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日志


1月14日

Noël 2008 Birmanie

Birmanie… Après le voyage annulé l’année passée à la même époque, pour cause d’évènements politiques, cette fois nous y sommes.

Départ le 24 décembre, 6 heures de vol jusque Bangkok, où les esprits apaisés ont dégagé l’aéroport (tant mieux), 4 heures d’attente au son des chants de Noël passés en boucle, puis encore une grosse heure de vol pour atteindre Yangon. Détour par l’agence organisatrice qui nous remet les derniers documents (et les devises), puis  check-in à l’hôtel, un beau vestige du colonialisme. Dîner de Noël obligatoire, il sera vite expédié : un buffet sur le gazon au bord de l’eau. Nuit courte, aux échos de la boîte de nuit adjacente.

Le lendemain départ à 5h, il fait nuit, l’éclairage blafard et les routes désertes ne laissent pas à penser qu’on est dans l’ancienne capitale, puisque le gouvernement l’a déplacée récemment vers l’intérieur du pays, au nord…Malgré l’heure, un nombre impressionnant de gens marchent d’un pas hâtif : au début, j’ai cru qu’il s’agissait de sportifs, mais mon ingénuité fait vite face à la réalité : pour s’économiser un bus excessif (600 kyats –prononcer tchia-, soit mensuellement un budget de 12 $, alors que le salaire moyen d’un fonctionnaire avoisine les 30 $...), les gens marchent vers leur lieu de travail, ou bien s’empilent sur des camions à la sécurité précaire…

 

Départ pour Bagan, le côté domestique de l’aéroport fait cette fois couleur locale (l’international est récent). Bagages, comme bagages à main, passent sous la même machine rayons X, les premiers manipulés par des porteurs, qui les récupèrent à la sortie de la machine pour les déposer sur un chariot qu’ils emmèneront sur le tarmac pour charger l’avion. Pas de panique, tout fonctionne ! Bien sûr pas de passerelle, on embarque à pied…

Bagan : notre guide nous attend et s’occupe des formalités, accessoirement nous passons l’immigration dans la province (oui !) moyennant un droit d’entrée de 10 $ et nos passeports sont enregistrés. La voiture a connu des jours meilleurs et mon dos endolori me pose souci : il faut tenir !

Check-in rapide à l’hôtel, puis départ dans la lumière dorée du matin, où nous découvrons des milliers de pagodes (selon les guides entre 2800 et 3200). Nous partons à l’assaut de Bulaithi : vertige s’abstenir, la montée sur un escalier extérieur, à même le flanc de la pagode, est raide et sans rampe ni garde-fous. Sur la ‘terrasse’, s’étend à nos pieds ce paysage fabuleux dans lequel nous allons évoluer pendant 2 jours. La plupart des pagodes datent du XI, XII siècle, certaines avec fresques, d’autres avec une architecture néo gothique, partout des bouddhas. On monte des escaliers étroits aux marches hautes et aux plafonds bas. Et à chaque fois on redécouvre ce paysage féerique. Deux couchers de soleil, où les touristes, mais aussi les locaux, se donnent rendez-vous nous marqueront de leur côté magique.

Du haut d’une terrasse, nous remarquons un attroupement et des banderoles autour d’une pagode : il s’agit d’une cérémonie, organisée par un généreux donateur, orpailleur à Heho, qui veut immortaliser la restauration de ce monument. Il a fait venir les moines pour bénir le lieu. Ceux-ci, une trentaine, armés de leur bol, attendent à l’ombre qu’on les serve : c’est leur lot quotidien que d’aller mendier leur pitance. Il y a aussi une cinquantaine de personnes : famille, amis, habillés de neuf par le donateur. Notre guide nous emmène, fait les présentations : nous sommes accueillis presque comme de la famille, on nous fait visiter les lieux, on nous montre les offrandes, le repas préparé et stocké dans de petits sacs plastiques déposés dans de grands paniers, on nous présente fièrement les enfants qui parlent deux mots d’anglais, pour un peu on aurait pu rester.

Au détour du chemin nous croisons des paysans en pleine récolte du millet : tout est réalisé à main nue, à la faucille, le fruit de la récolte transporté dans des paniers d’osier tressé posés sur la tête jusque dans un tombereau tiré par des bœufs…

Un des monuments est une école monastique désaffectée : il règne en ces lieux une sérénité palpable : les moines ont dû être bien…A l’ombre d’une allée, sur un banc, notre guide nous initie à la méditation, puis de fil en aiguille se livre, à l’abri des oreilles indiscrètes, et commente les évènements de son pays. Il aimerait pouvoir voyager…On quitte le lieu tout remués…

Arrêt au marché, et là c’est l’explosion des couleurs, des odeurs… Les femmes sont bariolées d’une poudre jaune, le tanakha, qu’elles confectionnent en pilant l’écorce d’un arbre sur un mortier et en mélangeant la poudre à de l’eau : elles s’en enduisent le visage, les bras. Les enfants sont badigeonnés aussi, certains hommes également : c’est une façon de se protéger du soleil, mais selon le dessin appliqué, cela devient leur coquetterie…Au marché, on a vraiment l’impression de faire connaissance avec la population, de voir les productions locales, de goûter leurs friandises : beignets de légumes aillés, riz gluant dans du bambou, gâteau de riz sucré…Le tout dans une bonne humeur non altérée par la densité de la foule….

Pause à midi le long d’une rivière animée : les bancs de limon sont labourés à la charrue tirée par des bœufs : on va planter les oignons. Sur l’autre rive une femme lave son linge coloré accompagnée des cris et rires des enfants. Au loin dans la montagne, quelques dômes dorés jettent leurs feux incongrus.

Passage dans une école monastique : 70 moines et novices sont là sous l’enseignement d’un vieux moine dont nous perturbons le déjeuner. Il nous invite à entrer et converse avec nous dans un anglais surprenant : il raconte avoir vécu un an en Angleterre. Depuis son retour, il s’attache à éduquer des moines dans le respect des traditions les plus strictes du theravada bouddhisme : le petit véhicule, basé sur la transmission des connaissances par le biais des disciples de Buddha. En fait de respect des règles, nous noterons malgré tout que la vaisselle se fait joyeusement dehors…On ne leur en voudra pas de briser la règle du silence !

La visite se termine par la plus grande pagode : Ananda, XVème siècle, d’inspiration portugaise, aux quatre bouddhas gigantesques : majestueuse. Puis, un dernier coucher de soleil magique, au sommet d’une terrasse, on ne s’en lasse pas…

Le soir, le guide nous emmène dans un restaurant où sont donnés les fameux spectacles de marionnettes. Accessoirement, nous y croisons les d’Arrentières : le circuit touristique des différentes agences est quasiment un standard, et surtout, les endroits pour touristes sont peu nombreux, normal que nos routes se croisent. Je suis surprise par les prix pratiqués : ils restent certes très peu chers pour notre échelle de valeur (entre 12 à 15 $ un repas pour deux), mais ramenés à ce standard de salaire moyen, nous devons constituer un scandale pour la population locale… Pourtant, de façon unanime, tous les gens rencontrés nous demandent de faire la publicité pour leur pays : le tourisme génère force de petits métiers, qui permettent de vivre…

Quant au spectacle, nous en avions vu un la veille au soir au restaurant de l’hôtel, mais celui-ci est composé de marionnettes somptueuses, avec des attitudes presque humaines… et avec les sous-titres explicatifs donnés par notre guide, l’intrigue est tout de suite plus parlante !

 

Le lendemain, départ pour Heho, via Mandalay. L’occasion de croiser Lénice et son conjoint…L’escale à Mandalay se fait… sur le tarmac, puis nous regagnons nos places dans l’ATR, bravant les turbulences jusqu’à Heho. Là encore, la guide nous aide pour les formalités et nous voilà partis dans une voiture d’âge canonique sur la route vers Nyaung Shwé. Enfin, route : il reste un peu de bitume autour des nids de poules, des accotements caillouteux et de la circulation, piétons, vélos, carrioles à bras et à bœuf, motos au chargement monstrueux penchant dangereusement…Le chauffeur use de son klaxon en permanence !

Arrêt dans un des plus vieux monastères du pays, tout en bois : les novices scandent leurs versets, certains dissipés par notre venue. La chambre est une vaste pièce où tous dorment ensemble à même le sol sur de fines nattes repliées dans la journée.

Puis nous embarquons sur une étroite pirogue à moteur, direction lac Inlé : 20 minutes sur un canal bordant des maisons sur pilotis en bambou tressé. Comme sur les klongs de Bangkok, nous pénétrons dans l’intimité des gens : toilette, vaisselle, lessive, dans une eau parfois douteuse…Nous croisons de nombreuses autres pirogues : parfois des touristes comme nous, ou alors beaucoup de gens entassés qui rejoignent leur lieu de travail à la ville, ou vont vendre leur production : les tomates sont réputées ici, mais aussi bon nombre d’autres denrées…A chaque fois, nous aurons un petit signe de la main et un sourire qui font chaud au cœur.

Le canal s’élargit pour laisser place à la magie du lac. Les pêcheurs sont en équilibre sur leur frêle embarcation, défiant les lois de la gravité. Ils se déplacent à l’aide d’une rame unique qu’ils coincent sous leur bras et enroulent autour de la jambe pour lui donner un mouvement de godille vertigineux mais adroit. De tout petits ont déjà l’agilité requise…Puis ils jettent leur filet et frappent l’eau de leur rame pour attirer le poisson. Beaucoup de friture, de poisson chat, et autres espèces inconnues de nous …

Une autre technique de pêche est celle ‘à l’entonnoir’ : un grand cône de bambou avec du filet autour que le pêcheur enfonce verticalement dans l’eau. Il y introduit alors un harpon qu’il agite en tout sens, puis hisse son filet pour dégager le poisson… Spectaculaire, et là aussi des trésors d’équilibre… On ne se lasse pas de les voir à l’œuvre, la lumière du lac, matin comme soir, rendant ces instants inoubliables.

Inlé sera l’occasion de naviguer au sein d’une cité lacustre et de découvrir foultitude d’artisanats : le tissage des fibres de lotus en écharpes soyeuses, la préparation des cigares locaux (cheroots), les ombrelles en papier de mûrier, les chantiers navals d’où sortent les graciles pirogues, la teinture de la soie, les travail minutieux des orfèvres,…Sans oublier les curieux jardins flottants, que les habitants créent en empilant la vase récoltée du lac sur des algues, ce qui permet de cultiver toutes sortes de légumes sur un terrain fertile flottant de 15 m de long sur 2 m de large : haricots, choux-fleurs, tomates…

Autre curiosité, le monastère des chats sauteurs, tirant son nom des félins qui cohabitent avec les moines et que ceux-ci ont dressés à sauter. La grande pagode, rutilante d’or, aux cinq bouddhas difformes tellement ils sont recouverts d’or, et en face les barges royales qui transportent ces reliques précieuses de village en village.

 

Nous nous échappons un matin pour remonter jusqu’à notre embarcadère, où Wanna, notre guide nous attend pour un trek de deux jours. C’est l’hiver, les gens ont des parkas et sur le bateau nous supportons la polaire. Mais très vite, la marche se fait sous un soleil ardent. Heureusement que nous avons amené de l’eau. Cette balade facile soi–disant nous amènera quand même en 6 heures avec un dénivelé de plus de 900 m… que notre guide parcourra en tongs, sans verser une goutte de sueur ! On a l’air bien touristes avec nos Nike et nos T-shirts trempés…Notre balade nous fait découvrir un moine ermite vivant dans une grotte depuis 12 ans. Il s’est aménagé un lit à baldaquin pour se protéger des moustiques (nous sommes dans une région à risque de paludisme), avec quelques livres. Il parle anglais et nous offre du thé et des fruits, bienvenus pour cette petite halte. Puis on enchaîne sous un soleil de plomb. Je sors mon tanakha à moi, indice 50, que notre guide teste avec joie.

A 1 h, pause repas, dans un village, au 1er étage d’une maison. Notre hôte est vieux et fier de nous accueillir. Il tire sur son cheroot, et nous présente sa belle-fille et sa fille et tous ses petits-enfants, dont 2 bébés. Les hommes sont au champ. Notre guide sort de son sac magique chou-fleur, légumes et entreprend de nous préparer une délicieuse soupe revigorante avec des pâtes… et des œufs qu’il a portés à la main tout le voyage de peur de les casser dans le sac à dos…. La maison est humble, mais propre. L’âtre est à même le sol, au feu de bois, un trépied accueille casserole ou bouilloire. Pas d’eau courante, ni d’électricité. On nous offre bananes et clémentines, du verger : elles ont un goût exquis, inoubliable, celui de la générosité… Je distribue des petits souvenirs qui font des heureuses…Nous nous quittons avec dans le regard la chaleur des yeux…

Encore deux heures de marche, je n’en peux plus et dois m’arrêter plus souvent. Alain est content de faire des pauses aussi je crois. Plus on monte et plus on trouve des parcelles de forêt déboisées sur lesquelles poussent des céréales. Certaines ont fatalement subi un glissement de terrain lors de la saison des pluies…Finalement, on arrive au monastère où nous allons passer la nuit. Trois bâtiments délabrés, dont un en toit de tôle ondulée. Un appentis sert de cuisine : terre battue, âtre à même le sol. Un autre de toilettes. Pas d’eau, pas d’électricité. Ce sont les familles des deux villages alentours qui portent à tour de rôle leur repas aux 6 moines plus un novice qui occupent les lieux. Combien de temps vont-ils pouvoir tenir ici ? Tout part à l’abandon… Les bâtiments ont besoin d’entretien… Notre guide fait la vaisselle avant de s’en servir et ce n’est pas du luxe, vu la couleur de l’eau. Bah ! le thé est bouilli, et la soupe aussi ! Je suis mal à l’aise, car les moines prennent leur dernier repas à midi, puis jeûnent jusqu’au lendemain, nous ne pourrons donc partager notre pitance. D’ailleurs ils se font discrets tandis qu’on envahit leurs locaux. Wanna nous a préparé un repas génial, pris à la lueur des bougies, sous un ciel aux myriades d’étoiles comme on n’en voit plus chez nous… On nous aménage une petite pièce avec deux fenêtres sans vitres à côté du dortoir. Les nattes et couvertures qu’on nous donne sont tellement douteux que je sors mes paréos pour nous isoler ( ?) : nous dormirons tout habillés…

Nuit pénible, froid, mais au petit matin la lumière exceptionnelle sur ce pan de montagne nous ravit…Wanna est encore aux fourneaux pour un petit-déjeuner costaud : pain perdu, œufs frits. Nous prenons congé de nos hôtes, laissés à leur destin, mais laissons notre maigre offrande, espérant améliorer ainsi un peu leur quotidien ? En retour, le moine nous donne du thé…Et c’est reparti, quatre heures de marches, dans des paysages superbes, bambous, cerisiers en fleurs, haies de poinsettias, champs de tabac,… Les enfants des villages nous font fête sur notre passage et arrivés dans le village de Wanna, chacun d’eux nous apporte une fleur avec un large sourire…

La maison de Wanna est récente, il est marié depuis 4 ans et a un garçon de 16 mois. Celui-ci dort dans un hamac dans la pièce principale. A côté, la chambre à coucher réserve aux parents un peu d’intimité. La femme de Wanna s’affaire à la cuisine : au feu de bois aussi, mais celui-ci est surélevé : moins pénible…. Ils ont l’électricité. Une fois de plus nous nous régalons d’un super repas. Une fois de plus nous partageons nos petits cadeaux. Photos souvenirs, qu’on se promet de faire parvenir comme on pourra… Emotion de moments intimes partagés et de simplicité généreuse... Puis encore une heure de route, en observant au passage une exploitation de canne à sucre, avant de récupérer notre guide et notre bateau pour un retour à l’hôtel, où nous bénirons la douche bienfaitrice…Rencontre des Lauzol !

 

Le lendemain, on prend un bras de rivière sinueux pour atteindre In Dein, un énorme sanctuaire au couloir infini, bordé d’échoppes de souvenirs… Nous débouchons sur un ‘mini Bagan’ en ruines, plusieurs centaines de pagode à l’abandon, certaines en réfection, mais on a l’impression qu’on met des emplâtres sur une jambe de bois : ce ne sera sûrement pas construit pour durer, même si les feuilles d’or semblent tenir le tout…

 

Le lendemain matin, départ 6:30, nous assistons au lever du soleil sur l’eau fumeuse du lac, magique image, et refaisons une ultime fois, les yeux écarquillés, les 45 minutes qui nous mènent à l’embarcadère…Retour à Heho par la route toujours aussi animée et encombrée… Ce matin, de nombreux écoliers (chemise blanche impeccable et longyi vert), avec leur lunch box en métal, marchent ou circulent en vélo, à un ou deux sur le cycle…Envol pour Yangon…

 

Nous sommes de retour dans la grande ville, il fait chaud. Notre nouvelle guide est adorable et efficace : le temps de faire notre check-in, elle a bouclé la journée supplémentaire qu’on lui a réservée.

L’hôtel nous conseille de ne pas utiliser leur téléphone : les appels n’aboutissent pas forcément au numéro composé, ou si le correspondant ne répond pas, il y a malgré tout facturation…De même des générateurs permettent de réguler l’électricité : celle-ci est coupée régulièrement dans la journée. Notre guide nous dit que les gens sont informés des heures de coupure et s’organisent alors en conséquence. Cela pose problème pour les privilégiés qui ont des frigos…

Pour l’heure, direction Scott Market, un immense bâtiment de l’époque anglaise, regroupant quelques 1000 boutiques. On sent que le touriste est attendu : bijoux, marionnettes, laques, etc…Après le déjeuner pris dans un restaurant non réservé aux touristes vu le nombre d’autochtones (et pour moins de moitié prix de ce qu’on a jusque-là payé pour nos déjeuners…), notre guide nous emmène visiter une verrerie. Le propriétaire, dans un anglais impeccable, nous explique qu’il a choisi cet endroit car les souffleurs de verre ont besoin d’ombre pour se remettre des chaleurs du four. Mais c’est précisément ce qui a causé sa perte lors du cyclone de mai : son entreprise est un enchevêtrement d’arbres et de verrerie cassée, pourtant il ne désespère pas, et compte fermement reprendre la production. On voit mal comment dans l’état actuel des choses….Les autres sites touchés par cette tempête sont interdits de visite…

Nous partons sur les bords de la rivière qui finit en delta. De nombreuses embarcations, pour 200 kyats, jouent le rôle de taxi entre les deux rives. Un ferry finit de charger passagers et cargaison pour descendre la rivière. Hommes et bagages s’entassent pêle-mêle pour un voyage de 12 heures. L’occasion pour les dockers de gagner quelque argent en portant sur leurs épaules des sacs (riz, ciment,…) parfois de 50 kg…

L’heure avance et nous pénétrons dans l’enceinte de Shwé Dagon, emblème de Yangon. Elle est majestueuse et au soleil couchant prend des reflets orange flamboyants : 50 t d’or, et de nombreuses boîtes à offrandes bien garnies en billets. L’opulence choque en contraste avec la pauvreté rencontrée. C’est là tout le paradoxe de la population, prête à tous les sacrifices pour s’acheter une vie future meilleure…

Un petit détour par Chinatown : grouillant et animé, les trottoirs bondés d’étals ou de cantines improvisées : ça sent bon !

Réveillon à l’hôtel (obligatoire), inoubliable : une garden party de 250 personnes, où nous ne connaissons personne ! Sur le thème de Casino Royale, nous avons quand même pris du bon temps au Black Jack ou au 421 !

 

Ce matin, départ pour Bago, à 70 km de Yangon, il nous faudra deux heures pour l’atteindre par une autoroute à péage : les bornes sont bien là, mais le péage se fait à une personne assise dehors sur une chaise en formica et une table en bois ! Comme partout, la route est défoncée, encombrée de pickups chargés de grappes humaines, énormes camions, vélos, carrioles…

Arrêt au cimetière militaire des soldats tombés pendant la deuxième guerre mondiale (27000), puis nous allons assister au repas des moines du plus grand monastère de la ville : ils sont là, 1000, à la queue leu leu, et au coup de gong ils défilent devant les bénévoles qui distribuent dans leur bol du riz et d’autres offrandes amenées pour l’occasion. Dans le réfectoire ont été amenés curry de poulet et soupe, préparés en cuisine, qu’ils dévorent en silence pendant qu’un moine fait les annonces à la communauté, notamment énonce les manquements aux règles…

Puis nous visitons la grande pagode, plus haute que celle de Yangon, tout aussi sereine.

Enfin dans un autre temple, nous assistons à une cérémonie chamanique, où des hommes maquillés et habillés en femme chantent, dansent, invoquant les esprits au son de la musique tonitruante des instruments traditionnels…

Après un déjeuner rapide, nous visitons le palais royal. Il a été reconstruit en béton et est majestueux de grandeur et d’ors, mais vide de meubles…et d’âme…

Détour pour voir un bouddha couché de 43 m, puis arrêt dans une fabrique de cheroots : le travail répétitif de ces femmes n’amène guère de sourires sur leur visage las…

Passage au marché : il y règne beaucoup d’activité, mais on s’y sent moins à l’aise que dans ceux visités auparavant : est-ce l’odeur de la ville, la rencontre avec des gens plus tristes à l’aspect plus pauvre ?

A la sortie de la ville, arrêt pour admirer quatre énormes bouddhas assis, puis visite d’une poterie, où tout est fait à la main : pas de tour électrique, quatre étapes pour faire du pot une urne ventrue, la cuisson s’exerce par du bois et de la paille entassés autour des pots recouverts de paille et de glaise, elle va durer 4 jours. Puis peinturlurées de rouge, les poteries seront acheminées en ville…

Retour à l’hôtel où nous croisons les Biguet !

 

Dernier jour : et on commence par un bouddha couché de 70 m, impressionnant…Tout autour des centaines de monastères, petits ou grands, pauvres ou riches. Nous pénétrons dans l’un d’eux et pouvons ainsi imaginer le quotidien de ces 40 moines, actuellement partis quémander leur nourriture.

Un petit tour à pied en centre ville pour admirer les restes des bâtiments coloniaux, certains dans un état de décrépitude avancée, d’autres retapés pour un ministère ou un grand hôtel…Même l’hôtel de ville paraît rutilant, mais il vaut mieux ne pas regarder la façade arrière… Tout autour, sur le trottoir, plein de petits baraquements de fortune proposent sur des machines à écrire archaïques les services de frappe pour les papiers officiels : convocation d’AG, délégation de pouvoirs, actes authentifiés…

Juste à côté, la pagode de Sulé, entourée de boutiques, comme autrefois nos églises.

Non loin de là, nos pas nous mènent au quartier indien : animé, sale, les étals de viande ne donnent guère envie d’acheter, et pourtant il y a du monde et c’est ‘frais’ : on tue le poulet devant vous  !

Dernier déjeuner dans un restaurant typique, où nous sommes seuls occidentaux : pour une somme modique, on choisit ses plats presque dans la cuisine, et on savoure encore cette cuisine birmane épicée et goûteuse.

L’après midi nous emmène au National Village, un parc où est reconstitué l’habitat des différentes ethnies (135 en tout !) peuplant le pays. Certaines personnes ont revêtu l’habit traditionnel.

Encore une pagode, puis une grotte, aménagée spécialement pour les congrès des moines. Aujourd’hui, pour l’occasion, elle est prête à accueillir 70 candidats passant l’examen pour le grade de moine supérieur, leur permettant de prendre en charge un monastère…

Retour à l’hôtel, on boucle les bagages, puis aéroport. Notre guide nous accompagne jusqu’au bout et reste un bon bout de temps dehors derrière la vitre. Elle n’a jamais quitté son pays qu’elle a su si bien nous faire découvrir. Un pays fait d’images magnifiques et de gens au sourire qui fait chaud au cœur… Pour combien de temps encore pourrons-nous profiter de ce tourisme à image humaine ? Les businessmen sont déjà là, avec leurs pots de vin, prêts à tout dénaturer pour accueillir des bus entiers…Cela servira-t-il la cause de la population, qui a certes besoin de tourisme, mais pas à grande échelle…En ce qui nous concerne, nous sommes heureux d’avoir pu vivre ces moments forts et osons espérer qu’un peu de nos devises ira aux bonnes gens : ceux aux yeux généreux et au large sourire qui ont croisé notre route…

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