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    November 07

    Danse traditionnelle coréenne 5 nov 09

    Une belle journée de novembre, il fait bon, il y a du soleil et nous sommes invitées ce jeudi 5 novembre dans la maison de campagne d’une de nos amies coréennes, qui nous propose une démonstration de danse traditionnelle coréenne.

    Dans l’allée jonchée des feuilles or des ginkos apparaissent notre hôte, Amélie, toujours l’appareil photo en main, et les danseuses, en hanbok (costume traditionnel) coloré.

    Assises sur la pelouse, devant la maison, nous assistons au spectacle, dans un décor naturel paysager magnifique. Les coréennes sortent leurs parapluies pour s’abriter du soleil.

    Les danses présentées sont très codifiées : celle avec l’éventail représente les sentiments féminins, celle avec le foulard est exécutée sur la célébrissime musique de Arirang, un chant national…Le maître de danse, une magnifique femme de… difficile de dire son âge, mais on voit qu’elle n’est pas toute jeune, entre alors en scène pour exécuter la danse royale de bénédiction et hommage à la terre et au ciel : seules les danseuses chevronnées peuvent techniquement interpréter cette danse. Les costumes chamarés, les soies chatoyantes sont du plus bel effet.

    A l’issue du spectacle, nous recevons un plateau repas coréen : du lotus, des petites galettes de poisson, courgettes, feuille de sésame fourrées de viande et soja, du poisson, des chapjae (nouilles de patates douces avec des légumes), des tiges d’ail (qui ne sont pas sans rappeler nos haricots verts qui nous manquent tant ici !), un délicieux bulgogi (viande marinée, grillée au barbecue) et bien sûr du riz et une petite soupe d’algues. Pour le dessert, des françaises bien attentionnées avaient prévu moelleux au chocolat, cake au citron…Et même du café : le fameux mix coréen, qui au café soluble mêle sucre, lait et arôme caramel…

    Encore une fois, une organisation sans faille, pour le plaisir de toutes et un merveilleux souvenir à engranger encore dans nos aventures coréennes.

    October 10

    Angkor oct 09

    Lorsque l’avion atterrit à Siem Raep à 22 :30, on constate que la piste est bien mouillée, normal, la météo consultée avant le départ annonçait pluie, pour les 3 jours…Tant pis, on fera avec !

    Le visa d’entrée nous est octroyé, moyennant finances, à un guichet, où nous déposons les formulaires remplis et où notre passeport va circuler de mains en mains le long d’une brochette d’une dizaine d’officiels assis en rang d’oignons, qui chacun va exécuter une tâche mystérieuse de 2 secondes, passer le passeport au suivant et ainsi de suite pour que le dernier en bout de chaîne, mette fin à ce curieux ballet et nous appelle afin de nous remettre notre passeport en règle : drôle de team work, mais efficace !

    Pour une fois, nous retrouvons notre nom en grand dans le hall d’arrivée : nous sommes attendus et notre jeune chauffeur nous emmène sur son destrier : un touk-touk. Comprenez une moto tirant une carriole sur 2 roues à 4 places (2x2 en vis-à-vis). Nous voilà partis, le vent apaise la moiteur de l’air. Nous roulons sur une large route, mais de part et d’autre c’est l’eau : on a l’impression d’être au milieu d’un lac. Sauf que de temps à autre notre chauffeur ralentit, car la route est inondée. Nous passons quand même dans de joyeuses éclaboussures. Le long de l’aéroport, grand hôtels illuminés, mais ils ont l’eau jusqu’à leur porte, donc en-dessous... On arrive en ville. Là aussi, des échoppes et magasins illuminés, mais chacun a les pieds dans l’eau. On tourne à gauche, cette fois nous sommes sur un sentier avec des nids de poule que notre chauffeur évite adroitement. On est obligé de lui faire confiance. Aux endroits inondés, l’eau est un peu plus haute ici et les passages se négocient difficilement. Pourvu qu’on ne tombe pas…

    Nous voilà arrivés à l’hôtel. Une jeune femme nous accueille et dans un bon anglais nous explique qu’il a plu pendant 28 heures sans discontinuer et que l’hôtel est inondé, les bungalows sont sous 30 cm d’eau. Ils peuvent nous coucher à l’étage, mais comprendraient très bien qu’on ne souhaite pas rester. Il est 23 :30, pas envie de retourner (pour aller où ? on a vu beaucoup d’eau en route !!!). Il nous faut donc mettre « pied à terre ». Je décide aussitôt d’ôter mes chaussures, réalisant soudain que je porte encore les bas de contension du voyage. Qu’à cela ne tienne, j’ôte le jean et les bas, le strip-tease sera gratis pour notre chauffeur !!! Heureusement je porte une tunique assez longue pour cacher une partie de mon string ! Alain se fait un short en dézippant les bas amovibles de son pantalon. Des gens de l’hôtel prennent nos bagages et nous voilà partis avec notre accompagnatrice et sa lampe de poche dans 30 cm d’eau. Le bruit du clapotis déchire la nuit. Nous sommes sur des caillebotis, mais je ne vois rien et crève de peur de glisser ou de m’éloigner du chemin et de tomber en contrebas, aussi je m’applique à bien suivre notre guide… Nous grimpons à l’étage d’un bungalow et là : pas d’électricité. La fille nous demande d’attendre et revient nous annoncer qu’il y en a dans un autre bungalow, alors on redescend (parenthèse pour dire que les escaliers au Cambodge sont plutôt des échelles de meunier, raides, aux marches étroites, hautes et à clairevoies… Pieds nus, de nuit, à la lampe de poche, vous imaginez le tableau…), on se remet dans l’eau et nous voilà enfin installés. La chambre est sympa, en brique rouge et en bois. On verra demain pour un autre hôtel, pour l’instant, dodo !!!

    Dès 7h demain matin nous prenons connaissance des alentours sous l’eau. Le bâtiment principal de l’hôtel, un peu en contrebas est lui sous 50 cm d’eau, les meubles sont posés sur des briques, la réception s’est réfugiée sur le billard, lui aussi réhaussé ! On nous porte le petit déjeuner dans la chambre, que nous prenons sur la terrasse.

    A 8h nous retrouvons Kosal, notre guide pour 3 jours. Et c’est reparti en touk touk. Il ne pleut pas, même si le ciel est menaçant. Premiers contacts avec la ville de jour : des mobylettes, des vélos partout, quelques camionnettes et voitures. Le marché est sous l’eau, les vendeurs sont au bord de la route. Ca klaxonne, ça bouge dans tous les sens, ça s’invective...

    Nous pénétrons dans le site d’Angkor. De larges avenues bordées de forêt aux arbres immenses nous mènent à notre premier temple : Bayon (prononcer comme le nom du jambon !), temple à l’origine dédié à Brahma, le dieu créateur hindouiste, avec ses tours aux 4 visages, qui semblent vous surveiller. Nous sommes surpris de l’ampleur de l’édifice… et des travaux de rénovation qu’il appelle…Pratiquement tous les temples que nous verrons sont sur le même modèle : des remparts, de larges douves, une enceinte avec des galeries et des tours au centre…Autour de celui-là, la majestueuse terrasse des éléphants, face aux 12 tours (une pour chaque femme du roi dit-on), d’où le roi assistait aux fêtes ou au défilé de ses troupes.

    Après un repas dans une gargote à touristes (un régal que ces curry khmers parfumés et doux !), nous nous dirigeons vers Ta Phrom. Les alentours du temple sont inondés, c’est donc pieds nus dans l’eau que nous nous mêlons aux autres touristes pour admirer le vert des pierres moussues. Mais la particularité de ce temple, ce sont les fromagers, ces arbres gigantesques qui viennent, vengeurs, reprendre leurs droits sur la nature. Leurs racines s’étalent comme des poignes griffues sur les toits ou les galeries de l’édifice et donnent à l’arbre majestueux un aspect de prédateur maléfique.

    Juste avant le coucher de soleil, gâché par un énorme nuage noir, nous faisons la balade qui nous monte jusque Phnom Bakheng , monument du IXème siècle, érigé sur un petit plateau, que les éléphants gravissent de leur côté, pour amener des touristes dodelinant au gré du pas sûr et nonchalant du pachyderme…

    Retour à notre hôtel à la nuit tombée : l’eau n’a pas baissé. Nous ne nous sommes guère préoccupés de changer de lieu, il est tard, il ne nous reste que deux nuits, on décide de rester ici jusqu’à notre départ. Notre hôte nous propose de nous amener deux repas dans notre chambre : encore un curry délectable, que nous prendrons sur notre terrasse en compagnie de nos voisines de chambre, deux autres touristes françaises, ici depuis 4 jours, en transit pour le Laos. Devant l’originalité de la situation, et l’apéro aidant, les langues vont bon train et nous passons une fort agréable soirée, pimentée par la visite d’un gecko sauteur peu farouche !

    On devait aller voir un temple un peu éloigné ce matin, mais Kosal nous propose une petite diversion vers une cité lacustre. Nous prenons la N6, vers Phnom Penh, le long de laquelle s’étendent de vertes rizières. Puis, nous nous enfonçons sur une route caillouteuse, au bord de la rivière en crue, qui devient bientôt un chemin tellement défoncé, que nous ferons les dernières centaines de mètres à pied. Partout où nous passons, nous surprenons les habitants dans leurs activités quotidiennes : laver les légumes, étendre du linge, balayer la terre rouge de la cour, allaiter un enfant, réparer une roue de vélo… Partout on nous salue de « Hello » voire « Good Bye » sonores et souriants, les touristes se font plus rares ici. Arrivés à l’embarcadère, nous montons à bord d’un long bateau coloré, qui au bout d’une demi-heure nous amène au village sur pilotis. De nombreuses barques sillonnent les canaux, avec des ménagères venues vendre leurs fruits et légumes, des hommes partant relever les filets de pêche posés ça et là dans la mangrove environnante. Sur les balcons, les familles préparent la fête des moissons (la pleine lune est pour demain) en fabriquant des gâteaux de riz enveloppés de feuilles de bananier. Nous nous arrêtons pour monter visiter une maison. Vivent là les deux sœurs et leurs maris, chacune avec respectivement 2 garçons et 2 filles. L’habitation culmine à 6 m de hauteur, ne comporte que 2 vastes pièces, sans meubles, quelques clous ou étagères le long du mur pour stocker les maigres affaires, des hamacs et des nattes un peu partout. Sur un coin de la terrasse arrière, la cuisine, dont les ustensiles rutilants sont alignés sur un pan de mur, jouxtant les brosses à dents. L’eau de pluie est recueillie dans de vastes urnes en grès ; en cas manque, c’est l’eau du fleuve qui est pompée, mais elle doit être bouillie et filtrée…L’eau tiédie de la bouteille dans mon sac à dos me paraît soudainement exquise…La plus âgée des filles attrape entre ses deux doigts une bestiole (un pou ?) sur la tête de sa soeur…Nous reprenons notre route pensifs…

    A quelques mètres de là, juste après la mangrove s’ouvre le lac Tonlé Sap, gigantesque, majestueux, une véritable réserve à poissons. D’ailleurs nous y observons une embarcation relever les paniers à écrevisses : il y aura largement de quoi manger ce soir dans cette famille…

    Le retour se fait à vive allure et nous passons l’après-midi au temple de Banteay Srei, ou Temple des Femmes, en raison des Apsaras (danseuses) et des bas reliefs d’une finesse exquise. Tellement belles qu’André Malraux a risqué la prison pour en avoir volé deux, qu’il a par la suite restituées : nos ministres ne sont pas des saints !

    Nous passons la soirée dans un gigantesque restaurant où en dégustant un buffet de spécialités, on assiste à un spectacle de danses traditionnelles. Très touristique, certes, mais vaut le détour…

    Dernier jour, on garde le meilleur pour la fin : AngkorVat : le plus immense des temples, des galeries sans fin, toutes décorées de bas reliefs relatant les histoires de Vishnou, Ramâ et Râvana, se disputant Sîtâ, les armées de singes et les éléphants, les nagas (ou serpents à 3, 5, 7 ou 9 têtes), le dieu-roi Indra, Yama le dieu des Enfers… bref, ce sont ici les ancêtres de ces dramas télévisés qui de nos jours captivent les foules ! Les cinq tours intérieures (la grande flanquée de quatre plus petites) ne se visitent plus : les escaliers vertigineux ont fait des blessés récemment et leur accès est désormais interdit. Mais alentour, il reste encore de beaux vestiges en couleurs, des apsaras délicatement ciselées et des perspectives impressionnantes.

    Nous quittons le site la tête étourdie de ces grandeurs pour aller nous recueillir dans le petit temple de Preah Khan, ou Epée Sacrée du Roi, dédié aux soldats tombés dans la bataille contre les Chans. Là encore foultitude de détails subsiste, témoignages d’un passé grandiose, que la nature vient envahir.

    Nombre d’associations déléguées par de nombreux pays s’attachent à restaurer les sites, mais le chantier nous semble colossal. A Bayon, un écriteau affichait ‘fin des travaux prévue en 2010’, et nous a fait sourire : ils doivent se tromper d’un siècle ! Mais même affaissés, les temples restent majestueux… Gageons que même si on ne leur restitue pas leur intégrale splendeur, on saura préserver au moins les trésors que nous y avons découverts, grâce à Kosal, pendant ces trois jours…

    August 29

    Médecine août 09

    Hôpital

     

    Pour ceux qui suivent nos péripéties, je rentre de notre séjour aux Fiji avec des côtes cassées. Par conséquent, dès notre arrivée à Séoul, je me fais assister par la secrétaire d’Alain pour qu’elle me prenne un rendez-vous à l’hôpital le plus proche de chez nous avec un médecin parlant anglais, afin de vérifier que je suis en bonne voie de guérison…

     

    Entrée dans l’hôpital, hall clair, un peu comme un lobby d’hôtel, en plus animé. Des patients se promènent en pyjama avec leurs perfs sur roulette, entourés de famille ou d’amis venus leur rendre visite. Ceux-ci viennent avec des paniers garnis de victuailles, voire avec leurs effets personnels pour dormir sur des fauteuils dans des sortes de salle d’attente réservées à cet usage pour les visiteurs venant de loin. Serviettes de toilette et couvertures sont à leur disposition.

     

    En ce qui me concerne je me dirige vers l’accueil, où une religieuse (nous sommes à l’hôpital catholique de Sainte Marie, et d’ailleurs, force statuettes de Vierge ou Crucifix le rappellent dans les différentes salles où je passe) m’indique en anglais le bureau des soins pour étrangers, un peu plus loin sur la droite. Là, deux personnes sont à l’accueil et me font remplir un formulaire en anglais avec mes coordonnées. Elles me prennent la tension et le pouls à l’aide d’une machine dans laquelle on passe le bras et qui vous sort un timbre poste avec les données recueillies, puis me font passer sous une toise, qui outre la taille, donne aussi le poids et la masse graisseuse de façon électronique. Je leur remets ma carte de sécurité sociale coréenne. En dépit de mon rendez-vous, elles m’expliquent qu’il me faut d’abord passer par le médecin de famille pour obtenir un entretien avec un spécialiste. Ce n’est qu’à ce titre que la sécurité sociale coréenne peut me rembourser une partie des frais. Ce qui somme toute est à rapprocher du médecin référent en France, sauf qu’ici, pas de déplacement, tout est sur place : le médecin de famille, c’est le bureau d’à côté.

     

    Munie de ma carte d’hôpital fraîchement acquise, une personne à l’accueil entre mes coordonnées dans son ordinateur et mon nom (en coréen !) apparaît sur un des 4 écrans jouxtant les 4 portes des 4 médecins officiant ce jour-là. Je prends donc mon tour sur les sièges. Le médecin parle anglais et au vu de mon cas n’hésite pas à me prescrire un rendez-vous avec un spécialiste des os.

    Une bénévole, reconnaissable à sa blouse rose, m’accompagne alors au troisième étage, où là encore, à l’accueil, on pianote mes coordonnées pour que mon nom s’affiche devant une des portes. Le médecin parle également anglais, s’étonne des clichés fidjiens que je lui ai amenés (on ne fait plus ce genre de clichés depuis longtemps !) et me prescrit immédiatement une radio de contrôle.

    Ma fidèle bénévole m’accompagne au second étage pour le cliché. Même processus : elle rentre mon numéro sur un écran tactile et l’ordinateur m’assigne une des huit portes, devant laquelle j’attends mon tour. Les clichés ne prennent que quelques secondes, à peine le temps de remonter au troisième, que le professeur les a déjà reçus sur son ordinateur, étudiés et m’explique en détail, avec zoom à l’appui, ce qu’il en est. En fait il confirme tout ce que le médecin de Nadi m’avait expliqué, ce qui rétrospectivement me rassure ! On se revoit dans un mois pour vérifier tout ça…

    Je repasse au rez-de-chaussée, au bureau des étrangers, où une personne m’accompagne à la caisse. Consultation généraliste, consultation spécialiste, radiographies, le tout me revient à 40 euros (45 si on inclut la part prise en charge par la sécurité sociale coréenne…), et en deux heures...  Sur la facture est indiqué qu’à 11 :43 ce jour là je suis le patient n° 5238… Preuve encore, s’il en faut, que l’efficacité à la coréenne ce n’est pas un mythe…

     

     

    Lunettes

     

    Jérémie doit faire changer ses verres de lunettes, ils ne sont plus adaptés à sa vue. Pas moyen d’obtenir un rendez-vous avec l’ophtalmo en France, il aurait fallu s’y prendre en mars pour juillet, et à l’époque, l’ophtalmo était le cadet de ses soucis…

    Nous tentons donc le coup pendant sa journée de transit à Séoul, juste avant notre départ en vacances.

    Dans la petite  boutique de lunettes de Banpo, Jérémie s’installe dans un fauteuil de l’arrière-salle, un petit recoin sombre, où une machine va mesurer sa vue en quelques minutes. Pour les verres, on essaie d’expliquer qu’on part en vacances, qu’on revient dans quinze jours et qu’il pourra alors les récupérer. L’homme a l’air surpris et nous répond qu’il ne voit pas le problème, puisqu’il peut les faire… dans la demi-heure ! Par ailleurs, le prix des verres est ici le tiers de ce que l’on paie en France (même fournisseur, même qualité). Effectivement, une demi-heure plus tard, les lunettes sont prêtes et de surcroît toutes les lunettes de la famille sont nettoyées dans un appareil à ultra sons ! Service, service : ça c’est la Corée!

     

    Fidji Août 09

    On voulait du soleil, de la mer, de l’exotisme… On a eu tout ça.

     

    Ca commence par un retentissant « Bula » (prononcer boula), par lequel tout est dit : Bonjour, bienvenue, comment ça va ?, et le tout assorti d’un large sourire.

    Parlons en de ce sourire : la dentition est soit parfaite, soit il manque des dents ou des bouts de dents, permettant ainsi à chacun d’arborer fièrement des insertions d’or sur ses dents….Coquetterie locale, sans doute.

     

    Situées à l’est de l’Australie, près de la Nouvelle Calédonie, il y a environ 330 îles à Fidji, de la plus grosse Viti Levu, avec la capitale Suva et l’aéroport de  Nadi, à la plus petite, un tiers étant inhabitées. Plus à l’est encore se trouve la Polynésie française. Notre séjour nous a emmenés dans l’archipel des Yasawas au nord ouest de Viti Levu, puis un peu plus au sud, dans les Mamanucas.

     

    Le séjour à Nadi est à oublier : l’hébergement y est cher et sans âme (marina de Denarau avec son Radisson, Hilton et autres…), ou carrément des auberges de jeunesse avec dortoirs et confort précaire (et la « faune » qui va avec !), quand ce ne sont pas des hôtels de moyenne catégorie confortables, certes, mais bétonnés et sans aucun charme. En revanche, partout cet accueil chaleureux et inoubliable. De toute façon, pas moyen d’y échapper : c’est de Nadi que partent tous les bateaux qui vont vous emmener en excursion pour explorer d’autres contrées…

     

    En ce qui nous concerne, nous commençons par une croisière de 4 jours, sur une goélette de 108 pieds. L’équipage nous y accueille avec guitare et chants polyphoniques locaux : on est dans l’ambiance. Avec nous, entre autres, 16 jeunes de nationalités différentes, étudiants en architecture à Brisbane, venus faire un «voyage d’études » (j’en veux !!!) avec leur prof américain, marié à une Fidjienne…Une aubaine pour nos deux garçons, qui n’ont pas mis longtemps à briser la glace et à s’intégrer.

    Premier mouillage pour chausser palmes et ajuster masque et tuba afin d’admirer des coraux et de jolis poissons, dont de petits bleus presque fluorescents….En remontant sur le bateau, l’échelle glisse et les deux personnes qui m’aidaient à remonter me lâchent violemment contre le bateau : douleur intense, souffle coupé, ce n’est que quatre jours plus tard, de retour à Nadi, qu’après radio, le diagnostic se confirme : trois côtes cassées. Mais rassurez-vous, en dépit des douleurs et des difficultés à dormir, mon voyage n’aura pas été du tout gâché !

    Nous faisons escale à Barefoot Lodge : 20 bungalows, à la pointe d’une île envahie par la forêt tropicale. A gauche plage de sable blanc avec lever de soleil, à droite, plage de sable blanc avec coucher de soleil. Des hamacs sous les arbres. Dur, dur ! Ici le confort est à l’état brut : un lit et une moustiquaire dans le bure (prononcer bouré), 4 vantaux en bois en guise de fenêtres. Pas d’électricité. Toilettes et douche (froide, mais même moi ça ne m’a pas rebutée !) dans des cabanons au milieu des cocotiers et des hibiscus. Dans le bure principal, du sable partout : Barefoot Lodge porte bien son nom ! Et de grandes tables recouvertes de nappes fleuries, avec des bancs où chacun vient s’asseoir pour discuter, manger, jouer, déguster les cocktails ou siroter sa bière. Souvent, un des membres du staff attrape sa guitare ou son ukulélé (toute petite guitare) et pousse la chansonnette, bientôt rejoint par les autres…

    Le lendemain, on s’arrête en route pour nager avec les raies manta : majestueuses et élégantes, elles ouvrent grand leur bouche (et quand je dis grand, elle est vraiment démesurée !) et font des loopings pour attraper plancton ou krill…Un grand moment. On les reverra le lendemain, par temps plus calme et encore plus énormes….Puis on lève l’ancre, direction vers le village de Soso, où les villageois nous accueillent encore avec chaleur et sourires. Les maisons sont simples et propres, colorées. La cuisine se fait à l’extérieur sur un âtre à bois, ou au mieux alimenté d’une bonbonne de gaz. Les enfants sont à la fête (et même les grands !) avec les sucettes que leurs distribuent nos étudiants. Après recueillement dans l’église : un simple bâtiment blanc, bleu et vert (tiens, ça me rappelle quelque chose ces couleurs !!!!) où nous laissons notre obole, nous rejoignons la salle commune où le chef et les hommes sages, affublés de pagnes, de colliers et bracelets en végétaux tressés nous attendent pour la cérémonie du kava.

    Le kava est une plante dont les îliens extraient la racine, la font sécher et la pilent dans un mortier. Puis cette poudre est placée dans un linge et on la fait infuser dans un grand bol rempli d’eau. Ensuite les chefs (visiteur et hôte), par l’intermédiaire de leur porte-parole, échangent des formules inconnues de nous, accompagnées de frappements de mains sonores. Puis le premier bol de kava est offert au chef, et ensuite au chef en visite : il faut frapper une fois dans ses mais pour accepter le présent, dire Bula, boire d’un trait et rendre le bol pour enfin finir le rite et frapper trois fois dans les mains pour remercier. Les hommes boivent d’abord, puis les femmes. Le kava est un peu amer, légèrement astringent. Il est dit avoir des propriétés anesthésiantes et relaxantes. Toutes les personnes locales interrogées nous ont dit en faire une consommation quotidienne, un peu comme les Occidentaux (surtout les Australiens !) ouvrent leur frigo pour une bière…Serait-ce là le secret de leur jovialité ? Nous avons ensuite droit à des chants et danses, et le plaisir pris par nos artistes et par l’assemblée du village est communicatif. Notre visite se termine par un tour au marché des femmes : elles exposent leur production de bracelets, colliers en coquillages, tissus et autres…Nous repartons, un peu gênés par notre statut de touristes, mais d’autant plus reconnaissants de la chaleur et de la spontanéité de l’accueil.

     

    Notre staff nous apprend certains arbres et leurs propriétés médicinales, nous montre comment, en 10 minutes chrono, tresser un panier avec une feuille de cocotier, comment gauler une noix de coco, la dépouiller de son enveloppe et l’ouvrir pour la déguster... Nous participerons même au développement de l’île en plantant chacun une racine de patate douce, afin de permettre la récolte dès l’an prochain. Tous les fruits et légumes que nous mangeons sont produits sur place et ont été plantés par de précédents visiteurs…

    Un soir, nous assistons au lovo : dans un trou creusé à même la terre (enfin sable…), on fait du feu, et on dépose sur les cendres, dans ces fameux paniers tressés, du poulet, du porc, du poisson et quelques pommes de terre. On recouvre le tout de feuilles de cocotier ou bananier, puis de couvertures épaisses mouillées et le tout va cuire à l’étouffée deux heures. Je vous laisse imaginer les fumets et le régal que ce fut…

    Notre dernier soir se passe autour d’un feu de camp sur la plage, avec des myriades d’étoiles allant se perdre dans la voie lactée, les chants, le kava, le bruit de la mer…

     

    Changement de décor (après être passés par Nadi), nous voilà dans les Mamanucas, près de Malolo Beach, plus exactement à Walu beach. C’est un grand catamaran omnibus qui nous y a menés, après s’être arrêté dans de nombreuses îles pour déposer ou reprendre des passagers. Le staff nous accueille en chantant et frappant des mains au bout du ponton. Nous arrivons avec deux irlandaises qui font le tour du monde en un an, elles voyagent depuis novembre dernier. A nous 6 nous doublons le nombre de touristes. Notre bure est vaste et la vue est une vraie carte postale : on ne s’en lasse pas. Si la plage n’est pas très belle, on peut quand même faire du canoë ou du catamaran. Les bures du haut, nichés dans la végétation, ont une vue imprenable et un coucher de soleil encore plus beau, même si les marches les rendent un peu moins accessibles…Quelques excursions en mer sont proposées : coraux, îles voisines, dauphins (ils n’y étaient pas !),…Nous participons à la vie du staff et discutons avec eux : leurs origines, leur famille, leur village…Les garçons font tous les jours un beach volley avec eux. On échange des recettes de cuisine. Et le soir, on passe un franc moment de rires avec les jeux apéro « à la Walu beach » ! Walu, où on arrive en tant que client et où on repart en ami…

     

    Dernière étape de notre séjour, à 35 minutes en voiture de Nadi : Sonaisali. Un immense resort sur une presqu’île, séparée du mainland par une rivière, qu’une barge fonctionnant jour et nuit vous fait traverser en 3 minutes. Les bures sont luxueux, avec vue sur la mer et une plage de sable fin et noir. La terrasse recèle un jacuzzi, qui au soleil couchant s’avère une expérience grandiose. Canoë, pédalos, hobiecat, jetski, tennis, équitation,… tout est possible et le staff se met à portée de vos désirs. C’est juste ce que nous voulions pour nos trois derniers jours : une grosse « bulle » intense avant de reprendre le collier : objectif atteint !

     

    Finalement, si le confort est allé crescendo pour ce séjour, c’est quand même notre étape dans les Yasawas qui nous aura le plus marqués : plus loin, donc moins de touristes et des contacts plus authentiques…

    Nous savons bien qu’il reste encore beaucoup à explorer, et c’est la première fois que nous parlons de revenir à une destination précédemment visitée, pour nous mêler à nouveau parmi ce peuple si jovial et si chaleureux : Merci ! Vinaka ! ….

     

    June 16

    June 09 Muui do

    Muuido, une petite île à l’Ouest de Séoul, direction aéroport, à 1h de route. C’est notre destination ce samedi matin.

    Il y a du monde pour accéder au bac, la traversée dure 10 minutes, à peine le temps de monter sur le pont pour observer les mouettes, que le sifflet retentit pour nous rappeler dans les voitures.

    Nous arrivons à notre condo : 4 petits bungalows, sous les pins, en bordure de plage. Une pièce avec lit, télé, une petite table et deux chaises, une kitchenette, et une salle de bains/ toilettes. Nous nous installons et déballons nos coffres remplis. Nos amis HaengSim et Jean-Michel ont l’habitude de ce genre d’escapade et sont organisés.

    Il est déjà tard, et nous allons déjeuner dans une de ces gargottes qu’on adore : barbecue de coquillages, bibimbap d’huîtres… Un régal.

    L’après-midi se passe : lézard sur le sable, balade le long de la plage, badminton, partie de volley, bain pour les plus audacieux : l’eau est froide, mais je ne suis pas une référence en la matière, loin de là, pour moi, point de salut en dessous de 26°… Les enfants louent des quads et pétaradent dans la pinède. La mer descend assez vite, le relief peu accidenté accélérant le retrait. Bientôt on peut passer à pied sur l’île d’en face, Shilmido, célèbre par le film du même nom qui y a été tourné.

    Il est temps de préparer l’apéro. Punch, cake, on avait bien prévu ! Jean-Michel dresse les moules achetées ce matin au marché aux poissons sur le barbecue et les recouvre d’aiguilles de pin ramassées par les enfants, auxquelles il met le feu : l’éclade est prête et les moules juteuses sont délicieuses. Un peu de charbon de bois, et voilà le plat suivant : des gambas, avec un petit vin blanc frais, ah ! que la vie est belle ! Avec en prime, un superbe coucher de soleil…

    Et pas de sortie nocturne en Corée sans feu d’artifice, ces bâtons achetés dans les boutiques de bord de plage, mais qui ravissent petits et grands…

    Le lendemain, petit déjeuner tranquille, puis on prépare le déjeuner : magrets de canard sur le barbecue et assortiments de légumes grillés…HaengSim a même préparé du riz avec son rice cooker amené de Séoul pour l’occasion : ah ! ces Coréens ! En dessert, la superbe pastèque…

    Rangement du camp, puis partie acharnée de pétanque, pendant que d’autres somnolent à l’ombre et que les filles retournent faire du quad…

    En un court week-end, on a l’impression d’avoir passé plusieurs jours de vacances, et pourtant nous n’étions qu’à 1h de Séoul… Raison de plus pour remettre ça bientôt…

     

    May 17

    May 09 Chine : Guiyang à Guilin

    Nous y voilà, en Chine profonde ! On traverse les provinces de Guizhou et Guangxi, à elles deux près de 90 millions d’habitants ! Mais aussi parmi les plus pauvres. Ici, les familles dérogent à la règle d’un enfant par famille : on a besoin de bras pour travailler la terre. Et la terre, dans ce pays de montagnes, on la trouve à flanc de coteaux, dans des terrasses séculaires, où hommes et bêtes font pousser le riz nourricier…

    Partout où nous passons, nous sommes frappés par le caractère agraire manuel : les charrues tirées par les buffles puissants, voire par les femmes, n’ont pas toutes un soc en métal, certaines sont entièrement en bois. De toute façon, la taille exiguë des parcelles, parfois sur des pentes vertigineuses, exclut toute mécanisation.

    Hommes et femmes, arborent le chapeau conique pour se protéger du soleil ardent, et à l’arrière de leur ceinture, un petit panier en osier abrite la serpette. Tous utilisent le palan et des paniers tressés pour transporter fourrage pour les bêtes, fumier pour le champ, et ainsi perpétuer le cycle…

    La Chine abrite plus de 80 minorités ethniques, et ces deux provinces en recensent environ 40. Nous avons vu principalement les Miao, les Dong et les Yao.

    Arrivés le soir à Guyang, capitale du Guizhou, nous avons pris la route dès le lendemain matin, sous la pluie, pour nous arrêter au village de Qingyan, avec ses remparts vieux de 600 ans, entourés de rizières au vert éclatant, ses 2 portes de la Longévité, graciles, et ses maisons de briques grises agrémentées de leurs lanternes rouges, rappelant le décor d’Epouses et Concubines…Premiers contacts avec les coiffes des femmes, le rituel du thé,… Puis nous visitons Matang, et comme c’est le 1er mai, jour férié, hommes et femmes ont revêtu leurs costumes de cérémonie et vont se rassembler sur la place du village pour faire la fête au son des lushengs, sortes d’instrument à vent à plusieurs pipes : nous irons voir sa fabrication par un artisan renommé. Pendant que les vieux assistent aux préparatifs ou s’occupent des tout petits, aux fesses nues sous leur pantalon ouvert à l’entrejambes, les vieilles filent et bavardent, les jeunes s’épient, et les plus jeunes pataugent dans l’eau… Arrivée à Kaili, où après la rapide visite du musée, bâtiment imposant, qui a dû connaître des jours meilleurs, nous allons déguster une excellente fondue chinoise…

    Le lendemain matin, Zan, notre guide nous régale de bao zhe, ces petits pains farcis de viande et légumes, qui fondent dans la bouche !

    La route que nous devions prendre est coupée, il y a eu un éboulement dans la nuit, il nous faut donc prendre la route en reconstruction pour continuer notre périple.

    Il faut dire que les routes sont taillées dans la montagne et qu’après la pluie, il y a effectivement des éboulis, côté montagne, forçant les véhicules (par là : camions, voitures, carrioles, mobylettes à remorques, motos, tricycles, vélos, piétons, bétail, …) à se déporter sur la gauche, côté fleuve, créant ainsi des effondrements des bas-côtés. Cette route là, défoncée de partout, ne mérite plus son nom de route : c’est une piste, aux pierres saillantes, aux nids de poule profonds, où l’on circule à coups de klaxon, où on se double sans visibilité, où je ferme les yeux en priant pour que les soutènements résistent, encore une fois au moins, sous notre poids… Partout de lourds camions déposent leur cargaison de rocs et de pierres, qu’hommes et femmes charrient à la main ou avec de pathétiques paniers en osier. Les parpaings sont moulés sur place et le mélange de béton est fait à l’aide d’une pelle…La poussière est omniprésente, nous avançons à pas de fourmi. Interrogé, un ouvrier annonce qu’il y a encore pour un an de travaux, je crois qu’il se trompe d’un rapport de 1 à 10 ! La force de la Chine est là sous nos yeux : peu de moyens techniques, mais des bras en nombre….

    Nous passons nos premiers villages Miao. Nichées à flanc de montagne, les maisons sont tout en bois, plutôt grandes, le toit en fines tuiles noires, d’architecture harmonieuse. Elles rappellent, en plus grand, certains chalets de nos montagnes. Au rez-de-chaussée, les bêtes, au premier les hommes, en haut, le grenier. Et quelques appentis, souvent sur pilotis (pour éviter les rats), au toit en écorce d’arbre, pour stocker les récoltes. Au détour du sentier, un cabanon fermé d’un portillon, avec au sol deux planches parallèles donnant sur un trou de 3m : vertige s’abstenir… mais pour moi, rien qu’à l’odeur, l’envie est coupée net ! Dans les maisons, il y a l’électricité, permettant à une chiche ampoule d’éclairer faiblement la pièce, mais vu l’état des circuits, on se demande comment ça fonctionne. D’ailleurs notre guide annonce que beaucoup de villages brûlent… Seul signe de développement, les antennes paraboliques s’offrent généreusement à la vue, incongrues : la télé est dans tous les foyers et allumée matin et soir, on y suit avidement, quand les tâches ménagères le permettent, les « dramas » (séries télévisées) coréens doublés en chinois, qui ici aussi font recette...En revanche, si l’eau est omniprésente dans les villages (fleuve, sources,…), il faut aller la chercher pour la ramener dans les maisons…La lessive se fait à la main et au battoir. On voit sécher même les couches culottes… La pièce qui sert de cuisine ne contient qu’un âtre, dans le meilleur des cas surélevé, mais souvent à même le sol. Un immense wok noirci est la pièce maîtresse de la batterie de cuisine… Pas de meubles, si ce n’est quelques étagères ou placards de bois. Le sol est nettoyé à l’aide balais fabriqués manuellement avec de la paille de riz ou de sorgho. Et toujours ces sourires qui vous accueillent, parfois curieux, parfois méfiants, toujours généreux.

    Les villages Dong sont semblables à ceux des Miao, ils sont toutefois aisément reconnaissables, car à chaque village, il y a une tour du tambour, genre de pagode au nombre d’étages impairs, sous laquelle peut se rassembler la population. Il y a en principe, une tour par famille, mais souvent, famille et village sont assimilés… De surcroît, on trouve toujours chez les Dong un pont couvert, appelé Pont du Vent et de la Pluie, superbe ouvrage, destiné à abriter les villageois travaillant aux champs en cas d’intempérie…. Enfin, autre particularité, les jupes plissées indigo, pièce du costume des femmes Dong, qu’elles teignent elles-mêmes, sèchent sur des paniers en osier retournés, afin de conserver leur forme…

    Dans le premier village Miao où nous nous sommes arrêtés, une cérémonie avait été commandée par un groupe de 3 israéliens en visite, comme nous, que nous avons d’ailleurs retrouvés ça et là tout au long de notre périple…Tout le village avait mis son costume de fête et nous avons pu admirer les lourds colliers d’argent, les riches broderies, les coiffes aux longues cornes…

    Dans un autre village, à Paika, les garçons au crâne rasé gardent une touffe de cheveux sur la tête jusqu’à l’âge de 16 ans, date à laquelle le chef du village leur confectionne un chignon, lors d’une cérémonie d’intronisation, validant ainsi le passage à l’âge adulte et le droit de siéger au conseil du village pour prendre part aux décisions.

    Dans ce même village nous remarquons de grands espaliers en bois : il s’agit en fait de séchoirs pour le riz ou le sorgho, chaque famille possédant le sien et ayant un rayon par membre de la famille. J’en compte en moyenne 9, les aïeuls, les parents, les enfants…Lorsqu’un membre décède, son rayon est ôté du séchoir et sert à porter le corps. Les morts sont enterrés dans la montagne, selon les règles du fengshui (dos à la montagne, face à la vallée…). Nous avons vu de nombreuses tombes, mais beaucoup semblaient à l’abandon, à la merci d’une extension du village pour une nouvelle terre cultivable ou une nouvelle habitation.

    Certes pour le touriste, les gens font des efforts et revêtent le costume, organisent des spectacles, mais j’ai franchement eu l’impression qu’ils le font avec spontanéité et plaisir, les anciens adorent cela : chanter, danser, s’amuser, probablement leur seul luxe dans une vie de labeur…Je crois aussi que les jeunes perpétuent les traditions. Nous les rencontrons coiffés et parés des vêtements de leur tribu pour aller à l’école, même si aujourd’hui encore, certains font plusieurs kilomètres à pied tous les matins et marchent parfois pendant plusieurs heures pour aller étudier. Les usages pour se fréquenter, se marier, se coiffer, sont respectés… Mais la télé, le téléphone portable, les touristes, n’auront-ils pas bientôt raison des coutumes tribales et des chants et danses traditionnels ?

    Arrivée à Zhaoxing : le village est composé de 5 familles, donc 5 tours du Tambour et 5 ponts du Vent et de la Pluie. Tout autour, des rizières. On a une vague impression d’être à Venise, tant l’eau est omniprésente. Le village est en effervescence, on construit des hôtels de toutes parts : scie manuelle, serpette… Sur les portes des maisons, des feuilles sont punaisées. Notre guide traduit : nom, sexe et date de naissance des personnes habitant la maison, études, diplômes obtenus, quand et où… J’essaie mentalement d’imaginer la transposition de ce système en France !

    Départ pour Longji : nous sommes dans les montagnes, de plus en plus haut, de plus en plus vertigineux. D’ailleurs, la route s’arrête et pour atteindre le village il faut marcher 30 minutes par des sentiers entrecoupés de marches et recouverts d’ardoises. Des porteuses offrent leurs services pour amener les bagages à bon port. Celle qui prend le sac d’Alain est aussi haute que le sac lui-même, mais charge la hotte dans lequel elle l’a déposé d’un coup de reins habile et vigoureux. Elles vont papoter et rire tout le long de la montée, alors que nous peinons à reprendre notre souffle… En dépit des baraques à touristes qui offrent les mêmes articles tout le long du parcours, malgré les hôtels qui fleurissent, élargissant le village et détruisant des rizières, le village reste encore un peu authentique. Il règne un caractère de montagne et une ambiance de refuge dans notre hôtel. La vue de notre chambre, sur les terrasses inondées est grandiose. La balade que nous faisons au milieu des rizières, malgré la pluie intermittente, est inoubliable. Et pourtant, on se dit que dans 10 ans, il y aura sans doute un funiculaire ou des œufs pour relier le village à la vallée, que la rivière ne coulera plus claire comme aujourd’hui, charriant déjà des bouteilles et canettes vides et des sacs plastiques. Chaque médaille a son revers…

    En chemin nous croisons des femmes Yao Rouges, qui nous font démonstration de leur particularité. Jeunes filles, elles laissent pousser leurs cheveux jusqu’à leurs 16 ans, date à laquelle on les leur coupe court. Ce postiche est conservé précieusement, ainsi qu’un deuxième qu’elles confectionnent avec tous les cheveux qu’elles peuvent récupérer (brossage). Ces deux queues de cheval, longues de plusieurs mètres, viennent grossir leurs propres cheveux longs en une énorme torsade qu’elles enroulent savamment sur le dessus de la tête, puis qu’elles recouvrent d’un fichu, décoré ou non, selon qu’elles sont mariées ou non….

    Nous redescendons les montagnes, le vert tendre du riz qui lève alterne avec le vert plus foncé des théiers alignés en rangs serrés, et nous arrivons dans une grande plaine où s’alignent les orangers. La récolte, le tri, la mise en sacs, et la manutention, tout ici encore est manuel…Arrivée à Guilin : comme dans toutes les grandes villes, on marche encore et encore : les 4 lacs et leurs pagodes, promenade agréable. La rue piétonne et la clock tower, le parc de l’Eléphant, abritant une falaise de calcaire avec un arche : on a les mêmes à Etretat ! Le Prince Garden, ou ancien palais avec son étang et le pain de sucre surprenant au milieu…Après un dîner excellent, nous arpentons le marché de nuit où se presse une foule bruyante…

    Départ le lendemain matin pour la croisière qui va nous mener de Guilin à Yangshuo, en descendant la rivière Li. Spectacle magnifique et presque irréel de ces pains de sucre jaillissant de tous côtés, ceux du premier plan nets, les autres émergeant à peine de la brume, le tout ourlé des silhouettes graciles des bambous à queue de dragon….Soudain, les nombreuses peintures asiatiques que nous avions, il faut l’avouer, un peu ignorées jusqu’ici, prennent alors plus de sens…Ca et là, des cormorans attendent la nuit pour aller faire leur besogne et ramener leur 1 à 2 kg de poisson. La rivière attire son lot de chalands, qui viennent tenter leur chance auprès des touristes que nous sommes, en agrippant audacieusement leur frêle embarcation aux flancs de notre bateau. A Yangshuo, plus de doute possible, ici, nous sommes dans une ville touristique. Chinois et Occidentaux se côtoient pour le plaisir des vendeurs, restaurateurs, guides et hôteliers. L’Anglais redevient langue commune. Notre hôtel est en plein milieu de West Street, un peu à l’écart, une ancienne maison de maîtres, avec cour intérieure et belles boiseries.

    L’après midi, nous montons allègrement les 500 marches de la Montagne de la Lune, ainsi nommée car elle forme un arche surprenant, profitant ainsi d’un panorama exceptionnel, puis allons voir un arbre vieux de 2000 ans, à tel point que les branches les plus lourdes émettent une racine qui va devenir un vrai tronc destiné à les soutenir : la nature fait décidément bien les choses. 

    Le soir, nous assistons à un spectacle monté en 2004 par Zhang Yimou, le réalisateur, qui a aussi préparé l’ouverture des JO de Pékin. Spectacle époustouflant de sons et lumières, traitant des scènes simples de la vie quotidienne des gens, ces mêmes personnes que nous venons de croiser : vie au champ, vie sur le fleuve, ethnies minoritaires en costume et leurs chants polyphoniques,…et là encore des figurants (au total 600) qui donnent de la Chine toute la dimension de ce pays….

    Pour notre dernier jour, nous décidons de faire une ballade en vélo. Notre jeune guide est souriante et efficace. Elles nous emmène au milieu des rizières voir d’anciennes maisons, dont certaines sont à l’abandon : tristesse de ces villages fantômes, où des boiseries encore intactes semblent soutenir encore les pierres prêtes à tomber. Un couple nous fait visiter sa maison. Pièces grandioses, boiseries magnifiques. Les meubles sont chiches et simples, l’endroit est poussiéreux... Ils nous montrent dans l’arrière cour deux magnifiques coffres décorés et peints, dont ils sont visiblement très fiers : leurs cercueils sont prêts…

    Arrêt buffet au bord de l’eau : on pêche le poisson pour vous dans la rivière ! Le pont des Neuf Dragons est là, majestueux du haut de ses 600 ans, dont le reflet dans l’eau forme un rond parfait avec l’arche dodue…De multiples radeaux offrent la balade retour, mais nous reprendrons vaillamment nos vélos pour rejoindre l’hôtel.

    Fin du séjour… L’autoroute qui nous amène à l’aéroport est flambant neuve. Il n’y a personne. Il a fallu creuser la montagne pour suivre le tracé, mais je ne suis pas sûre que le béton coulé fraîchement sur les parois abruptes soit assez efficace pour empêcher les éboulis et glissements de terrain : un emplâtre sur une jambe de bois ! Mais bon, on est en Chine, alors….

    April 17

    April 09 Marche Andong

    Pour une fois, l’activité « marche en montagne » nous propose de pousser un peu plus loin que les alentours de Séoul.

    C’est à 7:30 du matin que nous nous donnons rendez-vous en ce dimanche de Pâques pour un départ vers Andong, à 280 km au sud est de Séoul. Première surprise, le petit bus jaune qui va transporter notre groupe de 17 filles, dont 3 coréennes, n’a pas de coffre : qu’à cela ne tienne, on s’empile au milieu des bagages. Un dernier petit bisou de la part des maris accompagnateurs (avec bien sûr B. qui fait semblant de se tromper de femme et embrasse V. au lieu de C. !!!) et on démarre dans les hurrahs et les sifflets. Des filles en goguette, ça fait un groupe bien excité !

    Arrêt technique au bout de deux heures sur une aire d’autoroute : certaines achètent des chaussettes de rando : nous voilà fin prêtes !

    Encore une heure de route, et nous nous arrêtons au temple de Buseoksa, où la petite grimpette et les hautes marches nous mettent doucement en jambes. Il fait beau et déjà bien chaud. Nous pique-niquons dans la descente, le long d’un sentier mi-ombre pour les Coréennes et mi-soleil pour les Françaises. Puis le bus nous dépose au départ de notre randonnée. Il est 14:30, et c’est plutôt l’heure de la sieste, mais bon, il faut y aller, car nous avons bien 4 heures de marche et n’avons aucune envie de nous laisser surprendre par la nuit. La première heure de montée est très agréable, mais arrivées au temple, nous avons déjà 3 abandons. Il reste environ 50 minutes de montée, que nous attaquons vaillamment, mais le style n’y est pas toujours, certains endroits escarpés nous font passer à 4 pattes, le sol est sec et glissant et nous agrippons rochers, racines ou branches pour nous hisser. A 10 minutes du sommet, encore 3 abandons. L’ultime grimpette est un escalier très vertical de hautes marches ajourées qui cassent les jambes. Prise de vertige, je dois renoncer : dommage, j’étais presque au faîte… La descente est lente et périlleuse. On se concentre. Finalement nous rejoignons le temple, où nous attendent nos compagnes autour d’un thé. Le soleil descend, et bien que harassées, nous décidons d’aller directement au restaurant, par crainte de ne pouvoir redémarrer si nous allons d’abord nous installer dans notre pension.

    Hyeon Sook a bien fait les choses : elle nous a réservé un petit resto galbi, où assises par terre, nous dégustons notre viande grillée au barbecue et accompagnée de délicieuses salades et autres petits plats... sans oublier la bière Cass bien fraîche, bien sûr !

    Repues, nous gagnons nos pénates de nuit et installons les ‘lits’ : une couverture dessous et une dessus. Heureusement, certaines d’entre nous avions prévu de quoi améliorer l’ordinaire: matelas gonflable, lit de camp, futon d’appoint…Finalement, on empile les épaisseurs et telles les princesses au petit pois, nous assurons une nuit à peu près confortable. Une douche réparatrice mais rapide et nous voilà prêtes pour la soirée. Assises en rond dans la petite salle attenante à notre chambrée, nous déballons les provisions prévues pour l’occasion : vin, gâteaux au chocolat, crêpes, flan, congolais, sablés aux amandes, et j’en passe. Diane nous sort des jeux qui déclenchent l’hilarité. La pendule au-dessus de nous affiche 9:05 depuis le 11 novembre 1984, si bien que finalement c’est à 23:00 qu’on décide de l’extinction des feux, même si dans les chambrées alentours on entend encore longtemps fuser les éclats de rire.

     

    6:20 le lendemain matin, douche rapide à la queue leu leu, un petit café (nous avons une bouilloire dans la chambre) et un morceau de brioche vendéenne ramenée par Nadine qui revient tout juste de France. Départ pour la petite promenade matinale, longeant la rivière. En même temps on découvre les alentours : de vieux bâtiments, certains ont 600 ans, rénovés. Nous sommes dans une ancienne ferme de nobles, avec plein de dépendances et même une petite école confucianiste. La patronne de notre gîte explique qu’elle est la descendante de 17 générations et qu’en tant que telle, elle se doit d’honorer ses ancêtres sur au moins 4 générations, si bien qu’elle a au minimum 13 cérémonies des ancêtres par an, et on sent la compassion de nos amies coréennes qui nous rapportent ce discours.

    Au bout d’une heure de marche, retour pour un petit déjeuner en règle (il reste des gâteaux, des viennoiseries,…), sauf pour 3 d’entre nous qui rejoignent les coréennes pour un petit-déjeuner local : poisson, algues, riz et autres…

    On boucle les sacs et c’est reparti, direction le temple de Bongjeongsa, avec ses vieux passages en bois, puis le village Hahoe. Le parking a été avancé et il faut maintenant prendre une navette pour atteindre l’entrée du village. Les chemins ont été recouverts de ciment, il y a un peu moins de poussière, les toits de chaume sont tous refaits à neuf, mais il y a toujours autant de bus d’écoliers bruyants…Et surtout, tous les petits restaurants qui faisaient face à la rivière ont disparu. On finit par en trouver un à l’entrée du village, il ne faudra pas faire les difficiles.

    15:00, départ pour Séoul que nous rejoignons à 18:30. Le retour a été calme, beaucoup ont rattrapé quelques heures de sommeil qui faisaient défaut….Et la descente du bus arrache des grimaces aux muscles endoloris…

    Qu’à cela ne tienne : l’expérience est concluante, en ce qui me concerne, je suis prête à retenter !

     

    March 04

    Mar 09 Busan

    Busan, seconde ville et premier port de Corée. Alain y est déjà allé des dizaines de fois, vu que l’usine est là-bas. Mais cette fois nous profitons d’un long week-end pour découvrir autre chose que l’aéroport-l’usine, et nous traversons la Corée, parcourant tranquillement les 380 km qui nous séparent de Séoul.

    Comme toutes les villes de Corée, à Busan les barres d’appartements émergent entre les montagnes. Toutefois, ça et là, on aperçoit quelques immeubles modernes à l’architecture plus audacieuse.

    Le front de mer est très découpé, mais bien aménagé. Notre hôtel est à Haeundae, les pieds dans l’eau (bien qu’il soit un peut trop tôt dans la saison pour vraiment en profiter !), et le soleil sur la mer illuminant notre chambre est un régal…

    En quelques heures, nous nous sommes repérés et notre mode de transport varie de la voiture, au taxi, au métro et au bus !

    Beomeosa est un vieux temple, situé, est-il nécessaire de le préciser, dans un cadre bien agréable. Juste à côté, la citadelle de Geumjeongsanseong attire des centaines de marcheurs que nous accompagnerons un bout de chemin. En jean et baskets, Alain me fait remarquer qu’on dépare, mais en fait, ce sont les Coréens qui sont suréquipés avec leurs sacs à dos, bâtons de marche, visières et gants, sur des sentiers qui sont de véritables ‘autoroutes’ pédestres !

    La balade le long de la côte de la baie de Songdo, toute en montée et descente de marches, avec traversée de deux ponts de singe, vaut le détour : tout du long, en ce dimanche, les familles s’installent sur les rochers et déballent, pour les plus patients, les cannes à pêches, pour les autres, réchaud et victuailles, dont les fumets remontent jusqu’à nous.

    Qu’à cela ne tienne, nous nous arrêterons de nouveau dans une gargotte, où d’un mot tout est dit : sashimi ! Et voilà qu’apparaissent sur la table, coquillages et crustacés, légumes et sauces variées, et notre sashimi, poisson inconnu qui, il y a encore 10 minutes, frétillait dans le vivier…Le concombre de mer n’a désormais plus de secrets, et le ‘zizi de la mer’ non plus : mangeables, mais bon, soyons francs, je n’en ferais pas mon plat principal !

    Le port est actif, du plus petit au plus gros bateau et le marché aux poissons, bien éclairé, a des allures de laboratoire…Aux alentours toutefois, de nombreuses échoppes en plein air sont plus traditionnelles…On se demande comment font tous ces vendeurs pour faire leur chiffre d’affaires…

    Au retour, petite halte à Tongdosa, troisième plus grand temple de Corée, dont les vieux bâtiments en bois bruts sont plus beaux que ceux peints…Les moines sont à la prière et leurs psalmodies accompagnées du tap tap de leur gong en bois est prenant… Malgré la température fraîche ce matin, nous profitons des premiers cerisiers en fleurs…

    Bref, une petite parenthèse fort réussie, que je suggère à Alain de recommencer dès que l’occasion se présentera !

    January 31

    Jan 09 Hong-Kong

    Hong Kong : après y être passés en transit à plusieurs reprises, cette fois nous quittons l’aéroport. L’achat du billet de train qui nous mène en centre ville ne pose aucun problème : on parle anglais, quel bonheur de pouvoir communiquer !

    L’hôtel avait annoncé une navette à partir de la gare, que nous attendons en vain 45 minutes. En désespoir de cause, nous sautons dans un taxi qui nous dépose à l’hôtel… où nous apprenons que nous ne sommes pas au bon endroit : il y a un homonyme ! Mais notre hôtel, le bon, est à 10 minutes en taxi, pas de problème, on recharge les bagages et… embouteillages monstres, nous mettons 40 minutes à couvrir la distance. On vérifiera plus tard, au gré de nos promenades, qu’on était bien à 10 minutes, et à pied de surcroît.

    Bien, nous voilà à bon port, au 30ème étage dans une chambre exiguë, certes, mais fonctionnelle et joliment décorée à la chinoise.

     

    Nous sommes samedi, il faut en profiter, car après ce sont les fêtes du Nouvel An, et les magasins ferment. Direction donc Stanley Market, au sud de l’ïle, recommandé par des copines bien intentionnées ! Malheureusement, dans le bus qui doit nous y emmener, le chauffeur nous jette en vociférant qu’on n’accepte que le prix exact du billet. A la question où peut on faire de la monnaie, il nous désigne l’étage du haut d’un geste vague et désabusé. Merci pour l’accueil ! En haut, la banque vient de fermer ses portes et à part de longues galeries couvertes pour accéder aux immeubles de bureaux on ne voit pas vraiment d’issue à notre problème. La tension monte. Finalement, on s’engouffre dans un taxi et pour une somme modique, certes 8 fois le prix du bus, on débarque à Stanley après avoir suivi une côte bien agréable avec des résidences alléchantes. Repulse Bay ne porte pas vraiment bien son nom !

    Stanley market n’est pas immense, mais on y trouve toutes ces chinoiseries qui font notre bonheur. On repart avec un jeu de mah-jong et quelques babioles. Et aussi de la monnaie qui nous permet de faire le trajet retour au deuxième étage d’un bus poussif dans les côtes…

     

    Les jours suivants sont consacrés à l’exploration à pied : rien de tel pour découvrir une ville. Hong-Kong a prévu à cet effet plusieurs circuits pédestres, assez bien fléchés, qui nous font parcourir Soho, ses boutiques d’antiquaires, ses bars, les magasins de médecine traditionnelle, et le plus grand escalator du monde, découvrir nichés entre deux buildings modernes, de petites églises, des bâtiments coloniaux, de petits temples, où se pressent les gens pour accrocher leurs vœux à des serpentins d’encens qui envoûtent le nez et brouillent la vue. La moindre ruelle est animée d’un marché animé, coloré et odorant. Nous traversons vers Kowloon grâce au ferry (passés nos premiers avatars, on devient maîtres dans l’art d’utiliser les transports en commun !). Ici les immeubles sont nettement plus dégradés. Nous allons au marché aux oiseaux, un endroit ravissant, et juste à côté remontons la rue du marché aux fleurs, envahi de monde en cette veille de fête. Nous suivons l’itinéraire dans une foule dense et bruyante, passons le quartier où on vend les poissons d’aquarium, visitons le marché de jade, le Temple Market, pour revenir prendre le ferry épuisés par cette longue marche et par ce bain de foule.

    Un petit foot massage semble bien indiqué, et c’est au 19éme étage d’un building proche de notre hôtel que nous allons découvrir l’endroit qui nous avait été recommandé. Confortablement installés dans de larges fauteuils avec de grands oreillers confortables, dans la pénombre, on se laisse aller aux mains des masseurs experts qui remontent jusqu’au genou…Et pour finir, dix minutes de massage de nuque et du haut du dos : quel bonheur…C’est tellement bon, que d’un commun accord on y repassera une fois avant notre départ !

    Le soir du Nouvel An, nous reprenons le ferry pour aller nous poster au détour d’un virage à un endroit stratégique pour prendre des photos de la parade. Nous ne sommes pas seuls, bien entendu et les Chinois sont particulièrement désagréables à jouer des coudes et à pousser pour gagner de la place. La parade démarre avec une demi-heure de retard, l’attente a été infernale, si bien que nous sommes un peu déçus par le spectacle : défilé de clubs sportifs ou de danse, un ou deux chars de promotion de voyages, rien de véritablement chinois et grandiose dans cette parade, que nous quitterons avant la fin pour attraper notre ferry sereinement.

     

    En dépit d’un temps couvert, nous partons pour Lantau, à l’assaut du Bouddha et du monastère PoLin, par un téléphérique vertigineux long de près de 6km. Toujours conseillés par notre amie, nous poussons vers le village de pêcheurs de Tai O, où le marché bat encore son plein et où nous sommes frappés par la précarité des baraquements : tout cela doit s’envoler au moindre typhon…Les gens sont habillés chichement et tous en tongs, malgré la température fraîche…Pourtant, la plupart des enfants arborent fièrement des tenues typiquement chinoises flambant neuves. Dans les ‘maisons’ on entend claquer les dominos du mah-jong et dans un petit troquet on assiste médusés à une partie acharnée, d’une rapidité étourdissante.

     

    Le dernier jour nous amène vers l’est de l’ïle, où les deux circuits pédestres de Wan Chai et Shau Kei Wan, nous font découvrir force petits temples bien cachés, rues marchandes, musées et autres curiosités. Nous reviendrons vers l’hôtel en haut d’un tramway coloré, constatant au passage que plus on va vers l’est, plus l’habitat est dégradé et sale. Par ailleurs, du côté de Central on remarquera tous les jours des centaines de Philippines, s’installant là sur des cartons, jouant au carte, ou bavardant… Elles n’ont pas d’endroit où se retrouver et occupent la rue. Même lorsque la ville a repris son activité après les fêtes, on en trouve encore, nombreuses, cherchant sans doute du travail…

     

    Ville de contrastes, Hong Kong reste une grande cité. Les buildings gagnent du terrain sur la mer, et à en juger par les galeries aux marques luxueuses, il y a des gens fortunés ici. Mais au creux des ruelles persiste une vie traditionnelle, où de vieux chinois courbés viennent faire leur marché quotidien, où des mères de famille viennent chercher l’affaire du jour, où des bonnes philippines viennent s’approvisionner. Gageons que les vapeurs d’encens qui s’élèvent des temples avec ferveur ces derniers jours sur la ville sauront préserver tradition et modernisme pour une année du Buffle prospère…

    January 14

    Noël 2008 Birmanie

    Birmanie… Après le voyage annulé l’année passée à la même époque, pour cause d’évènements politiques, cette fois nous y sommes.

    Départ le 24 décembre, 6 heures de vol jusque Bangkok, où les esprits apaisés ont dégagé l’aéroport (tant mieux), 4 heures d’attente au son des chants de Noël passés en boucle, puis encore une grosse heure de vol pour atteindre Yangon. Détour par l’agence organisatrice qui nous remet les derniers documents (et les devises), puis  check-in à l’hôtel, un beau vestige du colonialisme. Dîner de Noël obligatoire, il sera vite expédié : un buffet sur le gazon au bord de l’eau. Nuit courte, aux échos de la boîte de nuit adjacente.

    Le lendemain départ à 5h, il fait nuit, l’éclairage blafard et les routes désertes ne laissent pas à penser qu’on est dans l’ancienne capitale, puisque le gouvernement l’a déplacée récemment vers l’intérieur du pays, au nord…Malgré l’heure, un nombre impressionnant de gens marchent d’un pas hâtif : au début, j’ai cru qu’il s’agissait de sportifs, mais mon ingénuité fait vite face à la réalité : pour s’économiser un bus excessif (600 kyats –prononcer tchia-, soit mensuellement un budget de 12 $, alors que le salaire moyen d’un fonctionnaire avoisine les 30 $...), les gens marchent vers leur lieu de travail, ou bien s’empilent sur des camions à la sécurité précaire…

     

    Départ pour Bagan, le côté domestique de l’aéroport fait cette fois couleur locale (l’international est récent). Bagages, comme bagages à main, passent sous la même machine rayons X, les premiers manipulés par des porteurs, qui les récupèrent à la sortie de la machine pour les déposer sur un chariot qu’ils emmèneront sur le tarmac pour charger l’avion. Pas de panique, tout fonctionne ! Bien sûr pas de passerelle, on embarque à pied…

    Bagan : notre guide nous attend et s’occupe des formalités, accessoirement nous passons l’immigration dans la province (oui !) moyennant un droit d’entrée de 10 $ et nos passeports sont enregistrés. La voiture a connu des jours meilleurs et mon dos endolori me pose souci : il faut tenir !

    Check-in rapide à l’hôtel, puis départ dans la lumière dorée du matin, où nous découvrons des milliers de pagodes (selon les guides entre 2800 et 3200). Nous partons à l’assaut de Bulaithi : vertige s’abstenir, la montée sur un escalier extérieur, à même le flanc de la pagode, est raide et sans rampe ni garde-fous. Sur la ‘terrasse’, s’étend à nos pieds ce paysage fabuleux dans lequel nous allons évoluer pendant 2 jours. La plupart des pagodes datent du XI, XII siècle, certaines avec fresques, d’autres avec une architecture néo gothique, partout des bouddhas. On monte des escaliers étroits aux marches hautes et aux plafonds bas. Et à chaque fois on redécouvre ce paysage féerique. Deux couchers de soleil, où les touristes, mais aussi les locaux, se donnent rendez-vous nous marqueront de leur côté magique.

    Du haut d’une terrasse, nous remarquons un attroupement et des banderoles autour d’une pagode : il s’agit d’une cérémonie, organisée par un généreux donateur, orpailleur à Heho, qui veut immortaliser la restauration de ce monument. Il a fait venir les moines pour bénir le lieu. Ceux-ci, une trentaine, armés de leur bol, attendent à l’ombre qu’on les serve : c’est leur lot quotidien que d’aller mendier leur pitance. Il y a aussi une cinquantaine de personnes : famille, amis, habillés de neuf par le donateur. Notre guide nous emmène, fait les présentations : nous sommes accueillis presque comme de la famille, on nous fait visiter les lieux, on nous montre les offrandes, le repas préparé et stocké dans de petits sacs plastiques déposés dans de grands paniers, on nous présente fièrement les enfants qui parlent deux mots d’anglais, pour un peu on aurait pu rester.

    Au détour du chemin nous croisons des paysans en pleine récolte du millet : tout est réalisé à main nue, à la faucille, le fruit de la récolte transporté dans des paniers d’osier tressé posés sur la tête jusque dans un tombereau tiré par des bœufs…

    Un des monuments est une école monastique désaffectée : il règne en ces lieux une sérénité palpable : les moines ont dû être bien…A l’ombre d’une allée, sur un banc, notre guide nous initie à la méditation, puis de fil en aiguille se livre, à l’abri des oreilles indiscrètes, et commente les évènements de son pays. Il aimerait pouvoir voyager…On quitte le lieu tout remués…

    Arrêt au marché, et là c’est l’explosion des couleurs, des odeurs… Les femmes sont bariolées d’une poudre jaune, le tanakha, qu’elles confectionnent en pilant l’écorce d’un arbre sur un mortier et en mélangeant la poudre à de l’eau : elles s’en enduisent le visage, les bras. Les enfants sont badigeonnés aussi, certains hommes également : c’est une façon de se protéger du soleil, mais selon le dessin appliqué, cela devient leur coquetterie…Au marché, on a vraiment l’impression de faire connaissance avec la population, de voir les productions locales, de goûter leurs friandises : beignets de légumes aillés, riz gluant dans du bambou, gâteau de riz sucré…Le tout dans une bonne humeur non altérée par la densité de la foule….

    Pause à midi le long d’une rivière animée : les bancs de limon sont labourés à la charrue tirée par des bœufs : on va planter les oignons. Sur l’autre rive une femme lave son linge coloré accompagnée des cris et rires des enfants. Au loin dans la montagne, quelques dômes dorés jettent leurs feux incongrus.

    Passage dans une école monastique : 70 moines et novices sont là sous l’enseignement d’un vieux moine dont nous perturbons le déjeuner. Il nous invite à entrer et converse avec nous dans un anglais surprenant : il raconte avoir vécu un an en Angleterre. Depuis son retour, il s’attache à éduquer des moines dans le respect des traditions les plus strictes du theravada bouddhisme : le petit véhicule, basé sur la transmission des connaissances par le biais des disciples de Buddha. En fait de respect des règles, nous noterons malgré tout que la vaisselle se fait joyeusement dehors…On ne leur en voudra pas de briser la règle du silence !

    La visite se termine par la plus grande pagode : Ananda, XVème siècle, d’inspiration portugaise, aux quatre bouddhas gigantesques : majestueuse. Puis, un dernier coucher de soleil magique, au sommet d’une terrasse, on ne s’en lasse pas…

    Le soir, le guide nous emmène dans un restaurant où sont donnés les fameux spectacles de marionnettes. Accessoirement, nous y croisons les d’Arrentières : le circuit touristique des différentes agences est quasiment un standard, et surtout, les endroits pour touristes sont peu nombreux, normal que nos routes se croisent. Je suis surprise par les prix pratiqués : ils restent certes très peu chers pour notre échelle de valeur (entre 12 à 15 $ un repas pour deux), mais ramenés à ce standard de salaire moyen, nous devons constituer un scandale pour la population locale… Pourtant, de façon unanime, tous les gens rencontrés nous demandent de faire la publicité pour leur pays : le tourisme génère force de petits métiers, qui permettent de vivre…

    Quant au spectacle, nous en avions vu un la veille au soir au restaurant de l’hôtel, mais celui-ci est composé de marionnettes somptueuses, avec des attitudes presque humaines… et avec les sous-titres explicatifs donnés par notre guide, l’intrigue est tout de suite plus parlante !

     

    Le lendemain, départ pour Heho, via Mandalay. L’occasion de croiser Lénice et son conjoint…L’escale à Mandalay se fait… sur le tarmac, puis nous regagnons nos places dans l’ATR, bravant les turbulences jusqu’à Heho. Là encore, la guide nous aide pour les formalités et nous voilà partis dans une voiture d’âge canonique sur la route vers Nyaung Shwé. Enfin, route : il reste un peu de bitume autour des nids de poules, des accotements caillouteux et de la circulation, piétons, vélos, carrioles à bras et à bœuf, motos au chargement monstrueux penchant dangereusement…Le chauffeur use de son klaxon en permanence !

    Arrêt dans un des plus vieux monastères du pays, tout en bois : les novices scandent leurs versets, certains dissipés par notre venue. La chambre est une vaste pièce où tous dorment ensemble à même le sol sur de fines nattes repliées dans la journée.

    Puis nous embarquons sur une étroite pirogue à moteur, direction lac Inlé : 20 minutes sur un canal bordant des maisons sur pilotis en bambou tressé. Comme sur les klongs de Bangkok, nous pénétrons dans l’intimité des gens : toilette, vaisselle, lessive, dans une eau parfois douteuse…Nous croisons de nombreuses autres pirogues : parfois des touristes comme nous, ou alors beaucoup de gens entassés qui rejoignent leur lieu de travail à la ville, ou vont vendre leur production : les tomates sont réputées ici, mais aussi bon nombre d’autres denrées…A chaque fois, nous aurons un petit signe de la main et un sourire qui font chaud au cœur.

    Le canal s’élargit pour laisser place à la magie du lac. Les pêcheurs sont en équilibre sur leur frêle embarcation, défiant les lois de la gravité. Ils se déplacent à l’aide d’une rame unique qu’ils coincent sous leur bras et enroulent autour de la jambe pour lui donner un mouvement de godille vertigineux mais adroit. De tout petits ont déjà l’agilité requise…Puis ils jettent leur filet et frappent l’eau de leur rame pour attirer le poisson. Beaucoup de friture, de poisson chat, et autres espèces inconnues de nous …

    Une autre technique de pêche est celle ‘à l’entonnoir’ : un grand cône de bambou avec du filet autour que le pêcheur enfonce verticalement dans l’eau. Il y introduit alors un harpon qu’il agite en tout sens, puis hisse son filet pour dégager le poisson… Spectaculaire, et là aussi des trésors d’équilibre… On ne se lasse pas de les voir à l’œuvre, la lumière du lac, matin comme soir, rendant ces instants inoubliables.

    Inlé sera l’occasion de naviguer au sein d’une cité lacustre et de découvrir foultitude d’artisanats : le tissage des fibres de lotus en écharpes soyeuses, la préparation des cigares locaux (cheroots), les ombrelles en papier de mûrier, les chantiers navals d’où sortent les graciles pirogues, la teinture de la soie, les travail minutieux des orfèvres,…Sans oublier les curieux jardins flottants, que les habitants créent en empilant la vase récoltée du lac sur des algues, ce qui permet de cultiver toutes sortes de légumes sur un terrain fertile flottant de 15 m de long sur 2 m de large : haricots, choux-fleurs, tomates…

    Autre curiosité, le monastère des chats sauteurs, tirant son nom des félins qui cohabitent avec les moines et que ceux-ci ont dressés à sauter. La grande pagode, rutilante d’or, aux cinq bouddhas difformes tellement ils sont recouverts d’or, et en face les barges royales qui transportent ces reliques précieuses de village en village.

     

    Nous nous échappons un matin pour remonter jusqu’à notre embarcadère, où Wanna, notre guide nous attend pour un trek de deux jours. C’est l’hiver, les gens ont des parkas et sur le bateau nous supportons la polaire. Mais très vite, la marche se fait sous un soleil ardent. Heureusement que nous avons amené de l’eau. Cette balade facile soi–disant nous amènera quand même en 6 heures avec un dénivelé de plus de 900 m… que notre guide parcourra en tongs, sans verser une goutte de sueur ! On a l’air bien touristes avec nos Nike et nos T-shirts trempés…Notre balade nous fait découvrir un moine ermite vivant dans une grotte depuis 12 ans. Il s’est aménagé un lit à baldaquin pour se protéger des moustiques (nous sommes dans une région à risque de paludisme), avec quelques livres. Il parle anglais et nous offre du thé et des fruits, bienvenus pour cette petite halte. Puis on enchaîne sous un soleil de plomb. Je sors mon tanakha à moi, indice 50, que notre guide teste avec joie.

    A 1 h, pause repas, dans un village, au 1er étage d’une maison. Notre hôte est vieux et fier de nous accueillir. Il tire sur son cheroot, et nous présente sa belle-fille et sa fille et tous ses petits-enfants, dont 2 bébés. Les hommes sont au champ. Notre guide sort de son sac magique chou-fleur, légumes et entreprend de nous préparer une délicieuse soupe revigorante avec des pâtes… et des œufs qu’il a portés à la main tout le voyage de peur de les casser dans le sac à dos…. La maison est humble, mais propre. L’âtre est à même le sol, au feu de bois, un trépied accueille casserole ou bouilloire. Pas d’eau courante, ni d’électricité. On nous offre bananes et clémentines, du verger : elles ont un goût exquis, inoubliable, celui de la générosité… Je distribue des petits souvenirs qui font des heureuses…Nous nous quittons avec dans le regard la chaleur des yeux…

    Encore deux heures de marche, je n’en peux plus et dois m’arrêter plus souvent. Alain est content de faire des pauses aussi je crois. Plus on monte et plus on trouve des parcelles de forêt déboisées sur lesquelles poussent des céréales. Certaines ont fatalement subi un glissement de terrain lors de la saison des pluies…Finalement, on arrive au monastère où nous allons passer la nuit. Trois bâtiments délabrés, dont un en toit de tôle ondulée. Un appentis sert de cuisine : terre battue, âtre à même le sol. Un autre de toilettes. Pas d’eau, pas d’électricité. Ce sont les familles des deux villages alentours qui portent à tour de rôle leur repas aux 6 moines plus un novice qui occupent les lieux. Combien de temps vont-ils pouvoir tenir ici ? Tout part à l’abandon… Les bâtiments ont besoin d’entretien… Notre guide fait la vaisselle avant de s’en servir et ce n’est pas du luxe, vu la couleur de l’eau. Bah ! le thé est bouilli, et la soupe aussi ! Je suis mal à l’aise, car les moines prennent leur dernier repas à midi, puis jeûnent jusqu’au lendemain, nous ne pourrons donc partager notre pitance. D’ailleurs ils se font discrets tandis qu’on envahit leurs locaux. Wanna nous a préparé un repas génial, pris à la lueur des bougies, sous un ciel aux myriades d’étoiles comme on n’en voit plus chez nous… On nous aménage une petite pièce avec deux fenêtres sans vitres à côté du dortoir. Les nattes et couvertures qu’on nous donne sont tellement douteux que je sors mes paréos pour nous isoler ( ?) : nous dormirons tout habillés…

    Nuit pénible, froid, mais au petit matin la lumière exceptionnelle sur ce pan de montagne nous ravit…Wanna est encore aux fourneaux pour un petit-déjeuner costaud : pain perdu, œufs frits. Nous prenons congé de nos hôtes, laissés à leur destin, mais laissons notre maigre offrande, espérant améliorer ainsi un peu leur quotidien ? En retour, le moine nous donne du thé…Et c’est reparti, quatre heures de marches, dans des paysages superbes, bambous, cerisiers en fleurs, haies de poinsettias, champs de tabac,… Les enfants des villages nous font fête sur notre passage et arrivés dans le village de Wanna, chacun d’eux nous apporte une fleur avec un large sourire…

    La maison de Wanna est récente, il est marié depuis 4 ans et a un garçon de 16 mois. Celui-ci dort dans un hamac dans la pièce principale. A côté, la chambre à coucher réserve aux parents un peu d’intimité. La femme de Wanna s’affaire à la cuisine : au feu de bois aussi, mais celui-ci est surélevé : moins pénible…. Ils ont l’électricité. Une fois de plus nous nous régalons d’un super repas. Une fois de plus nous partageons nos petits cadeaux. Photos souvenirs, qu’on se promet de faire parvenir comme on pourra… Emotion de moments intimes partagés et de simplicité généreuse... Puis encore une heure de route, en observant au passage une exploitation de canne à sucre, avant de récupérer notre guide et notre bateau pour un retour à l’hôtel, où nous bénirons la douche bienfaitrice…Rencontre des Lauzol !

     

    Le lendemain, on prend un bras de rivière sinueux pour atteindre In Dein, un énorme sanctuaire au couloir infini, bordé d’échoppes de souvenirs… Nous débouchons sur un ‘mini Bagan’ en ruines, plusieurs centaines de pagode à l’abandon, certaines en réfection, mais on a l’impression qu’on met des emplâtres sur une jambe de bois : ce ne sera sûrement pas construit pour durer, même si les feuilles d’or semblent tenir le tout…

     

    Le lendemain matin, départ 6:30, nous assistons au lever du soleil sur l’eau fumeuse du lac, magique image, et refaisons une ultime fois, les yeux écarquillés, les 45 minutes qui nous mènent à l’embarcadère…Retour à Heho par la route toujours aussi animée et encombrée… Ce matin, de nombreux écoliers (chemise blanche impeccable et longyi vert), avec leur lunch box en métal, marchent ou circulent en vélo, à un ou deux sur le cycle…Envol pour Yangon…

     

    Nous sommes de retour dans la grande ville, il fait chaud. Notre nouvelle guide est adorable et efficace : le temps de faire notre check-in, elle a bouclé la journée supplémentaire qu’on lui a réservée.

    L’hôtel nous conseille de ne pas utiliser leur téléphone : les appels n’aboutissent pas forcément au numéro composé, ou si le correspondant ne répond pas, il y a malgré tout facturation…De même des générateurs permettent de réguler l’électricité : celle-ci est coupée régulièrement dans la journée. Notre guide nous dit que les gens sont informés des heures de coupure et s’organisent alors en conséquence. Cela pose problème pour les privilégiés qui ont des frigos…

    Pour l’heure, direction Scott Market, un immense bâtiment de l’époque anglaise, regroupant quelques 1000 boutiques. On sent que le touriste est attendu : bijoux, marionnettes, laques, etc…Après le déjeuner pris dans un restaurant non réservé aux touristes vu le nombre d’autochtones (et pour moins de moitié prix de ce qu’on a jusque-là payé pour nos déjeuners…), notre guide nous emmène visiter une verrerie. Le propriétaire, dans un anglais impeccable, nous explique qu’il a choisi cet endroit car les souffleurs de verre ont besoin d’ombre pour se remettre des chaleurs du four. Mais c’est précisément ce qui a causé sa perte lors du cyclone de mai : son entreprise est un enchevêtrement d’arbres et de verrerie cassée, pourtant il ne désespère pas, et compte fermement reprendre la production. On voit mal comment dans l’état actuel des choses….Les autres sites touchés par cette tempête sont interdits de visite…

    Nous partons sur les bords de la rivière qui finit en delta. De nombreuses embarcations, pour 200 kyats, jouent le rôle de taxi entre les deux rives. Un ferry finit de charger passagers et cargaison pour descendre la rivière. Hommes et bagages s’entassent pêle-mêle pour un voyage de 12 heures. L’occasion pour les dockers de gagner quelque argent en portant sur leurs épaules des sacs (riz, ciment,…) parfois de 50 kg…

    L’heure avance et nous pénétrons dans l’enceinte de Shwé Dagon, emblème de Yangon. Elle est majestueuse et au soleil couchant prend des reflets orange flamboyants : 50 t d’or, et de nombreuses boîtes à offrandes bien garnies en billets. L’opulence choque en contraste avec la pauvreté rencontrée. C’est là tout le paradoxe de la population, prête à tous les sacrifices pour s’acheter une vie future meilleure…

    Un petit détour par Chinatown : grouillant et animé, les trottoirs bondés d’étals ou de cantines improvisées : ça sent bon !

    Réveillon à l’hôtel (obligatoire), inoubliable : une garden party de 250 personnes, où nous ne connaissons personne ! Sur le thème de Casino Royale, nous avons quand même pris du bon temps au Black Jack ou au 421 !

     

    Ce matin, départ pour Bago, à 70 km de Yangon, il nous faudra deux heures pour l’atteindre par une autoroute à péage : les bornes sont bien là, mais le péage se fait à une personne assise dehors sur une chaise en formica et une table en bois ! Comme partout, la route est défoncée, encombrée de pickups chargés de grappes humaines, énormes camions, vélos, carrioles…

    Arrêt au cimetière militaire des soldats tombés pendant la deuxième guerre mondiale (27000), puis nous allons assister au repas des moines du plus grand monastère de la ville : ils sont là, 1000, à la queue leu leu, et au coup de gong ils défilent devant les bénévoles qui distribuent dans leur bol du riz et d’autres offrandes amenées pour l’occasion. Dans le réfectoire ont été amenés curry de poulet et soupe, préparés en cuisine, qu’ils dévorent en silence pendant qu’un moine fait les annonces à la communauté, notamment énonce les manquements aux règles…

    Puis nous visitons la grande pagode, plus haute que celle de Yangon, tout aussi sereine.

    Enfin dans un autre temple, nous assistons à une cérémonie chamanique, où des hommes maquillés et habillés en femme chantent, dansent, invoquant les esprits au son de la musique tonitruante des instruments traditionnels…

    Après un déjeuner rapide, nous visitons le palais royal. Il a été reconstruit en béton et est majestueux de grandeur et d’ors, mais vide de meubles…et d’âme…

    Détour pour voir un bouddha couché de 43 m, puis arrêt dans une fabrique de cheroots : le travail répétitif de ces femmes n’amène guère de sourires sur leur visage las…

    Passage au marché : il y règne beaucoup d’activité, mais on s’y sent moins à l’aise que dans ceux visités auparavant : est-ce l’odeur de la ville, la rencontre avec des gens plus tristes à l’aspect plus pauvre ?

    A la sortie de la ville, arrêt pour admirer quatre énormes bouddhas assis, puis visite d’une poterie, où tout est fait à la main : pas de tour électrique, quatre étapes pour faire du pot une urne ventrue, la cuisson s’exerce par du bois et de la paille entassés autour des pots recouverts de paille et de glaise, elle va durer 4 jours. Puis peinturlurées de rouge, les poteries seront acheminées en ville…

    Retour à l’hôtel où nous croisons les Biguet !

     

    Dernier jour : et on commence par un bouddha couché de 70 m, impressionnant…Tout autour des centaines de monastères, petits ou grands, pauvres ou riches. Nous pénétrons dans l’un d’eux et pouvons ainsi imaginer le quotidien de ces 40 moines, actuellement partis quémander leur nourriture.

    Un petit tour à pied en centre ville pour admirer les restes des bâtiments coloniaux, certains dans un état de décrépitude avancée, d’autres retapés pour un ministère ou un grand hôtel…Même l’hôtel de ville paraît rutilant, mais il vaut mieux ne pas regarder la façade arrière… Tout autour, sur le trottoir, plein de petits baraquements de fortune proposent sur des machines à écrire archaïques les services de frappe pour les papiers officiels : convocation d’AG, délégation de pouvoirs, actes authentifiés…

    Juste à côté, la pagode de Sulé, entourée de boutiques, comme autrefois nos églises.

    Non loin de là, nos pas nous mènent au quartier indien : animé, sale, les étals de viande ne donnent guère envie d’acheter, et pourtant il y a du monde et c’est ‘frais’ : on tue le poulet devant vous  !

    Dernier déjeuner dans un restaurant typique, où nous sommes seuls occidentaux : pour une somme modique, on choisit ses plats presque dans la cuisine, et on savoure encore cette cuisine birmane épicée et goûteuse.

    L’après midi nous emmène au National Village, un parc où est reconstitué l’habitat des différentes ethnies (135 en tout !) peuplant le pays. Certaines personnes ont revêtu l’habit traditionnel.

    Encore une pagode, puis une grotte, aménagée spécialement pour les congrès des moines. Aujourd’hui, pour l’occasion, elle est prête à accueillir 70 candidats passant l’examen pour le grade de moine supérieur, leur permettant de prendre en charge un monastère…

    Retour à l’hôtel, on boucle les bagages, puis aéroport. Notre guide nous accompagne jusqu’au bout et reste un bon bout de temps dehors derrière la vitre. Elle n’a jamais quitté son pays qu’elle a su si bien nous faire découvrir. Un pays fait d’images magnifiques et de gens au sourire qui fait chaud au cœur… Pour combien de temps encore pourrons-nous profiter de ce tourisme à image humaine ? Les businessmen sont déjà là, avec leurs pots de vin, prêts à tout dénaturer pour accueillir des bus entiers…Cela servira-t-il la cause de la population, qui a certes besoin de tourisme, mais pas à grande échelle…En ce qui nous concerne, nous sommes heureux d’avoir pu vivre ces moments forts et osons espérer qu’un peu de nos devises ira aux bonnes gens : ceux aux yeux généreux et au large sourire qui ont croisé notre route…

    October 23

    18-19 oct Yang Yang festival du saumon

    La côte Est, Sokcho, Naksan, vous connaissez ? Je vous en ai déjà parlé : nous y étions au mois de mars 2007…

     Eh ! bien, ce week-end nous y retournons, enfin, juste à côté, à Yang-Yang, où se célèbre le festival du saumon ce 18 et 19 octobre. Notre réputée Ida (*) y avait déjà fait un reportage pour la télé il y a quelques temps, l’an passé y était revenue en famille, et aujourd’hui veut nous faire partager cette expérience.

    Les saumons viennent de loin, parfois d’Alaska, certains ont parcouru plus de 15000 km par la mer, et ils reviennent frayer dans la rivière où ils sont nés. Yang-Yang est un lieu de passage pour remonter la rivière. Tous les ans, pendant deux jours, pour un droit d’inscription modique, et selon un quota sous stricte surveillance, les autorités organisent une pêche au saumon, à mains nues, à raison d’un saumon par personne.

    Nous sommes 7 familles, soit 20 personnes, en comptant Ida, son mari Changsu et leurs deux enfants.

    Les réservations ont été gérées par notre Gentille Organisatrice et son mari. Après 4h de route pour parcourir les 280 km qui nous séparent de Séoul, nous nous retrouvons dans le lobby de l’hôtel. Somme toute, nous n’avons pas trop mal roulé, sachant que les autoroutes sont limitées à 100 km/h et que d’ordinaire, quitter Séoul peut être un enfer (d’ailleurs l’an passé, nous avions mis 6 h pour le même trajet !).

    Sitôt installés, on optimise les 5 voitures pour n’en remplir plus que 3 et nous voilà partis, direction Sokcho pour un superbe restaurant tout de bois décoré, où nous attendent des tables bien garnies autour d’un délicieux barbecue coréen… Rapide tour de table pour recueillir les suffrages, et la suite de la soirée sera donc un bowling, que Changsu réserve hâtivement d’un coup de téléphone bien placé ! On reprend la route, un instant d’hésitation sur l’endroit exact, Changsu rappelle le bowling pour demander la direction. Qu’à cela ne tienne, l’établissement envoie un messager qui arrive en voiture pour nous piloter à bon port ! Nous échangeons rapidement les chaussures (Ida traduit les tailles européennes en tailles coréennes !), et nous voilà concentrés sur les strikes spares et… nuls ! Alain s’affaisse dans un fauteuil, terrassé par les soucis de la semaine. Laurence un peu trop enthousiaste part avec sa boule et se retrouve… par terre ! Quant aux plus petits, Yann les aide à lancer leur boule, qui cahin-caha va dégommer quelques quilles pour leur plus grande fierté !

    Bon, ce n’est pas tout, on va poursuivre la soirée au marché au poisson de Daepo, ouvert toute la nuit : là aussi, on connaît, mais parcourir les échoppes avec Ida est un évènement. Elle s’arrête acheter un bâton de feux d’artifices pour Théophile, quand le vendeur lui dit qu’elle ressemble à Ida Daussy. Mais c’est elle ! La rumeur se répand comme une traînée de poudre ; les gens, jeunes (ils la surnomment ‘oh la la’, phrase qu’elle répète souvent et qui amuse  ses fans !), vieux, hommes, femmes l’arrêtent pour prendre une photo, serrer la main… Ida se prête de fort bonne grâce, rompue à l’exercice, tandis que Changsu à 50 m de là observe, seul, et confie que ce n’est pas vraiment pour lui plaire, qu’il est habitué, mais qu’après tout, c’est le job d’Ida (et on sent quand même poindre sous le discours une petite fierté, qu’il se refuse sans doute à admettre…). Après avoir admiré les poissons des toutes sortes au milieu de ce petit bain de foule, nous rentrons à l’hôtel vers 1h du matin.

    Le lendemain matin, nous avons le temps de faire un petit tour sur la plage déserte avant de prendre les voitures pour nous rendre à l’endroit de pêche. Là, l’organisation coréenne ne manque pas de nous étonner encore. Guidage pour le parking. Enorme scène avec une sono tonitruante et des groupes en tout genre qui s’y produisent, du folklore au hard rock…. Plusieurs stands : pour prendre les billets, pour se changer, pour immortaliser le fruit de sa pêche (le poisson est enduit d’encre et imprimé sur une feuille…), pour faire préparer les bêtes, pour les emballer...Et bien sûr foultitude de petits stands où se restaurer… de saumon, ou autres soupe de nouilles, crêpes de légumes…

    Ida nous donne nos entrées : un autocollant à fixer sur nos T-shirts (nous faisons partie de l’équipe n°2, qui pêche à 11 heures), une paire de gants, et même des tickets repas ! M. le Maire de Yang-Yang vient féliciter notre vedette et lui fait cadeau de deux cartons remplis de poires coréennes : grosses comme des melons, elles sont ici très appréciées et leur jus entre dans la composition de bon nombre de marinades et sauces …Les caméras crépitent.

    Mais, ça y est, c’est l’heure : nous prenons la queue derrière la personne qui brandit notre inscription (équipe 2 de 11 heures) et qui nous mène à la queue leu leu au bassin de pêche. Là, la rivière est peu profonde, entourée de filets qui permettent de filtrer l’entrée des saumons. Au gong, tout le monde s’élance dans l’eau, un peu fraîche, mais on s’y fait très vite, tout excité de se voir assailli de bestioles qui glissent entre nos jambes. La tactique consiste à attendre près du filet, mais j’ai beau essayer, ils me filent entre les mains ! Certains n’hésitent pas à plonger sur leur proie ! Changsu brandit très vite une très belle prise ! Luc en a un aussi, mais beau joueur le remet à l’eau, il faut faire durer le plaisir et c’est trop facile ! Oui, mais il y a de moins en moins de bêtes et celles qui restent sont très agiles ! Il finit par en attraper un autre ! Alain en tient un, et un beau ! Nataly ramène fièrement sa prise, Christophe est bredouille. Sitôt attrapé, un organisateur vous tend un sac plastique dans lequel glisser la bête. Mais l’animal est vigoureux et s’agite désespérément : Laurence est effrayée. Le gong retentit de nouveau, c’est la fin… Mais il y a… ‘repêchage’ pour les malchanceux, surtout les plus jeunes : les organisateurs leur remettent une bête attrapée à l’épuisette….Ouf ! Eugène est content !

    Caméras et appareils photos profitent de la présence d’Ida pour faire des photos de notre pêche ! Puis nous nous dirigeons au stand de préparation : là, des adjumas expertes vident nos bêtes et les préparent en darnes ou en filets, enfin presque en filets, car l’arête centrale est encore là, dont nous aurons à nous occuper ce soir en rentrant à la maison. Le stand est un peu glauque avec tout ce sang et ces entrailles, mais nos bêtes lavées sont désormais bien emballées dans une caisse de polystyrène garnie de glace.

    Nous allons nous restaurer, les pavés de saumon sont panés ou grillés, dommage qu’on les décore d’une petite sauce mayo-ketchup qui n’ajoute rien… Mais c’est bon quand même, et puis les gâteaux apportés par Laurence finissent parfaitement le repas !

    Nous profitons de cette superbe journée pour pousser jusqu’au temple de Naksan, qu’Alain et moi revoyons avec plaisir, puis chacun remonte dans sa voiture, direction Séoul. Pour nous, ce sera 5h1/4 de patience pour rentrer. Nous apprendrons plus tard que certains ont mis 6h…Mais tant pis, nous sommes prêts à revivre l’an prochain cette expérience originale…En attendant, le congélateur est plein de saumon : avis aux amateurs !

     

     

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    (*) Extrait de ida-daussy.com…

    « Ida Daussy, une française originaire de Fécamp, en Normandie, demeure à ce jour la personnalité française la plus connue en Corée.
        Tout commence au début des années 90. La jeune Ida est alors étudiante en commerce international à l’université du Havre, et accepte un stage d’un mois qui lui est proposé à Busan, dans le sud-est de la péninsule coréenne. Lors du premier contact, elle tombera sous le charme du pays et de ses habitants, et décidera d’y retourner dès l’année suivante... pour un séjour qui durera plus de quatorze ans. Son destin bascule en effet lorsqu’elle rencontre Chang-Soo, cadre dans une grande entreprise coréenne, et qui deviendra son époux.
        Cette union mixte devient une curiosité d’autant plus attractive qu’Ida maîtrise désormais parfaitement la langue coréenne. Elle fait ainsi ses premières apparitions télévisées, invitée pour parler de son couple.
        Son charme et sa présence à l’antenne n’échappe ni au public, ni aux producteurs qui la sollicitent de plus en plus pour des projets qui se diversifient: sitcoms, talk-shows, jeux télévisés, téléachat, émissions culinaires, divertissements en tous genres. Proche des gens, pleine d’humour et engagée, notamment sur le droit des femmes, Ida fait sourire et touche les Coréens, qui l’ont définitivement adoptée. “Elle incarne la femme coréenne qui change”, souligne son agent Mme Ho. »

    September 17

    Gyeonju Chuseok 2008

    Chuseok, de nouveau. Me voilà à peine rentrée de France et nous prenons la route, direction Sud Est de la Corée, via Daegu (3ème ville de Corée) vers Gyeonju, berceau de Silla et haut lieu de la réunification des  Trois Royaumes dans les années 800…

    Un petit tour tout d’abord vers la grotte de Seokguram, où après une petite balade ombragée et quelques marches, nous attend une gigantesque statue de Buddha, datant du 8ème siècle. Nous redescendons vers le temple de Bulguksa, construit en 751, partiellement détruit par les Japonais en 1592 et restauré à partir de 1973. Des 80 bâtiments d’origine, il n’en reste aujourd’hui que 8, mais avec ses deux pagodes, et surtout ses deux escaliers/ponts en pierre, il est réputé.

    Nous descendons ensuite vers la côte, pour admirer la tombe marine du roi Munmu ayant voulu se faire enterrer sous l’eau. L’heure avancée apporte au site une lumière orangée du plus bel effet, contrastant avec l’écume blanche des vagues venant mourir avec force sur la plage.

    Retour à l’hôtel, où déception, Chuseok oblige, le restaurant coréen est fermé : on se contentera d’une salade César (qui n’en est pas une !) à la cafétéria, avec d’autres convives, occidentaux et coréens, comme compagnons d’infortune…

    Le lendemain, on attaque par le lac Bomun et ses grands hôtels, sans grand intérêt…suivi du Folk Craft Village : un ensemble d’adorables maisons traditionnelles, où logent et travaillent des artistes en tout genre, et où ils exposent leurs œuvres. Un maître potier nous fait une démonstration éblouissante de son art, utilisant des peaux d’anguille pour lisser son travail et finissant par quelques petites touches de décoration appliquées rapidement et habilement. Le four, long de plusieurs mètres, en pente, est chauffé au bois par le bas pendant 5 jours pour permettre une cuisson optimale…

    Nous allons ensuite au musée de Gyeonju. Plusieurs bâtiments se côtoient harmonieusement sur une esplanade, où trône une gigantesque cloche de bronze de 3m de haut, élégante, dont le timbre résonne paraît-il à 40km alentour…Dans les salles sont exposés les objets retirés des fouilles avoisinantes, certains d’une délicatesse et d’un ciselé tels, qu’ils laissent rêveurs sur les capacités et le raffinement de l’époque…

    Sur l’esplanade, adultes et enfants se rassemblent autour des jeux traditionnels de Chuseok : saut à la corde, jeter de bâtonnets dans un vase, lancer de plaquettes de bois (genre dés),…

    Puis nous poursuivons notre visite dans le parc des tumuli : agréable promenade ombragée autour des tombes royales, certaines doubles, abritant mari et femme ou père et fils. De la musique classique diffuse dans les haut-parleurs, faisant de l’endroit un havre de quiétude.

    Le déjeuner nous arrête dans un de ces ‘boui boui’ dont nous raffolons : le menu est affiché au mur, il nous faut un certain temps pour déchiffrer, mais pour une fois, c’est en toute connaissance de cause (et non au petit bonheur la chance) que nous commandons : soupe de tofu pimentée pour Alain et nouilles froides pour moi. Mes ‘naengmyon’ sont agrémentées de poire, curieux, mais délicieux !

    Puis nous repartons à la découverte d’autres tombes, notamment celle d’un général, artisan de la réunification…

    Le soir tombé, nous nous promenons dans Anapji : un ancien palais, dont il ne reste que quelques vestiges, et doté d’un lac jonché de fleurs de lotus. La maquette reconstituée sur la base des fouilles réalisées depuis 1975 laisse à penser ce qu’était autrefois ce désormais réputé jardin d’agrément… Dommage que les créateurs d’aujourd’hui aient cru bon de le doter de lumières un peu psychédéliques…I

    Le soir, un restaurant typiquement coréen nous offre son menu unique et nous ne sommes pas déçus : une 20aine de petits plats, pas tous à notre goût, certes (notamment les anchois crus, ou une feuille à la marinade bizarre…), mais somme toute, nous ressortons repus et satisfaits…

    Grandeur et décadence, l’histoire s’écrit ici aussi de cette façon, mais un temps, nous y avons cru : nous étions bien à Gyeonju et du temps de son apogée…

    June 22

    Fête de la musique Banpo 21 juin 2008

    Aujourd’hui 21 juin 2008, Fête du lycée et de la musique. Cette année, c’est une grande première, la mairie de Banpo a décidé de s’associer au lycée pour l’organisation.

    La fête commence par la fanfare, qui tambour battant et cors rutilants descend la rue de Banpo, suivie d’un attroupement qui grossit au fil des rues traversées. Direction le parc Montmartre (oui, oui !), bien connu des footballers et des mamans qui veulent s’aérer avec les jeunes.

    Là, on nous donne un programme (qui est en fait également un billet de tombola). Des T-shirts à l’effigie de la fête de la musique et des petits coussins sont distribués. Une gigantesque scène est installée. Les artistes se succèdent, beaucoup de formations émanant des universités de la ville. Nous sommes surpris de la qualité des intervenants : tous chantent en français, certains a capella, c’est étonnant ! Le soir, ce sont des artistes plus avertis qui se produisent, et là aussi le spectacle est garanti : B-Bop, hard rock, country… On en profite pour un petit rock (pas terrible sur la pelouse !), un petit madison, bref ambiance garantie ! Les nuages menaçants et le tonnerre n’ont même pas osé perturber cette magnifique journée…

     

    A propos du bain, encore, je ne m'en lasse pas...

    Aujourd’hui j’ai rendez-vous chez mon amie HaengShim, pour qu’elle me montre les modèles de couture qu’elle dessine et réalise. Elle est spécialiste dans le travail du tissu spécial pour le hanbok (ces robes traditionnelles), mais qu’elle modernise et détourne de leur destination première, avec goût, originalité et enthousiasme. A l’issue de notre entrevue, elle me demande ce que j’ai de prévu cet après-midi, et à vrai dire, pas grand-chose. Il fait chaud et lourd (on annonce une mousson prématurée ?). Elle me propose de m’emmener aux bains. Quelle bonne idée ! Nous voilà parties, c’est dans le quartier, à deux pas…Un endroit que j’avais déjà repéré un jour en déchiffrant l’enseigne : SAONA : Sauna (en coréen…), me promettant d’essayer… Eh ! bien nous y voilà !

    Pour 4500 Wons (environ 3 euros), on nous donne une clé de casier et une serviette. Nous laissons nos chaussures dans un petit casier à l’entrée et pénétrons dans le vestiaire protégé par des tentures. Là, des casiers plus grands habillent les murs, au-dessus desquels sont entassés foultitude de petits paniers en plastique (la plupart roses !), regroupant l’attirail de chacune : crèmes, shampoing, après shampoing, brosses à cheveux, brosses rondes pour le brushing, poudre d’argile (ou autre) pour les masques, gants de crin, lait pour le corps, brosse à dents, dentifrice, produits de maquillage… tout y est…Mon amie grimpe sur l’escabeau pour récupérer le sien. Si on a oublié quoique ce soit, un coin du vestiaire est réorganisé en stand de beauté et on vous vend tout ce dont vous pourriez avoir besoin…

    Nous nous déshabillons et on passe aux bains. Traduire une vaste salle, avec au fond 3 grands bacs d’environ chacun 8m² et 80cm de profondeur : un bain très chaud, un moyen et un froid avec jacuzzi intégré, que l’on déclenche par un minuteur. Sur la droite, au fond, un sauna : il y fait vraiment très chaud, on n’y restera que peu de temps, la chaleur ne m’étant pas forcément recommandée.

    On commence par une bonne douche, avec savon à l’appui. Certaines sont assises sur de petits tabourets, afin de faire une toilette intime en grand, armées d’une douche flexible située à environ 50 cm du sol. Une fois propres, nous pouvons entrer dans les bains, au choix… D’abord le chaud : un délice, le rouge monte aux joues, puis le froid pour resserrer les pores. Le jacuzzi est bienvenu : massage des mollets et des pieds…Le dos aussi, ça tombe bien, j’ai mal depuis quelques jours (je pense que je somatise le stress de Jimmy pour le bac et pour l’organisation de l’an prochain…). Je remarque que si j’ai laissé soigneusement ma serviette au sec dans le vestiaire, mon amie, elle,  a emmené la sienne et se la noue mouillée sur ses cheveux mouillés aussi : toutes les coréennes font cela…Bon tant pis, j’assume, elles verront bien que je suis étrangère, on ne peut pas sacrifier à toutes les coutumes ! Chacune est nue, mais à l’aise, les corps jeunes et sveltes, mûrs ou âgés et difformes, sont acceptés avec naturel. Une mère au ventre distendu est là avec ses 2 fillettes qu’elle savonne copieusement. Il n’y a pas de voyeurisme, tout est normal, presque rassurant, paisible.

    On m’appelle : c’est mon tour de gommage, qu’HaengShim a commandé pour chacune de nous. Complètement à droite de la grande salle, 3 tables recouvertes de plastique roses, autour desquelles s’affairent les adjumas masseuses en soutien-gorge et slip noir, les seules personnes habillées. Ma voilà sur le dos et ma gentille adjuma armée de 2 gants de crin verts s’affaire sur mon corps. Pas un cm² ne sera épargné. Devant, sur le côté, l’autre côté, le dos, je glisse sur la table mouillée comme une savonnette. Ma peau morte s’accumule sur le plastique rose : j’ai honte : c’est à moi tout ça ? Mais un coup d’œil sur les autres tables me rassure : là aussi on mue à forte dose ! Une bonne bassine d’eau chaude jetée sur le corps me sort de ma torpeur. On passe au visage. Il doit y avoir de l’huile de sésame dans ce qu’elle m’a passé. Petit massage furtif, puis une bonne serviette chaude, quelques points de pression (pommettes, menton et front, sur ce dernier elle assène deux coups de poing qui résonnent : sans doute pour me remettre les idées en place ?). Puis, je ne rêve pas, elle me verse du lait, du vrai (je lis sur l’emballage : premium : je le vaux bien, sans doute !!!). Opération suivante, lavage des cheveux : le massage du cuir chevelu est un bonheur. Puis j’ai droit à de l’huile sur tout le corps, avec un massage, un vrai, pas de ceux qui vous laissent des bleus ! Quelques coups de poing qui détendent (si, si, je vous assure, même pas mal !) et me voilà relâchée, au bout de 45 minutes. HaengShim me tend une cuvette avec une mixture brunâtre dedans et me dis de m’en enduire le corps : c’est de la pâte de haricot vert (j’aimerais bien savoir où on les trouve ceux-là, car c’est denrée inexistante ici !!!!) qu’elle a mélangée à un yaourt… Mon adorable adjuma prend pitié de mon air surpris et s’offre à m’étaler le mélange. En fait c’est un abrasif léger, qui laisse la peau toute douce…

    Retour aux vestiaires, séchage, habillage. Nous ressortons au soleil et à la chaleur, fatiguées de ces deux heures et demie passées à prendre soin de nous. C’est peut-être grâce à cela que nos amies coréennes ont des visages peu marqués. Si c’est là leur secret, je veux bien adhérer !

    En tout cas un grand merci à mon amie pour m’avoir fait partagé ce moment intime de délices…

    Aïe, aïe, aïe : panne télé !

    Aïe, aïe, aïe, notre télé fait des siennes !

    Il y avait bien une légère, très légère ligne verticale bleue sur notre écran géant. Mais cette fois, on a le son, et plus l’image. Et j’ai ma séance de cinéma après-demain : un DVD vite installé, et je teste avec mes télécommandes : une pour la télé, une pour le son, une pour le lecteur DVD et une pour les chaînes satellites…Symphonie à 4 mains ? Bon, pour le ciné, ça marche. Donc, a priori, ça ne viendrait pas de l’écran, mais bel et bien de la télé… Nous avons bien une notice, mais en coréen, ça n’aide pas…Alain et Jimmy, mes techniciens spécialistes, semblent perplexes sur le problème, ou peut-être peu intéressés, ou tout simplement préoccupés par d’autres priorités…

    Plus qu’une solution : appeler mes copines Michèle et Claire. Oui, on a le son, non, on n’a pas l’image… Bon, elles m’envoient le technicien, le jour même.

    Il vient, à l’heure dite, je lui montre le problème. Je mets en marche la télé (télécommande N°1), je mets en marche le son (télécommande N°2), je navigue sur les chaînes (télécommande N°3)… Immédiatement, son regard s’éclaire et il me montre un bouton sur une télécommande qui règle le problème illico : en fait, cette touche a du être enfoncée par inadvertance, si on rappuie dessus, notre problème est résolu…

    Le technicien est reparti, durée de l’intervention 8 minutes, en comptant le temps de se déchausser et de se rechausser… Il a été très chic : il n’a pas ri ! Inutile de vous dire que je me suis sentie bien nulle ce jour-là. Mais quand j’ai relaté la visite à Michèle et Claire, elles m’ont dit qu’il ne fallait pas que je m’en fasse, même chez les Coréens, il y a des interventions de ce genre : ouf ! l’honneur est sauf !

    May 17

    Mai 2008 : Mongolie, terre d'espaces

    Si vous rêvez de grands espaces et de nature, c’est bien en Mongolie qu’il faut aller…

     

    Arrivée à Oulan Bator, il fait nuit, mais on aperçoit le sommet des collines enneigé : il a neigé la veille. L’équipe de l’agence (chauffeur et guide) nous attend à la sortie et on s’engouffre dans le 4x4 pour rallier l’hôtel, à environ une dizaine de km de l’aéroport. Difficile d’avoir un aperçu de nuit, mais, passées les cheminées d’usine de la périphérie, les buildings, cafés, restaurants de la ville sont très éclairés, néons à l’appui. Notre hôtel a sûrement connu des jours meilleurs, c’est un des plus grands de la ville. Au 11ème étage, la peinture de notre chambre part en lambeaux, les sièges sont vacillants et j’incite Alain à ne pas aller sur la terrasse zébrée de fissures ! Il fait une chaleur insupportable, on ne peut pas régler les radiateurs, alors tant pis, on dormira la fenêtre ouverte !

    Le lendemain matin, après un solide petit déjeuner, nous retrouvons Anya, l’organisatrice de notre voyage, qui nous emmène par un soleil radieux à la découverte de la ville : le héros rouge (Oulan Bator !), l’assemblée et sa colossale statue de Genghis Khan, proportionnelle à la gloire du conquérant. C’est samedi, la ville vit au ralenti, mais la grand place s’anime soudain d’une parade, fanfare à l’appui, à l’honneur des jumeaux ! Le musée n’ouvrant que dans une demi-heure, nous patientons dans un café… tenu par un Français ! Puis Anya nous commente une à une les nombreuses salles du musée d’histoire naturelle : c’est notre premier contact avec ce pays, grand comme 3 fois la France, avec 2 millions d’habitants, dont 1 dans la capitale, avec des forêts et des lacs, des montagnes et du désert, des minerais, des carcasses de dinosaures, une vie sauvage…Après un déjeuner rapide dans une taverne du coin (mouton ou bœuf : ici c’est à profusion et les portions sont conséquentes !), on charge les bagages et nous voilà partis.

    Sortis de la ville avec ses bâtiments carrés et imposants de l’époque russe, décrépis ou retapés, et ses buildings de verre à l’architecture moderne, souvent en construction, les faubourgs se composent de rectangles de terre aride ou de cailloux, entourés de palissades de bois, à l’intérieur desquelles s’isolent une maison en bois (pour l’été : plus fraîche) et une yourte, ou plutôt ger, car ici le mot russe de yourte est parfois mal accepté…Le terrain est gratuit, sous réserve de se faire enregistrer. Afin d’attaquer le voyage sous les meilleurs auspices, nous faisons tous 3 fois le tour d’un ovoo (prononcer owo), petit tertre de cailloux ou de morceaux de bois entassés en forme de pyramide, entouré de tissu bleu (couleur du respect, que l’on retrouvera partout dans les temples bouddhistes), dont la position est déterminée par un shaman, et qui est censé protéger les voyageurs.

    La route s’arrête bientôt pour faire place à la piste. En fait, un projet colossal prévoit de construire la route du Millénium, 6000 km, et le chantier est précisément ‘en route’…Le regard se perd au loin et sur les côtés ; à l’horizon, les chaînes de montagnes présentent leurs sommets enneigés et leurs combes à l’ombre sont encore striées de blanc…La terre est sèche et dure, ça et là, quelques flaques d’eau attirent le bétail en liberté sur ces terres arides : vaches, chevaux, chèvres ou moutons. C’est le printemps et beaucoup de petits cavalent près de leur mère. Parfois, un cavalier rassemble ses bêtes pour éviter qu’elles ne s’éparpillent ou traversent la route inopinément. Nous croisons des grues sauvages. Et aussi des vautours, affairés sur une carcasse : une bête, trop faible ou trop vieille, succombant à la loi de la nature… Partout nous verrons des ossements disséminés ainsi dans la steppe, preuve de la rudesse du pays…De lourds camions circulent aussi sur la piste. Notre guide nous indique de grands poteaux jaunes : c’est le symbole du départ de la course de chevaux de 20 km (parfois 15 ou 30), qui rassemble tant de monde les 11 et 12 juillet : le Naadam. A l’origine, ces joutes devaient permettre la sélection des meilleurs hommes du pays pour les enrôler dans les troupes : lutte, tir à l’arc et course à cheval étaient les 3 épreuves. Aujourd’hui, le folklore perdure et donne lieu à des réjouissances, les cavaliers étant certains âgés de 5ans !

    Nous arrivons en fin d’après-midi à la réserve Nationale de Hustai, 50 000 ha. Ici, on a réintroduit en 1993 la race presque éteinte des takhi (prononcer tash), les chevaux sauvages de Mongolie, au pelage sable si caractéristique. Aujourd’hui, près de 20 hordes différentes regroupent plus de 200 têtes. Livrés à eux-mêmes, ils sont merveilleux à observer. L’œil averti de notre chauffeur nous indique au loin un troupeau de rennes…

    Le soir, nous couchons au camp de la réserve, première nuit sous la ger. Le principe est simple : un rond central affublé de deux poteaux parallèles, duquel partent une soixantaine (selon la taille) de rayons de bois, qui reposent sur les croisillons d’une palissade dressée verticalement en rond sur le sol. Une fois ce dispositif arrimé, on le recouvre de plusieurs couches de toile, puis couverture, puis encore toile, lestées par de lourdes pierres. Un poêle carré, dont le tuyau passe par le trou central est la source de chaleur et sert à la cuisine. Allumé au bois, il chauffe très vite (et trop fort !), et ne tient pas très longtemps la charge, tant le bois est sec, mais même éteint, sous la couette il ne fait pas froid. Les nomades entretiennent le feu avec de la bouse séchée : combustible lent, économique (et non, ça ne sent pas !). Dans les camps de gers, le room service est en fait l’allumage du feu le matin : un luxe appréciable pour se sortir du lit sans frissonner !

    On reprend la piste : toujours ces étendues de plaines bordées au loin de montagnes, et malgré l’immensité et la sensation de petitesse et d’isolement, on n’est jamais seul : toujours au loin une ger, ou un troupeau : la vie est bien là…Cà et là, le vent rassemble le sable en un tourbillon qui bientôt s’élève en tornade.

    Nous arrivons à Karakorum, 50 000 habitants, ancienne capitale de la Mongolie. Un projet voudrait que le gouvernement vienne s’y réinstaller d’ici 2020…Nous visitons le plus important monastère de Mongolie : Erdene Zuu. Ici aussi il est délimité par un quadrilatère, mais de murs, surmontés de 128 stupas (édifices en forme de cloches). Comme tous les monastères du pays, celui-ci aussi a souffert des barbaries staliniennes, interdisant la religion dans les années 1937-1939, et rasant tout ce qui pouvait l’être. Ici, ce sont des reliques (tableaux, représentations, statues…) datant du 17ème siècle qui, cachés dans les montagnes, ont pu être sauvées des désastres, ainsi que quelques bâtiments. Partout dans le pays, depuis l’instauration de la démocratie en 1990, des efforts colossaux sont déployés pour reconstruire ou restaurer ce qui peut l’être.

    Le lendemain, nous rendons visite à un artiste qui a monté dans sa cour deux tipis en bois : l’un sert de galerie d’exposition (peintures, tissages, sculptures, réalisés par toute la famille !), l’autre de chambre d’hôtes. Sa voiture semble avoir des problèmes de démarrage, que nos 4 hommes analysent et résolvent rapidement ! Puis, départ pour la vallée de l’Orkon : la présence de l’eau, même si à cette époque de l’année il y en a peu, donne un aspect plus vert au paysage et à certains moments on voit même quelques arbres sur les rives. Notre chauffeur habile gère les passages à gué et les endroits escarpés. Nous croisons nos premiers troupeaux de yacks, à la houppelande caractéristique. Après une courte balade pour aller voir de plus près une cascade sans eau (c’est la saison sèche !), nous plantons les tentes à 1600m d’altitude, au bord de la rivière encore gelée par endroits. Les rapaces tournent au-dessus de nos têtes, alors que des troupeaux de chèvres s’accrochent au flanc de la montagne d’en face. Notre guide installe la ‘cuisine’ (2 réchauds, type coréens !) à l’arrière du 4x4 et entreprend de nous préparer un délicieux plat typiquement mongolien : bœuf en lamelles, oignons, carottes, chou et frites, le tout mijoté tranquillement, alors que le froid descend… Les fumets attirent deux cavaliers, père et fils : nous leur offrons quelques gâteaux et autres friandises. La nuit sous la tente est agitée : froid et vent. La tente de nos accompagnateurs plie si fort sous les bourrasques que la toile leur cingle le visage ! Mais les piquets tiennent bon ! Pour le petit-déjeuner, nous aurons droit en sus à un genre de crêpes, que nous dégusterons, emmitouflés dans les anoraks et même les couvertures !

    Nous plions bagages, en route pour le monastère Tuvkun. Quelques flocons voltigent. Le 4x4 s’engouffre dans la forêt et amorce l’ascension. En plus de grimper, il faut éviter les arbres, les pierres et les trous de la piste, véritables tranchées, laissés là par des engins de chantier insensibles venus chercher du bois. On aurait presque plus vite fait à pied, mais notre chauffeur mérite bien son surnom de Passe Partout ! Arrivés au monastère, ce n’est plus du lichen qui s’accroche aux branches, mais des ribambelles de carrés de tissu vert (symbole de longévité) ou bleu (respect), offrandes bouddhistes, et guirlandes animées par le vent…Trois moines redescendent de la montagne pour aller probablement se mettre au chaud. Nous grimpons par le sentier des chèvres, tandis que notre chauffeur intrépide emprunte la voie plus rude, celle réservée aux Mongols,  à flanc de montagne avec une corde ! D’en haut, la vue est infinie…

    Nous réintégrons le véhicule : la descente est aussi acrobatique que la montée et après quelques heures de piste, nous nous arrêtons devant une ger. Notre guide demande l’entrée en criant ‘Tenez votre chien’ en mongol ; la porte de la ger, toujours située au Sud, s’ouvre et après avoir expliqué sans doute que nous sommes des touristes curieux, nous pénétrons dans cette yourte à la chaleur douce, éclairée partiellement d’une belle lumière pénétrant par le toit rond. Il n’y a pas d’électricité et l’eau vient d’une source à côté, qu’il faut aller puiser régulièrement.  A droite, le ‘quartier’ des femmes : une jeune s’affaire à laver la vaisselle dans une grande bassine en métal avec un fond d’eau de couleur douteuse, tandis qu’installée sur le lit, où dorment deux petits enfants de 2 et 4 ans, sa mère fabrique un deel : grand manteau aux manches très longues servant de gants ou manchons, que les mongols portent ceinturé de cuir ouvragé ou d’écharpe aux couleurs vives. Elle arrête ses ourlets à la flamme d’une bougie et coupe les fils à l’aide de grands ciseaux. Côté gauche, le quartier des hommes et des invités, où nous nous entassons. Au fond, sous l’autel dédié aux aieux et remplis d’offrandes, deux coffres usagés, d’où la vieille femme sort des bols qu’elle remplit de thé au lait légèrement salé, qu’elle nous offre en signe de bienvenue. Il faut recevoir cette offrande de la main droite et boire trois fois. De petits gâteaux à base d’eau, de farine et de graisse devraient aider à faire passer… Ils ont 5 enfants, la plus jeune est venue de la ville avec son mari (il a l’air d’un adolescent) et ses deux enfants pour aider ses parents. Les autres enfants sont aussi à la ville. Le vieux couple a environ 200 têtes de bétail, dont 20 chevaux. Le vieux monsieur allume sa pipe et est tout fier : ses petites-filles montent déjà à cheval, la plus jeune avant même presque de savoir marcher ! Ils nous proposent à manger, ce que nous déclinons poliment. Avant de nous éclipser, nous leur laissons nos maigres offrandes : des fruits secs, du savon, des bonbons, puis nous allons voir la ‘nursery’ où s’entassent les nouveaux-nés du printemps : agneaux, chevreaux et veaux…Nous reprenons la piste, tout remués par cette rencontre, pauvre, simple, fière et généreuse…

    Après un pique-nique hâtif, nous rejoignons Karakorum, où nous faisons un petit tour au marché : des containers servent d’échoppes et au soleil déclinant, des joueurs bruyants s’exercent au snooker (billard américain), tandis que d’âpres négociations ont lieu autour des pièces détachées…Le marché à la viande rebuterait sûrement certaines âmes sensibles, mais la viande est bien rouge et tout à l’air frais…D’ailleurs, les approvisionnements se font à même les coffres de voiture, tête, panse et abats de l’animal d’une part, carcasse d’autre part….La peau ira grossir un autre stand…

    Ce soir-là au campement, deux artistes se produisent pour une somme modique : chants typiques mongols. On ne comprend rien aux paroles des ballades, mais on sent bien dans les rythmes, les galops des chevaux, la beauté de la steppe et l’isolement du berger… Un instrument particulier que ce morin khuur, ou mini violoncelle carré, à manche en forme de tête de cheval, et aux deux cordes et archet faits de crins de chevaux….Et encore plus inouï, ce chanteur aux sons gutturaux, qui couvre des plus graves aux plus aigus, un registre absolument particulier, et des sonorités qui se transmettent de père en fils, sans doute le soir à la veillée…

    Après la représentation, la patronne de l’établissement nous emmène dans une pièce, où deux moinesses psalmodient les sutras, dans une ambiance de bougie et d’encens, avec une table chargée d’offrandes. Nous sommes invités à participer à la cérémonie, qui doit porter chance à l’ouverture ce jour de la partie hôtel, mais la piste a raison de nous et nous partons nous coucher. Notre guide, entre autres, va rester arroser l’évènement …

    Le lendemain matin, direction les dunes de sable d’Elsen Tasarkhai, histoire d’avoir une idée de ce que pourrait être le Gobi, trop éloigné…Nous nous arrêtons dans une autre ger. Là, ce sont 3 familles qui vivent côte à côte, totalisant 1000 têtes et plus de cheptel. Le monsieur vivait en ville jusqu’à l’avènement de la démocratie en 1990. Pendant 3 ans, le peuple a terriblement souffert de famine (certains témoignent n’avoir eu que des tartines de pain et de sucre à tremper dans de l’eau… ), avec des tickets de rationnement, les Russes ayant tout emporté en quittant le pays. Il a donc décidé de se mettre éleveur. Des panneaux solaires placés devant la ger emmagasinent l’énergie, stockée dans une série de batteries. Il y a donc l’électricité dans la ger…Une télé noir et blanc, acquise il y a 3 ans, révolutionne la vie des femmes, notamment avec les séries mongoles, russes et… coréennes ! En revanche, il faut là aussi, aller puiser l’eau à la source. Des brosses à dents et des portables sont rangés entre les rayons de la ger et la toile qui les recouvre… Des photos du Dalaï Lama, mais aussi de la famille sont exposées auprès de l’autel familial, où sont disposées des bougies et des offrandes. On nous explique que les 3 familles ont 9 enfants de 6 à 9 ans, pensionnaires en ville pour aller à l’école. Ils ne reviennent qu’aux vacances. Nous laissons encore nos piteuses offrandes : des bonbons, des fruits secs, des cahiers, et des stylos pour les enfants… Ces derniers jours, ils ont peigné les moutons et les chèvres et récolté 3 grands sacs de laine, qu’une des femmes, parée d’un deel bleu et fichu rouge, va aller vendre à la ville proche de 20 km. Notre hôte sourit peu, mais il sort et revient avec une bouteille de vodka : nous venons de boire un thé, mais nous ne pouvons nous soustraire ! Notre guide nous explique qu’on peut ne tremper que les lèvres et rendre le verre à notre hôte, qui se charge de le remplir à nouveau pour le suivant. Mais nous semblons y prendre goût n’est-ce pas ? Ici encore, on nous offre le repas, que nous déclinons. A leur demande, nous promettons de leur envoyer les photos, mais il faut dire qu’à l’inverse de notre première famille visitée, sur aucun des clichés, nous n’aurons un sourire, sans doute là le témoignage de la dure vie qu’ils mènent…

    De nouveau la piste, dans les dunes cette fois. Les chameaux rencontrés perdent leur pelage d‘hiver. Du sable partout rend le pique-nique croustillant ! Scarabées et lézards paressent au soleil. Par ce vent et ce sable, l’idée de coucher ce soir sous la tente ne nous séduit pas beaucoup. Un premier village de gers pourtant nous amène une réponse négative : ils ne sont pas encore ouverts pour la saison : aïe !

    Nous arrivons au monastère Uvgun. La gardienne nous emmène par un petit sentier escarpé à flanc de colline et nous fait partager ses trésors. Là aussi des ruines témoignent du barbarisme stalinien. Le temple qui a été reconstruit est clair, deux fenêtres laissant pénétrer abondamment le soleil. En redescendant, notre guide nous informe que la gardienne peut nous héberger : elle a 2 gers, une pour nos accompagnateurs et une pour nous : fantastique ! Nous découvrons nos pénates soulagés ! Du coup, cela nous donne des ailes pour partir à l’assaut de la montagne, dont nous atteignons le sommet une heure plus tard, fiers et décoiffés : il fait un vent extrême ! Retour en bas, où, cordialement invités dans la ger de nos accompagnateurs, nous essayons de participer à la préparation du repas (frites, riz et saucisses), arrosé de bière et vodka, achetés en prévision le matin même avant de partir ! La nuit est bonne, et nous sommes réveillés à 6:30 par notre gardienne de temple qui vient nous allumer notre feu : quel bonheur !

    Avant de partir, nous allons la voir pour lui laisser nos excédents de café, savon,… Toute affaire cessante, elle nous emmène dans sa ger et nous installe, nous offre le lait chaud de ses chèvres et brebis que nous l’avons vue traire ce matin, accompagné des mêmes petits gâteaux déjà goûtés auparavant.

    Et nous voilà repartis, cette fois pour la capitale. La route est longue, personne ne parle, on savoure ces derniers paysages, on se remémore déjà toutes les émotions… Soudain, notre chauffeur ralentit : deux gazelles s’échappent sous nos yeux d’un saut gracile…Il neigeote, mais arrivés à Oulan Bator, il fait meilleur. La douche de l’hôtel est un vrai soulagement !

    Le soir, nous assistons à un excellent spectacle d’arts traditionnels mongols : danse, chants, musique, contorsionnistes graciles…Puis repas typiquement mongol (pour moi cassolette de foie, oignons et pommes de terre : un régal) et retour à l’hôtel, non sans un dernier verre au bar. Celui-ci est animé par les hommes, beaucoup d’étrangers, Australiens et Canadiens, qui travaillent sur les chantiers de mines voisins, visage buriné et panse ventrue : alcool et bière ! Pour nous, ce sera vodka : 100 ml d’un breuvage, que nous commençons à véritablement apprécier !

    Le lendemain, visite du temple Choijin et sa statue de 26.5 m, recouverte d’or. Dans les temples voisins, nous assistons à ‘l’école des jeunes moines’. Dans un des pavillons, un prêtre bénit l’assistance. Fortuitement, nous pouvons même nous glisser dans la bibliothèque, d’ordinaire fermée, pour admirer les innombrables tablettes d’une valeur inestimable stockées là…Nous faisons une courte visite à l’hôpital coréen-mongol, ouvert il y a 3 mois, et qui reçoit Philippe pour une inflammation des sinus qui lui gonfle la joue et mérite attention sans attendre. Puis découverte du marché noir : une réplique de notre Namdaemun coréen, mais plus exposé aux aléa climatiques (nous avons de la chance, il fait beau), et aux allées plus larges et plus organisées. Les bottes, les ceintures, les soieries, le matériel pour ger, l’équipement des chevaux, les antiquités, l’habillement, les deels, les vestes de cuir,… nos accompagnateurs nous montrent tout et sont d’une patience exemplaire ….Après un déjeuner ukrainien, animé par les défilés russes du 9 mai (équivalent de notre 8 mai) à la télé, nous allons à l’usine de cashmere : on n’y croit pas : il y a nos tailles ! Nous finissons par un rapide tour au Department Store et nous rentrons boire un dernier verre à l’hôtel, avant de rejoindre Anya au restaurant, qui propose un barbecue mongol : on choisit dans un bol tous les ingrédients désirés (viande de bœuf, porc, mouton, poulet, cheval, différents légumes, épices, sauces) que l’on remet ensuite aux cuisiniers, qui déposent le tout sur une large plaque chauffante et vous redonnent une assiette garnie de votre mixture. Mieux vaut suivre l’affaire, car les échanges doivent être fréquents. En ce qui me concerne, je me suis régalée !

    Derniers adieux, en route pour l’aéroport. Finis les grands espaces, la piste, les animaux sauvages, mais la tête est pleine des vents balayant les steppes et des rivières serpentant dans les vallées…

    May 11

    1er Mai 2008 : Fête des 20 ans de Seocho

    1er Mai 2008 : les 20 ans de Seocho

     

    Fête de quartier aujourd’hui. Et je devrais dire fête de quartiers, au pluriel, car ce sont tous les quartiers de l’arrondissement de Seocho, qui se retrouvent aujourd’hui sur l’esplanade des terrains de sport pour célébrer l’évènement.

    Bien entendu, nous assistons à une organisation à la coréenne. Chaque quartier a sa tente et se voit doter de T-shirt, casquette et jogging à sa propre couleur : nous, c’est rose et jogging noir et blanc. Là-bas, ce sont les verts, il y a les oranges, etc…

    Le matin, c’est fanfares et défilé coloré de hanboks, où même certaines françaises participent. Puis les joutes commencent : sauter à la corde avec groupe de 20 personnes, bras de fer, concours de déguisement, relais 4 personnes, tir à la corde, parcours en groupe (une ligne de 10 personnes) avec les chevilles attachées les unes aux autres. Et puis concours d’animation : chaque stand rivalise de sono puissante, karaoké et d’animateurs tonitruants. Ici on frappe de longs ballons en rythme, là ce sont des filles court vêtues qui donnent le tempo.

    Chez nous, Banpo-4-dong (prononcer Banpo Sa Dong : quatrième quartier de Banpo), ce sont un garçon et une fille à l’énergie inépuisable, déguisés en clochards, et flanqués de 2 personnes sur échasses (The Mask et Charlie Chaplin), qui scandent les chansons et animent la tente, où se sont abritées du soleil un certain nombre de mamies enthousiastes. Laurence et moi, entraînées par notre infatigable amie Heng Shi, agitons nos pompons dorés en pompom girls averties. Les mamies se déchaînent ! Une d’elles se précipite sur les tambours pour scander le rythme.

    A l’arrière, soju et bière, kimbaps (rouleaux de makis), soupe, fruits sont distribués gracieusement. Pour nous ce sera eau ou thé !

    Dans ce genre de manifestation, les notions de niveau social sont laminées, chacun arbore ses couleurs avec fierté pour faire l’unisson du groupe : c’est là toute la force de la Corée, sans doute aussi le secret de l’énergie de ce pays…

    April 23

    Yi San : Silence, on tourne !

     

     

    Aujourd’hui, nous allons assister au tournage d’un feuilleton hyper populaire, non seulement en Corée, mais aussi au Japon et en Chine :YiSan. Il s’agit d’un de ces grands drama (genre ‘Sous le Soleil’ ou ‘Les Feux de l’Amour’), qui n’en finissent pas, sauf que celui-ci est un feuilleton historique, en costumes d’époque. Il a nécessité un an et demi de travail de préparation, au départ il devait y avoir 60 épisodes d’une heure et demie, il en comportera en fait 76, et aujourd’hui jeudi, on tourne le 60ème épisode qui sera diffusé mardi prochain sur la chaîne. Bref, vous l’avez compris, on joue à flux tendu….

    Notre groupe est composé comme d’habitudes de françaises curieuses et de coréennes excitées à l’idée de rencontrer le réalisateur et surtout l’acteur principal, qui joue le rôle du roi. Notre bus nous dépose sur le lieu du tournage, à environ une heure et quart de Séoul. Là, nous pénétrons dans l’enceinte d’une véritable ville reconstituée : le palais, le temple, les cours intérieures, les pièces d’eau, les échoppes, la place du marché, tout y est ! Ca et là des gardes en costume d’époque, lunettes de soleil anachroniques sur le nez,  bavardent, fument une cigarette ou téléphonent ! On nous impose le plus grand silence (pas facile pour les françaises, mais pour les coréennes non plus !) : là-bas derrière le mur, on tourne une scène. On aperçoit le perchman avec son gigantesque micro qu’il balance dangereusement au-dessus des têtes. De grands cris nous interpellent : nous sommes dans le champ, moi avec mon imper rose, je ne dois pas passer inaperçue ! Nous voilà courbées en deux, rasant les murets qui longent les palais, pour arriver en sécurité dans une cour intérieure, où on peut enfin se redresser, mais toujours ne pas parler. Des gardes en armure se sont postés de l’autre côté, barrant de leurs halebardes la route au reste du groupe, qui constitue ainsi des prisonnières hilares, mais coites ! Dès que la prise est finie, nous poursuivons notre visite : les bâtiments n’en finissent pas et rivalisent avec les palais de Séoul, tant les détails sont travaillés. On nous explique qu’ils ont été construits il y a 5 ans, et qu’une partie est même toute récente. Que par économie, on avait utilisé du plastique pour faire les toits, mais que finalement ça ne rendait pas bien et qu’on a tout refait en bois et en vraies tuiles. Le coût total nous est annoncé, mais comme d’habitude, on se trompe un peu dans les zéros des conversions, qu’importe, c’est un budget colossal !

    Il fait bon, les arbres sont en bourgeons, nous sommes juste quelques jours trop tôt pour profiter de la floraison. Nous pique-niquons dans une petite cour intérieure, sur 2 larges plateformes en bois, au doux soleil de printemps. Les coréennes, elles, sont à l’ombre : il ne faut pas prendre le soleil, c’est mauvais pour la peau, et elles sortent leurs casquettes à larges visières fumées, qui met leur visage à l’abri…

    Lee Bung Hoon, le réalisateur vient nous rendre visite : c’est un Coréen jovial, ouvert, qui nous explique son parcours (37 ans de cinéma, en commençant par les petits métiers !) en agitant de belles mains aux longs doigts. Il répond en souriant aux questions qui fusent et se prête pendant une vingtaine de minutes à une séance d’autographes (mon précieux annuaire du CFC est désormais collector !). Puis il nous emmène assister au tournage.

    Là-haut, au premier étage d’un bâtiment, surplombant une petite cour, il y a autant de personnages en costume d’époque que de jeunes en sweat shirt et baskets. Les techniciens s’affairent : câblage, perche, éclairage. Les robes des hanboks flottent au vent léger qui s’élève : les actrices ne doivent pas avoir bien chaud ! Les soldats désinvoltes montent une garde ensommeillée au pied de l’escalier. Le réalisateur fait s’approcher les acteurs principaux, dont le fameux et beau garçon Lee Seo Jin, dans le rôle du Roi. Nos amies coréennes sont en pamoison ! Silence : « Hana Dul Set Queue » ou « Un Deux Trois Tournez » ! La voix du Roi s’élève, on sent qu’il gère des négociations serrées, son partenaire a l’air assez récalcitrant, mais le Roi au ton péremptoire finit par avoir le dernier mot. « Queue ! » Le réalisateur donne des instructions, on reprend : Hana Dul Set Queue. Un avion passe ; Queue ! On reprend. Le temps passe, nous devons filer si on veut être à la sortie de l’école. Entre deux prises nous tâchons de nous éclipser, mais le réalisateur nous rappelle : on n’a pas fait les photos avec les acteurs : qu’à cela ne tienne, on arrête tout et on fait descendre Sa Majesté et la cour ; série de photos : le Roi est difficilement approchable, les coréennes se l’accaparent, toutes fières de leur nouvelle « conquête » !!!!

    Rendez-vous mardi 21 :55 devant le petit écran pour visionner « notre » scène (au fait, c’est quelle chaîne ?), mais pour moi ce sera raté : mardi on répète notre pièce de théâtre : eh ! oui, la vie d’artiste ….

    February 25

    Noël 2007 Thaïlande

    Encore un pays mythique ! Mais nous avons délibérément décidé d’ignorer les plages paradisiaques et partir en itinérant à la découverte de ce pays et de ses gens.

    Arrivée à Bangkok : il fait chaud et lourd. Comme dans toutes les grandes villes d’Asie, ça grouille, autos, mobylettes, touks-touks (taxis- camionnettes, avec deux bancs se faisant face à l’arrière). Notre hôtel est tout près du Bazar de nuit, et malgré l’heure tardive, nous allons y faire un tour : une foule dense se presse autour des étals, beaucoup de touristes : néerlandais, allemands, américains, russes… Beaucoup de souvenirs, de la soie à vous faire tourner la tête, mais nous résisterons à la fièvre acheteuse, le sommeil nous rattrapant !

    Le lendemain, grand beau encore, notre guide Sarah nous emmène dans le temple Wat Po, premier d’une longue série. Celui-là abrite un buddha couché géant de 45 m, tout recouvert d’or, aux pieds en incrustations de nacre : impressionnant. Dans le temple on entend des ‘ding, ding’, comme un gong, mais irréguliers, et au détour du buddha, on découvre 50 petites urnes dans chacune desquelles les pèlerins déposent une pièce en offrande…Nous imiterons Sarah en cela, la suivant sur ce parcours « initiatique »…Nous assistons à une ordination de moines : là aussi il faut déposer des offrandes dans la besace destinée à cet effet et qui constitue leur seule survie, puisqu’ils vivent de charité. Attention : les femmes, moi en l’occurrence, ne doivent pas les approcher de trop près, et surtout ne pas les toucher… On dit qu’au moins une fois dans sa vie, une personne doit être moine, homme comme femme. Certains « trichent » et font un séminaire d’une semaine, mais la durée minimum est normalement de 3 mois…

     Le palais royal est une débauche d’ors, céramiques savamment travaillées, témoins de l’influence chinoise du 13ème siècle, statues finement sculptées, portes avec incrustations de nacre…Le musée regorge de somptueux sceptres, bijoux, armes, manteaux en ors et pierres précieuses…Comme en Angleterre, ici, la famille royale est très populaire...

    L’après-midi se passe sur les klongs : balade rafraîchissante en bateau sur les canaux de la ville, où on a l’impression de s’immiscer dans la vie des gens. Aujourd’hui dimanche, c’est le jour des élections, et beaucoup des attractions prévues ce jour là sont fermées : ainsi nous ne verrons pas le marché flottant : dommage, mais on se dit qu’on reviendra un jour !

    Le soir, nous sommes en principe livrés à nous-mêmes : Sarah prend l’initiative de venir nous chercher avec sa voiture personnelle et de nous emmener dans un restaurant aux succulentes saveurs (ah ! le tom yum et le curry vert !), juste à côté du théâtre de marionnettes : soirée inoubliable, que ces marionnettes manipulées par trois artistes vêtus de noir, dans une chorégraphie étudiée, avec Garuda (on se croirait de nouveau à Bali !) et le singe blanc puissant et facétieux…Quelle première journée !

    En route pour Wat Nivet Thammapavat (wat signifie temple en thaï), où dans la lumière dorée du matin, au bord du fleuve, nous observons les moines vaquer à leurs occupations. Le temple, témoin de l’influence européenne d’une époque, possède une église gothique (oui, oui !), où est célébré le culte bouddhique ! Chose amusante, on y accède par une espèce de nacelle actionnée par un câble qui traverse le fleuve (c’est l’aventure ! On se croirait dans Myst !). Nous nous rendons ensuite au palais d’été, un endroit bien rafraîchissant, on comprend que le roi Rama IV aimait s’y rendre ! Puis, en route pour Ayuthaya, ancienne capitale thaï de 1350 à 1776, vestige d’une époque glorieuse, où les hommes (les Birmans en l’occurrence), sous prétexte de guerre, ont encore détruit des trésors inestimables. Il ne reste que des ruines, mais elles sont majestueuses.

    Le soir, 24 décembre, nous sommes dans un hôtel au bord d’un lac reposant avec un groupe d’allemands dont le bus n’a pas pu accéder à l’entrée, tellement nous sommes isolés du monde : les bagages sont amenés en mobylette ! Qu’importe, on a passé un curieux réveillon, avec cours de cuisine pour réaliser la délicieuse soupe Tom Yum, puis Sarah au karaoké, qui nous a mis une ambiance d’enfer, on a dansé avec nos bonnets de Père Noël ! Insolite !

    Alain a mal à un œil ce matin, et craignant une conjonctivite, nous filons d’abord chez le médecin : un comptoir dans un couloir étroit, ouvert sur la rue, où la salle d’attente est sur le trottoir. Après examen à la lampe torche (oui !), on lui donne un traitement (antibiotique + collyre) qui se révèlera très efficace. Consultation + pharmacie : 2,40 euros…Peut-être là un benchmark pour notre Sécu déclinante !

    En route pour un petit temple bien calme, à l’architecture d’influence portugaise. Il est si peu touristique qu’il faut demander la clé pour y accéder, mais les riches peintures sur bois de l’intérieur valent le détour. Puis, on repart vers le grandiose : le temple des glaces : tous les piliers sont à facettes en miroir, se reflétant dans le sol, donnant ainsi presque le vertige. D’ailleurs la vingtaine de chiens noirs affalés dehors semblent hypnotisés ! Puis nous filons vers Sukhothai (littéralement : Aube de la Joie), où dans une lumière dorée nous repérons dans les ruines des détails d’une finesse telle, qu’on imagine ce que devait être cette ancienne capitale de l’âge d’or de l’histoire thai (13ème siècle). C’est ici que nous verrons notre premier ‘walking Buddha’, très élégant…

    Nous continuons notre route vers le Nord, traversant les champs de riz et leurs buffles paisibles. Arrêt à Sri Satchanalai, remarquable par les éléphants sculptés qui semblent garder l’édifice. Certains sont en piteux état, mais on est soumis au charme de l’endroit…A Phrae, on visite une maison coloniale d’une famille d’entrepreneurs prospère, entièrement en bois de teck, dont ils font encore le commerce… Puis nous arrivons à Lampang, pittoresque par ses rues aux maisons chinoises, birmanes, témoins d’un 19ème siècle commercial actif 

    Nous filons toujours au Nord. Sarah arrête de temps à autre le chauffeur devant les vendeurs ambulants situés le long la route et nous fait découvrir des choses inconnues : petites crêpes de riz garnies de canne à sucre effilée, fruits du jacquier, ananas frais fondant dans la bouche comme un bonbon, goyave fraîche,…

    Encore un temple, mais Wat Phra That Lampang Luang est le plus vieux temple en bois de Thaïlande, datant de 1486. Il est absolument superbe, et en dépit des touristes, c’est peut-être mon préféré. Sarah y fera moultes offrandes et prières, et nous associant à ses vœux, nous aurons même une bénédiction d’un prêtre.

    Nous poursuivons pour aller voir travailler les éléphants dans une réserve. Impressionnants d’intelligence, d’agilité et de force ! Le propriétaire est un passionné de ses bêtes, il les connaît toutes, chacune ayant son caractère. Il a mis en place des séjours de 3 à 5 jours pour les touristes qui viennent s’occuper d’un éléphant, jour et nuit, et les discussions avec une famille d’américains qui viennent d’en faire l’expérience laissent rêveur ! Il organise même des séances de travail avec des enfants autistes et les résultats sont tels que désormais le programme s’étend et s’exporte…

    Nous arrivons à Chiang Rai, le triangle d’Or : en face du fleuve Mékong, le Laos, où nous irons déposer un pied, histoire de… et là-bas, les toits rouges, la Birmanie… On imagine les passeurs… mais c’est du passé nous assure-t-on…Au petit matin, vu de notre chambre, le fleuve prend des allures de peinture chinoise. Si son niveau a baissé d’environ 1,50 m bien marqués sur les rives, c’est à cause du fameux barrage des Trois Rivières, si loin en amont : incroyable…

    Le lendemain nous partons dans les montagnes, à la rencontre de populations ethniques. Certaines femmes timides ne se laissent pas volontiers photographier, d’autres plus hardies sont toute fières de nous démontrer comment draper leur coiffure… Nous tombons par hasard sur une fête locale du thé dans un village, où de nombreux groupes sont venus costumés : une chance…Un peu plus loin, nous visitons le mémorial de ces réfugiés chinois du Kuomintang, recueillis par la Thaïlande et combattants de l’envahisseur birman.

    Nous redescendons vers Chiang Mai, ultime étape de notre périple. Cette fois nous sommes de nouveau dans la grande ville, avec les touristes, les bars. On s’en échappe tôt le matin pour monter vaillamment les 300 marches du temple Wat Phrathad Doi Suthep, culminant à 1000 m au dessus de la ville. Puis l’après-midi est consacré au shopping, Sarah nous emmène dans des magasins d’usine, mais ne nous y trompons pas, les bus d’étrangers y viennent aussi ! Pourtant, il me semble qu’on aurait pu y passer plus de temps !

     

    Faste, dévotion (à Buddha comme au roi), gentillesse, saveurs, tels sont les qualificatifs que je retiendrai de la Thaïlande, de ses habitants, de sa cuisine…Merci Sarah de nous avoir fait si généreusement partager tout cela !

    December 22

    Les vedettes

    Aujourd’hui cours de cuisine organisé par un professeur renommé de l’université de Sookmyung. Tout est organisé à la coréenne, un bus affrété pour un départ devant le lycée français et nous voilà parties.

    L’université est un beau bâtiment récent, tout propre, pas de graffiti, on se fait la réflexion que ça donne envie d’étudier ! On nous mène à une salle de cours. Le professeur nous explique les plats que l’on va faire : un entrée, un bulgogi (bœuf mariné puis braisé), un bibimbap (emblème de la cuisine coréenne, c’est du riz avec de la viande et des légumes), une boisson sucrée en dessert, le dessert en tant que tel n’existant pas en Corée, ce sont au mieux des fruits ou un thé sucré, parfois parfumé à la cannelle…Après la démonstration, on passe à l’action par groupe de 5, papotages et rigolades garantis. On n’a même pas remarqué la présence d’un caméraman de la chaîne Arirang ! Lorsque les plats sont prêts, une des assistantes les emmène à la salle à manger, et lorsque nous nous y rendons après avoir fini la vaisselle et plié nos tabliers, nous sommes surprises de la belle table qui y est dressée pour nous. Nous dégustons notre repas, certaines d’entre nous sont maintenant convaincues qu’on peut manger coréen !

    Myung Hee, une amie franco-coréenne, vient nous voir Laurence et moi : Arirang souhaite que nous refassions un plat ou deux chez nous pour nos familles. Pourquoi pas ? Nous voilà embarquées dans l’aventure ! Seule condition, on laisse maris et enfants hors de tout cela, et suggère que nous invitions à leur place … des copines ! Marché conclu !

    Retour en bus au lycée français, l’université nous a même offert une adorable mug : les coréens ont un sens de l’hospitalité qui nous surprendra toujours…

    Nous repassons vite chez Laurence chercher les recettes précieusement rangées de nos derniers cours de cuisine avec Nam Joo : celles réalisées ce matin sont plus académiques et nécessitent des ingrédients spécifiques que nous aurons du mal à acquérir en si peu de temps. Nam Joo, notre amie, est mère de famille et fait des recettes très adaptées ! C’est donc décidé : on fera le bulgogi de Nam Joo (déjà testé et inratable) et une salade de chou et autres légumes. On établit la liste des courses : chou chinois, concombre, carottes, pousses de navet, oignons blancs, feuilles de sésame, champignons, une poire, ail hâché, gingembre, et notre viande. Notre caméraman nous suit dans les rayons du Freshmart en bas de chez nous (pas le temps d’aller au supermarché), nous pose des questions sur les difficultés à faire les courses : il est servi, nous déversons toute notre frustration et le temps passé à étudier les packagings mystérieux !  On espère que Myung Hee traduit fidèlement nos propos ! Voilà, on a tout, dernier tour de manivelle pour nous filmer de dos, remontant la rue avec notre panier plein, quelles stars ! Rendez-vous demain 11:30 h pour la suite des évènements.

    Le lendemain, notre ami annonce du retard. On se serait bien avancées avec Laurence, mais pas possible, et nos invitées qui arrivent à 13:00 h ! On dresse la table et on patiente. Finalement, il arrive à midi 10 ! Premièrement : remettre dans le sac les provisions achetées la veille et faire comme si on arrivait du marché ! (NB : on n’a pas les mêmes vêtements, mais ce n’est pas grave !). Sans perdre une minute, on se lance : Laurence découpe la viande, je prépare la marinade : sauce de soja, huile de sésame, jus de poire…les produits coréens n’ont plus de secret ! Les commentaires vont bon train, on espère que notre gentil garçon ne comprend pas tout, Myung Hee assiste et semble bien s’amuser ! Midi et demie : on a oublié le riz, il faut vite s’en occuper ! 3 verres jetés à la hâte dans la cuve du rice-cooker, Myung Hee, en gâte-sauce efficace, se précipite pour le rincer et y mettre l’eau nécessaire : méthode coréenne : main à plat sur le riz, on ajoute de l’eau jusqu’à recouvrir les phalanges, voilà c’est fait ! Mais non, il faut tout reprendre, car notre ami veut me filmer moi en train de faire ces opérations. Protestations, rires ! Je recommence donc et enfin le riz est mis à cuire…On argumente sur comment on connaît ce truc coréen de « la main » qui se transmet de mère en fille : moi c’est notre adjuma coréenne, pleine d’enseignements précieux, qui me l’a montré, avant de nous quitter pour aller dans le Sud de la Corée…

    Voilà notre première invitée, elle connaît la maison, débarrasse son manteau sur un cintre et nous rejoint. Non ! Stop ! On la refait : elle remet le manteau, ressort et je vais l’accueillir : Oh ! Catherine, quelle surprise, tandis que les deux autres s’esclaffent dans notre dos !

    On hâche tous les légumes menu, la sauce est faite en suivant la recette à la lettre, voilà c’est prêt. Il nous faut faire revenir la viande, les champignons. Ca sent bon ! La caméra capte aussi les odeurs ?

    Les copines arrivent et on passe à table. Un petit verre de vin, bien sûr, nous sommes françaises, non ! D’ailleurs, le fait de trinquer plaît beaucoup à notre caméraman, on se la refait plusieurs fois ! Quel bon repas, quelle belle rigolade ! Encore une aventure que je n’aurai pu avoir qu’ici ! Merci Laurence, merci Myung Hee, merci les copines !