevoir par les portes entrebaillées…Pourtant le quartier est en plein travaux, on passe des canalisations énormes, et le vent vient ajouter la poussière à la brume (de beau temps ????) qui règne sur Pékin. Pourtant encore, ces ruelles s’arpentent avec délices à pied ou à vélo (nous n’avons pas osé la bicyclette, car avoir l’œil sur la carte et sur le trafic en même temps relève d’un pari qu’on n’était pas encore prêts à relever !). Elles vous emmènent autour des lacs Houhai et Qianhai, où cafés avec terrasses vous invitent à paresser dans de grands canapés aux couleurs fluo très kitch, à moins que vous ne préfériez un tour en pédalo en forme de cygne. Nous avons testé les massages en pleine rue : à la chinoise vaut bien à la coréenne, je suis sortie bien relaxée du haut (tête et dos un vrai délice), mais strumpf du bas (des bleus aux mollets !). Pékin, comme beaucoup de grandes villes, est bruyant et en mouvement. Les grandes artères sont larges, j’ai compté jusqu’à 6 voies dans chaque sens, dont l’équivalent de 2 voies était réservé aux vélos. Malgré tout, congestion sévère garantie matin et soir (qui a d’ailleurs failli nous coûter notre avion au retour !!). Ca klaxonne, ça s’invective. Au centre du carrefour un policier assure ??? la présence… A chaque coin du carrefour, un officiel à brassard gère les piétons et les vélos : pas très efficace, mais un petit job… Au milieu de tout cela, la vie s’active sur le trottoir : marchands ambulants, serveuses de restaurant sur le pas de porte, prêtes à accueillir le client, mamie dorlotant son petit-fils ou petite-fille, dont le pantalon fendu laisse entrevoir les fesses potelées (un moyen d’éviter les couches ?), client du coiffeur attendant la pose d’une couleur (l’échoppe est minuscule), vieux jouant aux échecs chinois, ouvrier assis sur les talons, le regard au loin, la cigarette à la bouche, espérant… la venue du patron sans doute… Notre première sortie, à tout seigneur tout honneur, fut pour la Cité Interdite. Nous l’avons parcourue du Nord au Sud (à l’inverse de ce qui se fait habituellement), profitant ainsi d’un calme plus relatif pour arpenter les cours et les jardins des bâtiments d’habitation, plus petits, mais malgré tout encore emplis des manigances et perfidies de la cour. Nous sommes frappés par le gigantisme des lieux, certains murs si longs qu’ils vérifient l’illusion de se rejoindre en perspective. Alors on marche, et à chaque cour, chaque bâtiment, chaque porte, on enjambe le marche pied : un vrai steeple-chase…Plus on avance vers le sud et plus les bâtiments se font grandioses, plus les cours se font majestueuses : nous approchons des endroits où s’est joué le politique, le faste et l’apparat. La foule se fait plus dense, et les derniers bâtiments, en réfection, ne se visitant pas, nous évitons les sempiternels vendeurs de pacotilles pour nous retrouver face à la célèbre place Tian anmen. De nouveau nous sommes soufflés de l’espace occupé. Les estomacs crient famine et pas le moindre estaminet à perte de vue. Nous marcherons donc encore, et c’est le ventre plein qu’on reprendra la route en direction du temple Céleste. La vieille ville chinoise aux alentours est sacrifiée, rasée par les engins, et à sa place vont s’édifier des tours d’appartements ou de bureaux. D’ailleurs la rue que nous voulons emprunter est bloquée et un pousse-pousse sauveur vient nous sortir de là pour nous emmener via des ruelles hautes en couleur vers l’entrée de notre temple. Bien évidemment, le prix négocié au départ n’est plus de mise à l’arrivée, mais nous resterons intraitables, et notre chinois repart furieux de n’avoir pu berner ces touristes… Le lendemain, c’est l’expédition : nous partons pour Mutianyu, avec une guide et 3 autres touristes. La sortie de la ville est un peu chaotique, c’est l’heure de pointe, mais le trajet nous fait passer dans de petits villages typiques, où nous aimerions revenir flâner. On voit ici sans doute une partie de la Chine profonde, pas d’eau courante. C’est la récolte du maïs que l’on égrène et fait sécher sur la route même, qui s’étale en un long ruban jaune, au mépris du trafic passant. Arrivés à destination, nous prenons le téléphérique (notre cabine est celle-là même prise par le Buddha vivant du Tibet en 1999 !!!!) pour monter à une des tours de la grande muraille. L’édifice qui s’étend sur toute la corniche et serpente au faîte de la montagne nous coupe le souffle. On a beau avoir vu des reportages, des photos, la réalité est stupéfiante : quel ouvrage de folie, quel exploit, quelle beauté…Nous parcourons un petit kilomètre praticable, ponctué de tours de guet, procurant aujourd’hui une fraîcheur appréciable, mais qui en hiver doivent être un maigre refuge contre le blizzard et la neige…Au faîte d’une série de marches vertigineuses, le sentier s’arrête, la muraille n’est plus praticable, envahie par les herbes. Nous faisons donc demi-tour. L’après-midi nous emmène dans une fabrique de bijoux de jade, puis le tombeau des Ming, édifice décevant, mais dont l’accès par une allée bordée de statues est une promenade agréable. Enfin, visite d’une fabrique de soie, avec défilé de mode ( !), pour nous qui avions vu Suzhou, capitale de la soie, à Noël, cela paraît fade (déjà blasés !)… Retour à Pékin, de nouveau, ou encore, bien embouteillé… Le lendemain est consacré au shopping : nous irons dans le quartier des antiquaires, puis celui des artistes, avec forces boutiques de pinceaux, pierre à encre etc. Une boutique de thé nous accueille pour nous offrir une petite pause salvatrice. C’est le 15ème jour de la 8ème lune, soit la pleine lune d’automne, et aujourd’hui on s’offre des moon cakes : gâteaux ronds fourrés à la pâte de haricots ou de dattes, nous en recevons à plusieurs reprises, goûter idéal pour notre Jimmy affamé ! Nous remonterons à pied dans les rues interminables, et passerons par le parc Beihai, son lac, sa pagode blanche, d’où après une raide ascension, nous dominerons toute la ville. Le soir, direction Wangfujing, artère piétonne animée, où sont concentrées toutes les marques occidentales. Mais dans une des artères perpendiculaires, nous dégusterons le fameux canard laqué (Beijing Duck), qu’on découpe devant vous (nous avons même son certificat de naissance et son pedigree !!!), et qu’on roule dans de petites crêpes de riz, agrémenté de bâtonnets de concombre, céleri et oignon vert et d’une sauce à la prune. Le challenge est de trouver un taxi pour remonter à l’hôtel : - les avenues sont larges et la voie réservée aux vélos ne leur permet pas un arrêt facile, - il me semble qu’il y en a moins qu’à Shanghai, où il suffit de lever le bras, même quand il pleut ! et le tour est joué ; à Pékin, on les guette un moment, - plusieurs taxis libres, ont refusé de nous charger (peur des occidentaux ?, barrière de la langue ?) : ça promet pour les JO !!!! - enfin, quand on en a un, il n’est pas garanti qu’il veuille nous emmener : un taxi ne sachant pas lire la carte de l’hôtel, pourtant en chinois, nous a fait descendre… Dernier jour, déjà : aujourd’hui, temple des lamas. Notre longue marche est récompensée, le temple est magnifique et les buddhas tellement gigantesques (un de 18 m) qu’ils sont dans le Guiness… Retour à l’hôtel à 4h30, nous avons commandé un taxi pour 5 :00, mais embouteillages obligent, il n’arrive qu’à 5 :30. La première heure et demie nous scotche littéralement sur place, la tension monte, avec 4 heures de marge sur le départ, on va finir par rater notre avion. Notre chauffeur ne parle pas un mot d’anglais, même Korean Airlines lui est étranger. Mais il aura appris que les « Go ! Go ! Go ! », assortis d’un mouvement de la main, signifie « avance » ! On évite de justesse le terminal domestique où il se dirigeait diligemment, et on arrive finalement, hors de nous, juste 1h avant le décollage : ouf ! Adieu Pékin, et ses vestiges historiques incomparables, mais les gars, il va falloir faire quelque chose pour les touristes de vos JO !!!
Chusok 2007Comme déjà expliqué, Chusok est une des plus grosses fêtes de l’année, où chacun va dans sa famille rendre hommage aux ancêtres. C’est l’occasion de distribuer des cadeaux : en offrande aux ancêtres précisément, en cadeau aux parents, amis, gardiens d’immeubles, employés, etc… Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ce que certains reçoivent avec bonheur : une caisse de boîtes de thon, ou des champignons, voire carrément des poissons séchés, le tout atteignant des prix piuyvant aller jusque 1500 euros la caisse… Pour passer commande, asseyez-vous, on fait la livraison !
9月8日 Australie-Carnet de voyageSydney Dès l’aéroport, on sait où on est : de gigantesques « G’Day » nous accueillent (ils n’ont pas poussé jusqu’à ajouter ‘mate’ ou ‘buddy’, comme on l’a si souvent entendu par la suite !), et sur le tapis de livraisons de bagages on voit beaucoup de planches de surf récupérées par des gens de tout sexe, tous âges et toutes dégaines, mais tous bronzés !!! On pourrait s’attendre à une grosse ville, ce qui surprend en quittant l’aéroport ce sont les jardins et espaces verts que l’on traverse. En fait, hormis les quelques gratte-ciel du centre avec la Sydney Tower, quelques monuments victoriens, le reste de la ville s’étale alentour avec de petites maisons types colonial et de petits bâtiments. C’est une ville de marins, l’eau et les bateaux sont omniprésents. Dès la première journée, on s’aperçoit que par rapport à notre carte, nous avons déjà sillonné pas mal de la ville. De notre hôtel situé à Potts Point, via Woolloomooloo, à travers le reposant Royal Botanic Garden jusque Mrs Macquaries Chair (d’où la femme de ce gouverneur aimait contempler la vue, on ne la blâme pas !), puis le long de Farm Cove vers le fameux Opera House, qui après avoir été vu tant de fois en photo et en reportage prend ici soudain une autre dimension : on y est ! Un morceau rapidement avalé à Circular Quay, puis passage aux Rocks, quartier animé et sympa, et on redescend via George Street, rue finalement banale de magasins aux marques internationales, vers la Galerie Victoria, enfin, retour à l’hôtel. Le lendemain, la balade de Bondi Beach jusque Coogee Beach, nous fait prendre un sentier de randonnée longeant plages et côte découpée, qui enchante le regard à chaque détour et où échevelés par le vent, nous observons les surfeurs courageux lutter contre le courant et attendre ‘la’ vague…L’après midi, c’est shopping à Kings Cross (ce sont les soldes d’hiver !!!), pour finir à China Town. Il fait beaucoup plus frais que les 21° du premier jour, mais pas moyen de se réchauffer dans les pubs stricts : Jimmy n’est pas majeur, ils ne peuvent donc nous servir, même si nous sommes avec lui et même si nous ne prenons pas d’alcool ! Heureusement, dans le quartier espagnol, ils sont un peu moins regardants et Jimmy pourra finalement siroter son DietCoke … Le troisième jour nous emmène dans les Blue Mountains, où nous visitons une ferme (en fait un mini zoo, très bien fait) et faisons connaissance avec les vedettes du pays : koalas, kangourous, casoars, et d’autres gentilles bestioles : l’Australie se targue d’avoir les espèces les pires au monde : serpents et araignées mortels, crocos d’eau douce et de mer, requins, méduses mortelles : plus trop envie de me baigner, moi ! Ensuite nous allons essayer le boomerang dans un champ, de vrais trappeurs ! Puis on attaque le Canyon vertigineux, avec les Three Sisters, les cascades et les légendes aborigènes qui rôdent autour de ces éléments naturels. Après une belle ballade dans la rain forest (forêt tropicale), la remontée avec le train qui servait aux mineurs de charbon vous coupe le souffle : la pente est à 52 °, émotion forte garantie ! Retour à Sydney, sur Darling Harbour, après une courte visite au village olympique, où le gouvernement essaie de transférer une partie de ses administrations. Pour notre dernier jour, il bruine, nous trouvons donc refuge au Musée de Sydney, puis au Musée maritime, très intéressant et riche en informations et anecdotes sur ce peuple de marins !
Centre Rouge : Alice Springs – Darwin 1700 km Vu d’avion, c’est rouge le centre rouge et on voit bien qu’on va atterrir au milieu de nulle part. Effectivement, le tour d’Alice Springs est très vite fait ; aussi passe-t-on un moment au musée des reptiles, où nous sont données des informations utiles et où nous avons l’occasion de connaître de plus près certaines espèces. C’est dans cette ville que nous croisons les premiers aborigènes, au visage marqué et à la peau très noire. Difficile de les aborder, selon leurs coutumes ancestrales ils évitent le regard et n’aiment pas être photographiés… Pendant 3 jours, nous allons faire partie d’un groupe d’une vingtaine de personnes (Suisses, Anglaises, Espagnoles, Allemands, Japonaises et même une Coréenne) sous la houlette de notre super guide Canadienne Jayme pour découvrir Kata Tjuta et sa Vallée des Vents, le fameux rocher monolithe Uluru, qui prend au coucher, comme au lever du soleil, cette couleur rouge inimitable et Kings Canyon aux gorges vertigineuses. Le soir, c’est feu de camp, tentes, swag pour les garçons (un matelas épais à même le sol, recouvert d’une toile étanche dans lequel on insère le duvet, chaleur garantie : de vrais aventuriers !). Au milieu des étoiles filantes, on apprend à repérer la Croix du Sud, l’équivalent de notre Grande Ourse…Le groupe est super sympa, les longs trajets dans le bus sont animés : musique du folklore australien ou carrément plus pop à fond, jeux et devinettes, les kilomètres passent vite et les adieux au bout de 3 jours sont tristes… Puis re-départ, avec un deuxième groupe, les Suisses, une Japonaise et les Espagnoles sont encore du voyage et c’est tant mieux, pour couvrir la distance Alice Springs – Darwin (1700 km), avec passage du tropique du Capricorne, découverte de Devils Marbles et ses rochers équilibristes. Le premier soir, l’arrêt est encore un camp non loin de Tennant’s Creek : Banka Banka station (traduire ranch) de 12 000 km², 60 000 têtes de bétail, et 20 jackaroos (cow-boys), dont la vie hallucinante nous est tracée par la propriétaire à l’aide d’un diaporama étoffé de ses commentaires hauts en couleur et bourrus… Dur dur, on est loin des cités !!! Le lendemain c’est encore beaucoup de route, avec passage à Elliott : 300 habitants, 2 cafés : un pour les noirs, un pour les blancs. On commence à comprendre que les 2 communautés ont du mal à se mêler…Tout au plus cohabitent-elles… Le gouvernement redonne petit à petit quelques terres aux aborigènes, notamment les parcs naturels, dont ils deviennent cogérants… Le midi, l’arrêt est à Daly Waters : vraiment fou d’habiter ici avec le plus proche voisin à des centaines de kilomètres, d’ailleurs la déco de l’endroit est à l’image : bien décalée aussi ! Plus nous allons vers le Nord, plus il fait chaud, et plus les arbres se font grands, proportionnels d’ailleurs aux termitières ; et plus l’herbe rase fait place aux herbes folles. A la source de Mataranka, c’est carrément les palmiers qui nous accueillent et l’eau est délicieuse (en dépit du serpent – inoffensif soi-disant, mais sur le coup on n’est jamais bien sûr !!! - qu’on y a rencontré !). A Katherine, nous explorons les gorges en bateau, tandis que de plus aventureux le font en canoë ou en hélico ! Puis encore de la route, et c’est Edith Falls, encore une baignade magnifique, mais là l’eau est très froide… Et puis voilà Darwin, avec ses faubourgs, ses publicités, ses avenues, ses parkings, ses malls, ses bars : retour à la ville…que nous explorons le long de l’esplanade pour découvrir une mer superbe…Au coucher de soleil, le marché nocturne de Mindil Beach offre vue imprenable et ambiance garantie.
Kakadu A 300 km de Darwin, nous voici dans le parc des billabongs : petits lacs laissés par les inondations qui ont lieu régulièrement à la saison des pluies. Plusieurs sentiers nous les font découvrir en ouvrant l’œil, car la faune est riche (gare aux crocos), il fait cette fois très chaud. Pour visiter Arnhem Land, accompagnés d’un aborigène, nous retrouvons une Japonaise de notre premier groupe : this is a small world ! Ici, la montagne sert d’école, de terrain d’expression artistique et même de refuge aux populations aborigènes en cas d’inondation ou de cyclones, comme si rien n’avait changé depuis des siècles. Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec cette saga des Enfants de la Terre de Jean M Auel…De retour à Darwin, les cris stridents des perroquets et le frou-frou de l’envol des pélicans nous manquent déjà…
Cairns / Port Douglas Darwin – Cairns, 2 h de vol. Il faut savoir que certaines compagnies de location de voiture exigent votre permis international et aussi le national, question qui ne s’est même pas posée à Darwin, on a failli se faire piéger….Mais tout va bien et nous voilà filant vers Port Douglas, petite ville balnéaire… Tout fait penser aux Antilles : la montagne et la forêt tropicale, la mer, les plages de sable blanc, les énormes nuages accrochés aux sommets des montagnes et qui jouent avec le soleil… La route qui mène au Nord, vers Cape Tribulation est splendide, gare aux casoars qui traversent inopinément ! Le clou du séjour est une excursion à la Grande barrière de Corail pour faire du snorkeling (masque et tuba). Le gros bateau nous y mène en 2 heures et nous ferons 3 spots, dans une eau à 24°, allant crescendo dans la diversité, les couleurs et dans l’émotion (à vous couper le souffle, mais attention à la tasse !). Une petite journée de farniente, piscine, plage pour clore le séjour, et c’est le retour sur Sydney pour revenir à Séoul (pas de vol via Cairns !).
Il reste encore beaucoup à découvrir de ce pays, dont nous garderons en tête les villes à taille humaine, la diversité des paysages rencontrés, l’énormité des distances, les gens cool, les vues époustouflantes… Nous n’avons pas tout fait, loin s’en faut, mais pour moi, on y retournera ! 8月9日 De l'eau, comme s'il en pleuvaitRetour au ‘pays’. Arrivés à l’aéroport, on se fait la réflexion que bizarrement il ne pleut pas, chaud et humide certes, mais pas de pluie. On ne perd rien pour attendre ! A peine arrivés à la maison, les valises à peine ouvertes, voilà qu’il pleut … dans la cuisine, juste à la bordure du placard, le plafond flèche un peu et l’eau coule en filet continu. Le seau prend vite du service et on appelle le gardien. Le voisin du dessus est absent, mais l’expert passera demain à 6 heures. Au bout de 10 minutes, la fuite s’arrête, le seau est presque plein, ouf !… Le lendemain, Michelle, une de nos amies coréennes vient nous tenir compagnie pour attendre le plombier ; on attendra jusque 7 heures 15, après bien des coups de fil, d’une véhémence toute coréenne, qui ne cesse de me surprendre, pour insulter le retardataire. Le rendez-vous est pris pour commencer les travaux le lendemain 9:30. Ca ne me laisse pas beaucoup le loisir de récupérer de mon décalage horaire, mais tant pis. Levée de bonne heure pour lancer une lessive, prendre le petit-déjeuner tranquille et me préparer pour éviter une visite avancée (ça s’est déjà vu) qui me surprendrait en pyjama…à 10 :30, lassée de l’attente, je finis par appeler Michelle à la rescousse : où sont les ouvriers ??? Enquête faite, ils arrivent dans 20 minutes…Je suppose qu’elle les a encore invectivés comme elle sait le faire… Entre temps, dehors ce sont des trombes d’eau, orage et tout, qui font résonner les gouttières…Ma lessive ne va jamais sécher ! Et voilà Romain qui émerge de sa chambre en m’annonçant que sa clim fuit et qu’il pleut sur son lit ! Re-coup de fil à Michelle, les gars de la maintenance LG sont là dans la demi-heure avec chatterton et silicone et réparent le tuyau à embout récalcitrant… Finalement, après s’être affairé dans l’appartement du voisin du dessus, mon plombier vient chez moi en délégation, flanqué du voisin et du gardien. Je comprends à leurs gestes qu’ils veulent démonter et tirer le placard pour avoir accès au plafond. Seulement voilà, toutes vis ôtées, il a l’air bien fixé (comment ?) et ne bouge pas d’un pouce, en dépit des gestes brusques qui me font penser qu’ils vont tout arracher…Je suggère doucement qu’on démonte le plafond du placard : ah ! oui, tiens il y a des vis et une fois retirées, le plafond bouge… Nouveau hic, il y a aussi des vis latérales, et elles sont inaccessibles, car le placard est bel et bien encastré. Qu’à cela ne tienne, quelques coups de poing violents (à la coréenne) et mon plafond vole en éclats, vis latérales arrachées. Cette fois on a accès à un trou béant dans le plafond, près du mur du fond, et je susurre au plombier que l’eau ne coule pas à cet endroit là, mais bien en avant de ce trou. Qu’importe, il fait passer son tuyau dans le siphon du fond et ne remarquant rien d’anormal décide de faire un test. L’eau est mise, et voilà, il pleut un filet gros comme mon doigt dans la cuisine, à 30 cm de l’endroit investigué, et pile poil à l’endroit de notre première fuite, au milieu de débris de plafond arrachés, dans la boîte à outils, et devant un plombier hébété, qui se reçoit la flotte dessus, sans avoir même le réflexe d’y mettre le seau qu’il a sous son nez ! Imaginez le tableau ! Ma cuisine ressemble à la chaîne humide de Pontarlier (les initiés comprendront) : le plafond ça se désagrège dans l’eau et le siège sur lequel se perche le plombier, comme le sol, comme les parois des placards et le dessus de la cuisinière, est dans un bel état ! Ajoutez à cela mes 2 badauds de voisin et gardien, qui viennent régulièrement patauger aussi…Ils ont beau se déchausser à l’entrée, c’est peine perdue ! Je n’en peux plus de toute cette eau, la coupe est pleine, et la fatigue aidant, je pleurerais bien, mais ça ne ferait qu’empirer la situation … Michelle et Claire viennent faire l’état des lieux, il faut mettre la clim pour accélérer le séchage, pendant que le plombier répare le bout de tuyau qui fuit. Puis il faudra reposer du plafond et refaire les peintures. Comment remettre le dessus de mon meuble arraché ? On n’en est pas encore là. Et on part bientôt en vacances !!! Pour l’heure, prenons les choses comme elles viennent, j’ai un dîner ce soir à 20 heures, il n’en est que 17 :00, tout n’est pas perdu !!! Bien qu’épuisée, je crois bien que c’est du vin que je vais boire ce soir à table !!!! 5月24日 Festival des lanternesCette année l’anniversaire de Buddha tombe le 24 mai et a donné lieu ce week-end à de nombreuses réjouissances.
Tous les temples s’affairent à préparer fleurs et lanternes en papier, qui, accrochées avec un petit vœu, parent les esplanades d’un dais multicolore. Nous sommes allés à Dongdaemun (grande porte de l’Est), réputé pour son marché et son stadium, où doit justement se dérouler le festival Il y a foule, des cars entiers déversant les touristes venus avec leur lanterne assister aux réjouissances. Partout des femmes en hanbok, costume traditionnel, indiquent où doivent se rendre les délégations pour s’installer au stade. On nous place tout en haut, et on nous donne un programme de couleur jaune, ainsi que des casquettes à longue visière de même couleur. Chaque portion du stade a une couleur différente. Nous avons même droit à 2 bouteilles d’eau (service !). En bas, sur le stade, c’est l’effervescence des préparatifs avant la représentation. Une chorale en hanbok aux couleurs tricolores bleu blanc rouge de la Corée (eh ! oui, il n’y a pas d’exclusivité !) se tient au pied de la tribune réservée aux officiels. Ceux-ci apparaissent : les prêtres au crâne rasé dans leur robe grise (ni noir, ni blanc, ils ont atteint l’équilibre…) réhaussée d’une toge brique ou rouge, voire safran (probablement fonction de leur rang) prennent place, suivis des huiles locales, en costume plus formel, accompagnées de leurs épouses en hanbok coloré. La parade commence, chaque temple ayant envoyé une délégation de fidèles, rivalisant de couleurs et d’harmonie. Un immense dragon est là aussi, soutenu par une vingtaine d’hommes. Lorsque tous les groupes ont pris place autour du stade, un animateur au micro sonore les appelle et ils s’élancent alors au centre pour effectuer leur numéro dans une chorégraphie chatoyante. Ensuite, c’est notre tour : des ’guides’ démontrent les mouvements simplissimes à effectuer avec notre programme de couleur (en haut, en bas, à droite, à gauche et on recommence !) et tout le stade s’anime : les bleus, les jaunes, les verts, etc…pour finir dans une hola gigantesque, c’est bon enfant, il règne joie et bonne humeur. Nous partons avant la fin du spectacle, angoissée que je suis à l’idée de devoir quitter cet endroit bondé d’adjumas qui jouent des coudes et vous bousculent pour faire prévaloir leur rang et leur droit au passage ! Et encore, nous on a deux têtes de plus qu’eux dans la foule !!!
Direction Insadong, que nous rejoignons à pied, les rues étant tranquilles, car fermées à la circulation pour laisser passer le cortège qui partira précisément de Dongdaemun pour rejoindre le temple Jogyesa. Arrivés au parc Tapgol, la foule est déjà dense. Des stands permettent aux touristes de fabriquer de petites lanternes. Nous rencontrons beaucoup de nos compatriotes, jouant les badauds en famille, comme nous, avec les appareils photos. Le premier char arrive et c’est un défilé incessant pendant presque deux heures de toutes les délégations que nous avons vues sur le stade avec chacun leur lanterne éclairée. Quel spectacle ! Un participant heureux nous fait partager sa joie et nous fait cadeau de sa lanterne, que nous ramènerons à la maison comme un trophée, témoignage de cette belle fête, joyeuse, chatoyante et chaleureuse… 5月16日 JaponOn poursuit sur la Zen attitude et on va la chercher aux sources : une semaine au Japon, 3 jours à Tokyo, puis Shinkansen (TGV) pour rallier Kyoto, 3 jours à Kyoto et re Shinkansen sur Tokyo pour le vol retour sur Séoul. Que les pros du Japon me pardonnent, je ne livre ici que mes impressions de néophyte, s’il y a des incohérences, merci de me pardonner… A l’arrivée à Tokyo, il a plu. Nous prenons un taxi qui nous emmène à notre hôtel, situé dans le quartier de Shinjuku. L’autoroute est surélevé, à peu près à hauteur du troisième étage des immeubles, on voit le faîte des arbres. En contrebas, d’autres routes sont sillonnées de voitures également : on n’est pas si loin du Cinquième Elément de Besson, finalement ! Dans les tunnels, les tuiles vernissées jaunes qui tapissent les parois ont connu des jours meilleurs. On arrive à l’hôtel, les gratte-ciels sont bien là, tels qu’on les imaginait, nous sommes juste en face de la mairie de Tokyo, deux gigantesques immeubles à l’architecture originale. Le lobby de notre hôtel est au troisième étage, le petit-déjeuner se prend au dernier étage, au 25ème, vue imprenable ! Dès le premier soir, nous sortons dans le quartier. Fidèles aux images que l’on a pu voir ici et là, les rues sont toutes en néons, qui s’affichent en ribambelles verticales et multicolores. Une foule dense se presse sur les trottoirs, insensible au grelot des sonnettes qui annoncent les vélos, circulant eux aussi sur le trottoir. Bizarrement, il n’y a pas de heurts, à croire, que comme dans les mangas ou les dessins animés, les « héros » ont un bouclier magique qui les protège ! Devant les pachinkos, le bruit est assourdissant : les accros sont chacun devant un jeu électronique, dans un isolement et une indifférence totale, concentrés sur leur console pour gagner des billes, qui leur rapporteront des lots, les jeux d’argent étant interdits au Japon…Sur le trottoir, des vendeurs vantent au micro les dernières trouvailles électroniques, afin de nous attirer dans leurs magasins s’étalant sur plusieurs étages. Badauds, nous comparons les prix et si le change est aujourd’hui attractif, malheureusement, tout est en 110 Volts, alors on ne craquera pas ! Le premier repas se fera debout autour d’un comptoir où, sur une feuille de bananier, de délicieux sushis, préparés par les maîtres devant vous, sont déposés à votre demande. Pour nous, barrière linguistique oblige (Didier on a pensé à toi !) nous nous contenterons de désigner du doigt le contenu de ce que dégustent nos divers voisins et franchement, on n’a pas été déçus ! Deuxième jour : Alain m’emmène à Asakusa. On prend le métro. La gare de Shinjuku s’étale sur plusieurs étages, il y a les lignes de métro, les lignes Japan Rail (JR) et d’autres encore… On finit par trouver notre itinéraire sur une carte de métro « bilingue » (les stations sont traduites dans un langage que nous lisons…), nous prenons notre billet à une machine et nous voilà partis. Escaliers, escalators, nous nous engouffrons dans un dédale de couloirs tous aussi bondés les uns que les autres. C’est précisément dans le métro que nous rencontrerons notre « premier kimono » ! A Asakusa, le temple est bondé, nous sommes en pleine ‘Golden Week’, les Japonais aussi sont en vacances… Portés par la foule, on ne profite même pas de la longue allée d’échoppes de souvenirs. A l’entrée d’un temple, il y a toujours de l’eau avec de petites louches pour se rincer les mains et la bouche afin de pénétrer dans l’enceinte purifié. De même, un petit fourneau accueille les bâtons d’encens et chacun se presse autour pour attirer la fumée purificatrice sur lui. Devant le temple, les pèlerins frappent soit un gong pour attirer l’attention du dieu invoqué, soit frappent deux fois dans leur mains avant de s’incliner et d’offrir leur prière après avoir déposé quelques pièces dans les réceptacles prévus à cet effet. Plus loin, des racks accueillent les vœux : petits papiers noués sur une cordelette, planchettes de bois gravées, cela varie…Autour du temple, de petits bâtiments tout aussi pittoresques sont délaissés des touristes japonais et nous pouvons errer à notre aise dans ces endroits charmants. Nous délaissons la foule et nous acheminons à pied vers Ueno pour profiter de la fraîcheur et du calme relatif de son parc : il y a encore beaucoup de visiteurs, dont nombreux évoluent sur le lac dans des pédalos jaune fluo en forme de cygne, très kitch !… Plus sérieusement, la visite du Musée National vaut franchement le détour (estampes, armes et armures, kimonos,…). Le jour suivant, nous allons visiter le Palais Impérial, immenses esplanades désertes traversées par des groupes de touristes suivant le drapeau haut levé de leur guide. Le jardin est agréable, sans plus, et les bâtisses ne se visitent pas…La taille rustique des gigantesques rochers composant les murailles du Palais contraste avec la modernité des buildings de bureaux qu’on aperçoit tout autour. Puis direction Ginza : le mondialisme reprend le dessus : Vuitton, Dior, Shiseido, Cartier, etc… ils sont tous là, dans une débauche d’enseignes accrocheuses, qui de nuit, livrent du Japon d’autres clichés qu’on lui connaît…Le théâtre traditionnel kabuki semble ici faire un clin d’œil anachronique…Nous passerons du temps dans cette papeterie renommée, où même emballer les paquets devient un art ! Petit détour dans le quartier de Golden Gaï, où les ruelles étroites abritent nombre bars, mais à l’heure où nous passons, le quartier est encore « éteint ». La soirée se terminera à Shibuya, quartier jeune et animé : agoraphobes s’abstenir, au moment de traverser la rue, 2 foules s’affrontent, et parfois même en diagonale, mais nous déployons nos ‘boucliers’ et tout se passe très bien…Nous sommes tellement surpris par les Lolitas qu’on n’aura même pas l’audace de les photographier : imaginez une barbie avec des couettes, hypermaquillée (faux-cils, pommettes roses, fausses larmes, bouche glossy), une robe rose à volants et jupons serrée à la taille, manches ballons, chaussettes au dessus du genou assorties et chaussures vernies roses à talons hauts et brides sur le dessus…A côté, un jeune au jean déchiré, cheveux à l’Iroquois gélifiés en piques jaune orangé, piercings… Le lendemain, promenade au parc Shinjuku, un havre de paix, des détours d’allées surprenants par ce qu’ils offrent au regard : les essences d’arbres, la disposition des massifs, les associations de couleurs, tout nous fait oublier qu’il commence à pleuvoir et qu’il est temps de rejoindre la gare de Tokyo pour prendre notre train jusque Kyoto…. A l’arrivée du train en gare de Tokyo, une femme en uniforme rose se poste devant chaque voiture et procède à la préparation du wagon : faire pivoter les sièges à 180° pour qu’ils soient tous dans le sens de la marche, changer les appuie-tête, ramasser les derniers papiers oubliés par de rares voyageurs peu civiques, nettoyer les accoudoirs et assises de fauteuils… Nous sommes prêts à nous installer : pour les habitués du TGV, rien à redire au Shinkansen, rapide, efficace…2 heures 20 pour rallier Kyoto, en une traversée ininterrompue de villes, usines, parfois une rizière ou un potager, un aperçu sur la mer… A Kyoto, nous logeons dans un ryokan : une auberge typiquement japonaise, où toutes les portes recouvertes de papier coulissent sur elles-mêmes, ajoutant à l’endroit un petit air feutré et mystérieux : pour un peu on guetterait l’ombre d’un samouraï planqué là quelque part…Notre ryokan est dans le parc Maruyama, adossé à la montagne, au milieu des arbres et des bambous. Les cris des crapauds et des singes meublent le silence de la nuit. De retour le soir, le délice est dans le bain japonais : après une toilette complète aux douches mises à disposition, on se plonge dans une cuve remplie d’eau à 45° : un bonheur pour les mollets durcis par nos marches prolongées ! De notre ryokan, nous descendons à pied pour atterrir au milieu du sanctuaire Yasaka Jinja, au tori (porte d’entrée) gigantesque et orange vif. Nous sommes à Gyon, les ruelles, de part et d’autre de la rue commerçante, éclairée par des lanternes de papier rouges, abritent des maisons basses à un étage, toutes en bois, derrière lesquelles on imagine les rendez-vous mystérieux donnés aux geishas, apparitions magiques et d’une autre époque, que l’on voit sortir des taxis et circuler à petits pas : le kimono est étroit et les socques ne semblent pas bien stables…. Passé le pont, nous sommes à Pontocho, quartier plus touristique, dont les terrasses des restaurants surplombent le fleuve. Kyoto recèle plus de 1600 temples et sanctuaires, la sélection fut rude, et l’émerveillement est allé crescendo. Le Palais Impérial ne se visite que sur autorisation, et s’il ressemble en certains points à celui de Tokyo, il est à échelle plus humaine et moins austère, grâce à ses jardins plus travaillés. Le château de Nijo nous plonge dans la vie du shogun (seigneur) et de sa cour, on parcourt les pavillons sur le fameux parquet au Chant du Rossignol du Clan des Otori : on ne peut y marcher sans générer un léger grincement qui prévient l’arrivée de tout visiteur importun. Le pavillon d’Or ne vaut, selon moi, pas celui d’Argent, dont les jardins somptueux vous coupent le souffle à chaque détour des allées, tant l’harmonie des couleurs, les différents tons de verts des arbres, l’entretien des mousses, le jeu des essences, la disposition des arbustes et des arbres, les tracés sablonneux des jardins zen, la courbure des ponts, la position des rochers, les forme et place des pavés dans les allées, tout semble si naturel et pourtant tout est tellement étudié… Tout appelle la réflexion, le recueillement, la plénitude… Il en est ainsi de ce jardin zen de 15 rochers du temple Ryoan ji, qui permet au visiteur, d’où qu’il se trouve, de n’embrasser du regard qu’un maximum de 14 pierres, preuve s’il en est qu’on ne peut jamais tout maîtriser (… méditation…Chut !!!). Que dire aussi des temples tels Chion In aux portes colossales, de celui de Sanjusangendo, aux mille statues, plantées là, telle une armée bienveillante derrière les 28 divinités bouddhistes…Kyomizu, avec sa pagode, ses terrasses surplombant la ville (et ses très nombreux fidèles…). Nanzen Ji et ses jardins envoûtants,… J’en passe et il en reste encore à découvrir et à voir, il faudra revenir…Kyoto, c’est certain, jouit d’un savoir-faire-valoir, engendrant le savoir-être et le bien-être tout simplement… La zen attitude passe sans aucun doute ici…En tout cas, je l’y ai rencontrée… De retour à Tokyo, nous passons la soirée dans le quartier Roppongi et notre dernière journée au parc Yoyogi. Le jardin d’iris n’est pas encore fleuri, mais le sanctuaire Meiji Jingu, au magnifique tori de bois, célèbre ce jour là plusieurs mariages et nous avons droit, dans la gigantesque et harmonieuse cour, à l’atmosphère si sereine, à un véritable défilé de mode : kimonos et coiffures savantes, tenue des prêtres, cérémonial… Le présent comme le passé, la foule dynamique, le modernisme provoquant, les architectures audacieuses, les néons multicolores, le look déjanté de certains jeunes, le dépouillement de l’ikébana, le goût du détail, la ferveur des pèlerins, le poids ancestral de l’histoire, le respect des traditions, le recueillement, tout le Japon d’aujourd’hui était là… 5月6日 "Les cerisiers sont blancs..."Enfin, pas vraiment, Monsieur Bécaud, ici il y en a des roses, des blancs, des presque rouges, des ‘normaux’ et des pleureurs, bref, c’est un vrai festival. Les gens se déplacent de loin pour venir dans les endroits stratégiques réputés. A Séoul, c’est l’île de Yéouido, entre autres, qui est connue pour cela, fermée à la circulation pour accueillir les 2 millions de visiteurs annuels à cette époque. Nous y sommes allés un samedi après-midi avec Jérémie (Alain était en déplacement) et il régnait une atmosphère de foire : les gens avaient déployé leurs couvertures isolantes sur lesquelles ils s’installent en famille pour pique-niquer le long des bords de la Han, il y avait de la musique, des petits stands de beignets fourrés au poulpe ou à la purée de haricots rouges, ou autres délicatessen comme les larves de ver à soie…Nous on a préféré les petites madeleines à base de patate douce ! C’était bon enfant de voir les gens secouer les branches pour obtenir une pluie de pétales. Au Japon on appelle la fleur de cerisier, fleur du samouraï, car elle s’envole avant même d’être fanée (à méditer !…) Et puis les feuilles ont fait place aux fleurs et le printemps est arrivé…. 3月27日 A l’Est, du nouveau…Nous avons un vrai week-end complet et en amoureux qui plus est : Jérémie est en classe de neige. Nous décidons donc de partir explorer l’Est de la Corée. Alain connaît déjà, puisqu’il a eu l’an passé de longs week-ends solitaires à meubler en attendant notre venue…
Départ samedi matin, sous une pluie battante. Nous mettons deux heures pour faire les 48 premiers kilomètres et on nous annonce maintenant une heure pour les 40 suivants. Nous sommes d’une humeur exécrable, prêts à faire demi-tour. Toutefois, c’est impossible, l’autoroute d’en face est coupée, il y a dû avoir un carambolage sous le tunnel, laissant sur place des kilomètres et des kilomètres de voitures que nous croisons avec compassion. Nous voilà donc forcés de poursuivre notre propre galère. Finalement, le trafic s’éclaircit, en revanche le brouillard, lui, s’épaissit, on n’y voit plus à 30 m ! Et puis, là aussi, la persévérance paie : à 80 km de notre point de chute, incroyable, grand beau ! Et là sous nos yeux s’étale la mer et ses superbes plages de sable. Cependant, Corée oblige, celles-ci sont entourées de grilles surmontées de barbelés, ça tue un peu le romantisme…
Notre hôtel à Naksan Beach a une vue imprenable. Juste à côté, le Naksansa (ceux qui suivent auront traduit temple de Naksan), ravagé par des flammes accidentelles il y a deux ans, est en pleine reconstruction. Comme d’habitude, les moines savaient choisir leurs endroits…
Un petit tour à Sokcho, rien d’extraordinaire, si ce n’est la côte pour y aller, et là encore une belle plage et un port de pêche. Au retour, arrêt à Daepo, endroit pittoresque pour toutes ses petites échoppes où on vend fritures, coquillages (vous les choisissez, on vous les fait braiser au barbecue devant vous), poissons frais (désignez le vôtre et dix minutes plus tard vous avez un sashimi fraîcheur garantie). En cette morte saison, nous sommes pratiquement les seuls occidentaux parmi une foule de coréens en famille, surpris de nous voir commander la « meountang » (soupe épicée), comme eux ! Un vrai régal, et un vrai sentiment d’insertion en Corée profonde…
Dès le lendemain, on fait 20 km et changement de décor : cette fois c’est la montagne, Soraksan, haute et majestueuse. Le téléphérique est arrêté : le vent est trop violent. Malgré tout, les bus déversent leurs marcheurs qui s’engouffrent sur les nombreux sentiers balisés, non sans avoir recommandé leur journée au gigantesque bouddha qui semble superviser les départs. Nous suivons nous aussi un sentier, en direction de Ulsan Bawi, longeant d’abord le torrent, puis s’élevant dans la montagne, nous arrêtant au passage dans le temple de Sinheung. La balade est superbe, comme toutes les randonnées qu’on a pu faire jusqu’alors…Nous croisons en chemin des porteurs : c’est à dos d’homme que se fait la livraison au temple qui est encore plus haut. Nous on s’arrêtera à l’ermitage de Gyejo, où un moine est venu se réfugier an 650 avant ou après JC (je ne sais plus, mais quand on en est là, 650 ans de plus ou de moins, on ne compte plus !) pour venir méditer. L’endroit, effectivement, laisse rêveur…
Il faut songer au départ. L’angoisse monte au fur et à mesure qu’on se rapproche de Séoul, mais en dépit d’un trafic dense, nous ne connaîtrons pas la galère de l’aller, ni celles narrées par des amis rentrés à 3h du matin chez eux…
A refaire donc, car on en a bien sûr laissé pour une fois prochaine !
3月10日 Jeju DoDo, en coréen signifie île, donc vous avez deviné, c’est de l’île de Jeju, tout au sud de la Corée, dont je vais vous parler, destination réputée pour ses honey mooners, un petit peu le Hawaï coréen. Nous sommes fin février, et en morte saison. Mais dès l’arrivée à l’aéroport, on sent déjà que nous sommes sous d’autres cieux : le soleil est plus chaud, on tombe les anoraks et la luminosité est plus intense, on sort les lunettes : nous voilà tout à notre mission, de vrais touristes… Pour récupérer la voiture de location, pas la peine de chercher dans le hall de l’aéroport, rendez-vous sur le parking, où tous les loueurs ont installé leur stand… qui dans un minibus, qui un gros 4x4 ou autre véhicule à l’effigie de leur logo : original ! On dirait un peu l’alignement des différentes équipes d’un départ de rallye ! Sur la route qui nous mène du Nord au Sud de l’île (environ 50 km), on longe forces golfs, mais aussi des plantations d’orangers. Jeju est réputée pour ses oranges et clémentines, au goût sucré. Parfois les parcelles se transforment en plantation de thé ou encore de figues de barbarie. Des haies entières de camélias fleuris nous accueillent et les magnolias sont en fleurs. Jeju est une île volcanique, le pic du Mont Halla culmine à 2000 m environ et dans le parc national qui l’entoure, de nombreuses randonnées s’offrent au visiteur. C’est d’ailleurs au départ de l’une d’elles qu’on nous offre en dégustation du chocolat de Jeju, jusqu’alors ignoré de nous : ne vaut peut-être pas certaines autres marques connues, mais bien apprécié quand même, il faudra le repérer dans les rayons à notre retour à Séoul ! Côté mer, c’est un régal, on se croirait sur une côte bretonne, avec les à-pics vertigineux qui offrent sous vos yeux une mer bleue turquoise ou violette selon l’exposition. La lave solidifiée, battue par les vagues, découpe la côte de façon sauvage. Pourtant çà et là, une magnifique de plage de sable blanc s’étend paresseusement entre les falaises. L’intérieur des terres est soit arboré (beaucoup de résineux), soit carrément pelé, la lande, balayée par le vent, n’offrant alors au regard que des murets de pierres de lave savamment disposées pour abriter du vent, tout en le laissant passer pour ne pas détruire l’édifice : par moments, à contre-jour, on dirait de la dentelle. Dans les collines, comme partout ailleurs en Corée, les mausolées abritent les ancêtres, mais ici, toutes les tombes sont entourées de pierres de lave. Sur la plupart des ponts, devant les maisons, des statues sympathiques, parfois très hautes : les harubang ou grands-pères de pierre, montent une garde bienveillante. Le jour où nous avons rejoint l’extrémité orientale et pris le ferry pour aller sur Udo, île à l’extrémité orientale de Jeju, il ne faisait pas très beau : froid, beaucoup de vent. D’ailleurs, le lendemain matin, au réveil, le mont Halla arborait un sommet neigeux. Mais nous avons quand même croisé ces femmes plongeuses renommées, les haenyeo, qui descendent en apnée recueillir les ormeaux, oursins, poulpes, et autres trésors marins vendus aux restaurateurs du coin pour la préparation des spécialités de la région. On les repère sur l’eau grâce à leur bouée flottante, autour de laquelle est arrimé un petit filet. De temps à autre on les voit, tête émergée, venir à la bouée pour déposer leurs proies, puis plonger et laisser place à une paire de palmes qui disparaissent à leur tour. Lorsqu’elles sont sorties de l’eau et ont relevé leur masque, nous avons été stupéfaits de nous trouver en face de véritables mamies au sourire édenté, qui nous ont montré leur pêche du jour et se sont hâtées pour aller se changer et se réchauffer : respect… On nous parle à Jeju d’un phénomène particulier, the mysterious road : on met la voiture dans le sens de la montée, on met au point mort et la voiture avance toute seule !! Si, si, on l’a testé, ça marche, la voiture monte toute seule et mes deux scientifiques sont restés hilares et perplexes. Avec une balle ou une bouteille, la même phénomène s’est produit : la balle, comme la bouteille, a avancé en montant : spectaculaire !!! Je ne vous révèlerai pas le secret, il vous faut venir le tester vous-même, et par ailleurs Jeju a tellement d’autres curiosités à offrir, qu’une chose est sûre : nous, nous reviendrons, Jeju nous a conquis…
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